December 3, 2007

~Jeff SMITH : inventer un comic familial et indépendant ? Simple comme Bone !~

Catégorie: Promenade bavarde — mis en ligne par carlotta @ 12:38 am

Des auteurs de comics qui existent malgré le mainstream (Étagère principale, 4ème étage en partant du haut)

BONE
1.La forêt sans retour (Jeff Smith) décembre 2006 DELCOURT
2.La grande course (Jeff Smith) avril 2007 DELCOURT
3.Rêves et cauchemars (Jeff Smith) août 2007 DELCOURT

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Bone est un comic relevant de l’anomalie dans la production américaine :

    Par son univers et son graphisme mêlant Arthur le fantôme (pour les lecteurs de Pif gadget), le Seigneur des Anneaux ou les BD Disney ( Journal de Mickey et autres Mickey Parade )
    Par son ton à l’humour « non-sens » mêlé d’un l’esprit cartoon (tendance Bip-Bip et le coyote) et accessible à toute la famille (comme un bon Astérix), l’auteur relève savoureusement l’absurdité de notre époque via un personnage proche de l’oncle Picsou qui se serait fait chasser de la ville dont il était le maire, pour cause de malversations.

Son héros n’est pas en reste : il est amoureux d’une princesse qui s’ignore, est grand lecteur de Moby Dick et très copain avec les animaux de la forêt (dans laquelle rôde un dragon fumant le cigare).

Le tout fait un univers très riche jamais niais avec des personnages drôles facilement identifiables, mais aussi suffisamment profonds pour permettre de s’identifier à un rat-garou ou une grand-mère faisant la grande course annuelle contre des vaches.

Excusez du peu, cette formule est le fruit d’une production indépendante et auto publiée par son auteur (évidemment impossible pour un mainstream d’envisager ce genre de chose !).

Maintenant riche d’un succès international (USA et France), Jeff Smith colorise son œuvre, hier seulement en noir et blanc pour cause de coûts d’auto publication (madame est dans le coup aussi). La couleur rend cette épopée encore plus abordable sans nuire à son trait d’une lisiblité exemplaire.

Le site internet de l’auteur (www.boneville.com) est également dans l’esprit bon enfant mais jamais niais de sa série fétiche. Vous y verrez que le mainstream l’a à l’œil (DC le recrute maintenant pour des extras).

Si vous ne connaissez pas encore Bone et ses cousins, dépêchez vous, c’est à découvrir absolument !

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November 5, 2007

~Paul CHADWICK : Personnage extraordinaire pour aventures ordinaires~

Catégorie: Promenade bavarde — mis en ligne par carlotta @ 2:04 am

Des auteurs de comics qui existent malgré le mainstream
(Etagère principale, 4ème étage en partant du haut)

CONCRETE
1.Etrange armure –titre original « Strange armor » de 1 à 5- (Paul Chadwick) août 2004 Collection SEMIC BOOKS
2.Fragile créature –épisodes originaux : de 1 à 4- (Paul Chadwick) octobre 2005 Collection SEMIC BOOKS
Cette série ne vous emballera sans doute pas par son dessin (encore que le design de CONCRETE est très réussi) mais son approche étonnante fait vraiment figure d’exception dans le paysage américain :
Son personnage central travaillait pour un politicien avant de se retrouver prisonnier d’un corps de pierre pour des raisons extra-terrestres lui échappant. Hé non,ce n’est pas le départ d’une énième série de science fiction à bon marché puisque l’auteur ne s’appesantira pas sur d’incroyables pouvoirs dans d’improbables aventures, mais ancrera le récit dans le quotidien d’un handicap tombé du ciel.

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Le premier volume (le plus classique) expose les états d’âmes du héros tiraillé par un gouvernement récupérateur et la nécessité de se plonger dans le show business.
Le second se situe dans le milieu du cinéma à Hollywood lors du tournage d’une série Z dont Concrete assure les effets spéciaux à bon marché (il faut bien vivre …).
Paul Chadwick apporte à chaque page une dose d’humanité et de sentiments qui détonne avec son personnage au faciès impassible. Celui-ci donne également de sa personne puisqu’il alimente son propos avec son vécu, les milieux de la politique et du cinéma ne lui étant pas étrangers (non, il na pas été transformé en homme de pierre par les martiens …).
L’éditeur a quasi disparu des bacs pour cause d’abandon des licences SEMICDC. Reste à savoir si nous aurons la chance de revoir ce personnage dans de prochaines « aventures ».

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October 1, 2007

~MIKE Mignola : quand le style graphique transcende la narration~

Catégorie: Promenade bavarde — mis en ligne par carlotta @ 9:41 am

Des auteurs de comics qui existent malgré le mainstream
(Étagère principale, 4ème étage en partant du haut)

L’ODYSSEE COSMIQUE –titre original « Cosmic Odissey » de 1 à 4- (Jim Starlin, Mike Mignola) 1998 BETHY
WOLVERINE Jungle saga –titre original « the jungle aventure »- (Walter Simonson, Mike Mignola, Bob Wiacek) 1998 BETHY
BATMAN Appelez moi Jack ! –titre original «Gotham by gaslight »-  (Mike Mignola, Brian Augustyn) avril 1990 COMICS USA
BATMAN Sanctuaire et Gotham à la lueur des réverbères version N&B –titres originaux «Sanctuary » et « Gotham by gaslight »- (Mike Mignola, Brian Augustyn) mars 2004 RACKHAM
ALIENS SALVATION la rédemption (Dave Gibbons, Mike Mignola) 1993 DARK HORSE France
IRONWOLF Les feux de la révolution –titre original «Ironwolf Fires of the revolution»- (Howard Chaykin, John Francis Moore, Mike Mignola) mai 1993 ZENDA
DRACULA –titre original «Bram Stoker’s Dracula »- (Roy Thomas, Mike Mignola) janvier 1993 GRAPHICS US
HELLBOY
1.Seed of destruction (Mike Mignola, John Byrne) juin 1997 DARK HORSE Comics
2.Les germes de la destruction Tome 1 – titre original : Seed of destruction (Mike Mignola, John Byrne) 1994 DARK HORSE France
3.Les germes de la destruction Tome 2 – titre original : Seed of destruction (Mike Mignola, John Byrne) 1994 DARK HORSE France
4.Les loups de St Auguste “the wolves of saint August” -avec Le cadavre “the corpse” + Bottes de fer- (Mike Mignola) 1995 DARK HORSE France US
5.Au nom du diable (Mike Mignola) 1996 DARK HORSE France US
6.The chained coffin and others –the corpse + the Baba Yaga + Christmas underground+ the wolves of saint August + Almost colossus- (Mike Mignola) août 1998 DARK HORSE Comics
7.Le cercueil enchaîné et autres histoires “the chained coffin and others” –avec la Baba Yaga “the Baba Yaga” + Presque colosse “almost colossus”- (Mike Mignola) mars 2000 DELCOURT
8.BATMAN HELLBOY STARMAN –épisodes originaux : 1 et 2- (James Robinson, Mike Mignola) mai 1999 SEMIC éditions
9.GHOST HELLBOY –épisodes originaux : 1 et 2- (Mike Mignola, Scott Benefiel) août 2000 SEMIC comics
10.Le diable dans la boîte “Box full of evil” (Mike Mignola) novembre 1999 DELCOURT
11.SAVAGE DRAGON HELLBOY –SAVAGE DRAGON épisodes originaux : 34 et 35- (Erik Larsen, Mike Mignola, Adam Hughes) avril 2004 SEMIC comics
12.La main droite de la mort et autres histoires « the right hand of doom » -avec La nature de la bête + Le roi Vold + Têtes « Heads »+ Au revoir Mister Tod + Le Varcolac- (Mike Mignola) janvier 2001 DELCOURT
13.Le ver conquérant « conqueror worm » -avec La nature de la bête + Le roi Vold + Têtes + Au revoir Mister Tod + Le Varcolac- (Mike Mignola) août 2002 DELCOURT
14.MAD MOVIES n°158 Dossier Hellboy Guillermo del Toron ou sreçoit sur le tournage ! novembre 2003
15.HELLBOY Director’s cut 3DVD septembre 2005
16.La bible infernale « the art of Hellboy » (Mike Mignola) octobre 2003 DELCOURT
17.Le troisième souhait et autres histoires « the third wish & Island » (Mike Mignola) juin 2006 DELCOURT
HELLBOY Histoires bizarres Weird Tales
18.Volume I : Midnigth Cowboy (Eric Powell) + Hanté (Tom Sniegoski, Ovi Nedelsen) + Histoire de famille (Sara Ryan, Steve Lieber) + Chaud (Randy Stradley, Seung Kim) + Les enfants du mont noir (Fabian Nicieza, Stefano Raffaele) + Hellboy fait son cirque (John Cassaday) + Risques aériens (Joe Casey, Steve Parkhouse) + Temps de pause (Bob Fingerman) + Abe Sapien, star du B.P.R.D. (john Arcudi, Roger langridge) + La malédiction du napperon hanté (Mark Ricketts, Eric Wight) + Terreur intérieure (Jason Pearson) + Mort né (Matt Hollingsworth, Alex Maalev) + Le trouble fête (Andi Watson) septembre 2004 DELCOURT
19.Volume II : Prague (Lee Bermejo) + Mes vacances en enfer (Craig Thompson) + Une histoire d’amour (Tommy Lee Edwards, Don Cameron) + En miettes (Ron Marz, Jim Starlin) + Vendredi (Doug Petrie, Gene Colan) + Représentation de commande (Will Pfeiffer, P. Craig Russel) + L’amour est plus terrifiant que la mort (J.H. Wiliams III, Haden Blackman) + Théâtre des morts (Jim Pascoe, Tom Fassbender, Simeon Wilkins) + Petit soldat (Akira Yoshida, Kia Asamiya) + L’aide d’un spécialiste (Evan Dorkin, Sarah Dyer) + Qinze minutes (Jill Thompson) + Appel longue distance (Kev Walker) + Garder la tête froide (Scott Morse) novembre 2005 DELCOURT
B.P.R.D.
20.Au creux de la terre & autres histoires –avec Le tueur dans mon crâne + Abe Sapien contre la science + Tambours des morts- (Mike Mignola, Christopher Golden, Tom Sniegoski, Brian Mc Donald, Matt Smith, Ryan Sook, James Sinclair) mars 2003 DELCOURT
21.L’esprit de Venise & autres histoires –avec Eaux sombres + Train de nuit + Il y a quelque chose sous mon lit- (Mike Mignola, Miles Gunther, Bryan Augustyn, Michael Avon Oeming, Geof Johns, Scott Kolins, Joe Harris, Guy Davis, Dave Stewart, Adam Pollina, Cameron Stewart + Le train-train du bureau) juin 2005 DELCOURT
22.Le Fléau des grenouilles- titre original « A plague of frogs » de 1 à 5- (Mike Mignola, Guy Davis) janvier 2006 DELCOURT
23.Les Morts - titre original « The dead » de 1 à 5- (Mike Mignola, John Arcudi, Guy Davis) octobre 2006 DELCOURT

Encore un très grand auteur américain ! Une fois de plus celui-ci se révèle complet par un graphisme atypique et des scénarii tout aussi originaux.

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Tout d’abord son style graphique manie habilement les contradictions de la bande dessinée : A savoir, comment rendre l’idée de mouvement sur une image fixe et plane ? Les plus spectaculaires de ses compatriotes le font par des effets de perspective limite 3D, des couleurs sorties d’ordinateur à rendre jaloux les grapheurs les plus miros, une gestuelle de gymnastes désarticulés. Mignola, lui, utilise des couleurs à plat (son coloriste, Dave Stewart, devient même référence), des ombres très marquées et un noir omniprésent et sans concession (le gris est banni !). Pour le reste la gestuelle des personnages est figée et c’est bel et bien la mise en page qui amène le mouvement avec une efficacité déconcertante ! Bref, Mignola reprend la formule magique de l’immense Kirby : cadrage et expressionnisme amenant l’énergie au dynamisme de lecture !
Cette approche est pimentée par un goût certain pour les décors du siècle dernier ou tout ce qui tourne autour de l’occulte (monstres, zombis, vampires et autres horreurs du même acabit).
Pour ce qui est des scénarii, il part de la recette américaine classique qui oscille vers des standards plus européens :
Ainsi il crée un personnage étrange, Hellboy (croisement incertain de la Chose de Kirby et d’un diable aux cornes tronquées), puis construit des histoires et un entourage que ce personnage lui inspire. Pour ne pas se retrouver sec trop rapidement, il ne s’embarrasse pas d’une quelconque chronologie et ne dévoile presque rien des origines ou du devenir de ses personnages. Les récits sont souvent très courts, comme des nouvelles. Ils sont à replacer par le lecteur dans un ordre chronologique et ce puzzle dévoilera sans doute petit à petit les origines et le destin mystérieusement funestes du héros.
Visiblement les histoires ne sont pas préméditées dans une immense construction, mais simplement en cohérence les unes avec les autres tout en suivant les différentes humeurs de leur auteur. Ces humeurs peuvent aller de la rêverie poétique (proche d’un Corto Malteste) à l’action sortie d’une série B (Carpenter de la grande époque).
Cette formule, loin des recettes habituelles, permet à chaque livraison de Mignola de prendre son lecteur par surprise.
A noter que son adaptation cinématographique suit cette même trame, mais s’en sort moins bien : Le personnage est superbement transcrit en volume par un maquillage hors pair, mais par une volonté de rendre compréhensible ce qui ne l’est pas dans la BD (et qui ne le nécessite pas), celui-ci perd en rythme et tombe parfois dans le convenu par des aménagements scénaristiques trop « hollywoodiens ».

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Il me faut encore vous parler des dérivés de l’univers de Hellboy : Histoires bizarres et B.P.R.D.
J’expédierai rapidement le premier en donnant le principe de cette collection d’historiettes. Mignola demande à des dessinateurs (souvent amis admirateurs) de reprendre son personnage ou son univers le temps d’une poignée de pages. Bien sur, le résultat est souvent inégal, mais tout ça sens la bonne humeur et quelques pépites (scénario et/ou dessin) sont à découvrir.
Passons au deuxième : le B.P.R.D est l’organisation gouvernementale qui emploie Hellboy et « lutte » contre les apparitions ésotériques. C’est aussi un « asile » pour les membres atypiques aperçus dans l’univers de la série Hellboy.
Cette brochette d’individualités souvent fragiles tente de construire une équipe au service d’un employeur pas toujours transparent ou désintéressé, ni même humain. Le dessin de Guy Davis et les couleurs de Dave Stewart font merveille et amènent une profondeur fêlée aux personnages.
Cette série est tout aussi intéressante que celle de son initiateur qui n’est jamais très loin : Mignola participe au design des décors et personnages et conserve un œil attentif à la cohérence de l’ensemble par contrôle des scénarii. De plus, il n’hésite pas à se servir de cette série pour fournir quelques pièces complémentaires et même essentielles à la compréhension de l’intrigue globale qui semble se profiler (voir Le Fléau des grenouilles et Les Morts).

Décidément, par son approche artisanale atypique, Mignola produit un univers brillant (trois séries tout de même) et surprenant (qui sait où nous mène cet inquiétant fil conducteur ?) tout en utilisant les basiques des fondateurs : dessin personnel et efficace sans concession, cohérence de l’auteur sur l’ensemble des productions et plaisir de raconter des histoires dans des ambiances personnelles sans perdre de vue l’envie de distraire son public. Encore !

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September 3, 2007

~ALEX ROSS : illustrateur de mythologies~

Catégorie: Promenade bavarde — mis en ligne par carlotta @ 12:30 pm

Des auteurs de comics qui existent malgré le mainstream
(Etagère principale, 4ème étage en partant du haut)

MARVELS
1.Recueil 1 Genèse – épisodes originaux : 0, «1. A time of Marvels », « 2. Monsters among us » - (Kurt Busiek, Alex Ross) octobre 1997 Editions le Téméraire
2.Recueil 2 Jugement dernier – épisodes originaux : « 3. Judgement day », « 4. The day she died » - (Kurt Busiek, Alex Ross) novembre 1997 Editions le Téméraire
ASTRO CITY La vie dans une grande cité –titre original « Yellow » de 1 à 6 - (Kurt Busiek, Brent E. Anderson, Alex Ross) ? SEMIC Editions
KINGDOM COME
1.Recueil 1 (Mark Waid, Alex Ross) janvier 2000 Collection SEMIC BOOKS
2.Recueil 2 (Mark Waid, Alex Ross) mai 2000 Collection SEMIC BOOKS
UNCLE SAM (Steve Darnall, Alex Ross) février 2001 SEMIC Editions
EARTH X
1.Recueil 1 Un monde en sursis – épisodes originaux : prologue et chapitres 1 à 3- (Alex Ross, Jim Krueger, John Paul Leon) 2000 MARVEL France
2.Recueil 2 Démons et merveilles – épisodes originaux : chapitres 4 à 7- (Alex Ross, Jim Krueger, John Paul Leon) 2000 MARVEL France
3.Recueil 3 La fin d’un monde – épisodes originaux : chapitres 8 à 11- (Alex Ross, Jim Krueger, John Paul Leon) 2000 MARVEL France
4.Recueil 4 La force du destin – épisodes originaux : chapitres 12, X, ½, sketchbook- (Alex Ross, Jim Krueger, John Paul Leon, Bill Reinhold) 2001 MARVEL France
SUPERMAN Paix sur terre –titre original « Peace on earth » - (Paul Dini, Alex Ross) août 1999 LE TEMERAIRE France
BATMAN Guerre au crime –titre original « War on crime » - (Paul Dini, Alex Ross) juillet 2000 SOLEIL
SHAZAM ! Lutte pour l’espoir –titre original « SHAZAM ! Power of hope » - (Paul Dini, Alex Ross) mai 2001 SOLEIL
WONDER WOMAN Vérité triomphante –titre original « Spirit of truth » - (Paul Dini, Alex Ross) juin 2002 SOLEIL
JLA Justice et liberté –titres originaux « JLA Secrets origins » « JLA Liberty and justice » - (Paul Dini, Alex Ross) avril 2004 Collection SEMIC BOOKS
SUPER HEROS la magie d’Alex Ross (Chip Kidd, Geoff Spear) avril 2005 CARNOT
JLA JUSTICE
1.Volume 1 – épisodes originaux : chapitres 1 à 3- (Alex Ross, Jim Krueger, Doug Braithwaite) juillet 2006 Panini Comics DC
SUPERMAN Identité secrète Secret identity
1.Recueil 1 –épisodes originaux : 1 et 2- (Kurt Busiek, Stuart Immonen) février 2005 Collection SEMIC BOOKS
2.Volume 2 –épisodes originaux : 3 et 4- (Kurt Busiek, Stuart Immonen) juillet 2006 Panini Comics DC

Attention, génie ! Il probable que ce chapitre se couvre rapidement de superlatif divers et varié tant je suis impressionné par cet auteur complet.

Je commencerai donc par la partie graphique : celui-ci peint ses planches avec un hyper réalisme troublant tombant facilement dans une force d’évocation digne des affiches de propagande. Par sa technique bluffante de peinture, il magnifie les personnages qu’il touche de son pinceau, allant jusqu’à l’illustration d’une mythologie super héroïque. Ce trait est au service d’une imagerie dans la droite ligne des glorieuses années passées sans perdre son réalisme puissant toujours d’actualité.

Seule faiblesse de son trait : il est un peu statique et imposant et parfois manque de dynamisme (je chipote un peu, c’est vrai). On comprendra également que son travail à la peinture se prêtera très mal au rythme d’une production échevelée sur une série traditionnelle.

Pour ROSS, je ne parlerai pas de véritable narration (il n’est jamais scénariste seul), mais de force de création de personnages. Ces personnages sont suffisamment étudiés et cohérents les uns avec les autres, il semble créer ainsi des univers entièrement inédits tout en puisant au cœur des codes issu du patrimoine du mainstream.

Comment découvrir cet auteur de Chicago ? Plusieurs approches s’offrent à vous :
Par le graphisme : on trouvera 4 historiettes grand format (renforçant le côté cinémascope de son dessin) rendant hommage à SUPERMAN, BATMAN, WONDER WOMAN et CAPTAIN MARVEL de DC. Plus construit, le récit mettant en scène toute l’équipe de la JLA ajoute un scénario sympathique. Son Art Book vous en mettra également plein les mirettes, il fait bien le tour de sa virtuosité.

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Par sa réinterprétation des personnages mainstream : Le travail de fou furieux réalisé sur MARVELS où en duo avec son complice Kurt BUSIEK, il parviennent à remettre en perspective tout l’historique de Marvel vue sous l’angle d’un photographe de presse. Tout est emprunté à des épisodes courant sur 30 ans de production Marvel !

EARTH X chez Marvel et le très réussi KINGDOME COME chez DC brosse des époques apocalyptiques (hélas dans des futurs proches de la nôtre …) qui permettent à ROSS de faire évoluer physiquement les héros traditionnels :

Le premier crée un univers où tous les humains ont muté et possèdent donc des pouvoirs comparables aux héros Marvel. D’ailleurs, les héros traditionnels ont eux même mutés voyant leur pouvoirs et physiques transmutés (peu souvent à leur avantage…). Un Captain America tentera d’y arrêter la montée au pouvoir d’un dictateur bien séduisant.

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Le second montre de nouveaux supra-humains passant leur temps à se combattre dans des rixes qui mettent en danger le commun des mortels. Un Superman à la retraite tentera de sauver la terre de cette Armageddon aux accents quasi mystiques. Même sans les codes, la force du récit reste très efficace. Ne le manquez pas !

Ne manquez pas non plus le court mais très réussi UNCLE SAM, où la personnification de l’Amérique ne se retrouve pas vraiment à l’aise avec son passé et encore moins avec notre présent. Hé oui, ROSS fait aussi dans l’imagerie politique !

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August 6, 2007

~Jeph LOEB et Tim SALE : une sombre fraîcheur~

Catégorie: Promenade bavarde — mis en ligne par carlotta @ 10:31 am

Des auteurs de comics qui existent malgré le mainstream
(Etagère principale, 4ème étage en partant du haut, ? Livres)

¨ SUPERMAN FOR ALL SEASONS
1. Recueil 1 (Jeph Loeb, Tim Sale) juillet 2001 Collection SEMIC BOOKS
2. Recueil 2 (Jeph Loeb, Tim Sale) novembre 2001 Collection SEMIC BOOKS
¨ BATMAN HALLOWEEN
1. Recueil 1 Peur, Nuit après nuit, Quand Clark rencontra Bruce –titres originaux : “Fear” de Batman Halloween Special, “Night after night” de Batman Black & With vol 2, “When Clark met Bruce” de Batman & Superman secret files and origins - (Jeph Loeb, Kelley Puckett, Tim Sale) mai 2004 Collection SEMIC BOOKS
2. Recueil 2 Folie, Fantômes –titres originaux : “Madness” de Batman Halloween Special, “Ghosts” de Batman Halloween Special - (Jeph Loeb, Tim Sale) novembre 2004 Collection SEMIC BOOKS
¨ BATMAN DARK VICTORY
1. Recueil 1 – épisodes originaux : 0 à 2 - (Jeph Loeb, Tim Sale) septembre 2002 Collection SEMIC BOOKS
2. Recueil 2 – épisodes originaux : 3 à 6 - (Jeph Loeb, Tim Sale) mars 2003 Collection SEMIC BOOKS
3. Recueil 3 – épisodes originaux : 7 à 10 - (Jeph Loeb, Tim Sale) août 2003 Collection SEMIC BOOKS
4. Recueil 4 – épisodes originaux : 11 à 13 - (Jeph Loeb, Tim Sale) novembre 2003 Collection SEMIC BOOKS
¨ CATWOMAN à Rome –titre original «When in Rome » de Monday à Saturday - (Jeph Loeb, Tim Sale) janvier 2006 PANINI COMICS DC
¨ DAREDEVIL Jaune –titre original « Yellow » de 1 à 6 - (Jeph Loeb, Tim Sale) 2002 MARVEL France
¨ SPIDER-MAN Bleu –titre original « Blue » de 1 à 6 - (Jeph Loeb, Tim Sale) 2003 MARVEL France
¨ HULK Gris –titre original «Gray » de 1 à 6 - (Jeph Loeb, Tim Sale) 2003 MARVEL France

Ce couple scénariste/dessinateur va écumer les « one shot » aussi bien chez DC que chez Marvel. Les deux auteurs se complètent très bien et tireront chacun les résultats de leur succès commun. Le scénariste travaillera à des scénarii (mieux rémunérés que ceux des comics) pour la TV (il aurait trempé dans la bouillie SMALLVILLE) et le dessinateur verra ses anciens travaux réédités pour des hordes de fans assoiffés de son trait.

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L’équipe se fit connaître par son travail sur Batman. Le trait noir (proche de celui de MILLER) allant jusqu’à la caricature se met au service d’histoires reprenant une brochette très complète des vilains (très vilains) de Gotham city. Les lecteurs retrouvent donc un trait qui a fait ses preuves et un univers noir surfant sur la vague polar sans renier le côté fantastique indispensable au Batman. Ainsi, la rencontre Batman/Robin sera réinterprétée dans la droite suite du « Year one » de Frank MILLER et enluminé par des pages ou SALE se fait vraiment plaisir.

Les réinterprétations ramèneront également le personnage de Catwoman, qui la placera définitivement dans un rôle de femme fatale relançant ainsi un personnage daté largement tombé en désuétude.

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Plus surprenant, par un beau travail sur les couleurs, les deux sbires travailleront également sur les premiers pas de Superman avec un fil rouge sur la thématique des saisons. La caricature du trait fera un très intéressant Clark Kent / Superman débarquant de sa campagne profonde vers un Métropolis proche de celui de Fritz LANG.

Les mercenaires se sont fait également dévoyer par Marvel qui leur donnera carte blanche pour des one shots visant à monter en gamme certains de leur héros. Sur une maligne idée de thématique jazz et de reprise de vieux épisodes (pas trop dur pour le boulot de LOEB …), ils remplissent le contrat de belles images (les couvertures sont de très beaux objets graphiques). Le plus réussi reste HULK GRAY où LOEB fait vibrer la part humaine du monstre (comme au bon vieux temps de KIRBY) à l’unisson du trait de SALE très à son aise dans la caricature offerte par le physique superlatif de son héros.

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July 2, 2007

~ STEVE RUDE the Dude et DARWYN COOKE : la nonchalance nostalgique ~

Catégorie: Promenade bavarde — mis en ligne par carlotta @ 11:02 am

Des auteurs de comics qui existent malgré le mainstream (Etagère principale, 4ème étage en partant du haut, ? Livres)

¨ BLACKOUT n°10 Dossier Nexus, Alan Davis, Mike Mignola avril 1998 FANZINE
¨ NEXUS Recueil 1 –titre original « The Origin » et « Executionner’s Song » de 1 à 2- (Mike Baron, Steve Rude) octobre 2003 Collection SEMIC BOOKS
¨ BATMAN/SUPERMAN World’s Finest
1. Mondes à part –titre original « Worlds Apart »- (Dave Gibbons, Steve Rude) octobre 1990 COMICS USA
2. Mondes en conflit –titre original « Worlds Collide »- (Dave Gibbons, Steve Rude) janvier 1991 COMICS USA
3. Mondes mutilés –titre original « Worlds at War »- (Dave Gibbons, Steve Rude) mars 1991 COMICS USA
¨ X-MEN Les enfants de l’atome –titre original « Children of atome » de 1 à 6 - (Joe Casey, Steve Rude, Paul Smith, Michael Ryan, Essad Ribic) 2000 MARVEL France
¨ THOR Roi des orages –titre original «Godstorm » de 1 à 3 et Marvel holiday special 1991 - (Kurt Busiek, Steve Rude, Tom de Falco, Sal Buscema) 2002 MARVEL France
¨ CATWOMAN Le grand braquage –titre original «Selina’s Big Score »- (Darwyn Cooke) avril 2003 Collection SEMIC BOOKS
¨ LA NOUVELLE FRONTIERE The New Frontier
1. Des dieux et des monstres – épisodes originaux : Book 1 & 2 - (Darwyn Cooke) décembre 2005 PANINI COMICS DC
2. Les hommes tombés sur terre – épisodes originaux : Book 3 « The Brave and the Bold » & 4 « Mystery in Space » - (Darwyn Cooke) mars 2006 PANINI COMICS DC
3. La ligue de justice – épisodes originaux : Book 5 « My Greatest Adventure » & 4 « Justice League of America » - (Darwyn Cooke) novembre 2006 PANINI COMICS DC

Voici quelques ouvrages faisant revivre, le temps d’un court récit ou d’une série, une imagerie tout droit sortie des années 50 ou 60.

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STEVE RUDE fut très remarqué à cause de l’illustration d’une série étonnante : NEXUS. La revue BLACKOUT (dans cette même étagère) en a déroulé la genèse dans un numéro spécial qui révèle en profondeur cette série hélas méconnue en France. On y découvre un justicier exécuteur sur fond de guerre froide SF. Le dessin est nostalgique tout en tirant sur la caricature, contrastant intelligemment avec le récit doux amer parfois même humoristique et toujours totalement insolite.
Par la suite, Steve RUDE fut bien sûr happé par les majors et on le retrouvera donc dans des ouvrages DC et MARVEL. Il y mélange savamment le trait d’un KIRBY ou d’un ROMITA de la grande époque.
Hélas la virtuosité du trait ne sera plus qu’au service d’histoires bien souvent convenues. De plus, sa « lenteur » d’exécution collera plutôt mal avec le rythme stakhanoviste des comics mainstream (voir son abandon sur la série X-MEN de cette étagère).

Darwyn COOKE pourrait rapidement se classer sur un rayon des nostalgiques du trait 50/60. En fait, il se révèle bien moins superficiel que RUDE. S’il est vrai que son trait est stylisé à outrance, le récit se place également dans les années 50/60. Ses scénarii (il est auteur complet) sont des hommages appuyés aux films de ces décennies. Comment ne pas penser à « Ocean’s Eleven » (l’original avec Sinatra -off course-) en lisant « Le grand braquage » de Catwoman. La nostalgie ne sera donc pas futile puisqu’il lui empruntera également la dureté de l’époque.

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Il s’attaquera également à la genèse des héros DC après guerre, qu’il plonge dans la guerre de Corée et le Maccarthysme. L’approche inédite de COOKE est tout à fait inattendue dans la production DC très souvent conventionnelle :

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Il dresse un intéressant parallèle entre la période historique réprimant les comics « violents » et l’apparition des super héros après-guerre venant remplacer les héros guerrier conventionnels.
Dans « New Frontier » comme dans la réalité, cette vague sera momentanément freinée par une réaction puritaniste dont l’apogée fut le Maccarthysme. Ainsi des « Men in black » bon teint tenteront d’éradiquer par tous les moyens à leur disposition toutes les menaces anti-américaines : rouge, super héroïque incontrôlée et même martienne !

Quelques exemples de scènes ciselées par ce remarquable esprit de synthèse :
o La scène de l’arrivée sur Terre d’un certain martien métamorphe sera pour lui l’occasion de dépeindre l’époque par une double page superbe : l’extra terrestre se métamorphosera au gré des émissions télévisée de l’époque tout en se forgeant une américanité instantanée ! Il passera donc de Bugs Bunny, au western en passant par Groucho Marx.
o Wonder Woman se retrouve mise sur la touche par Nixon en personne suite à son conseil amical de stopper la guerre du Vietnam !
o Batman fait travailler Jon Jonzz en le menaçant de le brûler, prouvant que sa seule arme est la menace.

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June 2, 2007

~ Brian Michael BENDIS et compagnie: le polar est il soluble dans le comics ? ~

Catégorie: Promenade bavarde — mis en ligne par carlotta @ 7:18 am

Détournement hargneux de la BD de genre

(Etagère principale, 3ème étage en partant du haut, 77 livres)
• TORSO (Brian Michael Bendis, Marc Andreyko) octobre 2002 Collection SEMIC Noir
• POWERS
1. Recueil 1 Qui a tué Rétro Girl ? – épisodes originaux : 1 à 6- (Brian Michael Bendis, Michael Avon Oeming) janvier 2002 Collection SEMIC BOOKS
2. Recueil 2 Warren Ellis et Roleplay – épisodes originaux : 7 à 11- (Brian Michael Bendis, Michael Avon Oeming) mars 2003 Collection SEMIC BOOKS
3. Recueil 3 Groupies et Shark histoires courtes – épisodes originaux : 12 à 14 et Annual 1- (Brian Michael Bendis, Michael Avon Oeming) février 2004 Collection SEMIC BOOKS
• DAREDEVIL
4. Recueil 4 Underboss – épisodes originaux : 26 à 31- (Brian Michael Bendis, Alex Maleev) 2003 MARVEL France
5. Recueil 5 Le scoop – titre original : « Out », 32 à 37- (Brian Michael Bendis, Alex Maleev) janvier 2003 MARVEL France
6. Recueil 6 Le procès du siècle – titre original : « The trial of the century » et « Lowlife part 1», 38 à 41- (Brian Michael Bendis, Alex Maleev, Manuel Gutierrez, Terry Dodson) ? MARVEL France
7. Recueil 7 Le petit maître – titre original : «Lowlife part 2,3,4,5 », 42 à 45- (Brian Michael Bendis, Alex Maleev) ? MARVEL France
8. Recueil 8 Hardcore – épisodes originaux : 46 à 50- (Brian Michael Bendis, Alex Maleev) 2005 MARVEL France
9. Recueil 9 Le roi de Hell’s kitchen – titre original : «The king of Hell’s kitchen », 56 à 60- (Brian Michael Bendis, Alex Maleev) septembre 2005 MARVEL France
10. Recueil 10 La veuve – titre original : «The widown » + the universe 40th anniversary 61 à 65- (Brian Michael Bendis, Alex Maleev, Michael Golden, Greg Horn, P. Craig Russel, Phil Hester, Chris Bachalo, Jae Lee, David Finch, Frank Quitely) avril 2006 MARVEL France
11. Recueil 11 L’âge d’or – titre original : «Golden Age » 66 à 70- (Brian Michael Bendis, Alex Maleev) juillet 2006 MARVEL France
• CAGE MAFIA BLUES – épisodes originaux : 1 à (- (Brian Azzarello, Richard Corben) ? MARVEL France MAX Comics
• GOTHAM CENTRAL
12. Recueil 1 Dans l’exercice de ces fonctions et Le mobile – épisodes originaux : 1 à 5- (Greg Rucka, Ed Brubaker, Michael Lark) mai 2004 Collection SEMIC BOOKS
13. Recueil 2 Pour moitié et Rêveries et tristes réalités – épisodes originaux : 6 à 11- (Greg Rucka, Ed Brubaker, Michael Lark, Brian Hurtt) mars 2005 Collection SEMIC BOOKS
14. Recueil 3 Pris pour cible – épisodes originaux : 12 à 15- (Greg Rucka, Ed Brubaker, Michael Lark) juin 2006 DC Panini comics
• LES MYSTERIEUSES ENQUETES DE SANDMAN Sandman Mystery Theatre
15. La tarentule – titre original « The Tarantula » de 1 à 4- (Matt Wagner, Guy Davis) janvier 1997 Editions le Téméraire
16. La vamp – titre original « The Vamp » de 13 à 16- (Matt Wagner, Guy Davis, Steven T.Seagle) mai 1997 Editions le Téméraire
17. Le scorpion – titre original « The Scorpion » de 17 à 20- (Matt Wagner, Guy Davis) février 1998 Editions le Téméraire

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Brian Michael BENDIS est sans doute emblématique du renouveau du polar dans le comic. Il l’a fait tout d’abord dans des comics indépendants (quasi expérimentaux) dont le meilleur est sans doute « TORSO ». Ce comic est en N&B aussi bien par économie de moyen que pour coller à l’ambiance noire du récit. La démarche d’enquête sur la base de faits passés (ici dans le Cleveland des années 30) encore non expliqués rappelle bien évidemment celle du « From Hell » de MOORE.

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Pour tout dire la partie dessin ne casse pas trois pattes à un canard : elle est faite de collages et décalques pas souvent gracieux. A tel point que les personnages ne sont pas toujours reconnaissables ! A contrario, la mise en page est brillante et utilise le placement des bulles (des phylactères pour ceux qui veulent briller en société) avec un style certain. Pour couronner le tout, l’intrigue est menée tambour battant et le livre ne se lâchera qu’une fois terminé.
Bien évidemment, un talent de mise en page et de raconteur d’histoire n’a pu laisser insensible bien longtemps les majors …
Après un « POWER », introduisant un monde de super héros où le couple habituel de flics s’efforce de faire régner un semblant d’ordre, où une nouvelle fois le phylactère se déchaîne au service d’intrigues bien ficelées et toujours originales, BENDIS va être appelé à relever les super héros de MARVEL.
On le retrouvera sur un DAREDEVIL dont les années de gloire sont bien loin. Il reviendra donc aux ficelles déjà tirées par le MILLER des années « HELLS KITCHEN ». Il y ajoutera ses mises en pages formidablement servies par le dessin parfait d’Alex MALEEV et raffermira sensiblement le réalisme du personnage et surtout de la pègre new-yorkaise.
Les saisons et épisodes se succèdent et pourtant le climat est toujours aussi incertain : comment Matt Murdock l’avocat aveugle (alias DAREDEVIL) va-t-il se sortir de la révélation de son identité secrète (thème cher à MILLER) ?
Comment la pègre va-t-elle réagir ? Et ses « collègues » super héros ? Le FBI va-t-il lui demander des comptes sur sa conduite hors-la-loi ? Un super héros peut-il changer en bien le quartier qu’il défend ?
Pour toutes les réponses et surtout d’autres questions ne manquer pas ce récit sacrement bien ficelé !
DC ne restera pas sans rien faire avec un personnage équivalent (sinon meilleur) à la part sombre largement exploitée (y compris par MILLER lui-même) : BATMAN.

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Cette fois ci, la nouveauté ne se fera pas par le traitement sur le personnage, mais le point de vue des personnages annexes. BATMAN est le « défenseur » de Gotham City face à la pègre (comme DAREDEVIL dans le Hell’s Kitchen de New York), mais comment la police de cette ville prend-elle ses activité nocturnes ? Les affrontements incessants entre costumés toujours plus dangereux les uns que les autres (Pingouin, Joker et autres Two Faces …)dépassent et déciment les forces de police et interfèrent continuellement sur les enquêtes classiques de police. C’est donc au sein des équipes policières et de leurs enquêtes quotidiennes que nous découvrons Gotham, avec parfois la silhouette d’un Batman croisant le récit et les états d’âmes des policiers humains. Le dessin est très sobre (rappelant le « Year one » de MAZZUCHELLI) et les récits policier d’un classicisme réaliste pimenté de criminels tout droit sortis de l’asile d’Arkham.
Anecdotique mais toujours dans la même ambiance, cette reprise du héros Luke Cage (héros noir à louer de chez Marvel tout droit sorti des années disco) par le grand Corben (celui des « Métal Hurlant » de la grande époque).

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Tout aussi anecdotique mais encore plus atypique (donc chouchou de ma démarche de dénicheur), la série de Sandman (que l’on pourrait traduire par « marchand de sable »). C’est un héros coiffé d’un masque à gaz de la 1ère guerre mondiale, enquêtant sur des meurtres mystérieux dans le New York de la fin des années 30 (juste avant la 2ème guerre mondiale). Parsemés de rêves prémonitoires, ces récits naviguent dans des intrigues sinistres à souhait, le tout dans une ambiance s’efforçant de transcrire les moeurs de l’époque. J’y ai découvert avec plaisir son dessinateur Guy Davis que l’on retrouvera du côté de l’étagère d’Hellboy et de son B.P.R.D (sur le très réussi « Le fléau des grenouilles »).

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May 7, 2007

~ Le comics underground existe, je l’ai rencontré ~

Catégorie: Promenade bavarde — mis en ligne par carlotta @ 11:16 am

Détournement hargneux de la BD de genre (Etagère principale, 3ème étage en partant du haut, 77 livres)

• MISTER X (Gilbert, Mario, Jaime Hernandez) ? 1989 occasion Editions AEDENA BD US
• LA MAISON DES SECRETS House of secrets
1. Fondation – épisodes originaux : 1 à 3- (Steven T. Seagle, Teddy Kristiansen) novembre 1998 Editions le Téméraire
2. Elévations – épisodes originaux : 4 à 7- (Steven T. Seagle, Teddy Kristiansen, Duncan Fegredo) août 1999 Editions le Téméraire
• LE SOLDAT INCONNU Unknown Soldier –épisodes originaux : de 1 à 4- (Garth Ennis, Killian Plunkett) janvier 1998 Editions le Téméraire
• ORIGINALS The Originals (Dave Gibbons) octobre 2005 EDITIONS USA

Voici une autre sélection d’atypiques. Ceux-ci n’usent pas des super héros (SANDMAN en est pourtant un peu l’ancêtre) ce qui est rare dans la production américaine :

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- Mister X est sans doute la dernière BD que j’ai dénichée aux puces de St Ouen. Le trio des Hernandez mêle ligne claire rétro et architecture. Une ressortie (bien tardive) de « Love & Rockets » pointe le bout de son nez en ce moment dans les librairies. Vais-je me laisser tenter ?
- La maison des secrets est sans doute le seul comic « grunge » de ma bibliothèque ! Les personnages malsains et le mal de vivre ambiant sont liés par une ambiance ciselée de type Lovecraft.
- Le soldat inconnu reprend habilement un personnage des comics guerriers DC aujourd’hui passés de mode. La nouvelle version ne trouvera pas le public nécessaire à un retour plus durable.

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Pour moi, l’attrait de la nostalgie a joué autant que la curiosité puisque je lisais ces comics de la grande époque (dont le Sgt ROCK par Joe KUBERT) que je dénichais dans les livres de poche d’occasion au marché de Charenton.
Chaque samedi matin, je m’y faisais alors de l’argent de poche en vendant des légumes pour le maraîcher, voisin de mon père.
C’est également dans ses formats poche que j’ai découvert les séries KAMANDI et NEW GODS de KIRBY. Nous reparlerons de KIRBY dans les étagères d’archive, plus tard. Hélas, ma collection initiale a subi le nettoyage radical de mes parents et plus trace de KAMANDI dans mes étagères actuelles ! Je désespère d’une réédition de cette série étonnante.

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April 2, 2007

~ELLIS, LOBDELL, MILLAR, QUITELY et cie : Quand le comic devient hargneux et cynique … ~

Catégorie: Promenade bavarde — | — mis en ligne par carlotta @ 9:30 am

Détournement hargneux de la BD de genre (Etagère principale, 3ème étage en partant du haut, 77 livres)

• WILDCATS/XMEN
1. L’âge d’or –titre original « The Golden Age »- (Scott Lobdell, Travis Charest) août 2000 SOLEIL
2. L’ère des lumières –titre original « The Silver Age »- (Scott Lobdell, Jim Lee) ? 2003 occasion SOLEIL
3. Les temps modernes –titre original « The Modern Age »- (James Robinson, Adam Hughes) ? 2003 occasion SOLEIL
4. Les années noires –titre original « The Dark Age »- (Warren Ellis, Mat BRoome) janvier 2005 occasion SOLEIL
• WILDCATS
5. Recueil 1 -épisodes originaux : 50 et 1 à 3– (Scott Lobdell, Alan Moore, Travis Charest) février 2001 Collection SEMIC BOOKS
6. Recueil 2 -épisodes originaux : 4 à 7– (Scott Lobdell, Travis Charest, Bryan Hitch, Joe Casey, Scot Benefiel, Carlos Meglia) janvier 2002 Collection SEMIC BOOKS
• ARROWSMITH Unité d’élite aérienne
7. Volume 1 -épisodes originaux : 1 à 3- (Kurt Busiek, Carlos Pacheco) juillet 2004 EDITIONS USA
8. Volume 2 -épisodes originaux : 4 à 6- (Kurt Busiek, Carlos Pacheco) octobre 2004 EDITIONS USA
• EX MACHINA Les cent premiers jours –épisodes originaux : EX MACHINA The first hundred days : de 1 à 5 – (Brian K. Vaughn, Tony Harris, Tom Feister) septembre 2005 EDITIONS USA
• AUTHORITY
9. Baptême du feu - titre original « The Circle » de 1 à 4- (Warren Ellis, Bryan Hitch) août 2000 EDITIONS USA
10. Invasion - titre original « Shiftships » de 5 à 8- (Warren Ellis, Bryan Hitch) avril 2001 EDITIONS USA
11. Recueil 1 -épisodes originaux : 13 à 16- (Mark Millar, Frank Quitely) avril 2003 Collection SEMIC BOOKS
12. Recueil 2 -épisodes originaux : 17 à 20- (Mark Millar, Frank Quitely, Chris Weston) août 2003 Collection SEMIC BOOKS
13. Recueil 3 -épisodes originaux : 22 à 25- (Mark Millar, Frank Quitely, Tom Peyer, Dustin N’Guyen) février 2004 Collection SEMIC BOOKS
14. Recueil 4 -épisodes originaux : 26 à 29- (Mark Millar, Tom Peyer, Dustin N’Guyen, Art Adams, Gary Erskine) mai 2004 Collection SEMIC BOOKS
15. STORMWATCH Team Achilles 1 -épisodes originaux : 1 à 6 et Stormwatch Wizard Preview- (Micah Ian Wright, Whilce Portacio) août 2004 Collection SEMIC BOOKS
16. Recueil 5 -épisodes originaux : Volume II 0 à 5- (Robbie Morrison, Dwayne Turner, Tan Eng Huat) février 2005 Collection SEMIC BOOKS
• PLANETARY
1. Terra Incognita - épisodes originaux : 1 à 4- (Warren Ellis, John Cassaday) octobre 2000 EDITIONS USA
2. Recueil 1 Tout autour du monde et autres histoires -épisodes originaux : 1 à 6 et Preview- (Warren Ellis, John Cassaday) mars 2004 Collection SEMIC BOOKS
3. BATMAN avec PLANETARY - épisodes originaux : Batman Hors série 2 et Preview- mars 2004 Collection SEMIC BOOKS
4. Recueil 2 Le quatrième homme -épisodes originaux : 7 à 12- (Warren Ellis, John Cassaday) novembre 2004 Collection SEMIC BOOKS
• MINISTERE DE L’ESPACE Ministry of Space –épisodes originaux : de 1 à 3- (Warren Ellis, Chris Weston) avril 2005 Collection SEMIC BOOKS
• BATTLE HYMN L’escadron des étoiles –épisodes originaux : de 1 à 5- (Clay Moore, Jeremy Haun) septembre 2006 ANGLE COMICS
• SUPERMAN RED SON -épisodes originaux : « Red Son Rising », « Red Son Ascendant » et « Red Son Setting »- (Mark Millar, Dave Johnson, Kilian Plunkett) novembre 2005 PANINI COMICS DC
• ULTIMATES
5. Super-soldat -épisodes originaux : 1 à 12- (Mark Millar, Bryan Hytch) décembre 2005 MARVEL Deluxe
• SUPREME POWER
6. Contact -épisodes originaux : 1 à 6- (J.M. Straczynski, Gary Frank) ? 2004 MARVEL France MAX Comics
7. Jeux de pouvoir -épisodes originaux : 7 à 12- (J.M. Straczynski, Gary Frank) ? 2005 MARVEL France MAX Comics
8. Docteur SPECTRUM –Doctor Spectrum : full spectrum épisodes originaux : 1 à 6- (Sarah Barnes, Travel Foreman, Greg Tocchini) octobre 2005 MARVEL France MAX Comics
9. Haut commandement – épisodes originaux : 13 à 18- (J.M. Straczynski, Gary Frank) février 2006 MARVEL France MAX Comics
10. NIGHTHAWK – épisodes originaux : 1 à 6- (Daniel Way, Steve Dillon) juillet 2006 MARVEL France MAX Comics
11. HYPERION – épisodes originaux : 1 à 6- (J.M. Straczynski, Dan Jurgens) décembre 2006 MARVEL France MAX Comics
• CLA$$WAR –épisodes originaux : de 1 à 6- (Rob Williams, Trevor Hairsine, Travel Foreman) juin 2005 DELCOURT

MILLER et MOORE ayant fait voler en éclats les conventions du comic traditionnel et même fait chanceler les majors du « mainstream », on verra par la suite la création de nouvelles maisons d’édition surfant sur l’apparition d’un public plus mûr et demandeur d’histoires plus en relation avec l’air du temps.
Ainsi, de nouveaux thèmes apparaissent dans les comics comme dans les feuilletons américains :
- la théorie du complot,
- le 11 septembre,
- la politique étrangère américaine.
Ces thèmes sont évidemment plus noirs, plus réalistes, plus crus, plus violents, plus cyniques (bref formant un parfais reflet de l’époque et de ce qu’elle dégage) et appelleront également des dessinateurs plus en adéquation avec ces thématiques (réalistes, dynamique, percutants et caricaturaux).

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Puisque l’époque est ce qu’elle est, le développement de ces petits « nouveaux » passera par de petits labels souvent encadrés par les deux majors qui rachètent les plus talentueux ou débauchent sans vergogne leurs scénaristes et dessinateurs les plus remarqués (les OPA sont des armes industrielles).

Ne boudons pas notre plaisir et voyons ce que l’on trouve chez ces petits hargneux :
Je commencerai par l’équipe de MILLAR/HELLIS pour le scénario et HITCH/QUITELY pour le dessin, chez Wildstorm. Mine de rien, en deux ans, ceux-ci ont créé un univers cohérent mêlant des super héros revenus de tout, au pouvoir surpuissants et résolus à changer le monde : « AUTHORITY ».

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Les évènements politiques, les modes leur servent de support. Ainsi la Tchétchénie, les élections américaines ne sont que prétexte à exprimer en quoi un monde meilleur est possible et bien éloigné du nôtre ! Le tout se fait dans une ambiance survoltée avec une violence jouissive et gratuite (arrachement de tête, sauvagerie et obscénités sont gracieusement offertes par la maison). Même si le divertissement est ficelé comme un clip énervé sorti de MTV, les messages sont savamment diffusés : « regardez ce que nous faisons du monde et regarder ce que nous devenons ». Très malin, mais aussi superbement réalisé.
On retrouvera QUITELY dans d’autres étagères sur JLA ou X-MEN (attention, ça décoiffe fort). Encore plus fort la reprise en main de MILLAR et HITCH des Vengeurs de MARVEL dans son univers ULTIMATE :
Cet univers est sensé relancer l’univers MARVEL pour les lecteurs arrivant grâce aux succès des films de super héros. Ici, les VENGEURS deviennent une équipe bancale (les Ultimates) plus proche de la brochette de désaxés (Hulk est terrifiant) au service d’une nation en recherche de vitrine patriotique. Captain America y tient très bien son rôle ambigu d’icône vivante de l’esprit américain. Le dessin est réaliste et le découpage cinématographique au service d’un scénario rouleau compresseur du détournement de héros.

Tout aussi dérangeant, CLA$$WAR et SUPREME POWER reprennent le refrain d’AUTHORITY : que se passerait il si les super héros avaient une conscience politique ? Plus grave, que se passerait-il si ceux-ci comprenaient qu’il sont des dieux sur terre ? Se mettraient ils au service du bien commun (c’est quoi le « Bien » dans le monde du XXI siècle ?) aussi naturellement que les poncifs habituels des comics de super-héros ?
Le tout est traité avec une volonté de réalisme parfois basculant dans une noirceur bien contemporaine.

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En ce qui concerne le captage de l’air du temps, la série EX MACHINA est représentative des capacités d’une série de super héros à jouer les reflets d’une époque : un héros doué de la possibilité d’ordonner à toute machine comprend que son super héroïsme ne mène à rien par ses actions ponctuelles (il ne peut empêcher l’une des tours du World Trade Center d’être détruite par des terroristes …).

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ant son constat amer, il se présentera à la mairie de New York et remportera même l’investiture afin de faire vraiment changer les choses. On oscille entre les flash-back de son super héroïsme passé et les dessous de la mairie new yorkaise.
Comment espérer découvrir ce type de télescopage dans une BD franco-belges ?

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ELLIS et CASSADAY créeront également la série PLANETARY dans la cohérence de celle d’AUTHORITY. Le cynisme est de nouveau au rendez vous, mais celui-ci s’inscrit dans un hommage aux fictions de ces cinquante dernières années (MOORE a fait des petits) usant efficacement des ficelles des meilleurs X-Files : nous allons tout savoir de l’histoire cachée de ce dernier siècle…
Je termine le teaser en dévoilant que le monde serait en fait à la botte de 4 astronautes transformés lors d’un vol spatial par un phénomène inconnu (hommage détourné aux 4 fantastiques de MARVEL) et qui interceptent régulièrement des sauveurs extra terrestres (hommage à Green Lantern, Superman et Wonder Woman) pour leur dérober leurs connaissances afin de mieux asservir la planète.
Le dessin de cette série est également très réussi et ajoutant des clins d’œil bien sentis : l’un des héros (le batteur, apparaissant comme un parfait abruti) est dessiné sous les traits même du dessinateur, l’autre plus mystérieux sous les traits d’Hugo PRATT.

Pour ceux que le dessin intéresse, ne manquez surtout pas les épisodes de Wildcats par CHAREST. Ce dessinateur est tout simplement fabuleux : son travail est d’une précision, d’une lisibilité et d’une fluidité époustouflantes, malgré un maniérisme et une multitude de détails qui encombreraient tout autre dessinateur.

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March 5, 2007

~Alan MOORE ou la digestion de la « culture » comics~

Catégorie: Promenade bavarde — | — mis en ligne par carlotta @ 1:28 am

Détournement hargneux de la BD de genre (Etagère principale, 3ème étage en partant du haut, 77 livres)

• V POUR VENDETTA
1. Visages (Alan Moore, David Lloyd) janvier 1989 ZENDA éditions
2. Vérités (Alan Moore, David Lloyd) février 1989 ZENDA éditions
3. La valse du vice (Alan Moore, David Lloyd) juin 1989 ZENDA éditions
4. Valérie (Alan Moore, David Lloyd) août 1989 ZENDA éditions
5. Voyages (Alan Moore, David Lloyd) octobre 1989 ZENDA éditions
6. Victoria (Alan Moore, David Lloyd) janvier 1990 ZENDA éditions
7. LES GARDIENS Watchmen
8. Le comédien (Alan Moore, Dave Gibbons) août 1987 ZENDA éditions
9. Dr Manhattan (Alan Moore, Dave Gibbons) novembre 1987 ZENDA éditions
10. Rorschach (Alan Moore, Dave Gibbons) janvier 1988 ZENDA éditions
11. Le hibou (Alan Moore, Dave Gibbons) avril 1988 ZENDA éditions
12. Laurie (Alan Moore, Dave Gibbons) août 1988 ZENDA éditions
13. Ozymendias (Alan Moore, Dave Gibbons) octobre 1988 ZENDA éditions
• MIRACLEMAN (Alan Moore, Garry Leach, Alan Davis) janvier 1989 DELCOURT
• SUPERMAN Bon anniversaire –titre original “For the Man who has Everything”, “Mogo doesn’t socialize”- (Alan Moore, Dave Gibbons) décembre 1989 COMICS USA
• L’univers des super-héros DC par ALAN MOORE -épisodes originaux : “Whatever happened to the man of tomorrow”, “For the man who has everything”, “the jungle line”, “Night olympics parts 1&2”, “Mogo doesn’t socialize”, “Tygers”, “In blackest night”, “Mortal Clay”- (Alan Moore, Curt Swan, Dave Gibbons, Rick Veitch, Klaus Janson, Kevin O’Neill, Bill Willingham, George Freeman) octobre 2005 PANINI COMICS
• BATMAN Souriez ! –titre original « Killing Joke »- (Alan Moore, Brian Bolland) mars 1989 COMICS USA
• SUPREME
1. L’âge d’or –épisodes originaux : de 1 à 12- (Alan Moore, Joe Bennet, Rick Veitch, Alex Ross) juillet 2003 DELCOURT
• FROM HELL Une autopsie de Jack l’Eventreur (Alan Moore, Eddie Campbell) octobre 2000 DELCOURT
• LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES The League of Extraordinary Gentlemen
1. Volume 1 -épisodes originaux : Volume 1 de 1 à 3- (Alan Moore, Kevin O’Neill) mars 2001 EDITIONS USA
2. Volume 2 -épisodes originaux : Volume 1 de 4 à 6- (Alan Moore, Kevin O’Neill) mai 2001 EDITIONS USA
3. Volume 3 -épisodes originaux : Volume 2 de 1 à 3- (Alan Moore, Kevin O’Neill) janvier 2003 EDITIONS USA
4. Volume 4 -épisodes originaux : Volume 2 de 4 à 6- (Alan Moore, Kevin O’Neill) novembre 2003 EDITIONS
• TOM STRONG
1. Recueil 1 (Alan Moore, Chris Sprouse, Arthur Adams) octobre 2000 Collection SEMIC BOOKS
2. Recueil 2 (Alan Moore, Steve Moore, Chris Sprouse, Dave Gibbons, Gary Frank, Alan Weiss, Humberto Ramos, ) octobre 2001 Collection SEMIC BOOKS
• JONNI FUTURE –épisodes originaux : Tom Strong’s Terrific Tales : de 1 à 4 et 6 à 11- (Steve Moore, Arthur Adams) avril 2005 Collection SEMIC BOOKS
• PROMETHEA
1. Recueil 1 (Alan Moore, J.H. Williams III) octobre 2000 Collection SEMIC BOOKS
2. Recueil 2 (Alan Moore, Steve Moore, J.H. Williams III, Eric Shanover) octobre 2001 Collection SEMIC BOOKS
3. Recueil 3 -épisodes originaux : 9 à 12- (Alan Moore, Steve Moore, J.H. Williams III) juin 2002 Collection SEMIC BOOKS
• TOP 10 Top Ten
1. Recueil 1 (Alan Moore, Gene Ha) octobre 2000 Collection SEMIC BOOKS
2. Recueil 2 (Alan Moore, Gene Ha, Zander Cannon) octobre 2001 Collection SEMIC BOOKS
3. Recueil 3 -épisodes originaux : 9 à 12- (Alan Moore, Gene Ha) juin 2002 Collection SEMIC BOOKS
4. Recueil 4 -épisodes originaux : Smax de 1 à 5- (Alan Moore, Zander Cannon) août 2004 Collection SEMIC BOOKS
• JACK B. QUICK Enfant Prodige Boy Inventor (Alan Moore, Kevin Nowlan) mars 2006 EDITIONS USA

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Alan MOORE est un bon exemple d’un auteur qui a su s’imposer au « mainstream » (les deux grandes maisons d’édition propriétaires des personnages de super héros) durant les années 80. Ce scénariste inquiétant et mystérieux (les photos le montrent comme un ermite asocial) est un britannique qui a profité du développement momentané du comic anglais pour se faire remarquer. Une partie de ses productions anglaises se trouve ici : V pour VENDETTA montrant un héros anarchiste surdoué luttant dans une Angleterre fasciste et MIRACLEMAN s’efforçant de rendre crédible le retour d’un improbable super héros anglais des années 60 en plein cœur des années Thatcher. Ces scénarios atypiques par leur réalisme attirèrent vite l’œil des majors américaines alors en perte de vitesse.

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La suite est historique : Alan MOORE créa pour DC une série one shot de 12 épisodes (une histoire complète) dans un univers parallèle à la tradition DC, WATCHMEN.

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Enorme succès malgré des partis pris surprenants pour l’époque :
• L’univers incroyablement fouillé est très noir (à tendance cynique). Il se situe dans un futur proche déviant des années 70.
• L’action et la violence y sont rares, mais réalistes et crues.
• Les héros pour la plupart en quête de sens sont inédits (même s’ils utilisent des archétypes entrant en résonance avec les traditionnels super héros),
• La proportion d’action est très faible par rapport au dialogue,
• Le scénario tourne à plein et mène son suspens jusqu’au bout grâce à une intrigue policière retorse.

Ce chef d’oeuvre et celui de Frank MILLER « DARK KNIGHT RETURN » (dans une prochaine étagère) ont fait basculer le comic vers un public post adolescent (sinon adulte) retrouvant les codes de sa jeunesse replacés dans un monde réaliste.
Personnellement, c’est durant mon armée que j’ai découvert ces deux chefs d’œuvre m’amenant à rechercher et dénicher au sein de la production pléthorique des comics américains des perles inimaginables dans l’avant WATCHMEN.
Bien sûr, DC demanda ensuite d’autres histoires à MOORE et cette fois-ci avec des héros traditionnels, afin de donner un coup de fouet à leurs ventes. On les trouvera également dans cette étagère. Même si on n’atteint pas le chef d’œuvre, l’auteur y appose mine de rien sa touche très personnelle (MOORE en profita pour introduire des dessinateurs anglais qui feront ensuite carrière aux USA).

Etrangement, MOORE disparaîtra des librairies françaises durant près de 10 ans pour ne revenir qu’à l’occasion du lancement d’AB Comics (maison indépendante jusqu’à son rachat par DC qui provoquera d’ailleurs le départ de MOORE).
L’aventure est alléchante puisqu’il s’agit de créer toute une ligne inédite de série estampillée MOORE. Ceci se traduira par l’apparition de TOM STRONG, TOP TEN et PROMETHEA. Un peu plus tard, l’arrivée du réjouissant THE LEAGUE OF THE EXTRAORDINARY GENTLEMEN enfonce le clou : MOORE est de retour et c’est du très bon.
• TOM STRONG est un Doc SAVAGE vivant des aventures durant le XXème siècle. Le personnage très classique tendance boy-scout est traité de façon non conventionnelle tout en usant d’hommages aux pulps d’avant guerre. De l’aventure classique donc (presque rétro), mais par l’introduction de différents niveaux de lecture, MOORE amène une part d’ombre au personnage en faisant de lui le produit d’une éducation fascisante (le mythe de l’homme supérieur, produit d’une éduction rigide).

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• TOP TEN est un croisement improbable entre un monde de super héros et les séries policières de type « Hill street blues ». L’univers créé est totalement délirant, bourré de références puisées dans la science fiction de ces cinquante dernières années. Pourtant, MOORE parvient à rendre attachant ces personnages totalement irréalistes dans ce monde fourre-tout de fiction populaire. Le ton est drôle et caricatural, mais sans décrédibiliser l’intérêt de l’intrigue policière et le « réalisme » des personnages. Un grand écart permanent !

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• PROMETHEA est une héroïne n’existant que par la motivation des écrivains plus ou moins talentueux qui la décrivent dans leurs ouvrages. Ainsi, elle est issue d’un monde de rêve créé par toutes les fictions écrites et prend corps par et grâce à la participation physique des écrivains ou poètes qui croient en elle. Surfant entre ésotérisme, érotisme, expérience narrative inédite, cette série mêle le dessin, le conte, la photographie … Encore une fois totalement inclassable !

Dans toutes ces séries, les niveaux de lecture s’amoncellent dans un monde passant du XXème au XXIème siècle. On y trouve donc les peurs, les espoirs et les rêves de tout un siècle au travers de la reprise des codes de son imaginaire fluctuant durant tout le XXème siècle : quelle synthèse !
Je vous ai gardé le meilleur pour la fin :

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• THE LEAGUE OF THE EXTRAORDINARY GENTLEMEN.
La démarche est la même que celle des autres séries, mais reprenant les héros de la fin du XIXème siècle qui passent tant bien que mal vers le XXème. Ils sont bien sûr empruntés sans vergogne aux écrivains de l’époque (Jules Verne, H.G. Wells, Stoker, Conan Doyle et d’autres encore).
Nemo, l’homme invisible, John Quatermain, Mister Hyde et d’autres surprises dont je vous laisse la découverte, forment une équipe de « rétro super héros » dirigée par une femme.
MOORE en fait une foire aux monstres dans la cohérence des œuvres originelles de leurs créateurs, bien dans le ton de l’Angleterre victorienne : les monstres sont monstrueux, l’Angleterre victorienne encore plus, l’humour anglais est stoïque à souhait et le dénouement est toujours incertain, mais sûrement terrifiant.

YC39

Pour approfondir cette ambiance glaçante, la lecture de l’imposant « FROM HELL » ne fera « que » vous donner l’identité de Jack the Ripper, son mobile, les commanditaires de ses crimes et un voyage dans le temps entre le XIXème et XXème siècle (encore …).
En espérant que cette courte évocation donne une vague idée de la synthèse étrange qui se trouve dans le crâne d’Alan MOORE, je vous encourage vivement à découvrir cet auteur.

Les plus curieux auront remarqué que plusieurs de ses séries ont été ou seront bientôt adaptées au cinéma (THE LIGUE OF EXTRAORDINARY GENTLEMEN, FROM HELL et bientôt V FOR VENDETTA). Qu’ils sachent que quelque soit les réussites diverses de celles-ci, MOORE ne s’est impliquée dans aucune d’elles !

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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