July 4, 2005

Papier peint n°17

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 12:45 am

Ouvrir le numéro 17

L’année scolaire est terminée. L’été s’est installé. Arthur est en vacances. Les choses suivent leur cours. Un prochain numéro devrait paraître début août.

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Le livre de dessin de Juliette

Catégorie: Le livre de dessin de Juliette — mis en ligne par carlotta @ 12:43 am

Page 6 – Hanna

lj6

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Ecoute

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:42 am

C’est un pays d’extrêmes
de sommets et de gouffres.
C’est l’espace qui s’accroît
au cœur même des ombres.
C’est le vent,
C’est la houle,
le hurlement tiède
les fontes du ciel
en avant des orages
les bois confondus
aux parasites doux
Ecoute…
C’est l’oreille qui balbutie encore !

Corinne Haddad

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PIERRE

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:40 am

Suaire du cercle
où dans la cage inexorable de soi
On tombe
On suffoque
Crampe d’existence
Je me serre contre moi
– sous l’intime hoquet –
J’ambitionne de devenir
PIERRE

Corinne Haddad

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Malakof

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:40 am

Tu consacres tes immeubles vétustes,
Et mon regard, de belles reliques moisi,
Etreint le vent et le soleil qui t’approchent
Comme les stries du R.E.R.

N.M.

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Ma vie

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:37 am

Je vais avec la lune pâle dans une rue noire.
Lys, lys au bord que je cueille et tends
à ce gosse aux yeux verts.
Le loup frôle mes doigts moites
et lèche le sel de ma peau,
puis s’en va au loin
vers l’oubli d’un coeur mou.
Pas, pas, je marche, je boite,
je vais dans cette rue aux yeux ouverts
qui brillent.
Je crie parfois ou dis coucou
aux gens des pays vécus.
Je vis et je vis ces murs raides
sans trous où fuir.
Vers où ?
L’âge d’or.
Alors je vais, marche,
lasse et seule,
mais pleine de joie.
Me voici.

Tamara Stumpflen

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Ode au travail

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:36 am

Le cri-cri des ordinateurs
Berce l’après-midi cotonneux.
Je règle ma concentration au maximum mais elle défaille
Qui attend quoi que ce soit de mon travail ?
Ma plus sûre contribution est la présence molle de mon corps comateux.
Des bribes de ma vie éclatée je tisse un poème
présence émoussée
le corps ici la tête en Bohême
égarée
rythmée par ce cœur
qui chante à l’unisson
du cri-cri des ordinateurs
des ventilateurs
des argumentateurs
ronron de ma prison.

Lotte Char

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Winners

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:35 am

Ils pullulent place de l’Opéra dans leur costume cravate classe
le téléphone portable vissé à l’oreille.
Les traits de leurs visages gardent la trace
des adolescents qu’ils furent, touchantes merveilles.
Mais où ont-ils perdu leur grâce ?

Lotte Char

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Pisseuses

Catégorie: Poésie, — mis en ligne par carlotta @ 12:33 am

Jutant comme des melons
Coulant comme des belons
Suant comme des oignons
En eau
Elles voyagent en bus à travers la caniculaire banlieue parisienne
La nuque chaude et mouillée
Les joues perlées
Les aisselles inondées
Et lorsqu’elles descendent au terminus
Elles laissent derrière elles
Sur le velours vert de leurs sièges
Les haricots mouillés de leurs fesses trempées.

Isalotte et Charbelle

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Run to the coast II

Catégorie: Incroyable feuilleton d'Arthur — mis en ligne par carlotta @ 12:32 am

(Le retour de la résurrection)

Zack pestait contre les menottes qu’on était bien incapable d’enlever. On est resté là toute la nuit. Le bateau était grand, on s’est mis à un bout du pont, personne pouvait nous voir de là. Pas même les vieux qui sont venus faire leur petite croisière au matin. On s’est réveillé en pleine mer. On les a attachés en s’excusant avant qu’ils n’appellent les secours.

” Putain, on est où ? a dit Khalim.
- Je sais pas, mais ces putain de menottes de merde commencent à faire chier grave.
- Bon, on fait quoi ? On va où ? a dit Julie.
- On retourne à Cannes, a dit Khalim.
- Ca va pas, non ? On a un bateau qui peut nous emmener n’importe où et toi tu veux faire demi-tour ? a répondu Julie.
- Et les caisses ? On va pas les laisser là-bas quand même ?
- Ben si…c’est pas les nôtres, a dit Zack en s’échinant à tordre ses menottes dans tous les sens en vain.
- Hey ! La nôtre est à moi, ok ? Alors on fait demi-tour. Je sais pas quels genres de trucs vous passent dans le cerveau, mais s’arrêter au milieu d’un autoroute avec une caisse volée pour ensuite braquer une station-service, détruire deux caisses de flics, péter un bar entier pour finir par voler un bateau… j’en peux plus de vos conneries. On partait juste en vacances, ok ?
- Waouh ! On a fait tout ça ? a dit Julie
- Je vois pas tout à fait les choses comme ça, a dit Zack, on a emprunté une voiture qu’on a rendu un peu plus loin, on a même fait le plein, on a fait une petite pause dans un coin sympa pour ensuite se débarrasser des gens qui sont contre les bons coins. Et pis on a pas volé le bateau, on s’est fait enlever alors qu’on profitait d’une hospitalité, ma foi, fort sympathique.
- Et pour le bar ? j’ai dit
- C’est pas pareil, c’est un bar, il a dit.
- Ah oui pardon… j’aurais dû y penser plus tôt. Bon, blague à part…
- Mais je suis sérieux, a dit Zack en me coupant la parole.
- C’est bien ce qui m’inquiète, mais la question n’est pas là, t’as autant raison que Khalim, voilà ce qu’on a fait. Sauf qu’avec ce bateau, on va pas revenir en France, plutôt crever. On peut aller loin avec ça. On doit pouvoir vivre dedans un moment.
- Hé ! Les gars ! a dit Xav’, je crois que vous avez pas calculé, on veut retrouver notre caisse, la plage et les gonzesses, on est venu se détendre ici, pas collecter le plus d’emmerdes possibles. Si vous êtes malades, c’est votre problème mais nous foutez pas là-dedans.”
Sans qu’on le remarque, Mike avait roulé un joint.
” Moi, ça me dit, l’Afrique ça peut être cool. Si vous y allez, je suis des vôtres.
- On peut commencer par là, j’ai dit.
- Stop, stop, stop, Mike, qu’est-ce tu fous ?
- Ben, je donne mon avis. Il a répondu en tirant une latte sur son joint.
- Putain, je rêve…
- Nan, tu rêves pas. On va en Afrique, c’est décidé ! a dit Zack. Je me demande ce qu’il peuvent bien boire là-bas. Il a ajouté.
- Putain, c’est hors de question que j’aille en Afrique, j’ai ma vie en France. J’y retourne. Mike, et tes frangins ? ta frangine ? Ils vont devenir quoi sans toi ? Et ta mère ? Putain, tu va suivre ces fous sur un coup de tête, réfléchis deux secondes bordel.
- Cherche pas, j’ai toujours rêvé d’aller en Afrique… on ira en Jamaïque ? Ca doit valoir le détour…
- Il nous faudra sûrement un autre moyen de transport, Je la sens mal la traversée de l’Atlantique avec ce truc… mais ça reste dans le domaine du faisable.
- Cool ! Je viens, il a dit en écrasant son joint.
- ‘Tain, Je nage en plein délire…
- Tu va bientôt nager en pleine mer si tu continues à faire chier, a dit Zack.
- Bon, a dit Julie, on est parti, c’est où le Sud ?
- Attends, j’ai dit, les deux vieux ?
- On les pose en Algérie, je suis sûre qu’ils ont toujours rêvé d’y aller.
- Ok, ça me va. J’ai dit. Faudra penser à les nourrir, sinon ça va pas être cool.
- WOW ! WOW ! WOW ! Je vais en France moi. Je vais pas quitter ma vie en enlevant deux vieux qui m’ont rien fait.
- Ah bon ? Et tu va faire comment ? À la nage ? A dit Zack, Et les deux vieux nous ont déplacés pendant la nuit, c’est pas comme si ils nous avaient rien fait. Pis, ta caisse, à l’heure qu’il est, elle doit être à la fourrière et les flics ont dû se rendre compte que t’a braqué une station-service et éclaté deux voitures de flics.
- Hé ! C’est vous qui avez fait ça !
- Pour eux c’est pareil. Tu veux peut-être aller leur expliquer ?”
Khalim s’est mis à faire la gueule. Il est parti grommeler à l’avant du bateau. Xav’ hésitait pendant toute la discussion mais réflexion faite, entre le pavé gris de sa banlieue et le soleil de l’Afrique, il y a un monde. Il a choisi le soleil.

Arthur

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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