November 3, 2008

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 9:33 am

Il est des nuits
des nuits soucieuses
des nuits éprises du jour
des nuits où plane l’intermédiaire lueur
des nuits où l’obscur désarmé
le temps échappe à toute éternité.

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Vraisemblablement d’ailleurs

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 9:33 am

Il y a un âge où l’on disparaît, pas sous les encombrements, les liasses ou les ratures d’une vie en ordre, mais bien sous soi, sous les feuilles qu’on devine enfin, le poids des allées venues des saisons. On s’étire un matin craquant, resplendissant des derniers grains de sable, une paume accrochée à la ramée,

on savoure la métamorphose.

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Humeur du matin

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 9:32 am

Humeur du matin
un doux baiser de chagrin
une goutte de tristesse pend au bout de mon nez

C’est septembre
Le soleil se lève péniblement
Il n’ira plus jamais aussi haut qu’hier

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Papillon cherche soleil

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 9:31 am

Papillon cherche soleil
s’emmêle dans ses rayons
prend feu, puis peur, bat fort des ailes
pour s’échapper de sa prison

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Dernière chanson

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 9:30 am

Après avoir tué père et mère
j’ai voulu refaire ma vie
alors j’ai changé de pays
pour un espace moins austère

j’ai voyagé vu des contrées
et des paysages nouveaux
tout est devenu si neuf si beau
que je ne suis jamais rentré

et puis la fatigue est venue
des jours gris des nuits sans sommeil
des années noires sans soleil
la mort enfin m’est apparue

la mort est une délivrance
pour celui qui a trop vécu
qui a trop joué et tout perdu
la mort est comme une autre enfance

Ô vie gâchée rêves déçus
voici ta fin sans importance
dernière halte ultime chance
de m’égarer dans l’inconnu

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Passé simple

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 9:29 am

Avoir un passé c’est avoir un futur

Vous prîtes le départ en mon sein
et vous posâtes votre petite main sur mon sein
et vous mîtes votre menotte en ma main
et nous fîmes ensemble un bout de chemin
et vous lâchâtes du bout des doigts le bout des miens
et du bout de mes doigts libérés je vous envoie
des baisers.

Lotte Char

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La nuit savonne mes angoisses

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 9:07 am

La nuit savonne mes angoisses
déverse des seaux glacés sur mes tripes
quand je m’abandonne
dans le bac à légumes
moisissure de moisissure
au bord du lavoir de tes lèvres

La nuit savonne mes angoisses
dans une obstination démoniaque
de mouche qui se cogne aux vitres
qui accomplit ses rituels persans
de mouche derviche
qui tourbillonne obscurément
au ras du carrelage

La nuit savonne mes angoisses
je pose mes tripes sur le carrelage
et ta chevelure n’est pas moins terrifiante
petit Danube noir
qui suinte la souffrance et le temps
sous la brosse à reluire de ma mémoire

La nuit savonne mes angoisses
des yeux vides de poulpe récalcitrant
quand petit je tentais, rêveur, d’harponner les méduses
dans les flaques de la cour de récréation
sous l’hiver des marronniers bleutés
d’un reflet profond et gelé jusqu’aux sources

La nuit savonne mes angoisses
surtout
et j’entends gronder sous la page noire
les poètes de l’ancien monde

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Quand vient la nuit

Catégorie: Poésie, Chroniques intimes — mis en ligne par carlotta @ 9:06 am

Quand vient la nuit
Mes craintes s’effondrent sans bruit
Dans le tunnel de ton cou

Variante :

Grise vient la nuit
Craintes se lovent sans bruit
Puits de tes épaules

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September 1, 2008

Vis et marteaux

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 10:39 pm

vice et vertu
et vice et versa
bataille rangée
à mains nues
personne ne vaincra

Pierre Masci

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230707

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 10:38 pm

Les araignées pompent mes cauchemars, insistent, obliquent de toutes leurs pattes.
Les araignées repliées en sachets de thé tournent mon sang en rosée agricole.
Les araignées sont tendues entre les narines myopes d’un anchois qui n’avait rien demandé.
Car il ne peut rien demander.
Ses mains sont des araignées, le chérubin à la commissure de ses yeux n’arrive pas à les démêler.
Mes dents se désagrègent en chapelet de bonbons.

Zo

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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