Jongler, ça s’apprend tout seul, la vie nous le donne. Ou pas. Des fois ça marche un temps, et puis, malgré tout le talent, toute l’expérience acquise, tout se casse la figure. On passe alors en mode survie. Jusqu’à quand ?
La lettre
Mademoiselle Sally Mara
1, rue Anna de Noailles
75019 PARIS
Paris, le 12 novembre 1999
A Monsieur le Directeur de
l’antenne Assedic du XIXème
1, rue Yves Bonnefoy
75019 PARIS
Identifiant : 9999999U, 999, 99
Objet : Régularisation de droits
Monsieur le Directeur,
L’Assedic m’a adressé le 26 octobre 1999 une notification de reprise de mes droits, conditionnant une demande d’AFR en cours depuis 1998. J’ai apporté les justificatifs demandés le 2 novembre, à la réception de ma dernière fiche de paie. La personne qui m’a reçue a alors décidé de fermer mes droits. Je viens donc vers vous, pour vous demander de réexaminer mon dossier.
Crêpière depuis cinq ans, sans diplôme, j’ai passé en juin le Diplôme d’Accès aux Etudes Universitaire, dans l’attente d’une formation qualifiante proposée par l’AFPA. La Société Hôtellière des Buttes Chaumont m’employait comme extra régulière et avait pris en compte ma formation. L’ANPE m’a alors envoyée vers un emploi saisonnier, dont les conditions de travail établies au départ n’ont pas été respectées par l’employeur. De plus, comme aucun contrat ne m’a été présenté au bout du neuvième jour de la période d’essai, j’ai préféré ne pas perdre mes extras des Buttes Chaumont.
Tenant compte de la longue liste d’attente de l’AFPA, j’ai trouvé une formation au GRETA, qui débutait le 4 octobre. Je me suis rendue à votre agence en septembre. Mon dossier est passé devant une commission, qui a rendu un avis favorable. Je n’ai donc pas ouvert de dossier CNASEA, qui n’est pas cumulable avec l’AFR. Le 2 novembre, il m’a été dit que ma situation, dont la commission avait pourtant été clairement informée, ne me donnait pas de droits. C’est pour moi une décision contradictoire et arbitraire, que je ne comprends pas.
Perdant mes droits, je me retrouverais sans ressources, en situation de précarité totale. Je devrais donc renoncer à cette formation dont dépend ma réinsertion professionnelle. J’ai réussi à construire un itinéraire pour sortir de l’engrenage de l’échec social, et souhaite vivement pouvoir achever mon parcours. Les difficultés rencontrées m’amènent à faire appel à vous, afin de dénouer cette grave situation.
Vous en remerciant par avance, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, mes salutations.