February 7, 2005

Papier peint n°12

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 2:39 pm

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Véronique et moi étions en fin de grossesse et je pouvais de nouveau me déplacer. C’est chez elle, en sa compagnie, que j’ai découvert la série télévisée Côte Ouest. Allongée sur le canapé, elle me disait au fil de l’eau les liens unissant les protagonistes, ils étaient nombreux, ils allaient même jusqu’à sortir du cadre : l’un des personnages était le frère de l’horrible JR de Dallas. J’avais envie de rire, je la faisais répéter, ne faisant pas d’effort pour mémoriser les informations. J’ai eu l’impression qu’elle trouvait que je n’appréciais pas le mal qu’elle se donnait pour que je puisse profiter de l’épisode. Je garde ce souvenir – et ne trouve aucun adjectif qui le qualifie. Je suis maintenant capable du même exercice avec Les Feux de l’Amour. J’ai pensé en faire un résumé mensuel, mais en parler cette fois suffira, en écho de ma vie en ce début d’année. Vous trouverez plein d’autres choses bien plus intéressantes dans ce numéro.

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Le livre de dessin de Juliette

Catégorie: Le livre de dessin de Juliette — mis en ligne par carlotta @ 2:37 pm

Page 1 - Laura

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Ciel noir sur neige blanche

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 2:36 pm

Ciel noir sur neige blanche
Des histoires poussent dans les feuilles d’arbres
Le futur les écrira plus tard
Flocons de mots dans flacon de nuit…

Pit Bernal

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Le gouvernement a déclaré…

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 2:35 pm

Le gouvernement a déclaré la crève générale
En grève les cœurs, garde à vous mon général
Crise névrose dans la grise campagne
Crissent les cœurs et s’écoeurent

Greffe pour tous à trois francs six sous
Greffe de cerveau pour les volontaires et même les autres
(Parce qu’on est généreux)
L’âme griffée l’âme grillée peut retourner travailler
Reliée à une prise

Cri du général c’est la guerre
C’est la grise mine du charbon dans la mine
Ou bien le sang sur la gueule à tuer des cadavres qui gueulent

Et puis quoi, feignants…
Vous croyiez que la vie était une partie de plaisir ?
Voyez : c’est un déplaisir tout entier.

Pit Bernal

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Héroïne

Catégorie: Poésie, Limtricks — mis en ligne par carlotta @ 2:32 pm

La junk à Villetaneuse
Manquant de came haineuse
Presse un individu
Et obtient de lui du
Foutre en intraveineuse

MST

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Juste un coup

Catégorie: Chroniques de guerre — mis en ligne par carlotta @ 2:30 pm

Je suis née dans l’état du Texas. Comme des milliers d’autres, je me suis conformée au moule dans lequel on m’a coulée. J’ai passé ma vie à attendre dans un magasin d’un bled paumé, peuplé de ploucs racistes. Mais, un jour, le destin a frappé à ma porte. Un jeune étranger est venu. Il a dit qu’il venait de Los Angeles. Il m’a emmenée avec lui dans une vieille décapotable. Il m’a fait quitter cette vie morne. Il voulait simplement tirer un coup, mais je le savais. On a roulé jusqu’en Louisiane, dans un bled presque aussi paumé que le mien.
Aujourd’hui, il m’a tirée, tirée à bout portant sur le shérif de la ville qui est mort sur le coup. Puis il est parti et m’a laissée dans le corps chaud du représentant de la loi. Il est parti en chantant un air de reggae que tout le monde connaîtrait plus tard.

Arthur

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Untitled

Catégorie: Chroniques fantastiques — mis en ligne par carlotta @ 2:29 pm

Un petit gnome m’interpella subitement, et j’arrêtai ma promenade, me tournant vers la petite créature. Il était bleu, probablement de la race des gnomes vivant dans les champs de lilas. De petite taille pour un gnome, j’imaginais que c’était encore un enfant, à peu près de l’âge de douze ans. Sachant que les gnomes ont une durée de vie entre treize et quatre vingt sept ans, il était assez difficile de savoir s’il était jeune ou sur le point de mourir… mais je ne m’en souciais pas tellement.

« Vous avez fait tomber votre mouchoir » me dit-il, me rendant l’objet à bras tendu. Je me baissai pour prendre le mouchoir et lui proposai un simple « merci » suivi d’un petit sourire. Il l’accepta volontiers et me rendit mon sourire.
Je me redressai et repris ma promenade, mon mouchoir en poche.

Edouard Strauser

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Varsovie II Episode V – Un bon coureur

Catégorie: Varsovie — mis en ligne par carlotta @ 2:27 pm

Ce même soir le Grand Salon du palais Brûhl, qui dans toute autre capitale serait passé pour un quelconque hôtel particulier, accueillait une soirée animée et agréable pour la plupart des convives de Monsieur le colonel ministre Beck. Les journalistes, bien sûr, passèrent une excellente soirée. Les colonels, en grand nombre, parlaient de tout, sauf évidemment de la guerre, ce qui les rendit pour l’occasion fort aimables. Les quelques diplomates, sur un malentendu, passèrent un moment tout à fait délicieux pour ce qu’ils prenaient pour un pot de départ. Et comme il n’y avait pas d’écrivain, le reste de l’intelligentsia pouvait s’en donner à cœur joie. Les banquiers et les grands commerçants faisaient ouvertement des affaires pendant que les hauts fonctionnaires ajustaient leurs directives et s’échangeaient des “ dossiers brûlants ”. De leur côté, les membres de l’état-major mettaient une dernière main au plan de fuite des dignitaires. Ils avaient étalé dans une pièce à part de grandes cartes par terre et cherchaient de quelle frontière l’Ennemi ne viendrait pas. L’ambiance n’était absolument pas tendue. Madame, qu’on disait très impliquée dans les affaires de Monsieur, se reprocha un instant de ne pas avoir invité d’écrivain alors que trois ministres cherchaient la meilleure formule pour annoncer la guerre imminente au peuple. Madame Beck détestait les écrivains et particulièrement Witaci qui l’aurait décrite sous les traits peu flatteurs à ses yeux de la princesse Ticonderoga. Elle les traitait ouvertement de malades sociaux, de profanateurs, de gâchis intellectuel. On dit qu’à Berlin elle insulta ouvertement un des écrivains préférés de Hitler, mais on peut en douter.
Les trois ministres s’interrogeaient. Qui allait nous attaquer en premier ? Et allait-on seulement prendre la peine de nous déclarer formellement la guerre ? La moitié de la république était déjà vendue… Ils étaient, comme on peut s’en douter, complètement perdus. On allait tout de même pas laisser à un journaliste le soin de trouver une formule.

“ Notre ennemi séculaire nous a encore trahis. Signé SIW ” C’est pourtant simple, pas besoin d’un de ces écrivains névrosés pour trouver les mots justes.

Ces mots, on les devait au premier secrétaire Anckovich qui fit alors preuve d’un cynisme que peu d’historiens auraient osé retranscrire.
Après avoir réglé avec un vulgaire sous secrétaire colonel d’Etat les questions afférentes aux dégâts d’un éventuel bombardement, et après avoir écrit ces quelques mots bien sentis, Anckovich se mit, pour diable sait quelle raison, à boire, ouvertement, alors qu’on l’avait, depuis une semaine, interdit à la population. Et alors ! Il était interdit de vendre, pas d’offrir. Anckovich, pris de boisson, dépassa deux ou trois fois outrageusement les bornes de la bienséance avant d’être simplement expulsé. Tous ces gens importants géraient, à ses yeux, leurs affaires avec un entrain et une certaine désinvolture propre aux petits états prétentieux. Il but un peu trop vite et vit rapidement des hommes, vieux, en uniformes ou en costume noir, parlant chaleureusement.

“ …on dit que sa femme est une peste

- Non, non. Venez, je vous la présente…

- …Il nous prend vraiment pour des imbéciles, que voulez-vous, il a une revanche à prendre

- Et les Provinces-Unies ?

- Rien, de toute façon, il est capable de leur déclarer la guerre demain…

- …Et l’autre ?

- S’il avait Koutouzov, il le ferait exécuter. Non, non il n’y a que La Couronne aux Lions Bâtards, et encore…

- …Sa femme est une vraie peste.

- Il paraît qu’elle se fait prendre par un jeune con… ”

Un side car s’arrêta à l’angle de la rue qu’Anckovich traversait du pas chaloupé de ces soldats auxquels on épargne le charnier. De la petite coquille, il vit s’extraire une large cape noire surmontée d’un chapeau haut-de-forme.

“ Alors monsieur le premier secrétaire Anckovich, comme ça on boit dans la rue, donnez-moi cette bouteille. ”

S’en suivit un feulement intranscriptible qui fit fuir Anckovich à toutes jambes à travers la foule parsemée qui passait encore dans les rues de la capitale. Par indifférence, peut être par crainte, personne ne semblait faire attention au jeune secrétaire, une bouteille de vodka à la main. Il pouvait lui arriver de tituber, de perdre haleine, mais il courait. Il évitait une poussette, sautait au-dessus d’une flaque avant de bondir d’un trottoir à l’autre. Au croisement, il virevoltait, reprenait appui et basculait sur un pas. Devant un obstacle inattendu, il se jetait à gauche, écartait les bras pour retrouver son équilibre et repartir de plus belle. Le pauvre Anckovich fuyait éperdument, de ruelles en boulevards, jusqu’à la rue Nunguser où l’on perdit sa trace. Jusqu’au massacre de…
Restaient pour demain les rumeurs, les annonces officielles, en gros titres, en entrefilets, les commentaires, les analyses, en trois colonnes. Et partout la vague d’histoire, jusque dans ses remous les plus subtils, viendrait rafraîchir la mémoire de ceux qui avaient oublié que “ la paix est le seul mode viable pour notre société, que les Provinces Unies du Vespuchistan refusent donc de s’engager… ” ; et l’affaire Clozut, qui après avoir tué sa femme, trouva et tua son amant avant de l’être lui-même par deux gendarmes qu’il tua aussi et d’être enfin tué par son propre chien qu’il n’avait pas nourri. Ce genre d’accident arrive plus souvent qu’on ne le pense. Alors, si vous ne pouvez plus nourrir votre chien, mangez-le.

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Pot pourri

Catégorie: Collisions — mis en ligne par carlotta @ 2:26 pm

Un premier mél reçu en fin de matinée avait pour objet : « Pot pourri ». En début d’après midi, je reçois d’un autre correspondant un second mél dont l’objet est : « Pot-pourri ». En réponse, j’explique cette répétition amusante et je demande s’il s’agit d’un hasard, ou si mes deux interlocuteurs – dont je sais qu’ils se connaissent – se sont donné le mot. La réponse arrive par téléphone, établit la pure coïncidence. Il est amusant de noter que peu de temps après avoir reçu mon mél, mon correspondant en a reçu deux autres, de deux provenances différentes, et qui contiennent tous deux le même adjectif inusité : catalaunique.

Cha

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Les moyens, la faim

Catégorie: Chroniques intimes — mis en ligne par carlotta @ 2:25 pm

Alors j’active la commande et la table roulante s’abaisse jusqu’à ce que le plateau repas soit à la bonne hauteur – en réalité, c’est le lit tout entier qui subit une translation vers le haut et non la table qui descend, mais cela, il faut le savoir, ou bien regarder la scène de l’extérieur de l’ensemble que forment mon lit et la table roulante, pour le formuler ainsi.
Certes mes impressions m’amènent à une compréhension erronée de l’environnement. Elles me fournissent néanmoins une information générale exacte : des éléments auxquels je suis liée, couchée que je suis sur ce lit, changent de position relative. Mes sens se trompent de sens dans la perception de la réalité mais le sens y est : je vais pouvoir manger proprement.

Cha

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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