September 7, 2004

Papier peint n°7

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 1:00 pm

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Les affaires reprennent. Le laboratoire d’analyses médicales accueille à nouveau le public. La boulangerie a fait l’objet d’un sérieux lifting durant le mois d’août. Bien que je ne l’ai pas constaté de visu lors de mon passage trop matinal, me basant sur la disparition en vitrine de l’affichette qui informait de la période de fermeture, je présume que la boutique du coiffeur est ouverte. Quant à la bijouterie, elle est encore fermée, mais plus pour longtemps. Bref, c’est la rentrée. Tout recommence. Pas tout à fait à l’identique, cependant. Pour ma part, ne parvenant pas à mettre quelque souvenir que ce soit sur le nom d’« Hervé Christiani », auteur compositeur, paraît-il, du tube « Il est libre Max » que j’attribuais à Gérard Manset, je commence à faire le deuil de ce qui fut mon excellente mémoire. Bien que mon battement de jambe corresponde, en fréquence, à celui de la jeune nageuse Manaudou qui, comme je le fais, crawle les doigts ouverts, je réalise que, quelques soient mes efforts – et j’en déploie – ses exploits sont (passés) hors de ma portée. Bref, le temps érode ce qui fut, et façonne des nouveautés en remplacement. Rien de surprenant à première vue, à en croire la rumeur, mais j’en fais par moi-même, cette année, le minuscule et naïf constat. A noter l’élément constant de la période : elle reste la saison des marronniers… J’invite les lecteurs de la revue qui ne souhaitent pas voir se dégrader davantage la qualité de l’éditorial à prendre la plume et à venir à la rescousse.

Marronnier : Sujet récurrent qui fournit à intervalle régulier une information inintéressante mais facile à glaner (la rentrée des classes, le baccalauréat, les embouteillages du week-end, les sports d’hiver, les universités d’été des partis politiques…)

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September 6, 2004

Pari

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:00 pm

Bars alone

Parisbarcelone

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Presqu’île

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 11:59 am

Tous perdus, en déroute !
Au détour d’un trajet interminable
la mer poursuivie par la lande aux couleurs
étranges, nuageuses et torrides
sous nos pas brisés le bruit infernal.

Ils marmonnent le récit : ceux qui héritent en riant du salut de la terre…
Pin brimé
Pin isolé
Pin juché au bout de la dune
Rien ne vient apaiser l’espoir vigoureux de ceux qui se tiennent haut.

Mer – Terre – Pluie – Fougères – Bruyères…
Le murmure des buissons, la saison épuisée
Nous ne reverrons plus ce qui se tient et rôde
au-delà du regard
Juste là au bord des chemins :
L’éphémère qui se sait !

Corinne Haddad

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Les dissolveurs de printemps

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 11:58 am

Je me souviens de longs matins aux doigts glacés, aux entêtantes odeurs de feuilles pourries et de vacances fanées, j’étais enfant et je voyais les hauts et maigres peupliers de la cour approfondir le ciel qui enfonçait sa voûte encore au-delà de la cime des arbres immenses et étirait au loin les distances que je voyais d’en bas. Je me souviens d’après-midi pluvieuses où les dissolveurs de printemps s’acharnaient à fabriquer un sale hiver éternel, je revois la pluie de salive dégouliner son mépris dans les gouttières, pendant l’expression écrite du samedi.
Les dissolveurs de printemps, les dilueurs de bonheur étaient arrivés. « Je ne reverrai plus les fleurs éclater », écrivais-je en silence sur l’ardoise de mon âme et alors j’imaginais arriver au loin de grands et sinistres hommes gris à l’allure de brigands, portant chacun un sac lourd de flocons de neige, de neige fondue à pleurer cet hiver, j’imaginais des glaives qui s’abattaient sur les nuages comme on crève un coussin, puis une myriade de plumes glacées virevoltait sur la ville blanche.
Encore un hiver âpre et délavé à s’avaler. Il pleuvait parfois si fort que dehors les gouttes d’eau clignotaient sur les flaques, c’était scandaleux de voir ces arbres grelotter, qui n’avaient nulle part où s’abriter, ces pierres blanches qui se recroquevillaient comme des cygnes, ces oiseaux qui se diffusaient tels des cachets effervescents à l’horizon, augurant des jours entiers de grippe. Et tout cet air, qui se noyait dans toute cette eau !
Les dissolveurs de printemps s’immisçaient partout, dans la télévision, chaque soir, ils annonçaient un temps qui empirait jusqu’à l’éternel, ils minutaient chaque instant de froid et revendaient leur malheur à la sauvette, au marché noir et dans les gargotes, dans des endroits louches où se terraient des cyclopes myopes. Ils repeignaient la vie en gris et pendant ce temps-là, mon âme d’enfant se fanait, se fanait.
Je voulais vivre sous l’océan, là où il ne pleut jamais. Je voulais vivre dans des cavernes, là où il ne neige jamais. Je voulais vivre éternellement figé dans les photos de vacances, ces images qui alourdissent la mémoire de cette époque bienheureuse où les dissolveurs de printemps dévastaient d’autres pays. Je voulais vivre sur le soleil, là où il fait toujours beau.
Je me souviens qu’un jour ils finirent par se fatiguer, qu’ils se regroupaient dans la cour, de plus en plus craintifs. Je me souviens qu’un simple rayon de soleil les faisait détaler dans le ciel bleu et souriant. Dehors les marelles n’étaient plus effacées par les pluies battantes et je priais le soleil pour qu’ils ne reviennent jamais.

Nicolas Bernal

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Deuil

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 11:57 am

Le soleil doré
mon cœur étrangement lourd
dans le soir d’été

Lotte Char

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Crise au moyen orient, trains en retard.

Catégorie: Chroniques urbaines — mis en ligne par carlotta @ 11:56 am

Les rentrées se suivent et se ressemblent

J’ai repris mon boulot d’aboyeur à la gare de Balbec, on a eut une rentrée épique. En gros, j’arrive à la gare de Guermantes pour prendre mon train de 6h28 et je vois une ZZK (les trains à étage qui font Méséglise-Madeleine) en rade sur la voie dix-neuf. Le mécano a pas trop assuré, il a niqué sa rame, défoncé un isolateur et il a envoyé un retour de jus qui nous a fait une belle zone rouge sur Villeparisis… Du coup on a planté tout les DCDCS (Du Côté De Chez Swann), on a oublié les dégarages et il a fallu attendre 9h30 pour que le PC envoie un plan de transport valable une heure alors que même moi je sais qu’il en faut bien deux pour changer un isolateur… du grand art pour un premier brumaire.
J’ai appris un truc marrant ce matin là. Quand tout va bien, j’ai pratiquement rien à faire, mais quand c’est le bordel j’enchaîne les annonces. Et bien il faut bien que je t’avoue que c’est assez plaisant d’annoncer les mauvaises nouvelles, surtout quand elles appellent l’espoir d’une issue heureuse. Et donc, quand j’ai entendu Pujadas, PPDA et les autres (qui font exactement le même métier que moi) parler avec un tremblement dans la voix des otages français en Irak, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas d’un tremblement d’angoisse mais bien d’un tremblement d’excitation…

Diablo

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En face le Mac Do

Catégorie: Chroniques urbaines — mis en ligne par carlotta @ 11:53 am

Lu dans le journal des facteurs (qui lui-même est inséré dans une publication appelée « Toute la vérité », datée du 21 juin 2004 ; on dirait le titre d’un opuscule des témoins de Jéhova, mais c’est en fait un trac payant d’un groupuscule trotskiste qui ne dit pas son nom) :
Pour sauver la sécu des manœuvres de Chirac et du Medef : il n’est qu’une seule voie, la montée en masse à un million à l’assemblée nationale.
Pour que ce mot d’ordre devienne une réalité, 577 jeunes et ouvriers ont pris position sur l’adresse aux dirigeants syndicaux et convoquent le :

GRAND MEETING UNITAIRE
de Défense de la sécu
samedi 19 juin à 15 H à Jaurès (en face le Mac Do)
métro Jaurès.

Il est vrai qu’un million de personnes à Jaurès ont besoin de repères pour se retrouver, surtout si on fait partie des jeunes ou des ouvriers. ( P.S. les vieux et les employés ne doivent pas être concernés par la sécu. )
Dans le même numéro, un autre insert intitulé Révolte Jeune (au singulier) nous propose en page 2, dans une rubrique intitulée « Armes de la connaissance », un article dont le titre est « politique staliniste / politique stalinienne de l’Internationale communiste », qui nous raconte le 25 février 1956. Pour ceux qui auraient oublié, c’est la date de la lecture du rapport Khrouchtchev, au XX° congrès du PCUS, sur les méfaits de Staline – devenu le temps du rapport le seul responsable de tous les maux de l’URSS. Ceci pour servir d’introduction à une diatribe anti-Buffet (actuelle présidente de ce qui reste du PCF) et anti-Thibaud (secrétaire général de la CGT). Plus loin un autre article descend Krivine et Besancenot (de la LCR) en flèche.
Nul doute que le grand capital tremble de voir ces brûlots vendus à l’entrée du métro.

Robert Strauser

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Varsovie Episode X

Catégorie: Varsovie — mis en ligne par carlotta @ 11:38 am

Anatoli prenait ses marques, son carton semblait plus petit sur son nouveau bureau et surtout en comparaison de son énorme téléphone. Il enregistra le rendez-vous de Charikov et resta quelques minutes assis à se satisfaire de sa nouvelle mais tout à fait incompréhensible promotion.
« Vous êtes le nouveau. »
Anatoli fut agréablement surpris par la voix fluette et souriante de la petite secrétaire qui occupait un bureau attenant au sien. Une petite mademoiselle, aux cheveux fins et aussi noirs que sa chemise un peu trop large. Elle en posa une sur son bureau, bien repassée, celle qu’il allait désormais devoir porter.
Elle lui adressa un large et accueillant sourire. Anatoli la trouva belle et n’écouta que d’une oreille distraite la discussion qu’il se contentait de poursuivre. Il en retint seulement qu’ils étaient voisins mais qu’elle travaillait directement pour monsieur Langevin et non comme lui pour le grand singe, qu’en général le service était calme jusqu’à dix heures et demi mais que dans une demi-heure la journée allait commencer. Travail qui se résumait à prendre les rendez-vous, organiser les réunions, classer le courrier… Alors qu’il profitait de la voix fluette, du sourire accueillant, et du regard espiègle et engageant de la charmante secrétaire, le gros téléphone d’Anatoli retentit.
« Oui allô… non Des…, Anatoli Desclos. Non, monsieur le premier attaché est actuellement en réunion… »
D’un geste brusque qui imposa un mouvement de recul à la petite secrétaire, il renversa son carton et en tira de la main gauche de quoi écrire. « Je note… » Il adressa une moue gênée à la jeune femme et se mit à écrire…
Après avoir changé de chemise et noté les rendez-vous de Lautréamont, Anatoli prit le temps de faire connaissance, à la salle de repos, avec deux attachés et trois secrétaires qui attendaient comme lui la fin de la réunion des chefs de services convoqués par monsieur le premier attaché. Celles-ci étaient considérées comme des facéties zélées du primm-att qui, quand il s’agissait de prendre une initiative, n’était manifestement pas au niveau du Potent Langevin. Un des secrétaires qui avait vu Anatoli sortir du salon d’entrevue avec Charicov lui demanda son avis.
« Les chefs de services ont d’autres choses à faire que des réunions. N’y a-t-il pas les Administrateurs Principaux pour ça ? »
Les deux autres secrétaires affectèrent un air offusqué, mais comme ni l’un ni l’autre ne savait exactement de quoi il retournait, aucun n’osa répondre. Un des deux attachés, saisissant l’occasion de se mettre bien avec le nouveau secrétaire, surenchérit :
« D’ailleurs il a commencé la réunion sans attendre Anckovich, et puis deux autres chefs de service sont déjà repartis, un vrai fiasco. »
La discussion se poursuivit encore entre politesses et médisances surannées. Lautréamont était un incapable, Langevin un fumiste, Anckovich un prétentieux, les administrateurs ne servaient à rien, les opérateurs n’étaient pas assez biens formés, et rien dans cette grosse machine n’allait bien, jusqu’au thé qui avait de plus en plus mauvais goût…
Les cinq derniers chefs de service sortirent une heure avant le déjeuner. Anatoli échangea un regard désabusé avec ses collègues quand tous constatèrent que monsieur le premier attaché se faisait attendre. Au bout de quelques minutes il comprit qu’en tant que bizut, il était tout désigné à monter pour subir la prétentieuse présence de son supérieur.
Lautréamont était encore en train d’essayer de se donner un air mystérieux et pénétrant en regardant par la fenêtre quand Anatoli entra dans le salon. Il tenait ses mains croisées dans le dos et tentait de bomber le torse. Son ventre proéminent, son dos courbé et ses petites jambes nerveuses qui tressautaient sur le plancher, lui infligeaient l’allure d’un ouvrier qui se serait, pour un bal costumé, déguisé en riche rentier. A l’instant où il allait s’annoncer, Anatoli vit la silhouette rondouillarde se cabrer sur la pointe de ses petites chaussures vernies et se pencher légèrement pour regarder dans la cour. Comme pour imiter celui qu’il voyait arriver d’un pas alerte, il essaya de dégager ses épaules et de cabrer encore ses lombaires. Sans succès, sentant douloureusement les coutures de son gilet se tendre, il abandonna sa pose pour reprendre son air replet et laisser de dépit retomber ses épaules. Son cou perdit deux bons centimètres, il se retourna, et sans le regarder, dit à Anatoli de ramasser les notes laissées sur la table de réunion et de le rejoindre après le déjeuner dans son bureau. Resté seul, Anatoli prit le temps d’aller jusqu’à la fenêtre. Un homme, grand, à la démarche souple et distinguée, montait les marches du perron du bâtiment F. Il ramassa la dizaine de pages de notes et deux gobelets que les chefs de service avaient laissés, puis sortit.
Comme pour mieux prendre ses marques, et accessoirement pour rejoindre la petite secrétaire qui traversait le hall, Anatoli décida de faire le tour de la coursive. Il passa discrètement devant les portes de l’étage, marqua un instant d’arrêt quelques pas avant le bureau du Potent Langevin d’où il vit surgir, tel un pantin de sa boîte, l’ingrate silhouette de l’administrateur Jinon. Espérant seulement avoir à le croiser, Anatoli le reprit sa marche comme si de rien n’était.
« Cette chemise est trop courte pour vous monsieur le secrétaire Du… tatata, excusez-moi, De, voilà, Desclos. Je ne sais pas ce qu’ils font en ce moment chez Noé, mais à mon avis cette chemise serait plus de la taille de monsieur Hansen. »
Laissant Anatoli interdit, l’insignifiant administrateur surabonda, toujours sur le ton d’un guignol de foire.
« Et dire que j’ai reçu le dossier de Hansen juste après le vôtre, il y a quelque chose de pas clair dans votre mutation ».
Anatoli feint de ne pas avoir entendu la marionnette et passa son regard au-dessus de son épaule gauche.
Sous la haute baie vitrée, il reconnut la noble engeance du pas du Potent Langevin qui s’apprêtait à gravir les marches de l’escalier. Anatoli prit une dernière fois ses marques.
« Pour moi, tout s’est bien passé. Quant à vous, et malgré le fait que je ne sois pas son secrétaire personnel, je me permets de vous signaler que si vous cherchez Monsieur le Potent, il est derrière vous. »

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Varsovie Episode XI

Catégorie: Varsovie — mis en ligne par carlotta @ 11:37 am

Dans la salle de consultation, sur une vieille table mal éclairée, Anckovich avait éparpillé, dans un classement confus qui correspondait vaguement aux différentes signatures de l’Administrateur Principal Noé, les deux derniers mois de limon administratif que les marées de procédures avaient charriés jusque-là. La plus grande partie était vraisemblablement signée de la main même de l’administrateur principal. Le N allongé de biais qui avale le o filant, et le é, à peine signifié par son accent. D’autres étaient signées pratiquement de la même façon, à ceci près que le trait était plus distingué et alerte. Anckovich s’expliquait cette solennité par la nature même des pièces en question qu’il connaissait bien ; il s’agissait des courriers adressés directement au cabinet du Potent Langevin.
Parmi quelques notes de service mal classées, il reconnut la troisième signature, celle du carbone. Un e sans accent (ou peut-être un tréma) et la deuxième jambe du N couchée vers l’avant. Parfois on ne reconnaissait qu’à peine le nom et certaines n’étaient manifestement pas de la main de l’administrateur principal. Il s’agissait de paiements de jours chômés en période de grève, ou de la récupération de jours fériés durant un arrêt maladie. Les bénéficiaires étaient probablement fictifs, c’est du moins ce qu’on supposa plus tard, quand on constata leur corrélation avec les personnages d’un feuilleton populaire.
Anckovich était en train de remettre le tout en tas, quand le secrétaire aux traits polis vint se planter devant lui. Quand leurs regards se croisèrent, le secrétaire remonta ses lunettes comme pour jeter un œil au-dessus de l’épaule d’Anckovich. Celui-ci lui renvoya un sourire complice et amical.
« Elois, que faites-vous ici ? »
Anckovich maîtrisait à merveille ce ton amical et tout en même temps méprisant qui laisse clairement entendre que si la présence d’une personne ne vous est pas désagréable, elle n’en est pas pour autant primordiale. Il n’avait pas non plus de respect pour le père de l’élégant secrétaire, le colonel Johanson, qu’il devait croiser le soir même chez le colonel-ministre Beck.
« Très bien, vous êtes là pour le contrôle disciplinaire ?
- Oui, siffla Anckovich d’un ton cassant.
- Alors je me dois de vous faire connaître ce document. Un carbone que monsieur le secrétaire Kovrotiev a omis de verser aux archives et que je venais apporter. »
Anckovich prit connaissance de la délégation de signature.
« Je ne voudrais pas mettre en cause la compétence de monsieur Noé, mais je dois vous avouer que ce contrôle disciplinaire ne m’étonne pas. Messieurs Dolokov et Kovrotiev ont un comportement… disons étrange. »
Anckovich resta muet, il ouvrit un classeur posé sur une table contiguë. Sur un des documents du classeur 299 792 afférent aux procédures du matin il constata, non sans étonnement, que monsieur le secrétaire Kovrotiev signait Kov !
« Etrange dites-vous. Vous devriez vous en ouvrir au plus tôt à Monsieur le premier attaché Lautrémont. Vous devez encore pouvoir le joindre avant le déjeuner, il tenait une réunion importante ce matin. »
L’aimable secrétaire acquiesça, puis quitta poliment le secrétaire Anckovich pour aller téléphoner du bureau.
Resté seul, Anckovich prit un dernier moment de réflexion avant de ranger les classeurs et de pouvoir aller manger. Il réfléchit d’autant plus vite que depuis l’enfance la sensation de faim lui était insupportable.
A l’évidence, cette signature Noë ressemblait à s’y méprendre à celle de Kovrotiev.

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La vache !

Catégorie: Collisions — mis en ligne par carlotta @ 11:36 am

Je ne saurais dire s’il y a un lien entre la fascination que, dès mon très jeune âge, ont exercé sur moi les vaches - leur placidité y prend une part ; et cette question qui me taraude, depuis longtemps, et dont, entre maintes façon de l’exprimer, j’ai une prédilection pour la suivante : qu’est-ce qui me meut ? Oui, qu’est-ce qui, sorti des contingences, me fait agir ? Si je savais… Il me semble que cette question même est le commencement de ce qui m’agite. Et curieusement, l’image qui me vient, c’est le souvenir de la petite fille que je fus essayant de voir au fond de son nombril, pour trouver quoi, sinon elle-même ? Agir, être, équations dont je suis l’inconnue.

Cha

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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