May 3, 2004

Papier peint n°3

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 1:00 am

Ouvrir le numéro 3

Depuis des années, la vie étant ce qu’elle est, je me suis rôdée à la rédaction de missives contentieuses, et ma réputation sur ce point, dans le cercle (certes restreint) de mes proches, n’est plus à faire.
Je peux même fournir, à qui manquerait de foi en ma compétence, des évidences matérielles (sur demande expresse).
Je suis revenue de la poste un matin, en creusant l’idée d’un projet littéraire contentieux et plus ou moins épistolaire.
Il m’est venu, insidieusement mais avec une intensité rarement atteinte, l’envie d’illustrer comment et combien je me sens broyée, à me frotter aux organisations prétendument humaines. Mais aussi, à cause précisément de ce que j’éprouvais, il m’amuse de mettre en lumière que les humains que nous sommes ressortent parfois de ce contact astringent dopés d’une énergie créatrice. Que ce soit pour contourner ou détourner les fonctionnements établis, ou pour transcender les évènements en les remettant en perspective du vide sidéral qui nous tient lieu de partition à vivre. Comment il se crée, donc, des flux productifs entre des individus molestés et des appareils abscons.
Le problème qui fait l’objet de mon intérêt est-il essentiellement contemporain ? Issu des évolutions technologiques ? Les progrès de la technologie et les nouvelles organisations qui en résultent n’ont peut être été la source que d’une évolution de la forme d’un sabotage de la relation entre acteurs sociaux dont rien ne me garantit qu’il est récent. Le processus enclenché par la démarche qui consiste à prendre sa plus belle plume et rédiger la missive ad hoc, non spécialement pour que le problème rencontré trouve une solution – quoique – mais pour que le souci qu’il engendre soit retourné à l’expéditeur, qui, par le miracle de cette lettre, devient destinataire, constitue une réponse à ce sabotage. Retour à l’envoyeur. En quelque sorte, le tour est joué.
Sur une idée, l’on peut à loisir opérer ajouts, améliorations, transformations, révolutions… à peu de frais. Je ne m’en suis pas privée. Elle a fait son chemin, jusqu’à aboutir à un état actuel de réalisation : Papier peint.

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Locataire

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:59 am

Il faut vivre bourgeoisement

Ils ont dans la bouche
– les caméléons –
l’emphase du mot
– Titre –
– Règlement –
L’Amicale des Propriétaires

Il faut vivre bourgeoisement

Aux fenêtres
aux balcons : Rien
Nids de pigeons
ça glousse derrière
mon store
pendu, désarticulé !

Halte ! les rues obscures
de Naples ou de Corfou
cacophonies
voix
odeurs
objets jetés, triés
linges troués
aux cordes raides
de leurs diktats

Il faut vivre bourgeoisement

Silence, on tourne
dans la cage d’escalier :
la voix Roissy – Orly
Deuxième étage !

Je ne dis mot
propriétaire épinglé
je sous-loue
vos petites manies
vos petits rots
Jamais le matin
ou – avant huit heures !
Le jardin, vous n’y pensez pas !
Résidence PiPi-caca-rdie

Allons bon ! le chien –
l’enfant – le primitif

Joyeux locataire !

Corinne Haddad

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Sonne téléphone

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:58 am

il résonne, n’a cure
des conversations en cours
l’odieux téléphone !

Lotte Char

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Une étrange prison

Catégorie: Chroniques urbaines — mis en ligne par carlotta @ 12:57 am

Maintenant, il s’agissait de sortir du magazin sans être vu, mais à peine me dirigeai-je vers la sortie qu’un vigile m’interpella : « Hep ! vous, là. Qu’est-ce que vous avez sur le dos ? Cette chemise est au magazin. Et vous n’avez même pas pris le soin de retirer l’étiquette, en plus, on croit rêver. Allez, suivez-moi, on va s’expliquer. »
Nous allâmes dans une petite loge où il m’interrogea, sans résultat . Comme je ne répondais pas, il prit la décision de remettre la chemise à sa place et qu’on en reste là. Il appela une vendeuse qui vint examiner l’étiquette du produit : « Ah, en plus monsieur vole les produits de présentation », me dit-elle avec un sourire mi-sévère mi-amusé. « C’est vraiment de l’amateurisme, un vrai vol d’adolescent. » Elle marqua une pause et ajouta en fronçant les sourcils : « Mais votre tête me dit quelque chose. » Puis, elle me fixa, stupéfaite et entraîna le vigile hors de la pièce en claquant la porte violemment. Je les entendis chuchoter sans saisir un seul de leurs mots, j’étais tout seul dans cette loge blanche et oppressante et je commençais à comprendre que c’en était fini de mes frasques. Au terme de la petite discussion, tout deux éclatèrent de rire puis le vigile entra, seul.
Il fit comme si je n’étais pas là, ou plutôt il fit comme si je n’existais pas et me saisit tout à coup sous un bras, comme une bûche, il m’emmena et me posa entre deux autres mannequins , mes collègues éternels et immuables, il me remit à ma place, au rayon des chemises pour hommes, moi, l’esclave éternel au sourire figé.

Pit Bernal

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Psychogéographie

Catégorie: Chroniques urbaines, Psychogéographie — mis en ligne par carlotta @ 12:56 am

Balade

Parcourir une rame de métro continue d’un bout à l’autre, ligne 1 ou 14, légèrement ivre, si bien que les déséquilibres de l’ivresse et de la vitesse inconstante se mélangent pour donner au corps une empreinte chorégraphique, chancelante et comme désarticulée, est hautement jouissif et recommandé.

Mehdi S’Tylh

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Varsovie Episode II

Catégorie: Varsovie — mis en ligne par carlotta @ 12:55 am

« …que vous serez à partir de cette date affecté au poste de secrétaire de M. Lautréamont, premier attaché du cabinet affecté au Potent R. Langevin… bat. F»
Anatoli lut une dernière fois la lettre avant de l’enfourner dans la pochette rouge qu’il reposa à coté d’un petit carton sur son bureau vide. Il se leva et traversa le couloir jusqu’à la porte du bureau du chef de service Charikov. Il frappa et entra réglementairement pour constater qu’à 9h30 passé, le chef n’était pas là. Sans autre formalité, Anatoli rejoignit son bureau, prit sous son un bras le carton, sous l’autre le dossier rouge, et quitta le service.
En descendant les escaliers il s’inquiéta d’avoir oublié quelque chose, quelques souvenirs mélancoliques et puérils lui traversèrent l’esprit alors qu’il passait le pas de la porte du bâtiment C.
Il s’engagea dans la cour d’un pas assuré et tendu. Au milieu de celle-ci l’ombre rectiligne du bâtiment A traçait l’axe médian longiligne du rectangle formé par les quatre premiers bâtiments de la firme. Anatoli s’arrêta net sur la ligne de démarcation de l’ombre et de la lumière, il resta là un instant, silencieux et concentré, avant de pivoter sur sa gauche et de reprendre son pas rythmé vers le bâtiment B.
Sachant qu’aucun administrateur n’allait faire preuve de politesse à son égard, l’opérateur décida de s’en tenir à la plus stricte efficacité. Il s’agissait de se contenter de donner le dossier rouge à l’administrateur principal, ou plus exactement de le poser sur son bureau, et de repartir.
Anatoli fut satisfait de constater la forte agitation qui régnait atour du bureau de l’administrateur principal Noé. Il se disputa tout de même avec un coursier qui chercha à lui faire signer une décharge, mais resta calme et confiant quand il fallut, d’un pas décidé, afin n’avoir à rendre de compte à personne, traverser secrétariat jusqu’à la porte. « A. P. Ferdinant Noé ». Anatoli fut interloqué par le reflet de la plaque gravée. Derrière lui, un secrétaire attendait. Il se retourna et fixa la bouille enflammée d’un petit opérateur qui semblait à tout instant étouffer une insulte.
« J’étais là avant vous.
Mais je t’empêche pas de rentrer ! »
Les pommettes de la petite boule virèrent à l’écarlate. Anatoli sentit la porte s’ouvrir de l’intérieur, il se retourna, un secrétaire l’invita à entrer avant de lui-même sortir, refermant la porte derrière lui.
Un grand homme, mince et élégant, qui portait de puissantes mais discrètes lunettes, referma une armoire, se retourna vers le large bureau en chêne. Puis, tout en cherchant dans le tiroir central et sans même relever le regard alors que trois secrétaires se pressaient de traverser la pièce, il interpella Anatoli. « Bonjour monsieur, que puis-je pour vous ?
- Je viens seulement remettre mon dossier à monsieur Noé.
- Posez cela ici », dit d’un ton posé, mais plaisant, l’élégant personnage tout en indiquant deux piles d’une trentaine de dossiers rouges.
Anatoli posa précautionneusement son dossier sur la plus petite. A cet instant, alors que les trois secrétaires, comme portés par une chorégraphie, sortaient l’un après l’autre du bureau, chacun par une porte différente de celle qu’il passa pour y entrer ; dans un mouvement abrupt et gauche, celle qu’Anatoli regardait déjà, s’ouvrit sur un jeune homme qui semblait totalement perdu.
Le deuxième secrétaire, en quelques pas rapides, coupa la trajectoire qu’Anatoli tentait de dessiner en esprit pour contourner le nouvel arrivant qui s’engageait d’un pas maladroit dans le bureau. L’opérateur, complètement paniqué, décida de sortir par une autre porte, mais le garçon restait là, au milieu du flux des secrétaires qui passaient d’une porte à l’autre, puis il se mit à ânonner d’un ton expressif, comme s’adressant à toutes les personnes présentes dans la pièce. « Eh bien messieurs, nous voilà dans une situation fort peu commode. » A ces mots, l’homme gracieux et élégant releva le regard. Adressant un sourire amical à l’autre éberlué, il referma le tiroir dont il venait de tirer une petite clef et, tout en contournant le bureau pour aller le saluer, lança d’une voix ferme mais agréable : « Mais que voulez-vous monsieur l’administrateur Noé… » Il s’arrêta net, releva un instant son regard jusqu’à la porte avant que son visage n’imprime un vif rictus de douleur. Un secrétaire venait d’essayer de passer à travers Anatoli qui ne désirait en faire autant qu’avec la porte et qui dut à contrecœur, et principalement à cause de l’échec de leurs tentatives respectives, se rabattre sur l’administrateur Noé. Le jeune administrateur principal, pris de revers, et par surprise, perdit alors l’équilibre avant de s’affaler sur les deux piles de dossiers rouges.

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Varsovie Episode III

Catégorie: Varsovie — mis en ligne par carlotta @ 12:54 am

Rotildo Langevin arriva, comme à son habitude, à une heure avancée de la matinée. D’une démarche alerte, le buste irréprochablement redressé, il traversait le couloir menant à son bureau tout en rendant un sourire courtois aux salutations distinguées et un peu narquoises de ses collègues. Un administrateur un peu zélé se permit d’être ravi de le voir enfin. Ce à quoi Rotildo répondit par un retentissant « Pauvre con ». Il portait en profond mépris l’humour déplacé, de rire convulsif, que cultivaient certains administrateurs et ne manquait jamais une occasion de les provoquer par des insultes, ultime moyen d’avoir raison vis-à-vis de ces insignifiantes personnes.
D’autres administrateurs, ceux qu’il avait fait nommer administrateurs principaux, se distinguaient par leur perversité intellectuelle, et étaient ainsi réfractaires à toute forme d’humour. Le Potent Langevin prenait donc quelques minutes avant le déjeuner pour examiner les rapports de ses AP. Il s’amusait à relever les fautes d’orthographe sans jamais les souligner. Il ne laissait néanmoins jamais passer une erreur de service ou de procédure. On l’entendait parfois s’esclaffer d’un rire jovial, puis sortir bruyamment de son bureau pour aller épingler les feuillets à l’index du secrétariat. Les opérateurs, les attachés du cabinet et les secrétaires savaient alors qu’ils allaient pouvoir passer leurs nerfs sur l’administrateur principal incriminé.
L’administrateur zélé disparut d’un pas vif, non sans bousculer une secrétaire que Rotildo salua chaleureusement. La secrétaire prit un air contrit mais rassuré en voyant le petit administrateur partir. « Monsieur Langevin, je crois que ce monsieur vous attendait dans votre bureau. Il n’avait pas de rendez-vous, mais le secrétaire principal Anckovich n’était toujours pas revenu…
- …Et personne d’autre que monsieur Anckovich n’a pris l’initiative de le renvoyer ? coupa sèchement le Potent visiblement déçu du comportement de tout le service. J’espère que quelqu’un a daigné s’occuper des affaires courantes. » La petite secrétaire acquiesça d’un sourire, comme si cela allait de soi.
Sur la large et fine table de travail qu’il avait fait installer devant la grande baie vitrée de son office, Rotildo constata qu’on avait effectivement trié et rangé la pile de feuillets, réglementairement bleus, rapportant les procédures engagées la veille par les différents administrateurs principaux. Il resta néanmoins circonspect quelques instants devant une note rédigée d’une écriture nerveuse, posée au milieu de son imposant, mais depuis bien longtemps inutile, bureau.
« Monsieur, il est 11h33 et c’est avec regret que je me vois obligé (pour des raisons de service) de quitter votre poste sans avoir eu l’occasion de vous y croiser. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir me faire contacter au moment que vous estimerez opportun. Respectueusement, Administrateur H. Jinon. » Quel prétentieux personnage se dit intérieurement Rotildo, heureusement que des types comme Anckovich sont là pour leur faire entendre raison.

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Epileptique hypertendue ?

Catégorie: Collisions — mis en ligne par carlotta @ 12:53 am

Je ne souffre pas d’hypertension. Je me suis vue prescrire des hypotenseurs pour leur efficacité dans le traitement de fond de la migraine. Cependant j’ai dû, de mon propre chef, augmenter la dose prescrite car le traitement restait sans effet. Je remarquai alors une amélioration du point de vue de la moindre survenance des migraines, couplée à l’installation d’un état de fatigue. La neurologue me proposa, pour ce motif, de changer de traitement et c’est ainsi que j’acceptai de la laisser me prescrire un médicament contre l’épilepsie. Il est déraisonnable d’arrêter de but en blanc la prise d’hypotenseur. Je me suis donc soignée pendant deux semaines, simultanément, contre l’hypertension et l’épilepsie, moi qui ne suis ni hypertendue ni épileptique. La migraine, calamité s’il en fut, n’est pas sans bénéfice : elle me fait visiter la terra incognita que constitue la prise médicamenteuse intense, laquelle s’apparente à la prise de drogue qui, comme chacun sait depuis Henri Michaux, provoque une aptitude accrue à l’écriture ; et me dote de caractéristiques additionnelles car si « soignée contre l’épilepsie et l’hypertension » n’est pas strictement synonyme d’ « épileptique hypertendue», il ne l’est pas non plus de « migraineuse ».

Cha

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Psyché reprisée

Catégorie: Chroniques intimes — mis en ligne par carlotta @ 12:52 am

Ce qui nous a blessé, et parfois beaucoup et longtemps, peut être aussi anodin qu’un petit caillou dans une chaussure. Il peut suffire de comprendre que le mal vient de là, de délacer la chaussure, l’ôter, la retourner et de secouer pour que le caillou tombe. Quelque fois, le caillou est joli. Comme ces débris colorés de verre alimentaire que la mer a dépoli et que les enfants aiment à chercher dans le sable. Il est joli, on le ramasse, on le regarde dans le creux de la main, le retourne, le porte à la lumière. Ainsi je revois maman vêtue de noir. Je la revois arriver par la baie vitrée de la classe qui donne sur le couloir, je vois son visage et ses épaules. Elle porte une toque en astrakan. La porte s’ouvre, je la rejoins. Elle est aussi grande que je suis petite. Elle est pâle, elle a l’air triste. Elle tend les bras vers moi et je m’y jette, je n’en pouvais plus de l’attendre, j’étais folle d’inquiétude, je ne comprenais pas qu’elle n’arrive pas, je déteste l’école où je suis maintenant obligée d’aller chaque jour.
Elle m’explique que grand père est mort. Grand père est un vieux monsieur que je connais un peu. Il m’a offert un livre. Ce livre raconte l’histoire d’une famille souris qui a adopté un bébé chat. J’aime cette histoire. Je comprends que je n’aurai plus d’autres livres. Je suis triste. Mais maman est là et c’est le principal.
Si je fais un effort minuscule, ou plutôt, si je laisse les choses se faire, la vision que j’ai de maman à ce moment là, son image, se transforme en un tableau de Modigliani, d’une femme brune debout, droite et souple, vêtue d’un manteau noir à large col, qui se referme un peu au dessous des genoux, on distingue à peine les bouclettes de l’astrakan, le fond du tableau est constitué de petites touches automnales rousses, elle aimerait beaucoup, j’en suis sûre. Sa silhouette est très élégante. Maman.

Cha

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Dimanche 13 février 2000

Catégorie: Caffe Sicilia — mis en ligne par carlotta @ 12:51 am

Ce matin, tout le monde s’est plaint d’avoir mal dormi à cause des lits pourris mais c’est Gabriel Lui-même qui a dormi sur le canapé de merde et dans une housse de couette trop petite pour son « corps frêle » (citation de Patrick, collègue de travail de Louise l’Indésirable).
Le petit déjeuner : A neuf heures Marcel a généreusement apporté un café au lit à Mario. Mais tout le monde a bien compris que c’était seulement par intérêt : il avait prévu le concours de Sagesse (organisé par lui-même ultérieurement) et voulait tout simplement s’attirer l’attention favorable du jury (comportement typiquement humain d’après moi, Gabriel Lui-même).
Victor a entraîné Zélie sur la plage, à la recherche de petits bouts de verre polis si possible colorés, atteignant selon lui des prix astronomiques à la revente. Zélie l’a supplié de ne pas vendre le petit bleu, même 100 francs, car elle l’adorait. A ce moment là, nous avons engagé un débat sur la valeur des choses et même des gens. Il était question de savoir si on pouvait par exemple dire que quelque chose n’avait pas de prix, parce que son prix dépassait tout ce qu’on peut imaginer : un ou des enfants (un lot), ou bien des parents à acheter.
Le poisson sur le port : Des pêcheurs nous ont vendu pour 30 000 lires des kilos de poissons, des Loups ( ?) qui ont fait le repas de midi et des rascasses (scorfano) et des petits loups pour la soupe du soir.
La piscine : Mario a découvert une magnifique piscine naturelle dans la roche et dans la mer où Louise s’est baignée dans l’eau à 15° avec le concours de Victor et Zélie qui par la suite a ressenti un choc verbal (comme l’a dit Victor le soir en faisant son commentaire).
Le vol de citrons : à 12 H 45 le dénommé Marcel Sorbet, fut pris sur le fait en train de voler 3 citrons sur la route de Noto sur laquelle se trouvait la patrouille conduite par le carabiniere Pecorino Mario qui le conduisit illico au poste pour le cuisiner afin qu’il avoue son crime.
Le repas de poisson fenouil et citron très bon.
La vaisselle dans la salle de bain, bon il n’y a que là qu’il y a de l’eau chaude.
Le déluge à Noto, orage, trombes d’eau et coupures d’électricité toute la soirée.
La dispute des garçons comme d’habitude par la faute de Billy ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! Louise tient à préciser que la dernière partie de la phrase précédente a été rajoutée à la prose originale par Gabriel lui-même.
L’arc en ciel voir la photo (plus tard).
La ballade à Noto (enfin) mouillée. Zélie a raconté des histoires dans la voiture : il fallait être très sérieux, écouter et ne pas parler, sinon on se faisait engueuler ; l’histoire était celle d’une petite fille, mais ce n’était pas le petit Chaperon rouge, il y avait pourtant un loup, qui mangeait des miettes, qui n’étaient pas celles laissées par le petit Poucet, et la petite fille était très jolie, mais ce n’était pas Blanche Neige.
Le café Sicilia : glace, chocolat très onctueux, café corretto (corrigé, i.e. avec grappa).
Le concours de dessin pour faire cesser « chat glacé »
Concours de Sagesse, entre Victor et Marcel score de la journée Victor – ½, Marcel –1.
La soupe de poisson très bonne merci Mario (et Marcel et Louise et Coralie).
Avec le café du soir, nous avons goûté le torrone (nougat) acheté au Café Sicilia, un délice… On a mangé toute la barre et en plus il est trois fois moins cher que le même à Paris acheté auprès de l’importateur de luxe.
La rédaction du journal avec encore quelques coupures, et Mario qui a oublié le câble pour le transfert des photos : presque tout le monde a participé sauf certains qui n’ont pas l’esprit collectif ou bien qui ont peur qu’on se moque de leurs fautes d’ortograf.
Gabriel Lui-même tient à informer ses sujets (tout le monde ) qu’Il a activement participé à la rédaction de ce journal dans le but de bien s’amuser et de divertir son lecteur (ce qu’Il vient Lui-même de réaliser avec succès une fois de plus ).
Encore une victoire de l’esprit sur la force brute.

Collectif des deux familles

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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