May 1, 2006

Papier peint n°27

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 5:02 am

Ouvrir le numéro 27

Papier peint s’intéresse – le jour de la fête du travail me semble idéalement choisi pour en parler – aux constructions humaines et aux limites qu’elles rencontrent (l’instrument de mesure qui la fausse, la justice injuste, les informations qui désinforment, le papier peint censé décorer la vie qui la rend étriquée, l’assistance qui minimise au lieu de restituer de la dignité… et les cordonniers mal chaussés). La rubrique Collisions de ce mois illustre cela en tentant de qualifier les qualificatifs des adjectifs. Juste après que j’ai écrit ces lignes évoquant l’injuste justice, est arrivé un appel de Florence Trocmé (http://poezibao.typepad.com/poezibao/affaire_suivre/index.html, articles des 7 et 9 avril) à partager la condamnation dont fait l’objet le poète Jean-Michel Maulpoix. Pour contribuer, écrire à soutien.maulpoix à gmail.com.
Il faut aussi sauver le Tigre : http://www.le-tigre.net/SAUVEZ-LE-TIGRE.html.
Et souhaiter la bienvenue à Lison.

PP27

• • •

SUR UNE COLONNE ABSENTE

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 5:00 am

« Je me suis bâti sur une colonne absente. » Henri Michaux

ACCROCHER au pis de l’ivresse,
depuis les premiers mots de l’infans
le sceau en haut du temps ;
le sceau en germes
s’y tenir, retenir
la frange des terreurs,
le plaisir en courroux sur les allées des sens !
s’y tenir, retenir
sur une colonne absente !!!!

j’ai beau imaginer un temps vertical, l’appui d’une réserve profonde,

transparente, creusée vers le plus lumineux et rattrapée par le plus obscur.

tout en moi et hors de moi suspend ce mouvement et je balance sans fin entre cette image d’un temps à venir et un présent, tel un échafaudage toujours en déséquilibre

qui, soustrait aux regrets et dessaisi de l’attente, se prolonge en dépit de l’ignorance de l’objet de sa quête.

Si le temps est la question, le lieu : la place de l’infini, j’ose malgré les courants contraires et l’accablement des jours,

supporter loin de moi, la force d’une rencontre, la trace où le NOM, retenu, insensible à nos tentatives, se perd dans les soubresauts

d’une parole qui se cherche.

Musicale, répétitive, continuité à rebours d’une durée projective.

C’est du milieu que s’élance le geste singulier qui n’est pas tant celui d’un corps que de l’heure tardive,

où, peut-être, ce qui a été commence à peine à vivre !!!

Corinne Haddad

• • •

Moissonneur

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 4:58 am

J’adore ces foutues crises de vice
M’envoyant dans un état diabolique
Qui m’atteignent par malice
Où mes pensées deviennent psychédéliques

Tout autour de moi devient esquisse
Me mettant dans une profonde transe
M’entraînant dans de lointains abysses
Atteint par une forte violence

Finissant par me rendre fou
Chaque année, chaque mois, chaque jour, chaque heure
Je me retrouverai n’ importe où
Je brandirai ma faux comme le moissonneur

Sachant que tout effort est inutile pour vous échapper
Ma haine devient violente et sanglante
Et je me mets à couper vos âmes comme le blé
Mais chaque chose a une variante

Modifiant le jour où j’annihilerai
Car l’Antéchrist loge en moi
Pour me faire hurler à l’humanité
Ecoutez moi avec effroi

Car la haine de mon hôte éclate d’une minute à l’autre
Pour que la route du monde soit hantée par la débauche
Broyant vos corps les uns aux autres
Puis tranchée comme quand je fauche

J’avoue que j’adore cette fabuleuse hargne
Qui me fais exploser de joie
Demandez moi que je vous épargne
Pour que j’appuie violemment avec le doigt

Où vous souffrez le plus
Tout en absorbant votre énergie vive
Pour que la souffrance ne cesse plus

Jusque mort s’en suive

k.

• • •

C’EST LA FIN :

Catégorie: Chroniques de guerre — mis en ligne par carlotta @ 4:56 am

C’est la fin, la fin de tout, des désirs maquillés, de la course du chaton face à ce qui lui pend sous le nez, et de tous les artifices rances qu’a pu employer ma maigre intelligence dans le travail de sape de votre résistance. Si rien ne nous définit plus que notre seul et unique point de vue, si rien ne dépasse de l’ordre des opinions qu’a de nous la foule accréditée (“ être, c’est être perçu ”), pas une mèche, pas un brodequin, si plus rien d’autre ne peut mieux nous quantifier qu’une série d’anonymes chiffres défilant en délire, si le temps n’est plus un facteur sensoriel – vécu, mais un facteur mécanique – synchrone, si nous en sommes arrivé là, se résoudre plutôt que s’apprécier, voilà bien le recours, qui n’en est pas un, celui de disparaître, puisqu’il n’y a rien, rien de rien, alors quand je le décide, c’est la fin.

Parallaxe saturée aux infra-noirs.
Dans le “ travail de souvenir ” les noirs sont décollés, mais avec le numérique bon marché ils vont finir par boucher nos paupières. Jolies lumières négatives.

S’il existe une “ nature humaine ”, c’est une absence de nature humaine qu’il faut constater chez chacun de nous, c’est cette même absence qui paradoxalement la caractérise ; il ne faut donc pas se rejoindre face à un élément commun appelé “ nature humaine ”, mais face à un manque commun nommé “ absence de nature humaine ”.
Cette “ nature humaine ” que nos ancêtres poètes des lois et des légendes auraient voulue évidente, ce don résolument surnaturel, n’existe que par son manque constant, malheureusement ou pas ; et c’est l’absence notoire de cette dite “ nature humaine ”, depuis le premier enfant sur sa merde jusqu’au dernier vieillard sur sa merde, qui ne peut manquer de nous qualifier le plus parfaitement.

On ne boit pas sans avoir un peu envie de mourir.
Le ridicule ne tue pas, il rend plus fort.
Je dilue ma salive dans l’alcool.
Et crache mon essence au ciel de vos visages.

Mon talon bat la mesure du monde,
Pouls égaré de carnaval,
Caniveau sans égal,
C’est la fête aux bombes !

Zo

• • •

Rock’n roll fever

Catégorie: Incroyable feuilleton d'Arthur — mis en ligne par carlotta @ 4:55 am

Le beau milieu de nulle part
“Dans la vie, le top, c’est un firecrackrer rolling-dance special part II” - Onizuka, enseignant

« Pourquoi on est pas resté avec eux ? elle demande.
- Je sais pas, je dis.
- C’est trop tard pour les rattraper.
- Ouais… »
Zack grogne en se retournant. Les sièges arrières ne sont pas confortables. Il cherche une position pour dormir depuis une demi-heure.
« Bah, c’est mieux… On va pas leur pourrir leur tournée comme ça.
- Ouais… »
Elle se laisse aller à regarder le paysage défiler.
« Dis… Tu crois qu’Ashran sera vraiment là ?
- Je sais pas, je dis. De toutes façons… »
Elle me regarde. Elle sait. Je me tais.
« Ouais… Elle dit. On verra bien… Ca dépend pas de nous… »
Elle soupire. On n’a pas la radio. On n’avait pas beaucoup de choix. C’est le problème quand on braque des voitures dans des bleds paumés. On prend ce qu’il y a. Un auto-radio cassé ? On prend quand même.

Zack a réussi à s’endormir et Julie somnole. J’arrête la caisse. Ca réveille légèrement Julie.
« Déjà ? Elle demande en baillant. »
Elle jette un oeil aux alentours.
« Qu’est-ce que…?
- Je me demande si on prend l’autoroute…
- Si ça peut nous épargner des heures là-dedans, je prends.
- Ok, je dis. Tu prends le relais ?
- Ok. Elle dit en sortant de la voiture. »
Ca réveille Zack. Il émerge du mieux qu’il peut sans rien comprendre.
« On est où là ?
- Quelque part dans un des multiples trous du cul de la France… »
Il se frotte les yeux.
« Mais pourquoi on est arrêté ?
- Julie prend le volant, je dis.
- Owh. Les gars ! »
Une voiture approche. Elle fait des grands signes pour qu’elle s’arrête. Zack essaye péniblement de comprendre ce qu’elle fait. La voiture s’arrête. Un jeune type passe la tête hors de la fenêtre, lunettes de soleil relevées.
« Un problème, mademoiselle ? »
Elle le braque.
« Une petite panne, je crois que vous pouvez arranger ça. »
Il a un mouvement de recul.
« Descendez » elle dit.
Il coupe le contact et obtempère, un peu tremblant.
« Les clés », elle dit.
Il les lui tend. Elle les prend.
« Ton portable. »
Il ne réagit pas.
« Ton portable, j’ai dit ! »
Il indique la boîte à gants. Je vais le prendre. Je démonte la coque. Je lui lance la puce.
« Tiens, t’as pas tout perdu », je lui dis.
« Zack ! Tu te bouges oui ? »
Il se masse encore la nuque en sortant. J’ouvre le coffre du type. Rien. Parfait. Je retourne voir la boîte à gants. J’en sors deux photos que je file au type.
« Tenez, perdez pas ça. »
Il est au bord de craquer.
« Zack, putain, tu vas te bouger ? », elle dit.
- Ouais, ouais ça va… »
Il ouvre le coffre et en sort le shotgun. Encore dans le gaz, il va le poser dans le coffre de l’autre voiture sous les yeux ahuris du type. Julie s’installe. Zack se repose dans la nouvelle voiture. Je les rejoins. Elle démarre. La radio. Radio «putain-je-suis-dans-la-cambrousse-et-mais-c’est-pas-grave-j’en-suis-fier ».
Elle cherche d’autres stations. Rien d’autre. Ou des équivalents des cambrousses avoisinantes.
« Ca fera l’affaire »
Elle regarde le type toujours hébété. Elle lui lance les clés de l’autre voiture.
« Tenez, on a plus besoin de ça. »
On se barre.

Le temps que le mec comprenne ce qui lui arrive et réalise qu’il faut réagir, on sera loin. Le temps qu’il trouve un téléphone en état de marche, on sera encore plus loin. Il finira à la une des journaux locaux et son histoire fera le tour des bars du coin. On sera tantôt un mec seul mais super impressionnant ‘’comme dans les films, tu sais'’ et parfois huit types agressifs, dangereux et plus ou moins colorés ‘’mais il a pu s’échapper de justesse grâce à une des voitures des mecs qui avaient laissé le contact allumé, sisi, j’te jure, c’est le cousin de ma tante qui tiens ça d’un ami.”
La découverte de ladite voiture garée sagement sur un parking de Cannes.
Réservoir plein. Un fusil à pompe chargé et des munitions dans le coffre. Les spéculations sur l’identité des agresseurs iront bon train mais ni la police, ni les journaux ne viendront apporter de réponse définitive. La femme du mec en question ne le quittera pas comme elle le prévoyait mais restera à ses côtés pour ’surmonter l’épreuve’ ce qui l’empêchera de tomber en dépression nerveuse, de se disputer violemment avec sa fille et de se suicider.

Le problème quand on fait n’importe quoi, c’est qu’on peut provoquer n’importe quoi. En particulier, des trucs dont on a rien à foutre.

Arthur

• • •

Paon éliminé

Catégorie: Chroniques urbaines — mis en ligne par carlotta @ 4:53 am

J’ai appris qu’on avait évincé le seul paon des Buttes-chaumont du parc au motif qu’il aurait agressé des enfants. Je nie farouchement, ce sont ces derniers qui lui ont si souvent couru derrière qu’il s’en est lassé, devenant belliqueux malgré lui. Moi, j’aurais plutôt gommé les marmots de l’image pour lui assurer une quiétude bien méritée. Mais peut-être que cela dénote le préretraité. Le pauvre en tout cas se promenait sans but toute la sainte journée en décollant en rase-mottes de la butte du pavillon Puebla où se trouvait sa planque. Je l’y croisais en descente ou montée dans l’allée y menant. Il n’y avait pas toujours place pour deux, d’où des frottements à tire d’ailes. Les enfants font aussi très bien la roue, en version non colorée.

Christophe Riedel

• • •

Tombeau pour 5 000 000 000 de volatiles

Catégorie: Chroniques urbaines — mis en ligne par carlotta @ 4:53 am

Pauvres oiseaux. Encore un peu de psychose aviaire, et il faudra tirer à vue quand on en voit passer dans le ciel. Ma fille, comme bien d¹autres enfants de sa classe, avait délicieusement déformé la consigne de précaution à prendre contre la grippe aviaire qu’on lui avait transmise à l’école : appeler la mairie sitôt qu’on voit un oiseau. Elle avait juste oublié un mot : mort.
Que faire de tous ces oiseaux, se demande l’éleveur transformé en bourreau, glacé à l’heure d’euthanasier son quota de gallinacés. Tuer les oiseaux, quelle idée. Einstein a dit que, à partir du jour où les abeilles disparaîtraient, les hommes n’auraient pas plus de quatre années à vivre. Est-ce parce qu’ils n’auraient plus de miel ?

Christophe Riedel

• • •

Le yéti d’Albi - Vendredi. 3H50.

Catégorie: Le Yéti d'Albi — mis en ligne par carlotta @ 4:52 am

Il gelait maintenant à pierre fendre.
Papi Raoul eut une pensée émue pour son lit douillet.
Le confort procuré par son gros édredon garni de duvet d’oie lui manquait.
Il préféra couper court à ses penchants nostalgiques et se concentra à nouveau sur leur mission.
Hyppolite, pour sa part, ne songeait pas aux conditions météorologiques. Il était bien trop absorbé par une cinquième vérification de son système de mise à feu.
Ravi de la qualité des composants fournis par Gonzalve, il mettait un point d’honneur à remplir correctement son rôle et ne voulait pas que leur exploit fût entaché par une bévue de dernière minute.
Il se tourna enfin vers son copain, consulta sa montre d’un air satisfait et lui dit:
_ Cette fois, c’est la bonne ! Il nous aura fallu presque cinquante ans, tu te rends compte. Je pense à Lui, pas toi ?
_ Pardi ! A qui veux tu que je pense dans un moment pareil. Evidemment qu’Il est un peu là avec nous… S’Il nous voit, Il doit s’en payer une sacrée tranche, le bon vieux !
_ Et bé, on peut Lui offrir le dessert si tu veux… Il est quatre heures juste. On a une bonne demi heure de tranquillité devant nous et c’est largement plus qu’il ne nous faut. En avant élève Ponsolles ! On va régler son compte au Monstre une bonne fois pour toutes !
Sur ces paroles lourdes de menaces, il sortit de sa vieille canadienne une flasque de sa propre eau de vie de prune dont il proposa une rasade à Papi Raoul.
Ils burent à la santé de ce cher Monsieur Fourcade, leur ancien instituteur, qui dormait en paix depuis bientôt trois décennies au cimetière communal.
Ils lui dédièrent les instants à venir, sachant combien le vieil homme eût été fier de ce qu’ils allaient accomplir en mémoire du massacre de leurs ancêtres les Cathares.
Ils sortirent d’un même élan du break en prenant soin de ne pas faire claquer les portières en les refermant.
La place recouverte d’une fine pellicule de givre étincelait sous le ciel étoilé.
Ils se dirigèrent d’un pas prudent vers le centre. Le silence était impressionnant.
Papi Raoul s’arrêta sans mot dire devant le dernier banc qui jouxtait le carré aménagé. Hyppolite, toujours aussi déterminé, enjamba la grille basse protégeant les abords du piédestal. Il s’accroupit, se plaqua contre le socle de pierre glacé et se fondit dans l’ombre de leur légendaire ennemi.
Papi Raoul, les sens en éveil, ne cessait de surveiller les alentours, tournant sur lui même sans discontinuer afin d’embrasser du regard la totalité des abords de la place.
Hyppolite fit claquer sa langue à petits coups rapides.
C’était le signal. La charge était en place, ils n’avaient donc plus qu’à se replier prudemment vers leur véhicule. Ce que Papi Raoul fit en continuant à assurer son rôle de guetteur avec sérieux.
Hyppolite semblait trop absorbé par son activité pour s’intéresser aux environs.
Dés qu’ils furent installés dans l’habitacle de la vieille Peugeot, Papi Raoul s’installa au volant et mit le contact.
Son acolyte fit de même sur son petit boîtier muni d’une minuscule antenne et lui demanda avec jubilation:
_ T’es prêt Raoul ?
_ Quand tu voudras Hyppo !
_ Alors, comme aurait dit ce brave Mr Fourcade : Fiat Lux !
La citation latine aux accents génésiaques fut suivie d’une formidable explosion qui illumina l’intégralité de la place et des alentours durant plusieurs secondes.
Dans une synchronisation parfaite, le break rouillé s’éloignait déjà en crachotant de petits pets de fumée bleuâtre qui se perdirent dans le nuage poussiéreux généré par l’explosion de la statue.
Ainsi, après huit cents ans d’impunité, Simon de Monfort avait définitivement cessé de nuire à quatre heures zéro huit par une froide nuit de janvier.
Ils refirent le trajet en sens inverse et une fois revenus à leur point de départ, se séparèrent, en se promettant de rendre sous peu une petite visite à la tombe de leur ancien Mentor ès-Catharisme pour y lire à voix haute les titres de la presse locale du lendemain.
Le choix de l’heure de l’attentat qu’ils venaient de perpétrer n’était pas dû au hasard. Ils savaient que la nouvelle tomberait trop tard dans les rédactions pour qu’elles puissent refaire leurs manchettes.
L’émoi n’en serait que plus grand et la journée à venir laisserait suffisamment de temps à la bile et aux esprits pour s’échauffer sur l’événement.
Trop excités l’un et l’autre par leurs prouesses nocturnes, ils ne trouvèrent pas le sommeil et arrivèrent presque en même temps au Café des Berges sur le coup des dix heures du matin.
Féfé ne put cacher l ‘étonnement que la commande des deux compères justifiait aisément. Il n’en sortit pas moins la bouteille demandée et la sabra imperturbablement sous les yeux ébahis de la maigre clientèle alors présente dans son établissement.
Un champagne millésimé à dix heures, au comptoir et au sabre, cela pouvait être inscrit dans les annales du bar.

• • •

Echec à la simplicité

Catégorie: Collisions — mis en ligne par carlotta @ 4:51 am

Comme je me mélange allègrement l’épithète avec l’attribut, je l’interroge. Il m’explique : «Dans la phrase ‘Le ciel est bleu’, l’adjectif bleu est attribut et dans le groupe nominal ‘le ciel bleu’, il est épithète ». L’adjectif épithète est ici attribut, ce qui sonne faux mais se trouve être juste, par définition. Dans la phrase ‘L’adjectif épithète est ici attribut’ tout est rentré dans l’ordre : épithète, l’adjectif épithète ; attribut, l’adjectif attribut. Notons qu’‘épithète’ et ‘attribut’ ne sont, avant la virgule, ni épithète, ni attribut, mais en apposition. Comme on voit, épithète et attribut sont inqualifiables réflexivement. Et on leur confie de qualifier leurs pairs. Cependant, ils y parviennent.

Cha

• • •

Etrange tranquillité

Catégorie: Chroniques intimes — mis en ligne par carlotta @ 4:50 am

Et il y a la délicate question de l’unité et de la frontière. Entre ce qu’autrui attend de moi et ce que je peux ou veux bien donner. Et vice-versa. Entre ce que je comprends et ce que j’ai mal compris. Entre ce qui est compris des signaux que j’envoie et ce qu’il ne l’est pas ou imparfaitement. Entre ce que je suis et ce que je crois être. Entre ce que je perçois d’autrui et ce qu’il est, sans mentionner ce qu’il croit être.
Je sais et je ne sais pas ce qu’est la continuité. Je sais et je ne sais pas ce qu’est la séparation. Je sais et je ne sais pas où j’en suis, pour tout dire, ce qui en fait ne dit rien. Quelle importance a tout ça, si ce n’est celle donnée, dont l’intensité fluctue et s’éteindra avec moi. Je reconstitue mes territoires mis à mal, j’en redessine les frontières, je mes les approprie et je règne sur cela dans lequel je m’inscris, et je me sens immense. Etrangement tranquille.

Cha

• • •
Next Page »
"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

Moteur : WordPress • design : Wench + anatsuno [Merci beaucoup !]