March 7, 2005

Papier peint n°13

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 3:21 pm

Ouvrir le numéro 13

En ce mois anniversaire de Papier peint se tient la journée de la femme. Chaque année je l’entends tournée en dérision. Ca me déplaît. En effet, si les femmes représentent plus de la moitié de la population de ce pays, elles n’en restent pas moins une exception au regard du traitement que ses habitants se réservent entre eux. Ils ont souhaité naître libres et égaux en droit. Ils l’ont institutionnalisé. Mais pour les femmes, ça ne marche pas si bien. L’ascenseur social fonctionne au ralenti. La rigidité d’une culture masculine les entrave. Si les raideurs physiologiques de ces messieurs restent un plaisir de choix – pas question de jeter le bébé avec l’eau du bain – le carcan dans lequel leur position de pouvoir entrave les femmes n’est pas encore brisé. Pourtant les vieux arguments, maternité, faiblesse, bêtise, sont tombés un à un : seule une mauvaise foi crasse permet à certains de continuer à les soutenir. Il nous appartient, à nous les femmes, de faire changer cet état de choses. Si certains hommes ont déjà fait une partie du chemin, en nous reconnaissant pour les personnes que nous sommes, nous ne pouvons pas compter que notre juste place nous sera donnée. A nous de la prendre.

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Le livre de dessin de Juliette

Catégorie: Le livre de dessin de Juliette — mis en ligne par carlotta @ 3:19 pm

Page 2 - Elena

lj2

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Oniricodico

Catégorie: Poésie, Oniricodico — mis en ligne par carlotta @ 3:19 pm

Programme

Un point d’interrogation
s’abîme au creux du mot
sur le calme plat des jours
j’irrigue peu à peu

dans mes nerfs la perle gluante
des sonorités riantes
Sur les plateaux
voraces
de nos vocables
un à un les ouvrir
Une avalanche
A noir, E blanc, I rouge, U vert
Ôh bleu ! pour lui crier Gare aux mots
Garrotter ce réel toujours enseveli
sous la foudre trempée
d’artifices ignorés…

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Huître

Catégorie: Poésie, Oniricodico — mis en ligne par carlotta @ 3:18 pm

Paradis enfantin
qui s’ouvre avec les mains.
Débarcadère de la rêverie sans fond !

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Cirque

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:17 pm

Sous les plis rouges
les corps se prennent
et se succèdent
derrière l’ombre
la plainte
chaude, glisse

L’amour
se met
en
cirque

– le froid frisson qui nous inspire –

Corinne Haddad

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L’Africaïne

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:16 pm

Je cherche les pistes qui mènent à mon cœur poussiéreux
Mon cœur plombé d’Africaïne
A travers les roulements de peaux noires
Tendues comme des lèvres bercées

Quel est ce continent perdu
Charriant dans mes veines les notes d’un air brisé ?
Une trompette d’or braisé gît,
Eclipsée dans la nature morte
Et du ciel, de grands masques m’observent
Cherchant à me démasquer

L’Africaïne inoculée, j’atteins par paliers
Les rives et les rêves que je n’attends plus
Les rivages et les grèves,
Les ravages sur son visage,
Les rides de passage sur le paysage
Et je vois ses masques, ses masques noirs et sans âge.

Les rêves de l’Africaïne sont noirs,
J’y perçois une bizarre faune de fauves jaunes ou bigarrés qui se bagarrent.
Et de l’ivoire cassé d’un éléphant sanguinolent - sanglotant
s’écoule la noire Afrique dont le vent disperse les miettes de sang
Sang noir veines ouvertes les diamants tombent
et les tombes ouvertes hurlent des mots obscènes :
COLONIES FRANCAISES

Mon cœur plombé d’Africaïne
Mon cœur me parle d’Afriques
D’affres et de fric sale
De vides parages sur les pays sages
Une dune et une autre dune
Et de ses masques, ses marques rouges
Au fer, toujours.

Pit Bernal

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Cardiographe

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:14 pm

Pompe pourpre vidangée
Grappe de raisins blêmes
Étau de fruits vermeils
Pépin d’éléphant rond
Oreillette d’amphore
Ventricule violacé
Exocet de carême
Flottant parmi la treille
Globule de savon
Et boite de pandore
Fleur d’encens glacée
Temple des théorèmes
Qu’un feu dansant étaye
Racine aux doigts oblongs
Innervant tout le corps
Sursis d’un chien blessé
Souffle vacant de l’âme
Toussotement en veille
Plaie ouverte, cocon
Épicentre du “non”
A la vie, à la mort

Phil Barbereau

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Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:13 pm

Mort, fine, ô mânes,
Céleste effort des haches d’or,
La belle incision du désespoir
Voguant vaguement dans un repère
Orthonormé par les entrailles…
Enfin, l’auscultation obstétrique des grandes aspérités
Fuyant largement les grandes racines du ciel.

N. M.

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Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:13 pm

Digression monochromatique
Dans les espaces vides du ciel ;
Alternance fugace - décomposée
Des espaces lacérés suspendus
Aux lacis des échines potence/ciel
Les arcanes de fer fuient les yeux grillagés.

N. M.

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Boum !

Catégorie: Chroniques de guerre — mis en ligne par carlotta @ 3:11 pm

Il y eut un grand bruit sourd, suivi d’une secousse faisant vibrer les carreaux de la maison et tomber l’encrier du bord de la table, renversant le liquide sombre sur les notes fraîchement écrites. Je poussai alors un profond soupir. Pas moyen d’écrire ce fichu rapport ! Déjà que les périodes de guerre sont des périodes creuses pour le marché, mais là, même les travaux de Recherche en souffraient. J’étais chercheur pour une agence de fabrication de cabinets de toilette, et cette guerre qui durait depuis plus d’une semaine m’empêchait de finir mon rapport. J’étais déjà en retard, et mon patron me pressait de le lui envoyer.
Ce travail m’allait à merveille, étant donné mes coliques hebdomadaires et mes diarrhées nocturnes. J’étais même ce que l’on aurait pu appeler « un Grand des Toilettes », connaissant jusqu’au moindre détail de confort, de technologie toutes les marques de cabinet… Et voilà que cette guerre venait m’empêcher de travailler correctement.
Boum !
Nous avions déclaré la guerre au pays voisin pour je ne sais quelle raison… ou était-ce le contraire… Cela n’a pas d’importance. Je devrais de toutes façons finir mon rapport et réparer l’arrière de la maison qui était à moitié détruit.
Je sortis dehors pour me changer les esprits, et une chose me choqua. L’odeur. L’odeur d’égout, de sang, de poudre, de sueur… Toutes ces odeurs…
Je traversai alors la rue, me retrouvai nez à nez avec des belligérants.
Réalisant que cette balade ne me faisait pas autant de bien que je l’avais espéré, je décidai de rentrer chez moi. Une balle siffla, me traversant le crâne, et mon corps s’effondra pathétiquement au milieu de la rue, au milieu d’une vingtaine d’autres.
Toutes ces choses non achevées, tous ces cabinets non testés, et tous ces constructeurs désespérés à l’idée d’avoir perdu leur testeur…
Je les ai abandonnés…

Edouard

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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