June 6, 2005

Papier peint n°16

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 12:41 pm

Ouvrir le numéro 16

Foin du contentieux ! S’il est fondateur de la revue (à ceux à qui il faudrait rappeler comment, je recommande la lecture d’éditoriaux précédents), faut-il que ce pilier, tout de frustration dégoulinant, persiste ? J’ai dit non. Une nouvelle rubrique , «Prière d’insérer», prend le relais. Nouvelle si l’on veut car il s’agira de la matérialisation d’un projet qui m’accompagne depuis la fin des années 80, mais n’a commencé à émerger dans le réel que depuis 2001. Je n’ai pu, cette fois, boucler dans les 8 pages de rigueur. Tant qu’à laisser déborder, que ce soit largement ! Bonne lecture.

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Le livre de dessin de Juliette

Catégorie: Le livre de dessin de Juliette — mis en ligne par carlotta @ 12:39 pm

Page 5 – Cati

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Les pieds dans le plat

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:38 pm

Jusque dans l’effondrement du rêve
Jusque dans la rouerie des jours
Jusque dans nos mémoires frauduleuses
Jusque dans la mâche crue du silence
Jusque dans le vase clos de ma désespérance
Jusque dans la tourbe, la glèbe de mon chant
Jusque dans mes oreilles droites
sous la plongée des mots
Jusque là, je suis tombée les pieds dans le plat

Corinne Haddad

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Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:36 pm

Accorde tes peurs, réverbère de mon coeur,
Saborde tes heures, et accorde tes pleurs.
Dérivations, nocuités, blanc du vent,
Tout concourt et tout vole…
Tout s’affole tout s’étiole…

N.M.

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Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:36 pm

Rêve de limpidité…
Les astres en veille, de leurs envols
Patinent le sol de leurs grandes ombres…
De leurs espaces, passés et pieux,
Se délitent les lattes de mon esprit…

N.M.

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Au lait !

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:35 pm

Je veux bien que mes enfants ou les enfants de mes enfants fassent des bébés dans des matrices en plastique si c’est ce qui leur fait plaisir
Mais je tiens
A ce que survivent mes seins
Le souvenir de mes seins
Lourds, gonflés comme des barriques
De lait
Si pleins
Si durs
Sacs de fèves emballés de satin amusants au toucher
Qui coulaient dès que je les entendais
Mes bébés
Fallait pas m’embêter j’attaquais à grands jets
Mouche à tous coups ça t’en bouche un coin
Indicible incomparable plaisir de mammifère
La source lactifère
Ce serait bête de ne plus savoir ça
Cette succion
Cette production
Cette construction
Cette abolition

Lotte Char

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Sautes d’humeur

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:34 pm

Lourde de chagrin
accepté
sachant combien
éphémère est
la restitution moyennant la peine.
Lourde comme une baudruche pleine
d’eau
les yeux en eau
sachant combien
légère elle sera demain.

Lotte Char

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Dictéthylique : Le pourquoi du comment

Catégorie: Jeux — mis en ligne par carlotta @ 12:33 pm

Ada a dit : « Je fais pas plus de fautes sous le cajun ». C’est du moins ce qu’a compris Robert. Ben, qui ne s’en laisse pas raconter, a voulu vérifier : est-il vrai que le nombre de nos fautes d’orthographe est indépendant de notre consommation d’alcool ? Un protocole a été mis au point. Le texte suivant, conçu sous la hantise du zéro faute, dicté un soir de mai dans un appartement du XIXème arrondissement d’une ville à arrondissements. La première partie, à un public à jeun. La seconde, aux mêmes, saoulés. Des conclusions peuvent être tirées, elles sont exposées ci-après. Robert reste perplexe.

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Le b.a.-ba du ratissage

Catégorie: Jeux — mis en ligne par carlotta @ 12:31 pm

Première partie

Il lui fallait un râtelier. Et comme un panonceau sur un mur décrépi indiquait « joaillier, quincaillier, mareyeur et conseiller en tous genres », sainte Geneviève entra dans le magasin. Elle se trouva face à un bonimenteur du Venezuela qui d’emblée lui raconta comment son trisaïeul bolchevik, un moujik catarrheux devenu qatari et qui s’était carapaté des Carpates, avait sans nulles ambages adoré une mormone génoise, par ailleurs gracieuse hautboïste aux appas tentants. Et le joaillier etc. de narrer l’oaristys.
Cette pietà peu falote avait tout(e) une pléiade de chevaliers servants – de viles gouapes, de dédaigneux dadais, des reîtres azimutés, des peigne-culs à exiguïté d’âme, des gougnafiers de l’esbroufe, de fieffés zéros, bref, des chevau-légers de fosse septique, dit le douceâtre Vénézuélien parfois sujet à la coprolalie. Dans cette course à l’échalote, le Qatari présentait quant à lui quelques atouts, malgré son fibrome : il conservait ses émoluments en francs-or dans un caravansérail, en dépôt, protégés par vingt et un sybarites, des sicaires sous l’empire de ce condottiere melliflu. Mais il savait surtout photographier comme Nicéphore Niépce et tirer avantage de son béribéri récurrent pour danser le fox-trot, et de son ténia pour se faire le chantre des monostiches.
(En flânant dans le fonds de commerce, sainte Geneviève bâfrait des ramboutans, des quetsches, des nèfles, du raifort et des fines de claire accompagné(e)s d’un verre de pale-ale puisée dans un baril. Elle abhorrait cette camelote qu’elle s’était arrogée par des moyens non conventionnels, mais elle eût préféré qu’on l’étêtât plutôt que de s’en départir. )

Seconde partie

La Génoise, rétive aux impedimenta suffocants, ne s’était pas laissé séduire, considérant les ïambes dissonants et les lais détonnants de ces baladins moyenâgeux et racoleurs d’un air assidûment acide, et bayant aux corneilles devant leur raffut presque « prud’homal », toujours selon son arrière-arrière-petit-fils. Dans la cathédrale de ces suppliques bateau, aux effluves aussi surs qu’au moins cinq cents pont-l’évêque faits, elle ne percevait qu’amours et orgues étriqués, étiques, qui font toc comme des leitmotive ou contrevérités présidentiels. On lui offrait des pensées, des soucis et des immortelles ; elle penchait pour les fuchsias, les forsythias et les dahlias. Bercée par les volatiles délices du spleen, elle ne parlait qu’à ses plantes (du gui et des aromates enchevêtrés autour d’un vanillier sur un espalier) et se ceignait joliment des paletots sororaux rococo voire kaki allant contre le règlement en vigueur. Sa sœur préférait qu’elle se vêtît autrement, mais bon.
« Eh mademoiselle, mais t’es une antitout, toi ! », susurra le Qatari un jour en se fatiguant le neurone, ce qui la charma cash, comme peut l’être par exemple le méhariste coiffé d’une mitre découvrant un havre qui enclot cénobites nyctalopes et anachorètes énucléés à dysenterie latente. Flairant les desiderata de la bigote callipyge, le caudillo des ergs l’invita à goûter de concert force breuvages sépia, ce qui réchauffa la carotide hyaline d’icelle. Car oui, précisa à la patronne de Paris le Sud-Américain au crâne conoïde, cette femme contenait de la bakélite dans son acide désoxyribonucléique, ce qui faisait mieux passer les verres bus, a fortiori pas solitaires…
De succincts clins d’œil accompagnèrent la fin de ce verbeux racontar. Par acquit de conscience, sainte Geneviève gratifia le conteur d’un léger râteau et les chaufourniers alentour d’une chute aussi lourdaude qu’est fin un cathéter.

Ô S’Tylh

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Les résultats zet conclusions

Catégorie: Jeux, — mis en ligne par carlotta @ 12:26 pm

Les résultats sont les suivants :

avant après
Ada 15,5 17,5
Ben 23,5 26
Nikko 27 30,5
Pit 30 29,5
Charlotte 37,5 31,5
Robert 49,5 40
Crok 52,5 50

De ce tableau mitigé, que pouvons-nous déduire ? La théorie semble invalidée, mais le protocole résiste-t-il à un examen critique ? Non (1). Au passage, si l’on sait qu’Ada, Ben et Nikko sont journalistes de profession, l’on voit se dessiner une tendance qui pourrait s’exprimer ainsi : Si l’orthographe des journalistes est meilleure que celle du reste de la population, la consommation d’alcool leur est plus néfaste. Pauvre Blondin.

(1) : Des réserves quant aux effets de l’absorption éthylique ont été soulevées, à juste titre : il eût fallu paramétrer les libations suivant des critères tels que sexe, âge, poids, nourriture ingérée dans l’entre-deux-parties, température ambiante, expérience de la chose bue, prédispositions génétiques, concurrence du volant automobile post-dictée, appétence particulière pour les solides donnant soif, relevé exhaustif des toxines dans le sang et des aliments dans le système digestif, contrôle des vidanges et autres considérations psychogéographiques. C’est bien entendu faute de candidat que le poste est resté vacant.

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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