January 5, 2009

Un nouveau problème politique pour l’Union européenne

Catégorie: Ethylistiques — | — mis en ligne par carlotta @ 3:20 am

(Extrait du journal polonais L’Echo de la Vodka)

On sait que récemment a été organisé en Russie un marathon : il s’agissait de boire un grand nombre de litres de Vodka, le vainqueur en gagnant dix litres. à l’occasion, on offrait aux candidats des petits pains nappés de moutarde et de saucisson. On connaît le résultat du concours : un mort et cinq hommes en coma profond ( cf : article de Libération du 22-23 novembre 2003 ).
On apprendrait des milieux autorisés ( tout à fait officieusement ) que ce concours original a donné l’idée aux responsables de l’Union européenne de modifier les critères de choix pour accepter en leur sein les nouveaux États candidats à l’entrée dans l’Union, notamment les pays de l’Est : Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Rou-manie… les critères socio-économiques actuels se révélant fort complexes. Le marathon serait organisé sur le même modèle et le gagnant intégrerait auto-matiquement l’Europe. Selon les protagonistes, ce nouveau critère aurait deux vertus majeures : la simplicité et le plaisir alcoolique pour tous ces pays candidats. G.W. Bush, consulté, s’y est montré très favorable, persuadé que son poulain préféré, la Pologne, avait toutes chances de réussir l’épreuve.
Cependant, outre le choix des représentants de chaque pays ( très faciles à recruter là bas, dit-on, vu les habitudes de consommation ) de nombreux sujets de discorde se seraient manifestés. Tout comme en politique étrangère et conformément à l’habitude, les États ne parviennent pas à un accord.
Plusieurs pierres d’achoppement sont apparues : tout d’abord, le choix du nappage des pains.
L’Allemagne opterait pour les Wurst bavarois, l’Irlande pour le bacon, l’Italie pour la mortadelle, l’Espagne pour le chorizo, le Royaume-Uni pour la confiture à la menthe ( ce qui fait rire dans les chancelleries ). Mais c’est la France qui se montre la plus difficile. En effet, sous le prétexte de ménager les susceptibilités régionales, surtout à l’heure actuelle, ses représentants eux-mêmes se déchirent, hésitant entre le « ]ésus » de Lyon, la « Pancetta » corse, la saucisse de Morteau, les « diots » de Savoie et bien d’autres spécialités.
La deuxième difficulté provient du contenant. Seuls, deux pays se montreraient en accord : l’Irlande et l’Allemagne, optant pour la chope à bière de dix litres. Mais l’Espagne tient à l’outre castillane et l’Italie à la fiasque. Quant au Royaume-Uni, il exige la tasse à thé ( ce qui fait rire dans les chancelleries ). Mais c’est la France qui se montre la plus difficile. En effet, afin de ménager les susceptibilités régionales ( surtout à l’heure actuelle ), ses représentants se déchirent, hésitant entre le foudre bordelais, le tonneau bourguignon, le magnum champenois, la dame-jeanne provençale et bien d’autres contenants locaux.
Mais la difficulté essentielle provient du choix du breuvage. L’Italie voudrait le lacrima christi ( trop doux ), l’Irlande le whiskey, l’Espagne le mauvais Bourbon, l’Allemagne le schnaps, les puritains du Royaume-Uni le lait ( ce qui fait rire dans les chancelleries ). Mais c’est encore la France qui se montre la plus difficile. En effet, afin de ménager les susceptibilités régionales, surtout à l’heure actuelle, ses représentants se déchirent, hésitant entre le calva de Normandie, le cognac de Charente, l’armagnac du Sud-Ouest, les alcools blancs d’Alsace, et bien d’autres spécialités.
Dans ces conditions, la conférence risque, comme les précédentes, de s’éterniser ou de ne pas aboutir.
Faudra-t-il un référendum ? Un certain V.G.E. l’évoquerait déjà !
Cependant, une autre solution serait envisagée : faire appel, vu leurs compétences et la large avance de leur pays en ce domaine, aux bons offices de messieurs Poutine et Eltsine.

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November 3, 2008

Mangez du savon !

Catégorie: Ethylistiques — mis en ligne par carlotta @ 9:15 am

(Dada)

lacs d’éther seaux veloutés liquide impur
se gangrener les tripes nationales concours de voyance
manger du fiel du charbon de la peau de porc perdre le fil
reprendre son souffle inquisiteur glacé
un demi-océan par inspiration au sommet des arbres
obtenir caisson transparent
10 limolitres
sirènes de l’espace
blouses du sang futur le cadavre tremble
ruines de l’estomac blafard dans cinq autres dimensions
trou d’éthernité
caisson du néant

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September 1, 2008

(Polisson)

Catégorie: Ethylistiques — mis en ligne par carlotta @ 10:27 pm

La marâtre de la vodka, cette *** de compétition un peu portée cul hier, insiste à agiter la plus grande quantité possible d’alcôves en ravalant le cul au sec des bichettes d’un demi-pitre de vos deux gars épuisés par des naines désolées. Dans la plus pure tradition copulaire, des petites Martines de vains Soirs aux beaux nichons, happées de mous dards, permettent aux cons curants de rependre leurs mouffles entre chaque vamp et on ne sait pas combien d’Hector aux vitres ont été ainsi agités mais le vin au coeur de ce défilé ne pourra coucher son crémier ! Pris avec une caisse de dix litres de vos deux gars, car il est fort avant d’avoir pu atteindre l’orbital, quand cinq de ses adversaires ont dû être plaqués en Rhénanie ou à Sion pour Thomas délictueux.

Christophe Fétat

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March 3, 2008

Destins croisés

Catégorie: Ethylistiques — mis en ligne par carlotta @ 10:45 pm

(Déterminisme)

A onze heure et demie, l’employé chargé de vérifier d’éventuels défauts de fabrication sur les bouteilles de vodka (« Toutes les sept bouteilles, hein, pas une de moins ») qui défilaient sur le tapis roulant, cinq… six… sept, en saisit une avec l’habileté de celui qui a dix ans d’usine dans les pattes, constata qu’elle était irréprochable (comme les milliers et les milliers de bouteilles qui l’avaient précedée), et à sa grande joie, s’aperçut que son numéro de série était 20 000, un chiffre bien rond, ce qui n’arrivait pas souvent, et comme il s’emmerdait royalement, jusqu’à la pause de midi, il imagina quel voyage, quel destin incroyable cette bouteille vivrait, entre quelles mains elle circulerait et enfin, dans quel gosier elle lâcherait son dernier soupir, sa dernière goutte.

« Bah, elle finira dans les mains d’une comtesse », conclut-il en partant déjeuner. Au bout de la chaîne, le chef d’équipe ordonna à un intérimaire de faire une palette de treize bouteilles juste avant de partir casser la croûte (« Et bien emballée, c’est pour un cadeau ou un trophée, je sais plus »), laquelle partit rapidement en camion pour Calais. Le tapis roulant s’arrêta.

Vers midi, Jean Nigaud finissait de remplir les paperasses qui prolongeraient son inscription à ses mutuelles et à sa sécurité sociale, tout en suppliant le ciel qu’il tombe malade au moins deux fois dans le cours de l’année, ou qu’il se casse une jambe, ou qu’il lui arrive n’importe quoi qui demande des coûts importants qui puissent amortir ses frais.

Il consulta sa montre, avala une cuillérée d’huile d’olive pour colmater l’estomac et se rendit dans la Z.I. à moitié abandonnée de Calais nord.

Vers midi et demi, Paul Fossoyet, petit type sec que l’héritage familial et patriarcal inclinait au machisme et à la surenchère et dont les gènes l’orientaient vers un certain penchant pour la bouteille (et son contenu ; surtout son contenu), sortit de chez lui en disant « Je vais acheter des clopes », alors qu’en réalité, il sortait pour traîner, ne rien faire, espérer une éventuelle rencontre (Paul, attention à la bouteille n° 20 000). Sur son chemin, donc, qui n’avait aucun but, il passa devant les pompes funèbres et vit sa silhouette se refléter sur la vitrine, il se sourit, satisfait, et pensa : « Si je meurs, moi je préfère donner mon corps à la science. M’enfin, y paraît que le corps doit être en bon état de marche, alors si je meurs en moto… » Il continua sa route et pendant ce temps-là, dans l’arrière-boutique, l’apprenti se demandait ce qu’il ferait de ces planches restantes, car s’il en faisait un cercueil, il ne ferait pas plus d’un mètre cinquante-cinq, alors il faudrait qu’une femme meurt, ou bien un adolescent. Ou bien un homme, mais petit, alors.

Paul Fossoyet rencontra Jean Nigaud qui n’eut pas à argumenter beaucoup, il manquait une personne pour un jeu, OK, pas de problème, Paul était déjà dans le coup.

Au même moment, dans la boulangerie Perlimpainpain du quartier des Orangers, à Calais, l’employée dut répondre par un sourire poli à un de ses clients : « Du pain noir ? Non, désolée, un monsieur est venu tout à l’heure et il a tout pris. Allez voir en face. »

Jean Nigaud, Paul Fossoyet et quatre autres participants, au bout de dix minutes de jeu (13H07), n’étaient plus que des spectres d’eux-mêmes, pathétiques, écumant. Ils se servaient dans des seaux que l’organisateur laissait en général moisir au fond de son garage, Paul Fossoyet remarqua une légère brèche sur le bord de sa chope (au même moment, une main tourna le bouchon de la bouteille de vodka numérotée 20 000 et en déversa les deux tiers dans son seau, attention, Paul, attention à la 20 000), défaut causé par la nièce de l’organisateur qui, l’année précédente, la gamine, la mioche, l’avait laissée tomber par terre en étalant partout son Diabolo-menthe, « R’garde c’qu’elle a fait ta gamine, Françoise, mon beau bock 1664 que j’ai gagné à la foire de Tournon, tu vas me l’foutre en l’air, qu’est-ce qui t’as pris ? », et la gamine, après la torgnole, s’était mise à chialer, la salope, n’osant pas expliquer qu’elle avait vu, en un éclair, un mort en train de boire dans ce même bock où elle venait de poser la bouche, qu’est-ce que vous voulez, des conneries de gamin, et Paul Fossoyet, dans son délire tremblant, alors qu’il entamait son seau nouvellement rempli, vit la petite brèche s’ouvrir comme un œil immense qui l’avala, puis les sirènes, mais trop tard pour lui, cet endroit désert, si désolé, avait causé trop de retard à l’ambulance, et l’autre, Jean Nigaud, était soulagé tellement il se sentait mal et heureux, heureux, le chèque signé une heure auparavant n’aura pas été v(a)in, que voulez-vous, le destin…

Pit Bernal

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January 7, 2008

Boira bien qui boira le dernier

Catégorie: Ethylistiques — mis en ligne par carlotta @ 12:42 pm

(Télé-réalité)

Une fois de plus, le chef de Réal Prod était en réunion avec son staff. « Il nous faut trouver une idée de toute urgence ! La chaîne Méga Con nous dépasse déjà de 20 points dans l’indice », dit-il en tirant nerveusement sur sa mèche décolorée. « Il faut que notre nouvelle émission présente un réel plus-produit. Le public doit se sentir concerné. Il faut que ce soit quelque chose de NOUVEAU ! Creusez-vous les cervelles, les mecs ! J’attends vos propositions pour notre prochain meeting. Ciao, bossez bien, à la semaine prochaine. »
Six mois plus tard, un poste de télévision.
Nikitos : « Vous pouvez tous voter devant votre téléviseur. Si vous votez 1, c’est Jacky qui boira la prochaine lampée de vodka, si vous votez 2, ce sera Benny. Je vous rappelle qu’il n’y aura pas d’éliminations par le vote du public, elles se feront naturellement, par abandon des candidats. Le but du jeu est donc de continuer à boire tant que le public vous le demande. Celui qui tient le plus longtemps gagne une caisse entière de vodka qui nous a été offerte par les vodkas Cirrhosof. Et, pour permettre à nos courageux candidats de reprendre leur souffle et de rester debout le plus longtemps possible, ils pourront se restaurer avec des petites tartines de pain noir au saucisson, nappées de moutarde, qui nous ont été gracieusement offertes par le grand traiteur parisien Fauxcon.
Votez par téléphone, par SMS, votez pour permettre à nos valeureux candidats de boire jusqu’à plus soif ! Je vous rappelle que nos deux candidats de la semaine dernière, Jonny et Cindy, n’ont pas tenu leurs promesses. Leur professeur de lever-le-coude les avait pourtant prévenus que ce ne serait pas facile. Mais un manque d’entraînement et de sérieux peut tout gâcher !
Et pendant que vous continuez à voter, toujours plus nombreux, nous allons vous montrer les séquences du château que nous avons pu filmer tout au long de la semaine. Vous y verrez les réveils à la vodka, les chorégraphies avec verre à la main et les bouteilles musicales. Nos élèves se sont tous distingués cette semaine par un travail acharné. Et l’ambiance était une fois de plus MEGA TOP ! »
Quinze jours plus tard, toujours un poste de télélvision : le journal de 20 heures.
« Mesdames, Messieurs, nous commençons notre journal par une triste nouvelle : notre candidat préféré du Grand Jeu télévisé « Boira bien qui boira le dernier », Jacky, aussi appelé le Russe, est décédé des suites de son grand courage. Tous les Français, ainsi que les vodkas Cirrhosof se joignent à ma tristesse. Nous sommes tous d’accord pour dire que Jacky est le grand gagnant de ce jeu ! Jacky a été un candidat exceptionnel, finissant toujours jusqu’à la dernière goutte les pichets que le public lui ordonnait de boire. Par ailleurs, nous venons juste de recevoir une dépêche AFP nous indiquant que les cinq autres candidats placés en réanimation à l’hôpital pour coma éthylique sont (pour le moment) hors danger. »
A votre santé !

(Bande défilant sur l’écran : Nous vous rappelons que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Consommez avec modération.)

Marina Lakoschus

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December 3, 2007

(Holocrime)

Catégorie: Ethylistiques — mis en ligne par carlotta @ 12:34 am

Au Marathon de la vodka : vie, art,
Hommes, aras, thons. De lave : eau de caviar
Avalée par mille litres aiment alcooliques
Hâves, hâlés, parmi lits, très mâles coliques…
Art selles en leurre ? Ils logent hic ! saucissons si roses
Harcelant leur illogique seau – six ont cirrhose,
Avant, mauves êtres et sourds noyés, de périr,
Ha, vent mauvais très sournois y aide de paix rire !

Omar Athon-Delavod K

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October 1, 2007

Salut l’alcoolo !

Catégorie: Ethylistiques — mis en ligne par carlotta @ 9:39 am

(Liquide, allitérature (de gare))

Il n’est plus là Lolo le Lillois. Il est dans l’au-delà. Exilé loin à Iaroslavl, où coule la belle Volga, il avait eu la lubie de lancer la lutte à la vodka. L’hallu ! Appel à quelques lascars, illico là. Et sus à l’alambic, l’alcool à flots, les lampées à l’allure d’une loco. Au plus solide le gros lot, au plus faible l’hôpital. Pour Lolo, ni l’un ni l’autre.
Il voulait l’alcool, l’alcool l’a eu. Pas drôle. Hélas, Libé en rigole et Ethylistiques s’en remplit.

Nicolas Filio

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September 3, 2007

La Walkyrie de la vodka

Catégorie: Ethylistiques — mis en ligne par carlotta @ 12:23 pm

(Marathon orthographique)

Moult sprints éthyliques saturèrent les steppes tartares durant la dernière décade. Je m’en vais vous bo(n)nir le plus fameux d’entre eux. Sur le xyste hiémal d’un gymnase moscovite, maints casse-cou béjaunes faisant fi des y-à-qu’à (yaka) d’abstèmes et des apophtegmes sibyllins des ligues antialcooliques jurèrent de biberonner jusqu’au complet amuïssement de leur œsophage. Dithyrambiques sur le chapitre de la vodka, ils levèrent le coude à contracter des phlegmons (flegmons), et, bravant les douleurs alvines et les risques d’amblyopie, exercèrent leurs nerfs brachiaux à l’envi. Cette flopée de sybarites a bu sans calmir et sans relâche indue, vidant jusqu’au quiet kief et jusqu’à plus soif, les flasques emplies du précieux nectar, puisé par gallons entiers dans des coquemars vernis…

Conformément aux plus purs us kazakhs, de petites tartines de sorgho aux œufs de wyandotte permettaient aux sportsmen d’éviter tout risque d’hypoglycémie. Prêts à tout pour conjurer l’hydre hydrique, nos phalènes de comptoir se sont tapies, espionnées, puis souri, le vin gai ayant finalement raison des antagonismes. Faisant danser leurs bac(ch)antes aux sons des couplets bachiques durant toute la durée de ces agapes prolongées, nos hydropathes, aux yeux émerillonnés, goûtèrent, en un joyeux mélange aux provocantes couleurs pourpres, kummel, ouzo, curaçao et autres hyponymes du saint chrême, toutes potions astringentes comme du quinquina et proscrites par les wahhabites.

Quelque importante qu’eût été la quantité d’alcool vidée chez cet échanson d’amphitryon, notre espada du pichet ne pourra pas toucher son trophée, un magnum d’une valeur de dix won(s) khirgiz, car il a baisé la camarde avant d’avoir pu rallier le C.H.U., quand ses acolytes, pareils à des wassingues tout effilochées, se sont réveillés en quinconce, contre le bat-flanc d’une salle de réanimation, pour céphalée aiguë.

T.N.T., Roi obvie

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August 6, 2007

Soûlant

Catégorie: Ethylistiques — mis en ligne par carlotta @ 10:26 am

(Digression / philo de vie)

Ainsi soliloquait Paro Bakélyne.

…Voilà, vous prenez cette histoire de Marathon de la vodka, vous en retenez la trame et lui appliquez une contrainte, qu’elle soit stylistique ou thématique ou les deux. Par exemple : contrainte saoulante : voilà, vous prenez cette histoire de Marathon de la vodka, vous en retenez la trame et lui appliquez une contrainte, qu’elle soit stylistique ou thématique ou les deux. Par exemple : contrainte soûlante : voilà, vous prenez cette histoire de Marathon de la vodka, vous en retenez la trame et lui appliquez une contrainte, qu’elle soit stylistique ou thématique ou les deux. Par exemple : contrainte saoulante – vous avez le droit de bégayer, de chercher vos mots, l’encre pâteuse et empâtée ; vous pouvez y inclure quelques maladresses, volontaires ou non qu’importe au fond, comme des fautes d’orthographe, de français et de goût. Vous essaierez de faire le malin grâce à des procédés que vous jugerez originaux – ou plutôt que vous jugerez que les autres jugeront originaux, étant entendu que le désir secret que votre (fausse) modestie chasse dès qu’il affleure aux confins de votre réflexion demeure de provoquer chez le lecteur pêle-mêle un rictus, un sourire, un rire, une vague ou trouble émotion, un sentiment d’admiration, de jubilation, de crainte, ou d’ennui. Voire de perplexité. Ce désir fugitif derechef pontifiant se double éhonté d’un dérisoire fantasme, qui prend la place d’un revers de veste : celle que votre texte prendra dans l’Histoire universelle des Lettres. Y prendre une place ou une veste, telle est la question. La première vous met à nu, la seconde vous habille pour l’Hiver.
Notons à ce point de notre que dans pontifier, il y a pont comme dans Pont Mirabeau ou Pont des Suicidés. Il est vrai que haute ode commence comme autodestruction, message de mission impossible. Alors brisons là.
Donc, place ou veste. Clichés ou vestale. En attendant, coincé entre cigale et fourmi, emplir le cendrier d’épluchures de crayon de papier. D’aucuns disent crayon gris.
Anthracite ou entre ici – toujours ce tournoiement entre l’inné et l’inepte, le son et le sens, in girum etc., ce balancier allant d’un côté, et de l’autre, se cognant aux facettes particulières du prisme général par où transitent tous les regards, simultanément, éternellement. Tomber dans l’ambiguïté ; dans l’oubli ou le domaine public. La rue est le plus beau domaine public.
…La vodka de surface étale tremble, comme une aiguille indécise de boussole (…) il n’y a plus de pôle. Il n’y a plus de pôle.
Il n’y a, tous comptes faits, que l’humanité. Grouillante. Et la langue française ; elle a ce génie en ce qu’en un tour de passe-passe elle concentre le mystère humain, déchiré entre l’aspiration vers l’absolu et l’atterrante relativité, dans le mot de personne.
« Je crois en Dieu. » Il est aujourd’hui temps de rétablir la vérité : celui qui pense ou énonce cette phrase ci-dessus entre pincettes laisse entendre, parfois même à lui-même, sourdement ou sournoisement c’est selon, qu’il croît en « Dieu ». Pour s’élever. Pour être bien élevé. Voyez parée de grandiose la « grandeur » de la supercherie. (A l’opposé de l’accent aigu.)
Et le V de la vodka repointe sa gueule de goulot. Circulaire aussi. « Salut, ça va ? – Ça va, et toi ça va ? – Ça va. – Bon. » Salve, selva. Servitude.
Et même esclavage ; il faut manger son pain quotidien comme noircir cette ligne. Pain bénit ; de dynamite. Explosion stellaire, voici la beauté, halo cernant l’inerte matière mise en alerte, mouvement de pensée qui se fragmente en éclats d’idées.
Où l’on se fourvoie dans l’unité/dispersion. Le spasme n’est-il pas une déflagration ? En attendant la Grande Conflagration…

Ainsi soliloquait Paro Bakélyne.

Mehdi S’Tylh

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July 2, 2007

L’abreuvoir

Catégorie: Ethylistiques — mis en ligne par carlotta @ 10:59 am

(A la manière de Zola)

Ce fut au « Tord-Boyaux » qu’on organisa ce concours particulier, pour le samedi à 6 heures.
Ils avaient préparé des seaux remplis d’eau-de-vie et des pichets pour y puiser ce délicieux liquide.
Un grand gaillard que ses amis appelaient Bec-Salé s’était mis debout sur une chaise au coin du bistro pour mieux se faire entendre dans ce vacarme. Avant de commencer à parler, il jeta aux participants un regard goguenard. Puis, sans se presser, il prit la parole.
« Taisez-vous donc », cria-t-il, en montrant ses dents noires. « Je vais vous expliquer comment nous allons faire. Vous voyez ces seaux, là, sur le zinc et les pichets à côté ? C’est simple, faut juste puiser l’eau-de-vie dans le seau et boire autant que possible. Le vainqueur gagnera une caisse de dix litres pour lui tout seul. La grande Catherine nous a préparé des tartines au sauciflard et à la moutarde pour que personne ne meure de faim. »
Les participants et spectateurs du premier rang sentaient que Bec-Salé avait pris de l’avance sur les concurrents, car il exhalait déjà une odeur d’alcool de vieux tonneaux.
« A la santé de la compagnie et que le plus assoiffé gagne! », dit-il avec un rire gras.
« Nom de Dieu, gueula un ivrogne rougeaud dans la foule, enfin on va s’amuser. »
Des participants et spectateurs arrivaient toujours, si bien que les chaises commençaient à manquer et chacun devait en partager une avec son voisin. Il faisait une chaleur de four, on cuisait, la fumée des pipes devenait de plus en plus épaisse et l’eau-de-vie commençait à couler à flots. Le bruit des seaux qu’on reposait sur le zinc, les rires, les disputes, les cris des enfants délaissés, tout cela donnait une impression de chaos de fin du monde. Sous la lumière blême des becs de gaz, les femmes avaient du mal à reconnaître leurs compagnons, tellement les participants se ressemblaient, à force d’ingurgiter de l’eau-de-vie de mauvaise qualité. Leurs figures étaient rouges comme de la piquette, les yeux exorbités, les mouvements des corps ralentis et destinés à un seul et unique but : verser le liquide transparent dans les gosiers asséchés par la soif.
A deux heures du matin on avait enfin déterminé le vainqueur. C’était un petit gars gringalet, dont personne ne connaissait le vrai nom, car tout le monde l’appelait « Boit-Sans-Soif ». Bec-Salé, qui était, malgré l’avance prise sur les autres, toujours debout, car il prenait sa fonction de maître des cérémonies très au sérieux, annonca en bégayant et d’un air ému : « Le vainqueur est Boit-Sans-Soif, mais il est mort, le pauvre bougre. »
« Un saoulard de moins! », cria une femme au dernier rang.
Dans l’assemblée, des voix de plus en plus nombreuses se firent entendre : « Mais qui aura la caisse de 10 litres, alors ? »
Bec-Salé se tut un petit moment en observant d’un air songeur les hommes qui essayaient de se frayer un chemin avec leurs brancards à travers la foule serrée. D’un seul coup, il se redressa avec un petit sursaut, comme s’il venait de se réveiller d’un cauchemar et répondit d’une voix étouffée : « Ce sera un des 5 survivants. »

Marina Lakoschus
(qui demande pardon à Emile)

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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