August 1, 2005

Papier peint n°18

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 1:55 am

Ouvrir numéro 18

Il fait si bon, dans le coin le plus frais de France. La mer y est émeraude ou menthe bleue, les couleurs des vacances, pimpantes. L’air transporte mille senteurs ressuscitées de l’oubli. Les bouquins emportés, lus à l’ombre d’une chambre ou d’un jardin, font couler des heures qui tiennent à distance les nuages.

• • •

Le livre de dessin de Juliette

Catégorie: Le livre de dessin de Juliette — mis en ligne par carlotta @ 1:53 am

Page 7 – Rachel

lj7

• • •

Pudeur

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 1:53 am

Amazones des gros bourgs, des cuvées périlleuses
au sein des parades des continuels sévices.
Amazone sans lointain
dans l’ire du présent
Tu vacilles
et tu trembles
Jusqu’à déboulonner ton infini servage !
Sa bouche, de ton amant défunt :
le legs immémorial
sous l’attente
EN RUT !

Corinne Haddad

• • •

« La vie est de brûler des questions »

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 1:52 am

Antonin Artaud

La VIE : abjurer sa souffrance, son cristal.
La VIE : l’indivise constellation des mots à venir.
La VIE : l’impossible conjuration, chariots noirs des foulées délirantes.
La VIE : les rêves abouchés à vos vouloirs obscurs.
La VIE : l’imposture, toujours le dernier homme aux souffles mesurés.
La Vie que je hume et après les années de ma mort,
ma dépouille : Le MATIN !

Corinne Haddad

• • •

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 1:51 am

Je voudrais les yeux bandés
arriver sur la terre chaude,
joindre les deux bouts des saisons immodérées,
et plonger dans l’eau douceâtre
sous les coups et les caresses
des bouches inarticulées !

Corinne Haddad

• • •

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 1:51 am

Mais, à propos,
Le vol d’un oiseau
La course d’un bateau,
Sillage du bleu du ciel
Dans un bain de lumière,
Sont de bons antidotes
À la pesanteur des pieds
Sur terre
Et du matérialisme
Dans l’air.

Christophe Riedel

• • •

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 1:50 am

Bientôt, sur cette planète,
Autant d’êtres humains que
De neurones dans un cerveau :
Méta Conscience
Où je pense.
Ma tête contient
Chacun des habitants,
Intérimaires du vivant,
Et jamais je ne me
Viderai de leur
Substance car
je suis celui-ci
Qui est.

Christophe Riedel

• • •

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 1:49 am

Chargée
de tous ceux qui dans mes bras partirent
dans mon cœur restent
j’avance alourdie
par les vivants sauvée
ressuscitée.
Qu’à leur tour dépossédés
touchant ma robe
prenant ma main
Ils soient un instant consolés.

Lotte Char

• • •

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 1:49 am

En face de moi, le spectacle éblouissant
Des grands centres urbains,
Amalgames d’âmes et de lumière,
Qui scintillent doucement
Dans la nuit pénétrante du ciel.

N.M.

• • •

Block the Highway !

Catégorie: Incroyable feuilleton d'Arthur — mis en ligne par carlotta @ 1:48 am

Who’s bad ?

Je surveillais l’horizon en rectifiant à peu près le cap de temps en temps en me fiant aux instruments de bord. Julie bronzait avec Mike sur le toit de la cabine. Ils se moquaient de Xav’ qui luttait sur le bastingage pour ne pas vomir. J’avais jamais vu un type avoir le mal de mer sur des vagues aussi petites. Sur la proue, Khalim et Zack sirotaient un verre.
” J’ai beau me dire que c’est cool votre façon de vivre, pas d’attache, pas de limites, faire ce que vous voulez tout le temps. Etre vraiment libre. Tout devient un problème, manger, dormir, se déplacer, être en public, tout est trop… je sais pas… trop…” a dit Khalim.
Zack a ri.
” On n’a pas vraiment le choix. J’ai fait de la taule. Fix aussi. Et Julie c’est pas beaucoup mieux. On peut plus trouver de taf, on est mal regardé partout. On s’est mis à vivre comme ça par la force des choses. On fait pas vraiment de mal.
- Vous fracassez pas mal de trucs et vous braquez du monde quand même…
- Ouais mais en fait, on ne fait que se débarrasser de ceux qui veulent nous empêcher de vivre. Ils nous ont enfermés dans ce mode de vie, qu’on a fini par aimer et maintenant ils veulent nous en empêcher. Et on vole rien de vraiment cher, même les véhicules on les rend au final.
- C’est vrai.
- Au fond, on veut juste faire notre vie à notre façon. Maintenant, on ne demande plus grand-chose d’autre. Aucun de nous trois ne se laissera arrêter. Faudra nous tuer d’abord. Mais c’est vraiment pas facile. C’est pour ça qu’on a besoin les uns des autres. On veille les uns sur les autres, ça nous permet de ne pas craquer, de ne pas retomber dans notre enfer personnel. Enfin… Moi, ça va, mais je m’inquiète pour eux. J’ai fait de la taule pour violence sur agent, coups et blessures, vandalisme, ce genre de truc… rien de bien grave au fond. Mais eux deux…
- …Tu veux dire que là je suis dans le même bateau qu’une bande de criminels, des vrais ? Pas juste trois fous qui ont décidé que le monde leur appartenait ?
Zack a ri.
” Ouais, à part qu’on a aussi décidé que le monde nous appartient, ouais, c’est ça…
- Mais tu… vous flippez pas ?”
Zack a encore ri.
” Non. On s’en fait pas trop. Même si on a souvent des emmerdes, on s’en fait pas, sinon on est foutu. Mon seul vrai souci c’est eux deux. Eux, ils ont vécu l’enfer. Les voir sourire et se marrer, ça me fait penser qu’on peut se relever de tout. Faut juste un peu de soutien. Mais ça… c’est pas donné à tout le monde. De temps en temps, je me dit que je pourrais me poser, trouver un taff, avoir une femme, des gosses, me ranger quoi… mais si je les laisse tomber… ils vont se briser. Ils sont raide dingues l’un de l’autre mais ils sont trop aveugles pour le voir. Sans moi ils sont perdus, et deux meurtriers suicidaires, perdus et amoureux, dans le genre cocktail explosif, on n’a pas fait beaucoup mieux…
- Je te trouve drôlement philosophe.”
Zack a ri.
” C’est pas parce que je pèse quarante kilos de plus que toi que j’ai pas un cerveau qui fonctionne.
- C’est pas ce que j’ai voulu dire…
- Je sais, je rigole.”
Au loin les nuages s’amoncelaient et n’annonçaient rien de très réjouissant pour l’estomac de Xav’.

Arthur

• • •
Next Page »
"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

Moteur : WordPress • design : Wench + anatsuno [Merci beaucoup !]