Le dernier des Géants
Rassurez-vous, ce n’est pas de moi qu’il s’agit, mais du rallye d’Antibes en international !
Trois cent trente six kilomètres de chrono répartis sur dix-huit spéciales (soit à peine trente kilomètres de moins qu’en Corse) et pour un engagement de six cent quatre vingt euros, soit moins cher qu’en championnat de France (huit cent euros pour le Mont-blanc) et le tout sans obligation de prendre de l’essence à un euro quarante-neuf le litre. Un rallye d’homme quoi avec encore un parfum d’aventure. Alors il faut en profiter tant que ça existe encore, même si c’est loin, même si ça nécessite des aménagements spécifiques (casques homologués en inter, extincteur automatique )… mais ça vaut le coup !
J’en ai donc profité parce que ça ne durera peut-être pas éternellement et je ne le regrette pas.
Bon, trois jours de reco, dont deux sous la pluie et un rappel à l’ordre verbal de la maréchaussée parce que paraît-il, ma Seat toute rouge leur avait fait peur et risquait d’affoler la population !
Heureusement, le ciel se calme… et les vérifs techniques se passent comme dans un rêve ! Incredible !
Au vu de la liste des engagés, je ne vois pas qui va pouvoir être derrière moi ! Quinze dans la classe, toutes des Clio, dont une bonne moitié de Clio RS, les nouvelles Armes du Gr N (voiture de série).
Sinon il n’y a qu’une petite poignée de petites voitures (bonnes 106 S16 du coin). Il y a aussi pas mal d’italiens.
Départ vendredi sur le coup de quatorze heures pour une boucle de trois spéciales à faire deux fois. Oui, mais les trois spéciales (quatre kilomètres pour se chauffer, trente-trois kilomètres et quatorze kilomètres) ne sont séparées chacune que par cinq kilomètres ! Attention au rythme !
Première spéciale, la radio se débranche au bout de cent mètres. Heureusement avec le casque Jet et la voix puissante de mon copilote, ça ne me perturbe pas trop. Et puis ce n’est qu’une spéciale pour se chauffer… avant celle de trente-trois kilomètres. A propos de chauffer justement , c’est une 206 qui crame au début de la spéciale en liaison. Ca commence bien… mais ça permet de se décontracter un peu ! Troisième spéciale vrai départ et la radio est bien accrochée… mais beaucoup de virages humides où la 306 a une fâcheuse tendance à partir de derrière… mais sans trop de soucis quand même. Ouf le rallye est parti.
Deuxième tour… et là pas de neutralisation, tout s’enchaîne et au bout de trente-trois kilomètres (vingt-huit minutes), ça commence à faire long, de nuit, tout en se méfiant de nombreuses plaques d’humidité traîtresses, notamment dans la descente du Bleine… et après il faut enchaîner sur Roquesteron… où je termine quand même devant Thiry… qui est en train de casser son moteur !
Finalement, le premier soir, il y en a quand même trois ou quatre derrière moi ! Toujours incredible !
Le samedi, une boucle de trois spéciales à faire deux fois également (Valberg treize kilomètres, Col Saint Raphaël Toudon vingt-huit kilomètres et La Couillole vingt-deux kilomètres) avec un peu plus de routier pour se reposer … mais quand on voit le tracé du routier, je ne suis pas sûr qu’on se repose !
Rien de particulier à noter si ce n’est que les pilotes derrière moi soit me passent, soit abandonnent… ce qui fait qu’il n’y en a plus derrière… qu’un italien en 106 S16 ! Il faut qu’il tienne bon !
Dans la onzième spéciale (vingt-huit kilomètres), alors que je pense améliorer, à cinq kilomètres de l’arrivée, un commissaire se jette sous mes roues en indiquant accident à cent mètres ! Je ralentis, me prépare à m’arrêter, ne vois rien et recommence à attaquer (sans les notes) en me disant que c’était peut-être de l’intox… mais à un kilomètre de l’arrivée, je me retrouve derrière un 4X4 tractant une Clio ! Temps forfaitaire ; alors qu’ils auraient pu pousser cette Clio qui s’était posée sur un muret au lieu de nous arrêter en pleine spéciale !
Le troisième jour, toujours une boucle de trois spéciales à faire deux fois (Col de l’Ablé huit kilomètres, Turini dix-huit kilomètres et Lantosque-Coaraze vingt-six kilomètres) toujours séparées de huit kilomètres de routier infernal. Toujours aussi physique avec en prime trois kilomètres de gravillon dans Lantosque.
Je poursuis mon petit bonhomme de chemin en maintenant mon italien en respect… mais dans la dernière spéciale c’est l’hécatombe des retards et plusieurs concurrents prennent du retard mais pas suffisamment pour me passer derrière. Finalement je finis vingt-quatrième sur vingt-six, douzième de groupe et sixième de classe (sur quinze au départ). A signaler quand même que le premier de classe termine quatrième au scratch premier groupe N (voiture de série) avec une Clio RS.
J’ai fait tout le rallye avec les mêmes pneus, ce qui fait que les commissaires chargés de les marquer n’avaient plus d’emplacement en fin de rallye !
Voilà, la 306 a gagné le droit à un bon repos et moi je suis rassasié de virages jusqu’à l’année prochaine !
VLB