Un nouveau problème politique pour l’Union européenne
(Extrait du journal polonais L’Echo de la Vodka)
On sait que récemment a été organisé en Russie un marathon : il s’agissait de boire un grand nombre de litres de Vodka, le vainqueur en gagnant dix litres. à l’occasion, on offrait aux candidats des petits pains nappés de moutarde et de saucisson. On connaît le résultat du concours : un mort et cinq hommes en coma profond ( cf : article de Libération du 22-23 novembre 2003 ).
On apprendrait des milieux autorisés ( tout à fait officieusement ) que ce concours original a donné l’idée aux responsables de l’Union européenne de modifier les critères de choix pour accepter en leur sein les nouveaux États candidats à l’entrée dans l’Union, notamment les pays de l’Est : Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Rou-manie… les critères socio-économiques actuels se révélant fort complexes. Le marathon serait organisé sur le même modèle et le gagnant intégrerait auto-matiquement l’Europe. Selon les protagonistes, ce nouveau critère aurait deux vertus majeures : la simplicité et le plaisir alcoolique pour tous ces pays candidats. G.W. Bush, consulté, s’y est montré très favorable, persuadé que son poulain préféré, la Pologne, avait toutes chances de réussir l’épreuve.
Cependant, outre le choix des représentants de chaque pays ( très faciles à recruter là bas, dit-on, vu les habitudes de consommation ) de nombreux sujets de discorde se seraient manifestés. Tout comme en politique étrangère et conformément à l’habitude, les États ne parviennent pas à un accord.
Plusieurs pierres d’achoppement sont apparues : tout d’abord, le choix du nappage des pains.
L’Allemagne opterait pour les Wurst bavarois, l’Irlande pour le bacon, l’Italie pour la mortadelle, l’Espagne pour le chorizo, le Royaume-Uni pour la confiture à la menthe ( ce qui fait rire dans les chancelleries ). Mais c’est la France qui se montre la plus difficile. En effet, sous le prétexte de ménager les susceptibilités régionales, surtout à l’heure actuelle, ses représentants eux-mêmes se déchirent, hésitant entre le « ]ésus » de Lyon, la « Pancetta » corse, la saucisse de Morteau, les « diots » de Savoie et bien d’autres spécialités.
La deuxième difficulté provient du contenant. Seuls, deux pays se montreraient en accord : l’Irlande et l’Allemagne, optant pour la chope à bière de dix litres. Mais l’Espagne tient à l’outre castillane et l’Italie à la fiasque. Quant au Royaume-Uni, il exige la tasse à thé ( ce qui fait rire dans les chancelleries ). Mais c’est la France qui se montre la plus difficile. En effet, afin de ménager les susceptibilités régionales ( surtout à l’heure actuelle ), ses représentants se déchirent, hésitant entre le foudre bordelais, le tonneau bourguignon, le magnum champenois, la dame-jeanne provençale et bien d’autres contenants locaux.
Mais la difficulté essentielle provient du choix du breuvage. L’Italie voudrait le lacrima christi ( trop doux ), l’Irlande le whiskey, l’Espagne le mauvais Bourbon, l’Allemagne le schnaps, les puritains du Royaume-Uni le lait ( ce qui fait rire dans les chancelleries ). Mais c’est encore la France qui se montre la plus difficile. En effet, afin de ménager les susceptibilités régionales, surtout à l’heure actuelle, ses représentants se déchirent, hésitant entre le calva de Normandie, le cognac de Charente, l’armagnac du Sud-Ouest, les alcools blancs d’Alsace, et bien d’autres spécialités.
Dans ces conditions, la conférence risque, comme les précédentes, de s’éterniser ou de ne pas aboutir.
Faudra-t-il un référendum ? Un certain V.G.E. l’évoquerait déjà !
Cependant, une autre solution serait envisagée : faire appel, vu leurs compétences et la large avance de leur pays en ce domaine, aux bons offices de messieurs Poutine et Eltsine.