« Bon, résumez-moi tout ça, j’ai mal à la tête rien que d’y penser, a dit le Lieutenant Thabord en en s’asseyant à son bureau.
- … La première trace qu’on a d’eux est à Paris, dans les circonstances que vous savez, où ils blessent gravement le lieutenant Arnauld avant de prendre deux enfants en otage, répond son assistant en consultant le dossier. Ils volent une voiture à bord de laquelle ils s’enfuient. Le propriétaire n’a pas porté plainte et n’a pas été blessé. Ils disparaissent de la circulation pendant quelques semaines. Les deux enfants sont toujours recherchés à l’heure qu’il est. La mère de l’un d’eux a disparu également après nous avoir alerté… Elle n’y pas allée de main-morte d’ailleurs… Pratiquement tous les commissariats du XIIIe l’ont vue.
- Oui, bon, continuez…
- On retrouve une trace de personnes correspondant à leur description au sud de Chaumont. Ils volent une autre voiture. Sans blessé.
- Celle qu’on a retrouvée à Cannes ?
- C’est ça. Mais avant ça, des caméras de surveillance sur une aire d’autoroute les filment en train de braquer la station-service… Pas de plainte, ils n’auraient volé que quelques litres d’essence et des provisions. Des plaintes contre X pour coups et blessures ont été déposées suite à l’arrêt de l’A7. Ils auraient arrêté leur véhicule au milieu des voies, l’immatriculation correspond à celle du véhicule volé à Monsieur Aubriot.
- Près de Chaumont ?
- C’est ça.
- Continuez, soupire Thabord.
- … Ils sont pris en chasse par deux véhicules mais on les perd après entre Aurillac et Le Puy.
- Pourquoi il n’y a pas eu plus de barrages ? On n’aurait pas du les perdre.
- C’est que… le lien avec les prises d’otages n’avait pas été fait lieutenant… »
Il soupire encore.
« Bon, c’est pas grave…Continuez… »
« Il semblerait qu’un deuxième véhicule qu’on a retrouvé près du leur à Cannes ait été impliqué dans ces évènements. D’après la police de Cannes, l’autre véhicule n’avait pas d’arme à son bord quand on l’a retrouvé. L’Audi est retrouvée sur un parking près de la plage. Les pistolets utilisés lors de la fusillade place d’Italie n’ont pas été retrouvés mais le fusil à pompe, oui. On les pense impliqués dans une bagarre dans un bar. L’un d’eux aurait été arrêté mais libéré par ses compagnons… Cinq policiers ont été légèrement blessés, plus un qui est encore à l’hôpital. C’est là qu’on perd leur trace. »
« Booon, dit le lieutenant sur les nerfs, c’est tout ce qu’on sait d’eux ?
- Les empreintes sur le fusil à pompes correspondent à un ancien détenu, il tourne quelques pages, un an dont six mois fermes pour coups et blessures volontaires sur agent en l’exercice de ses fonctions et dégradation de biens publics. Les traces ADN laissées dans la voiture ont été analyséeS. L’autre a été en préventive deux mois pour vol à la tire. Ils auraient été compagnons de cellule pendant ces mois. Par contre, on n’a rien sur la fille. Elle n’est pas fichée.
- Ok, le lieutenant soupire, et les armes?
- Elles ont été achetées légalement aux Etats-Unis.
- Putain de ricains… Comment ils les ont ramenées?
- On a rien là-dessus mais les gars de la balistique sont formels. Les balles tirées dans le lycée Montaigne proviennent d’un Beretta 92-F et d’un fusil à pompe calibre 12. Ils ont été achetés à Phoenix. Avec un autre Beretta.
- Qu’est-ce qu’ils sont venus foutre avec un putain d’arsenal comme ça ? »
Il se frotte le visage.
« J’en peux plus de ces tarés… »
On frappe à la porte.
« Lieutenant, dit une jeune secrétaire, il y a quelqu’un à l’accueil qui veut vous voir. Un américain on dirait. Elle jette un oeil derrière elle. Pas très causant d’ailleurs…
- Faites-le entrer, il dit en soupirant, au point où on en est… Jerôme, apportez-moi un café… Bien serré. »
A peine sorti, un homme entre. Costume trois pièces impeccable. Cravate serrée. Lunettes de soleil.
« Bonjour, dit le lieutenant en se levant, vous excuserez le désordre, il ajoute en indiquant un siège en face de son bureau.
- You are in charge of some important files concerning three people we need to find, dit le type froidement.
- Euh… Sri pipole ? Ouane gueurl and tou manz ?
- Yes.
- Yes, Aï am in dcharge of ziz pipole.
- We need to know what you know about them. Do you know where they are ?
- Euh… Ouere dey are? Euh..ah yes, Ouere zey are. Hum… No. Oui lost zem nir of Nice.
- When ?
- He ben… It was a copeul of dayz eugo. Sri, exactly.
- …
- Hem… Can Aï no ouaï you are running after zem ?
- You don’t need to know this. »
Nom de dieu, un amerloque qui se croit en terrain conquis.
« Aï am still in charge of zem and you are in France nao, so i conseille you of telling me ouate you know. »
Le type l’a regardé à travers ses lunettes. Un regard silencieux pendant lequel il estime les chances du lieutenant d’interférer dans sa mission.
« They are murderers and terrorists. We need to find them. And stop them. »
Ca stoppe le lieutenant.
« Terrorists ?
- Yes. They interfered in some of our governement’s affairs. They’re highly dangerous.
- Ah, for zat, i no. Euh… you jeust said somessing eubaout government ? Mais… qui… euh.. où are you ?
- My name has no interest. I work for C.I.A.
- Ci.Aï.Ey. ? » A dit le lieutenant incrédule.
Jérôme a lâché les deux cafés qu’il venait d’apporter.
« Euh désolé… Je vais nettoyer…
- Laissez, Jérôme et apportez m’en un autre, il dit en se laissant tomber sur son fauteuil. Très très corsé.
La C.I.A… Après ces trois tarés…
« Thanks for your cooperation. Il dit avant de faire mine de sortir.
- Heu waït, Am Aï still in dcharge of ze file ?
- Your boss already knows what to do. We want you to avoid interference with our doings. They mustn’t know we are behind them.
Rien compris…
« Zat minz No ?
- Not exactly, il dit en enjambant les deux cafés renversés. Ask your boss. »
« Hé bé, pas commode le gugusse, dit Jérôme en revenant.
- Ca, tu l’as dit… il soupire en prenant le café. On n’est pratiquement plus en charge de l’affaire, j’ai téléphoné au patron. Si il ne se passe rien de plus, le dossier passe à l’anti-terrorisme.
- Retour au train-train, dit Jérôme le plus légèrement possible.
- Ouais… Vivement la retraite, dit Thabord en buvant son café encore brûlant. Au fait, vous nettoierez quand même vos conneries, il dit en indiquant le reste de café au sol. »
J’aimerais pas être à la place de ces types… Être poursuivi par un taré de la C.I.A… Enfin… Pas fâché d’en avoir fini avec tout ça…
Arthur