January 7, 2008

Minutes chaufournières du prix Nyctalope 2007

Catégorie: Chroniques bibliophiles, Prix Lycanthrope — | — mis en ligne par carlotta @ 12:35 pm
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November 5, 2007

Permutation à l’Atelier

Catégorie: Chroniques bibliophiles — mis en ligne par carlotta @ 2:19 am

Une promenade à l’Atelier, librairie du XXème arrondissement de Paris, est source de plaisirs variés. Celui dont je viens vous faire part ici tient à un choix de rangement qui, poussé à l’extrême, correspond à l’idée que je me fais d’un fond bien tenu.
D’entrée, un riche rayon de littérature étrangère fait face au grand rayon de littérature française. Plus au fond, une étagère de récits de voyages. Sur cette dernière, Coup de semonce de William Golding, roman de littérature anglaise. Et, au rayon de littérature française, Terre d’ébène et Le Chemin de Buenos Aires, récits de voyage d’Albert Londres.
Que n’ai-je cherché à dénicher, en littérature étrangère, un Pierre Loti ou un Jules Vernes, ou alors en poésie, pour élargir la permutation, et qu’elle se poursuive en littérature étrangère par des poèmes de Louis Brauquier ou de Valéry Larbaud. Par exemple.

Cha

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January 1, 2007

Point de vue des jurés Lycanthrope

Catégorie: Chroniques bibliophiles, Prix Lycanthrope — mis en ligne par carlotta @ 2:54 am

Est-ce que les jurés d’un prix littéraire lisent tous les livres ? Et qu’est-ce qu’ils en pensent ? Car à la fin, il n’y en a qu’un, on ne parle que de lui (les éditeurs s’arrachent les droits d’Amy Hempel depuis qu’elle est Prix Lycanthrope). Ces questions que tout le monde se pose, personne n’y répond, si ce n’est Papier peint.

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December 3, 2006

Supplément à Papier peint n°34 - Minutes chaufournières du Lycanthrope 2007

Catégorie: Chroniques bibliophiles, Prix Lycanthrope — mis en ligne par carlotta @ 12:53 pm

(ne peut être vendu séparément)

Par Yann Bernal

Ce samedi 2 décembre 2006 au pied de la butte Bergeyre, Paris XIXe
Avec les membres du jury : Robert (président), Benoît, Charlotte, Jérôme (à Orthez) et Manou ; son secrétaire Yann ; et aussi : Edouard, MC, puis Corinne, Crok, Verena et Philippe

Antre des Chaufourniers. Malgré les désistements et défections, la conjuration lycanthropique se plie à sa désormais traditionnelle session annuelle, sous les auspices de Charlotte, organisatrice, et les ordres de Robert, président.
Etaient en lice les œuvres proposées au Prix Nocturne 2007 : Max-André Dazergue, Le Carnaval des épouvantes (1954) ; Gilbert Dupé, La Barque de nuit (1952) ; Yvonne Escoula, La Peau de la mer (1972) ; Amy Hempel, Aux Portes du royaume animal (1990, trad.fr. 1991) ; Ramon Sender, Noces rouges (1942, trad.fr. 1947) ; François Valorbe, Voulez-vous vivre en Eps ? (1970) ; Rex Warner, L’Aérodrome (trad.fr. 1945)

Robert
On aurait pu prendre François comme exemple de procrastination. Les règles proposées par Charlotte et acceptées : on fait un premier tour en choisissant trois livres parmi les six, dans un ordre particulier ; ensuite on comptabilise les votes avec une pondération.

Yann
Comme le Ballon d’or !

Robert
Après le décompte, on ne garde que les trois premiers de la liste. Ensuite on fait un deuxième tour si aucun livre n’a recueilli la majorité absolue. Entre les deux tours, on pourra argumenter sur les livres.

Charlotte
Il faut que t’appelle Jérôme : 05-XX-XX-XX-XX. Manou, t’es d’accord avec tout ce qu’on a dit ?

Manou
J’ai pas trop écouté, en fait…

Charlotte
Je m’en doutais.

Robert(au téléphone)
Oui, Jérôme ? On est réunis pour le jury. T’es le premier à voter. (il répète ce que dit Jérôme) Le premier, c’est Dupé, le deuxième Sender, et le troisième ? Warner. On met trois, deux, un point(s), on pondère selon les rangs. Je te rappelle.

(incident de séance, sur l’opportunité ou non d’évoquer les livres éliminés)

Robert
Je suis président, c’est pas la peine de parler des livres qui n’intéressent personne. On parle des livres qui sont premiers dans la liste.

Charlotte
Tu vois, tu as déjà changé les règles qu’on avait instituées. Quand on en avait discuté, on avait dit qu’on parlerait de tous les livres.

Edouard
Je fais une proposition : je propose trois, quatre et cinq points…

Robert
Quand tu seras membre du jury et que t’auras lu tous les livres, tu décideras.

Manou
J’ai pas lu tous les livres. Dans les livres que j’ai lus, celui qui m’a le plus plu c’est L’Aérodrome. J’ai lu les Noces rouges et les nouvelles de Hempel. L’Aérodrome en tête de liste.

Benoît
Sender en tête, Hempel en deux, Dupé en trois.

Charlotte
Escoula en tête, je vais m’en tenir à Warner en deux, Hempel en trois.

Robert
Moi je vais mettre Warner en premier, j’ai longtemps hésité avec Hempel, mais Warner c’est plus structuré, et Sender en troisième.

Charlotte
Dazergue n’a pas circulé.

Robert
Valorbe, c’est un livre qui n’est pas bon.

Charlotte
L’année dernière j’avais du mal à entrer dans le choix du Prix Nocturne, cette année c’est mieux. (comptant les voix) Pour Dupé : quatre ; pour Sender : six ; pour Warner : neuf ; pour Hempel : cinq ; pour Escoula : trois. Ca va se disputer entre Warner, Sender et Hempel.

Robert
On rappelle Jérôme.

Benoît
On va parler des bouquins ?

Robert
Il en reste trois.

Benoît
J’aimerais bien savoir pourquoi Charlotte a voté pour Escoula !

Robert
Tu lui demanderas. Maintenant vous choisissez un livre.

Benoît
Pour défendre un livre, on peut multiplier les comparaisons pour parler des autres livres in fine tout en défendant son livre…

Robert
Une fois que le livre élu sera élu, on discutera des livres. On ne va pas parler des livres ad vitam aeternam… Je rappelle Jérôme. (au téléphone) On a mis le haut-parleur, on essaie de tous t’entendre. Le résultat du vote est le suivant : Warner L’Aérodrome, ensuite Sender et Hempel. Le jury n’a pas retenu Dupé, désolé.

Jérôme
Le jury est lamentable, il n’a rien compris.

Robert
Tu es le premier à avoir voté, tu es le premier à parler pour le deuxième tour.

Jérôme
Je pense que le plus surprenant des trois qui restent en course, c’est Hempel. Finalement, Warner c’est plus convenu, j’ai trouvé ça long, je me suis un peu ennuyé, et Serner… (inaudible). C’est un peu un vote par dépit, je préfère voter pour le bouquin qui m’a le plus étonné.

Benoît
Moi aussi je vais défendre Hempel. Mes textes préférés sont ceux que j’ai eu du mal à lire la première fois, c’est-à-dire Hempel et Warner. Hempel met en valeur des choses intimes ; je la trouve plus percutante qu’un autre auteur américain intimiste. Les drames sont abordés à travers un prisme minuscule, j’ai envie d’en lire plus.

Charlotte
Devant ce choix restreint, je vais défendre Hempel. J’aime bien le côté raccourci des nouvelles, au milieu de cette pâte indistincte des jours, Hempel… que tu saches, il y a du marbré aux carottes !… (plusieurs fois interrompue, Charlotte perd le fil de ses pensées) ces petites choses qu’elle va pêcher dans des histoires incroyables et minuscules… Elle montre quelque chose de la dureté du monde, qui sort de cette masse… voilà, j’ai été très mal à l’aise…

Manou
J’ai voté pour L’Aérodrome, malgré le fait que ça ait vieilli, je trouve ça intéressant dans le contexte actuel. C’est vrai que le style est parfois un peu lourd, mais il est intéressant de voir comment arrive le monde moderne, civilisé dans la campagne, comment ils arrivent à prendre le dessus… Après, les amours du héros, c’est moins intéressant et c’est prévisible, mais il y a une atmosphère.

Robert
J’ai bien aimé Hempel, parce qu’elle me rappelle Carver. Je vote quand même pour L’Aérodrome. Il y a plusieurs plans, des constructions multiples, des personnages qui sont des personnes et non des caractères ou des caricatures comme dans d’autres livres.

Benoît
Il y a des personnages auxquels tu t’es attaché ?

Robert
Le narrateur, par exemple.

Manou
J’ai pas aimé chez Hempel la chute. L’Aérodrome, on le savait, mais chez Hempel c’est des trouvailles, qui accrochent comme des slogans, mais ça tient pas la route.

Charlotte
Quelques fois la fabrication marche, il y a de la grâce, de l’humour…

Robert
C’est des nouvelles mignonnes, mais pas un roman complet comme L’Aérodrome.

Jérôme
Il faut s’interroger sur l’équilibre mental de celui qui a choisi les livres…

Robert
A priori, ça fait trois voix contre deux, pour Hempel. A moins qu’on ne revote parce que l’écart est trop serré…

Charlotte
Chez Escoula, j’ai aimé ce contraste entre l’écriture précise et la confusion qu’elle veut décrire ; et cette confusion, je la vis en la lisant. J’ai été très surprise de voir les réactions négatives de lecteurs d’Escoula.

Manou
Pour moi, Hempel, c’est vraiment un livre de nanas. Cette manière de s’attarder sur les détails, sensible…

Robert
Qu’est-ce qu’on sait d’elle ?

Benoît
Elle a écrit quatre recueils de nouvelles, des anthologies d’écrivains, et elle aime beaucoup les chiens, je crois. (à Jérôme) Pourquoi avoir voté Dupé ?

Jérôme
Il a réussi à quasiment me transporter, avec cette jolie histoire d’amour. Rien que pour la fin, c’est un grand bouquin. C’est le seul livre qui m’ait donné envie d’en lire d’autres. Escoula, j’ai trouvé ça lourd, dans le sens de mélasse, il faut du temps pour entrer dedans, alors que Hempel, c’est des fulgurances, plus que des trouvailles. Ca ne vous a pas accrochés, Dupé.

Robert
J’ai pas aimé du tout parce qu’il y a le point de vue du narrateur, au-dessus ; il y a une espèce de mépris ou de condescendance, pas d’humanité. La description du lieu etc. : Charlotte m’a dit que c’était un cinéaste, voilà pour les images. Mais c’est quelqu’un qui n’aime pas les gens. Même un personnage secondaire, le médecin de l’île, il le regarde avec condescendance. Il y a trois personnages principaux : un benêt, une fille évaporée qui a pris un coup sur la calebasse et pas très maline ; y a que la mère qui s’en sort et encore, pas trop longtemps !

Charlotte
Pour ce roman-là, je suis pas allée au bout.

Jérôme
C’est ça le problème, il fallait avoir le courage d’aller jusqu’au bout !

Charlotte
Je m’étais tapée un autre Dupé avant, et j’étais horriblement mal à l’aise avec les personnages féminins, des cruches et des connes…

Benoît
Dans les campagnes des années quarante et cinquante, c’était comme ça !

Jérôme
Non, le personnage central est assez libéré, ce groupe de femmes joue un rôle dans le livre au-delà du rôle traditionnel réservé aux femmes. T’as pas pu le voir si t’es pas allée au bout. Le tour de force de Dupé, c’est de maintenir le personnage dont j’ai oublié le nom dans le flou ? Dupé refuse de trancher jusqu’à la fin. Benoît parle de surnaturel, c’est quelque chose qui s’en rapproche.

Charlotte
Un livre c’est intéressant quand il t’emporte, comme tu l’as dit…

Jérôme
Moi, au bout de dix pages, j’ai failli arrêter.

Manou
Vous êtes pas convaincants sur Hempel ! Vous dites des choses vagues. On retrouve dans pas mal d’œuvres cette référence au quotidien : j’ai l’impression que c’est pas si original que ça !

Edouard
Qu’est-ce qu’il a dit, l’autre jury, de Hempel ?

Benoît
Elle n’a eu que deux voix, et c’est Sender qui a gagné.

Robert
J’ai trouvé ça difficile à lire, indigeste.

Benoît
C’est voulu !

Robert
Peut-être. Est-ce que c’est la traduction ?…

Charlotte
J’ai bien aimé l’atmosphère qu’il crée, mais j’ai pas aimé que cette cruche soit présentée comme la sauveuse du monde. (…) A qui appartient le string ?

Edouard
A la copine d’Eric.

Benoît
Comment Edouard en a hérité ?

Edouard
Je devais le rendre à Florence.

Benoît
Quel rapport avec Eric ?

Charlotte
Aucun. Nous.

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December 5, 2005

Supplément à Papier peint n°23 - Minutes chaufournières du Lycanthrope 2006

Catégorie: Chroniques bibliophiles, Prix Lycanthrope — mis en ligne par carlotta @ 10:53 am

(ne peut être vendu séparément)

Par Yann Bernal

Pièce de théâtréalité créée à l’occasion du Prix Lycanthrope 2006, premier du nom, dont le Jury s’est réuni à midi et demi le 3 décembre 2005 au pied de la Butte Bergeyre, Paris XIXe, sous l’égide de Charlotte.

Auteurs-personnages
Par ordre d’apparition : en qualité de jurés : Perrine (présidente), Priscille, Odette, François, Robert, Myriam ; grande ordonnatrice : Charlotte ; président du Prix Nocturne pendant : Benoît.
Et, par ordre de non apparition : Fabienne et Eugénie.
Dans le public : Edouard, Marina, MC et Yann.
Excusé : Pit.

Antre des Chaufourniers. Le Jury est presque au complet. Seules Fabienne et Eugénie restent invisibles, malgré les efforts de Charlotte pour les rameuter. Les membres pour la plupart ne se connaissaient pas, et restent tapis dans une certaine réserve. Sous un soleil de midi grisé par la nuit de 2005, les jurés se jaugent.
La conjuration lycanthropique peut commencer. Perrine, la présidente du Jury, propose aux membres d’expliquer en une minute trente par livre pourquoi ils retiennent deux, trois, quatre livres sur les sept en lice (La nuit du Minotaure de Marc Agapit, 1965, Trois récits de Jean-Pierre Attal, 1965, Harengs frits au sang de Jean Duperray, 1954, La marraine de sel de Maurice Fourré, 1955, Neige d’Anna Kavan, 1967, La cité des asphyxiés de Régis Messac, 1939, Gog de Giovanni Papini, 1931).
Et, au fil des livres invoqués… les forces nocturnes surgissent… MC en oublie ses talents émétiques, coi. Il remarque la métamorphose : les mânes qui montent croisent les loups (1) qui tombent… La meute qui cerne le félin nyctalope a déjà dévoré des bouquetins ; la voici discutant le bout de gras, entre le poireau et le fromage.

Priscille

J’ai beaucoup aimé les Trois récits de Attal, ça m’a rappelé Bove. C’est écrit autour d’un vide, une espèce de masse. Il y a comme ça une espèce de distance, « je regarde les insectes ».
J’ai beaucoup aimé Agapit. J’ai d’ailleurs manqué deux trois fois ma station de métro tellement j’étais absorbée ! C’est un personnage schizophrène, avec donc une perception externe et une perception interne. C’est construit en miroir.
Chez Messac, il y a plein de jeux de mots, une déformation du langage. Un gars est plongé dans un espace qu’il ne connaît pas, il y a beaucoup de lapsus. On s’attache à un univers qui dégouline des murs.

Odette

Attal. C’est un roman de jeunesse, de vie, de subversion. Mais aussi de possession, d’adulation adolescente. Le thème, c’est : vivre hors du sérieux, du temps. Comment ne pas céder à la facilité, la norme. La masse, c’est le plus politique, qui introduit le rêve et le fantasme dans une réalité qui serait trop pratique. Dans L’oiseau, il y a une opposition entre celui qui rêve et celui qui ne supporte pas l’incohérence.
Les Harengs : j’ai été intéressée pas par le sujet lui-même, mais surtout par l’écriture, extrêmement musicale, comme un symphonie. C’est une écriture par moments très classique – qui s’approche de l’alexandrin – donc c’est très beau. J’ai été touchée par la vie du héros. Ça colle bien au Lycanthrope. C’est un homme de souffrance qui fait souffrir ; il a tellement souffert qu’il en devient monstrueux. L’écriture traduit bien le méli-mélo des sentiments.
La marraine du sel, c’est pas l’intrigue qui m’a intéressée, mais l’écriture, très théâtrale. Au début elle m’a irritée, et j’ai été peu à peu séduite, envoûtée comme madame Alespick, enroulée dans les mots et les phrases.

François

La cité des asphyxiés. C’est une vision différente du futur. C’est l’évolution de l’homme, mais aussi sa régression. Le système n’est pas aussi infaillible. J’ai bien aimé parce que le personnage au début est dénigré par la narratrice, mais il devient attachant.
La fin laisse sur sa faim.
Agapit. C’est ancré dans la réalité, une écriture assez claire. J’ai aimé le mystère autour de cette histoire, mais toujours ancré dans la réalité, avec ce labyrinthe inconcevable.
Enfin Neige. L’histoire change en cours de route, comme le narrateur et la ville – elle était délabrée et tout à coup elle est moderne. J’ai aimé cette poursuite de la femme qui le déteste. Et j’ai aimé la fin, assez positive.

Robert

J’aurais du mal à en défendre trois ! J’étais très en colère contre Benoît pour ses choix, parce que je les ai tous détestés, le premier et les suivants encore plus. Donc je vais vous parler du premier, que j’ai moins détesté que les autres.
C’est Harengs. Dans les sept, c’est l’une des écritures les mieux maîtrisées. Dans d’autres, on sent que certains ont un projet. Au moins celui-là a un vrai projet. Ce qui est défendable, c’est l’intrigue, relativement mince et pas le sujet principal. Le sujet, c’est un monde bien cerné (c’est aussi le cas dans La cité, mais il y a d’autres défauts). On rentre, on adhère. Les personnages ont une psychologie certes taillée à coups de serpe, mais concrète. Il y a de vrais personnages. Ce qui me plaît pas trop, c’est la tentation de transmettre les odeurs et les couleurs. La marraine, je suis pas entré dedans. Harengs je suis rentré dedans. J’ai même compté le nombre de fois avec des couleurs et des odeurs dans une page, pour m’amuser, ça fait beaucoup. La fin se termine en queue de poisson. Ce qui est le plus intéressant, c’est de voir la campagne des Cévennes dans les années 30.
Trois récits. Le premier : minable. J’ai horreur de ce récit (l’écriture et le fond). Le deuxième est défendable. Le troisième, c’est du sous-Nothomb, en un peu plus nerveux, mais flottant, mou.

Myriam

Trois récits. C’est lourd à lire, j’avais besoin de m’aérer en lisant autre chose pour sortir de cette grisaille. La masse, c’est d’abord une atmosphère, on sent que ça va exploser et ça explose. Il est froid par rapport aux morts. Monsieur X : j’ai aimé le début et la fin, très inattendue. On se demande à qui on a à faire : est-ce le diable ? On entre dans le fantastique.
La cité. C’est un livre assez difficile. J’ai ressenti pas mal de colère, je me suis sentie exp(l)osée deux ou trois fois. On doit pas le détruire, il peut servir à un Prix Environnement… mais pas pour le Prix Lycanthrope. Il a ce mépris de la narratrice. Le personnage monte en grade puis redescend. L’atmosphère de danger est bien restituée.
Neige : c’est très froid, circonscrit à une femme, le danger, la neige…
C’est très limité. Pas Lycanthrope en tout cas.
La marraine : j’ai bien aimé l’atmosphère. Je m’imaginais les années 50 avec peu de mouvement, assez grises. Je voyais pas ça comme ça. L’atmosphère est assez bien reproduite. Je le détruirais pas.

Perrine

Gog : j’ai aimé le puzzle. Les parties sont différentes, certaines loupées, d’autres réussies, comme la visite à Ford avec les explications industrielles. Sous des dehors rigolos, il y a un vrai sens. A côté, il y a des trucs complètement loupés. Or quand c’est court ça dure pas plus de quatre heures. C’est pas trop long : j’aime pas les pavés. Y a des bouquins où je me suis emmerdée. Celui-là est très différent des autres.
La cité : il y a des trouvailles, des jeux de mots, mais aussi des descriptions redondantes, il y aurait pu y avoir 80 pages de moins.
Et j’ai été déçue par l’introduction avec la révolte des esclaves.
Harengs. Au début, la description de la nature : ça m’a barbée. Puis j’ai été prise par la ligne. J’ai vu que c’était lourd, mais on continue à adhérer. C’est le seul des sept qui m’a fait un film dans ma tête.

Charlotte, au nom d’Eugénie, donne sa voix à La nuit du Minotaure. Et précise que, ayant lu trente pages de chacun des sept livres, son chouchou, c’est La marraine.
Perrine fait les comptes à l’issue de ce premier tour de table : quatre livres : un cité quatre fois, trois cités trois fois. Quatre titres, on en garde deux. Débat informel avant le premier tour du vote.
Myriam pensait que les livres seraient plus lycanthropes, ajoutant qu’elle a été influencée par l’Homme-lycanthrope qu’était Petrus Borel.
A propos de Gog, Perrine précise qu’on n’est pas obligé d’aimer la fin.
Robert avance que c’est le livre le plus méprisable, qui a une vision noire de l’humanité, bourré de gens nuls, stupides, imbéciles.
La présentation, c’est un fou, donc « il dit qu’il est l’homme le plus riche du monde et qu’il est fou, donc il peut tout se permettre… »
Benoît lui demande qui il préfère, Bill Gates ou Gog ?
Robert répond que si Bill Gates écrit aussi mal que Gog…

Vote. Dépouillement par François, benjamin de l’assemblée. La nuit 4 voix, Harengs 3 voix, Trois récits 4 voix, La cité 1 voix. La cité, cité une fois, est éliminé.

Priscille

On ne peut pas passer à côté de La masse, il ne doit pas être l’oublié de la littérature française.

Perrine

Je pense qu’il faut l’enlever, j’y ai rien trouvé !

Priscille

Justement y a rien.

Perrine

Il n’a aucun intérêt. J’ai pas vu ce que vous y avez vu.

Odette

Est-ce qu’on peut distinguer les trois récits ?

Perrine

Le plus intéressant, c’est La masse ?

Robert

Oui, c’est le mieux construit.

Myriam

J’ai bien aimé la perception de la société.

Perrine

J’ai trouvé ça facile.

Robert

Ce qui me gêne, c’est la tentative de l’humour qui n’est pas drôle.

Perrine

On réduit donc les Trois récits à La masse ?

Robert

Monsieur X, ça part en couilles. Il va aux putes avec son gourou !…
J’ai pas aimé La nuit, c’est une écriture automatique. « Je sais fabriquer des livres, des récits, comme un artisan. Dès que j’ai une idée, je construis autour de ça et je suis capable d’en écrire 10 par mois… » Il maîtrise parce que c’est son métier, c’est un professionnel. C’est de la littérature de gare au mauvais sens du terme.

Odette

Tout est prévisible. Comme dans la littérature de gare, on est entraîné plus loin, mais dès qu’on a refermé le livre, on l’oublie.

Perrine

C’est prévisible quand on l’a refermé…

Odette

Non, à chaque étape.

Perrine

Ce qui est loupé dans La nuit, c’est le personnage de la femme. C’est pourtant pas mal parti, quand on se demande lequel des deux est fou. Et puis on en a ras le bol d’elle dans ce labyrinthe raté.

François

J’étais plutôt pour La nuit. A vous entendre, j’ai réfléchi. J’irais vers Neige. Mais difficile d’en parler. C’est spécial. J’ai bien aimé l’obsession de la femme, elle ne supporte pas le narrateur. Il passe sa vie à essayer de la sauver mais il n’a pas de reconnaissance…
J’ai beaucoup aimé La masse. Monsieur X, c’est un peu fastidieux, j’y ai pas trouvé d’intérêt. Harengs, c’est beaucoup trop chargé, à la limite de l’illisible, j’ai même sauté des paragraphes. La marraine, j’ai trouvé ça prétentieux, avec des effets de style pseudo-poétiques.

Myriam
J’ai pas été séduite par l’écriture dans les quatre. Dans La nuit, l’écriture n’est pas fluide, c’est pas respectueux du lecteur. J’ai pas été séduite par une tournure de phrase ; j’aime beaucoup la friandise du livre…

Robert

Dans les sept, Harengs c’est celui que je déteste le moins. C’est la description d’un monde, un espace géographique cohérent, des personnages qui existent. On a envie d’y croire. Le parti pris de l’écriture est respectable, et même s’il m’a un peu emmerdé, il s’estompe, ou bien je m’y suis habitué. J’ai été déçu par la fin, sorte d’échappatoire, un défaut, un manque. Mais en même temps c’est pas important, parce que c’est pas l’intrigue le plus important. Ce qui est intéressant, c’est l’évolution du monde entre l’avant-guerre et l’après-guerre.

Priscille

Ça m’a rappelé Giono, c’est super-lourdingos, avec un côté régionaliste… C’est de la poésie en prose, et j’aime pas ça. C’est une maison surchargée, et j’étouffe. Trop de mots, d’odeurs et de couleurs.
Dans l’ensemble, le défaut des livres, c’est les personnages.

Deuxième tour du vote : un livre doit être élu avec la moitié des voix plus une, soit quatre voix. Dépouillement. La nuit 2 voix, Harengs 3 voix, Trois récits 2 voix. Pas de majorité donc il faut refaire un tour, entre La nuit et Trois récits pour désigner le finaliste face à Harengs.
Robert soulève le fait qu’il pourrait alors voter pour le moins bon ou celui qui sera assez mauvais pour perdre contre Harengs… Perrine propose de revoter sur les trois. François annonce qu’il pourrait changer de vote. Robert souligne que François est édité par Charlotte, « vous voyez la manipulation ! ». Mais La marraine et Neige ne sont plus en lice, répond Charlotte.
Dépouillement. Harengs 3 voix, La nuit 1 voix, Trois récits 3 voix.
Débat sur la procédure. Charlotte au nom d’Eugénie doit voter pour La nuit, éliminée. Elle l’appelle donc au téléphone.

Robert

La masse, c’est Clochemerle à côté de la plaque !

Charlotte

J’ai pas pu la joindre. Comment continuer ?

Robert

C’est la voix de la présidente qui est prépondérante.

Myriam

Pourrait-on remettre les critères à plat ?

Charlotte

Le Prix Lycanthrope, c’est les forces nocturnes qui surgissent, c’est le pendant du Prix Nocturne.

Benoît

Le Prix Nocturne consacre un livre oublié, insolite ou fantastique. C’est l’oubli, l’originalité dans l’écriture, la part d’invention.

Lecture d’un extrait du début de Harengs par Myriam.

Myriam

La phrase est déjà trop longue ! Et moi j’aime les phrases courtes. Je suis déjà essoufflée.

Perrine

Regarde la dernière phrase de la page 95.

Robert

Des fois une phrase ça rattrape un bouquin entier !…

Myriam lit.

Perrine

T’as été éclairée ?

Myriam

Oui mais j’ai été déséclairée par ce que j’ai lu avant.

François

J’ai trouvé ça beaucoup trop lourd.

Vote entre Harengs et La masse. Dépouillement par Myriam. La masse 2 voix, Harengs 3 voix, 2 blancs. Perrine proclame Harengs frits au sang lauréat du Prix Lycanthrope 2006.
François révèle que les résultats du Prix Nocturne ont été mis sur Internet, et qu’il en a pris connaissance par hasard, en cherchant des informations sur les livres et les auteurs en lice. Benoît ou Charlotte le remercie(nt) de n’en avoir rien dit auparavant. Il rappelle que samedi 26 novembre, Gog l’a emporté par 4 voix contre 2 à Neige et 1 à Harengs.

Benoît

Je me félicite du bon choix du Lycanthrope, c’est un auteur merveilleux et fantastique. J’ai trouvé ça exigeant et courageux.

Priscille (dépitée)
Donc c’est Gog qui a gagné…

Robert

C’est honteux.

Charlotte

Le Jury Lycanthrope est ainsi constitué et j’espère pour longtemps. Maintenant, je vous propose de boire.

(1) « Derrière mon loup, je fais ce qui me plaît me plaît, car aujourd’hui… tout est permis… »

FIN

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September 5, 2005

Lectures référentielles

Catégorie: Chroniques bibliophiles — mis en ligne par carlotta @ 4:41 am

# La méthode.

D’autres que moi écriront un jour la genèse de cette méthode de lecture, la plaçant sans doute entre celle de Bachelard (toute la bibliothèque municipale de Dijon dans l’ordre alphabétique) et celle de Leopardi (la bibliothèque familiale dans l’ordre des langues, apprises au fur à mesure). Je ne décrirai donc pas le processus de création de cette méthode mais l’état de l’art de la méthode, qui au demeurant ne manquera pas d’être perfectionnée par les hordes de lecteurs enthousiastes qui s’en empareront dès sa mise sur le marché (bien que cette méthode ne donne lieu à aucune royaltie, l’auteur – moi-même – ayant délibérément abandonné toute idée de lucre à son sujet).
À partir d’un ouvrage, sur le choix duquel nous reviendrons plus loin, il s’agit de lire les ouvrages qui sont cités, expressément (1) ou non dans ce volume.
Première règle importante de cet exercice : si dans un livre on trouve plusieurs “liens” vers d’autres ouvrages, on lira les ouvrages dans l’ordre d’apparition des citations et, deuxième règle, on lira en priorité les ouvrages de deuxième rang cités dans le premier livre du premier rang (règle récurrente), en conservant les ouvrages dont on n’a pas fini d’explorer les liens sur sa table de travail. (Conseil pratique : utiliser des petits marque-pages colorés et collants, comme des languettes post-it).
On objectera que le risque est d’avoir un très grand nombre d’ouvrages en cours, au risque de se perdre dans l’arborescence des références.
C’est vrai et c’est un attrait de cette forme de lecture ; par ailleurs il n’est pas de problème de ce genre qu’une bonne organisation ne puisse résoudre (l’université de Valla-Quichuia en basse Patagonie met à disposition des amateurs, sur son site www.uni-valla-quichuia.org/lecture/html un bon logiciel informatique - pour l’instant une seule version en ourdou qui fonctionne avec le système d’exploitation Particule © bien connu des utilisateurs des ordinateurs VELPO).
Deux écueils à éviter si possible : partir d’un ouvrage trop pauvre en références (exemple le N° 16 de Fripounet et Marisette de février 1954 qui ne comporte aucun lien possible même en cherchant bien) ou à l’inverse choisir un ouvrage trop riche en références (le catalogue raisonné de la “Libraire du livre rare” publié en 1854 à Vaison-la-Romaine et qui contient 28945 références quasiment introuvables, ce qui est à la fois frustrant et improductif).

# Les liens.

S’ils sont explicites, pas de problème particulier. Une bonne citation donne à la fois le titre et l’auteur de l’œuvre, voire l’édition et l’année de la parution. On examinera attentivement les préfaces, les avant-propos, les dédicaces riches en citations et références de toutes sorte, mais aussi les phrases mises en exergue en début d’ouvrage ou de chapitre.
Exemple : au début du roman “la possibilité d’une île” de Luc Quinoux, on peut lire (dans l’édition in-quarto de 2005 sur papier d’Arménie) cette phrase en exergue : “Ha ha dit-il en portugais, car il parlait les deux langues…” extraite de “Tintin au pays de l’or noir”, qui nous procure un lien avec la bande dessinée, dans laquelle (vignette 45 et 46) on peut lire dans la bibliothèque du docteur Muller le titre d’un roman de S.Reilly, “Si tu n’en veux pas je la remets…”.
Mais on doit aussi s’intéresser aux liens implicites, comme le montre l’exemple suivant.
Dans la page 145 des mémoires de Simon Lantier (2), intitulées “Je peux dire que j’y étais” il écrit “…et pour me donner une contenance je pris en main l’ouvrage que Madame de S. avait posé sur le guéridon à mon entrée dans la pièce…” Nous ne connaissons pas le titre le l’ouvrage, mais à se stade du livre nous avons une assez bonne idée du caractère de Madame de S., nous connaissons un peu la composition habituelle d’une bibliothèque d’une dame de ce milieu à cette époque dans cette île ravitaillée par les corbeaux, et nous pouvons deviner (du fait aussi que plus loin dans le texte Madame S. avoue aimer cet auteur et que plus avant dans ses mémoires Simon avait décrit le livre avec un couverture verte) qu’il s’agit probablement de “Mireille et Mirabelle” de Magalie Beuvret, une vague histoire de jeunes filles indéterminées sexuellement comme on les aimait à cet époque.
Un dernier écueil à éviter : le “Cul de sac”. Tous mes livres sont refermés, tous mes post-it enlevés, ma table de travail est vide. Que faire ? Tout d’abord m’interroger sur ma capacité à inventer les liens, les traquer, les découvrir, les “révéler” parce que c’est bien rare qu’on ne trouve pas de liens dans un ouvrage (bon c’est vrai qu’il y a l’exemple cité plus haut mais c’est extrêmement rare). Puis si on est sûr d’avoir bien fait son exploration, alors repartir d’un ouvrage pris au hasard, soit dans ma bibliothèque ou mieux encore dans celle d’un ami, ou celle du comité d’entreprise, ou sur la table de votre libraire, ou même encore du soldeur d’occasion au marché.
Bonne lecture et n’oubliez pas de noter vos parcours, l’université de Oulang-Bator, section des études linguistiques, procède actuellement à une vaste étude sur la lecture référentielle et sera heureuse de votre participation bénévole. (Pour l’instant en langue Ouigour mais prochainement étendue au Farsi et au Basmati).

Robert Strauser

1 Un article de du professeur Trucman dans ” la revue des trois baudets” datée de mars 2006 (à paraître chez Casterman dans la collection ailleurs et hier) on trouvera des précisions sur le distinction entre une citation précise et une évocation littéraire).

2 Aux éditions de la cigale, 1895.

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May 3, 2004

La tribu Malaussène

Catégorie: Chroniques bibliophiles — mis en ligne par carlotta @ 12:48 am

Connaissez-vous Benjamin Malaussène ?
Non ?
Je vous envie…
J’aimerais pouvoir à nouveau faire sa connaissance.
Benjamin Malaussène est frère de famille et bouc émissaire de son état. En d’autres termes, pour élever les demi-frères et sœurs que sa mère lui “confie”, il utilise sa propension désarmante à se fourrer dans le pétrin et en fait profession… Comment ? A vous de le découvrir…

Cette fameuse profession n’est pas du luxe, car il y a du monde à nourrir :
Julie Corrençon, grand reporter et compagne par intermittence du précédent : il est son “porte-avion”, elle revient se poser auprès de lui entre ses disparitions à la recherche de nouveaux scoops
Louna et Laurent, je vous les présente ensemble car ils sont indissociables, l’infirmière et le docteur amoureux comme dans les romans à l’eau de rose
Clara, la photographe, sa voix de velours et ses gratins : pour supporter l’insupportable, elle a besoin de le photographier…
Thérèse, la rigidité faite pythie, en connexion constante avec les astres…
Jérémie, le sale gosse au grand cœur qui passe son temps à se chicaner avec la précédente
Le Petit avec ses lunettes roses, qui s’embuent quand il a de la fièvre : il dessine des ogres de noël et rencontre des fées carabine…
Les bébés qui apparaissent au fur et à mesure des aventures : Verdun, C’est Un Ange, Monsieur Malaussène. C’est Jérémie qui les baptise…
Julius, le chien épileptique, qui sent tellement mauvais que son odeur a définitivement renoncé à le suivre, maintenant, elle le précède…
Et la grande absente, la Maman qui, après chaque enfant, disparaît à nouveau pour vivre enfin le grand amour : “D’aucuns te diront [qu’elle] est une pute. Laisse dire, c’est leur noirceur qui parle. [Elle] est une vierge perpétuelle, c’est très différent. Une éternité en chacune de ses amours, voilà tout, et nous sommes la somme de ces instants éternels.”

Dans leur entourage, gravitent :
Les flics (pétrin oblige) : Le très bonapartiste commissaire Coudrier, l’inspecteur Pastor et ses pulls trop grands, l’inspecteur Thian qui transporte Verdun dans son holster, et certains nettement moins sympathiques, que nous passerons donc sous silence…
Belleville et ses habitants : Plus particulièrement, Haddouch et Mo le Mossi, amis d’enfance de Ben qui a été élevé par Yasmina et Amar, les parents d’Haddouch, propriétaires du Couscous du Coin, où ont lieu toutes les célébration.
La reine Zabo, qui, à force de se nourrir de lecture, a une tête hypertrophiée sur un corps anorexique
Les médecins, plombier de génie ou raccommodeur d’enfants
Et tant d’autres que j’oublie ici

Que vous dire de plus ? que vous rencontrerez tout ce petit monde dans :
Au Bonheur des Ogres
La Fée Carabine
La Petite Marchande de Prose
Monsieur Malaussène
Aux Fruits de la passion
Des Chrétiens et des Maures

Vous connaissez déjà Pennac ? Vous avez aimé les Malaussène ? Et connaissez-vous Daniel Picouly ?

Béatrice Marchal

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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