Martyrisée par son Tancarville
« Vingt ans que ça dure. Depuis vingt ans il se déglingue chaque fois qu’elle étend le linge. Fallait pas prendre un bas de gamme chez un soldeur. L’homme avait rapporté ça sans s’être trop foulé. Il est parti, le Tancarville est toujours là, bricolé au fil électrique bleu électrique – tant qu’à faire. Et elle sent, à chaque lessive, le lent sabotage de sa psyché calaminée. Et elle redresse la structure gauchie, elle ramasse les chaussettes tombées, elle redéploie les pantalons effondrés, pendant que s’affaissent un à un les différents aspects de ce qui fut sa personnalité. Lessivée. »
C’est ainsi que le site Kesstulis.com présente Martyrisée par son Tancarville, roman un peu oublié de Cha Beldeleau, réédité cette année aux éditions Automne, qui donnent une seconde chance à des textes passés de saison.
Je l’ai lu et j’ai failli rien comprendre, parce que j’ai une machine à laver avec un sèche-linge. Heureusement, il y a de petites illustrations qui permettent de bien saisir comment se déplie un Tancarville. Mais ce qui me plaît c’est le pop-up qui s’ouvre au centre exact du livre : tout l’étendage de linge se déploie. On peut même ajouter de petites chaussettes prédécoupées, qu’on trouve sur une planche en dernière page.
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