June 5, 2006

Papier peint n°28

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 2:58 am

Ouvrir le numéro 28

Il va sortir le numéro quatre du nouvel Attila, sonnez talons, résonnez castagnettes ! Beau comme un Espagnol quand il sait qu’il aura des lecteurs et fera l’objet de coloriages. Si vous ne l’êtes, abonnez vous ; si vous l’êtes, abonnez vos amis, votre patron, votre épicier, votre élu local : Car il y va de la renaissante renommée d’un tas d’auteurs formidables et néanmoins sombrés dans l’oubli. La crème à la crème était mon fantasme d’enfant lectrice de Gossiny, la crème des auteurs sur papier crème est celui d’aujourd’hui.

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Charlotte’s hill

Catégorie: Poésie, — mis en ligne par carlotta @ 2:57 am

Chashill

quand vivre vous a abandonné sur l’autre rive,
illuminée ; d’un coup, d’un seul
vous écoutez gronder la mesure innocente,
le courant ainsi creusé : sables mouvants des premières eaux
vous passez
dans les rues, à la hâte
dits vers, tisser de la fragile vision
l’arbre
souverain,
vous mutante dans ce qui se lit
se dit, rogne, cogne
chavire, bouscule
la levée des rapides des cités des foules
vous rasez, à travers les fissures
les gouttes de la terre
bitume en germes,
patiente
vous veillez !!!!!!!!

Corinne Haddad, illustration Manou

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Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 2:55 am

Entendre l’incomparable
la force des heures perdues
je m’enfonce loin
humblement, rejoindre
entendre l’incomparable
trébucher
se peut-il que seul ce qui nous fait face
efface le travail de nos mains

nous avons multiplié les faisceaux
c’est à se retourner
en orbite que notre siècle oublie
ce qui jamais ne gagne sur les régions
apprivoisées
volonté,
comme ces vases brisés
hors de la clarté

se peut-il que l’histoire s’aveugle sur son détour?

Corinne Haddad

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Poursuivants

Catégorie: Incroyable feuilleton d'Arthur — mis en ligne par carlotta @ 2:54 am

« Bon, résumez-moi tout ça, j’ai mal à la tête rien que d’y penser, a dit le Lieutenant Thabord en en s’asseyant à son bureau.
- … La première trace qu’on a d’eux est à Paris, dans les circonstances que vous savez, où ils blessent gravement le lieutenant Arnauld avant de prendre deux enfants en otage, répond son assistant en consultant le dossier. Ils volent une voiture à bord de laquelle ils s’enfuient. Le propriétaire n’a pas porté plainte et n’a pas été blessé. Ils disparaissent de la circulation pendant quelques semaines. Les deux enfants sont toujours recherchés à l’heure qu’il est. La mère de l’un d’eux a disparu également après nous avoir alerté… Elle n’y pas allée de main-morte d’ailleurs… Pratiquement tous les commissariats du XIIIe l’ont vue.
- Oui, bon, continuez…
- On retrouve une trace de personnes correspondant à leur description au sud de Chaumont. Ils volent une autre voiture. Sans blessé.
- Celle qu’on a retrouvée à Cannes ?
- C’est ça. Mais avant ça, des caméras de surveillance sur une aire d’autoroute les filment en train de braquer la station-service… Pas de plainte, ils n’auraient volé que quelques litres d’essence et des provisions. Des plaintes contre X pour coups et blessures ont été déposées suite à l’arrêt de l’A7. Ils auraient arrêté leur véhicule au milieu des voies, l’immatriculation correspond à celle du véhicule volé à Monsieur Aubriot.
- Près de Chaumont ?
- C’est ça.
- Continuez, soupire Thabord.
- … Ils sont pris en chasse par deux véhicules mais on les perd après entre Aurillac et Le Puy.
- Pourquoi il n’y a pas eu plus de barrages ? On n’aurait pas du les perdre.
- C’est que… le lien avec les prises d’otages n’avait pas été fait lieutenant… »
Il soupire encore.
« Bon, c’est pas grave…Continuez… »
« Il semblerait qu’un deuxième véhicule qu’on a retrouvé près du leur à Cannes ait été impliqué dans ces évènements. D’après la police de Cannes, l’autre véhicule n’avait pas d’arme à son bord quand on l’a retrouvé. L’Audi est retrouvée sur un parking près de la plage. Les pistolets utilisés lors de la fusillade place d’Italie n’ont pas été retrouvés mais le fusil à pompe, oui. On les pense impliqués dans une bagarre dans un bar. L’un d’eux aurait été arrêté mais libéré par ses compagnons… Cinq policiers ont été légèrement blessés, plus un qui est encore à l’hôpital. C’est là qu’on perd leur trace. »
« Booon, dit le lieutenant sur les nerfs, c’est tout ce qu’on sait d’eux ?
- Les empreintes sur le fusil à pompes correspondent à un ancien détenu, il tourne quelques pages, un an dont six mois fermes pour coups et blessures volontaires sur agent en l’exercice de ses fonctions et dégradation de biens publics. Les traces ADN laissées dans la voiture ont été analyséeS. L’autre a été en préventive deux mois pour vol à la tire. Ils auraient été compagnons de cellule pendant ces mois. Par contre, on n’a rien sur la fille. Elle n’est pas fichée.
- Ok, le lieutenant soupire, et les armes?
- Elles ont été achetées légalement aux Etats-Unis.
- Putain de ricains… Comment ils les ont ramenées?
- On a rien là-dessus mais les gars de la balistique sont formels. Les balles tirées dans le lycée Montaigne proviennent d’un Beretta 92-F et d’un fusil à pompe calibre 12. Ils ont été achetés à Phoenix. Avec un autre Beretta.
- Qu’est-ce qu’ils sont venus foutre avec un putain d’arsenal comme ça ? »
Il se frotte le visage.
« J’en peux plus de ces tarés… »
On frappe à la porte.
« Lieutenant, dit une jeune secrétaire, il y a quelqu’un à l’accueil qui veut vous voir. Un américain on dirait. Elle jette un oeil derrière elle. Pas très causant d’ailleurs…
- Faites-le entrer, il dit en soupirant, au point où on en est… Jerôme, apportez-moi un café… Bien serré. »
A peine sorti, un homme entre. Costume trois pièces impeccable. Cravate serrée. Lunettes de soleil.
« Bonjour, dit le lieutenant en se levant, vous excuserez le désordre, il ajoute en indiquant un siège en face de son bureau.
- You are in charge of some important files concerning three people we need to find, dit le type froidement.
- Euh… Sri pipole ? Ouane gueurl and tou manz ?
- Yes.
- Yes, Aï am in dcharge of ziz pipole.
- We need to know what you know about them. Do you know where they are ?
- Euh… Ouere dey are? Euh..ah yes, Ouere zey are. Hum… No. Oui lost zem nir of Nice.
- When ?
- He ben… It was a copeul of dayz eugo. Sri, exactly.
- …
- Hem… Can Aï no ouaï you are running after zem ?
- You don’t need to know this. »
Nom de dieu, un amerloque qui se croit en terrain conquis.
« Aï am still in charge of zem and you are in France nao, so i conseille you of telling me ouate you know. »
Le type l’a regardé à travers ses lunettes. Un regard silencieux pendant lequel il estime les chances du lieutenant d’interférer dans sa mission.
« They are murderers and terrorists. We need to find them. And stop them. »
Ca stoppe le lieutenant.
« Terrorists ?
- Yes. They interfered in some of our governement’s affairs. They’re highly dangerous.
- Ah, for zat, i no. Euh… you jeust said somessing eubaout government ? Mais… qui… euh.. où are you ?
- My name has no interest. I work for C.I.A.
- Ci.Aï.Ey. ? » A dit le lieutenant incrédule.
Jérôme a lâché les deux cafés qu’il venait d’apporter.
« Euh désolé… Je vais nettoyer…
- Laissez, Jérôme et apportez m’en un autre, il dit en se laissant tomber sur son fauteuil. Très très corsé.
La C.I.A… Après ces trois tarés…
« Thanks for your cooperation. Il dit avant de faire mine de sortir.
- Heu waït, Am Aï still in dcharge of ze file ?
- Your boss already knows what to do. We want you to avoid interference with our doings. They mustn’t know we are behind them.
Rien compris…
« Zat minz No ?
- Not exactly, il dit en enjambant les deux cafés renversés. Ask your boss. »

« Hé bé, pas commode le gugusse, dit Jérôme en revenant.
- Ca, tu l’as dit… il soupire en prenant le café. On n’est pratiquement plus en charge de l’affaire, j’ai téléphoné au patron. Si il ne se passe rien de plus, le dossier passe à l’anti-terrorisme.
- Retour au train-train, dit Jérôme le plus légèrement possible.
- Ouais… Vivement la retraite, dit Thabord en buvant son café encore brûlant. Au fait, vous nettoierez quand même vos conneries, il dit en indiquant le reste de café au sol. »
J’aimerais pas être à la place de ces types… Être poursuivi par un taré de la C.I.A… Enfin… Pas fâché d’en avoir fini avec tout ça…

Arthur

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On n’est pas obligé

Catégorie: Chroniques de guerre — mis en ligne par carlotta @ 2:53 am

On n’est pas obligé de se laisser enfermer dans la trame des conventions et des idées reçues, dans l’image de nous-même que nous renvoie le monde. Le dire n’est pas le faire. Ne pas croire qu’il suffit de le dire pour le faire. Il faudra, un à un, rompre les liens qui nous arriment à cela, liens feutrés dans notre vie même. Plus solides que des nerfs, à voiler l’acier ; non moins sensibles. Les empoigner fermement des deux mains, et tirer, tordre, phalanges blanches et cisaillées. Les déchirer de nos dents, fibre à fibre. Emporter la chair quand ils y adhèrent. L’un après l’autre, et il en repousse. Se libérer : se mutiler de la prison intérieure qui s’adosse à notre structure même. Alors, nus et blessés, sans plus recevoir des autres l’écho qui nous nomme, pouvoir se lever, tenter de se connaître.

Cha

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Une lame froide

Catégorie: Chroniques de guerre — mis en ligne par carlotta @ 2:52 am

Ca surprend toujours les gens de se rendre compte qu’avec une lame en travers de la gorge, on ne survit pas. Ils apprendront. Pour leur malheur. Sans respiration, le souffle disparaît. La voix meurt. Bientôt la vue se brouille. Bientôt le sang s’échappe de la tête. Trop vite. Toujours trop vite. Ca n’est pas la vie qui s’échappe. Mais le sang qui part avec elle. Toujours trop vite. Toujours trop loin. Quand on meurt comme ça, on ne pense pas à sa vie, ni à ses proches. On se sent se vider. Tout part vite trop vite. Quelques secondes. Trop courtes. Toujours trop courtes.

Une lame dans la gorge empêche toute forme d’expression complexe. Seul le cerveau enregistre le pourquoi. Le comment. Il répond à des questions. Aucun mot ne viendra effacer les réponses. Des réponses que l’on ne peut pas fuir. Si l’on ne survit pas à la vérité, c’est qu’elle est trop tranchante. Tout simplement. Le salut aurait résidé dans la fuite, rendue impossible. Personne ne sait fuir la réalité. Surtout quand elle est faite de douze centimètres d’acier effilé. On peut l’esquiver, au mieux. Esquiver la réalité quand la moitié de notre sang est hors de notre corps est tout simplement hors de notre portée.

La vie, la mort, toutes les préoccupations habituelles perdent beaucoup de leur force face à la réalité d’une gorge tranchée. Surtout quand on ne voit plus rien parce que le cerveau n’est plus assez irrigué, que les battements de votre coeur ne se font plus sentir à l’intérieur de vos tympans. Arriver à se poser une question quand votre corps aveugle tombe sur le sol trop vite est plus qu’improbable. Le bruit du crâne qui éclate sur le sol ensanglanté aura vite fait de vous faire oublier qu’il faut un point d’interrogation à la fin d’une question, sans quoi elle reste en suspens. La présence de la lame à ce stade n’est plus nécessaire. Si elle y est encore, le cadavre en sursis aura le temps de comprendre que la vérité est mortelle, que la réalité aussi, et qu’elle peut vous rester en travers de la gorge. Si elle est partie, il comprendra que son absence est tout autant dangereuse.

Si la victime a manqué de chance ou de malchance, ses carotides ont survécu sans sa trachée artère. Auquel cas, elle meurt le cerveau asphyxié. Et ce, avec des poumons sains. Apprendre ça en mourant n’a rien de glorieux. Ni même de plaisant. Encore moins d’utile. L’avantage, c’est qu’on peut vivre encore quelques secondes de plus, parfois plusieurs dizaines. Le défaut, c’est qu’elles seront sans doute les secondes les plus désagréables de votre vie. Comme c’est les dernières, ça vaut peut-être le coup de les vivre. Ca n’est pas l’avis de ceux qui croient qu’une mort rapide vaut mieux qu’une vie longue et pleine de souffrance. Si tant est que dix secondes d’asphyxie peuvent être considérées comme une vie. Question de point de vue. Mais cela ne concerne jamais que les vivants. Les morts n’ont pas de point de vue.

On ne devrait pas avoir besoin de se faire égorger pour en vouloir encore. Encore une seconde. Inspirer encore une fois. Encore un battement de coeur. Expirer encore une fois. La mort peut bien attendre encore une seconde.

Arthur

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Le yéti d’Albi - Vendredi. 5h40.

Catégorie: Le Yéti d'Albi — mis en ligne par carlotta @ 2:50 am

Une irrésistible envie d’uriner contraignit le policier à quitter sa voiture et à se réfugier en toute hâte derrière l’écran salvateur d’un transformateur électrique proche de son poste d’observation.
Il fut impressionné par le fracas que produisit sa miction dans le silence ambiant de cette fin de nuit.
Une fois ses besoins naturels satisfaits, il poussa un profond soupir de soulagement et se rebraguetta en esquissant des roulements de hanches langoureux, dignes d’un rocker originaire du Loir et Cher.
Ses petites pitreries solitaires lui ayant apparemment regonflé le moral, il ne réintégra pas tout de suite son véhicule au mépris de toutes les règles de base d’une planque en solitaire.
Il poussa l’étourderie jusqu’à sortir tranquillement un cigarillo de sa boîte et l’alluma à grandes bouffées.
A cet instant précis, la grosse berline bleue de Donatien quitta sa cour et déboucha sur la rue presque sans ralentir. Lorsqu’elle vira, le faisceau des phares illumina brièvement mais avec puissance le visage de l’inspecteur Berger. Ce dernier, figé par la stupeur, ouvrit grand sa petite bouche et laissa échapper son cigare comme un corbeau célèbre le fit un jour d’un fromage.
La surprise fut partagée par Donatien qui eut le temps de reconnaître le faciès du policier dans l’éclair de lumière halogène de ses phares.
Il ne ralentit pas et vit dans son rétroviseur que l’homme restait cloué sur place. Puis il s’agita frénétiquement, car l’allumette qu’il tenait toujours dans sa main gauche lui brûlait le bout des doigts.
Donatien s’en amusa mais son entrain ne fut pas du goût d’Apolline.
L’éclair fugace avait été suffisant pour lui laisser le temps de reconnaître son tourmenteur de la Saint Sylvestre.
Elle devinait confusément que la présence du flic à cette heure–ci, dans cette rue, et qui plus est en solitaire, n’était pas normale.
Si elle se fondait sur sa propre expérience, Apolline savait pertinemment de quelle catégorie de policier et plus simplement de quel genre d’homme relevait l’inspecteur Berger: le style vicieux.
Donatien, qui souriait toujours, la rassura simplement, mais il sut trouver les mots justes.
_ Ne t’inquiète pas ma chérie, ce crétin est indirectement placé sous mes ordres. D’autre part, je connais très bien son chef, le commissaire Matherond… Il le tient bien en laisse, n’aie aucune crainte.
Son assurance paisible réconforta Apolline qui se laissa glisser tendrement sur l’épaule de Donatien, en poussant un petit soupir d’aise.
Tout en conduisant, ce dernier se promit à l’avenir de garder un œil sur le policier en question. Et sans passer par son supérieur hiérarchique. Sa propre fonction au sein des services préfectoraux, ajoutée à la situation d’Apolline, lui interdisait tout faux pas.
Il réussit à garder une attitude confiante et détendue jusqu’à ce qu’il ait déposé sa bien–aimée devant la porte cochère de son domicile.
Ils se quittèrent dans les premières lueurs de l’aube alors que le désir de se retrouver les tenaillait déjà.

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Pit, Ramón, Stéphane et les autres

Catégorie: Collisions — mis en ligne par carlotta @ 2:49 am

« Notre livre ne sera pas le livre fait pour être lu en une nuit, comme on lit un livre quelconque. Non. Plutôt le feu ; plutôt ne pas être ouvert ; plutôt la mort du lecteur ! »
Cette phrase de Ramón Gómez de la Serna entre en collision avec « La mort de la littérature : plutôt crever », cri de guerre du narrateur de « La machine à écrire » de Pit Bernal que Papier peint reprend à son compte. Que me disent ces deux là, qui trouve un écho si fort ? J’entends : Que la lecture porte un enjeu de vie et de mort, que la littérature est la vie même ; me revient l’antienne adolescente : ne pas mourir avant d’avoir fini mon livre. J’entends une exigence qui ne s’explique que par un désir très haut placé. On vit, on marche à sa propre rencontre mais seul on n’y parvient pas. Dans cette quête de soi, pré requis à la rencontre d’autrui – y a-t-il autre objectif qui vaille ? – la médiation du livre est vitale au lecteur, mais, qu’il disparaisse en tant que lecteur si elle appauvrit sa surface de contact avec le monde ! Oui la chair est joyeuse et il y a les livres ! Au-delà des apparences, je ne contredis pas Mallarmé. Je le vampirise. La vie : la chair, le verbe. L’un nourrit l’autre, et vice-versa.
« Si moi aussi je suis un autre, c’est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes. » écrit Erri de Luca. Que ce changement vaille le coup ! dit à mon oreille Ramón, pour qui : « La littérature ne sert à rien, sinon à clarifier le jour, à effacer toutes les inimitiés et tous les sentiments cruels des choses, des hommes et de la Nature. ». Je le lis, j’avance dans un jour plus clair. Ca vaut le coup.

Cha

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Les canons de ma joie

Catégorie: Chroniques intimes — mis en ligne par carlotta @ 2:48 am

Mai, fin d’après-midi, l’air est neuf et doux, les terrasses des cafés ont grignoté la place. Mes yeux les scrutent et ne trouvent pas celui que je viens rencontrer. Ils se tournent vers le pub. Dans l’encadré de la baie vitrée ouverte, son profil. Lui ? Il est là ! Mon cœur s’élargit. J’entre, ils sont quatre, deux inconnus ; attablés, ils me sourient, canons buvant des canons, et je me sens la plus belle du monde. Cette joie qui tonne, cet ensoleillement, d’où viennent-ils ? Comment les nommer ?

Cha

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La maison des feuilles.

Catégorie: Chroniques intimes — mis en ligne par carlotta @ 2:48 am

J’étais Charlotte II. Ou, Charlotte deux. Pas un nom de famille. Un complément d’information, pour qu’on ne me confonde pas avec une autre, la grande, dont d’ailleurs je n’ai jamais atteint la taille. J’aimais ce lien et pourtant il me faisait passer au second rang. C’est pourquoi, peut-être, (mais il y a d’autres raisons, ou plutôt, irraisons) je n’ai construit sur cette terre qu’une bicoque et n’ai pris part au jeu commun que dans des rôles de second plan, ou comme remplaçante, disons, suppléante. Mais qui entre dans ma modeste masure entre en la maison des feuilles. Les salons succèdent aux salons, la vie y grouille des cuisines aux salles de banquet et de bal, les ailes, les étages, les escaliers et les couloirs s’agencent en un réseau inextricable, les chambres ouvrent en enfilade, les lits y sont vastes comme le ciel. Les rêves du capitaine au long cours y côtoient les ambitions du général, la pierre philosophale s’y cache en un recoin.
Il est permis de m’y rendre visite. Mais les visiteurs curieux sont rares. D’autant plus précieux.

Cha

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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