July 3, 2006

Papier peint n°29

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 8:23 am

Ouvrir le numéro 29

Cette fois-ci, je l’expédie, l’édito, à la dernière minute. D’abord c’était le bac (c’est pas tous les ans…). Et puis j’ai passé du temps à recycler de vieilles compétences que je croyais au rebut, les tissant avec des bribes plus récentes et des trésors allogènes. Tissage : l’affaire de toute ma vie. Réalisations : pas trop, seulement ce qu’il faut pour qu’on me laisse la paix avec les réalisations, de façon que je puisse, en rêvant, pour moi seule, bientôt rentrer dans l’irréel, l’irréalisable, l’indifférence à la réalisation.

PP-29

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Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 8:21 am

Loin de la rumeur et des paroles dernières
on glisse confusément dans la voie rétrécie, s’enfle, loin de la rumeur et des paroles dernières, le silence encore peuplé de gestes,
loin de la rumeur et des paroles dernières la nuit , on glisse confusément loin de la rumeur et des paroles dernières, on se tourne et on dort

comment font ils ? jamais la peur
la peur d’une rencontre
entrer,
la peur en paume
serrée
arc-boutée au drap
errer
le regard entier
la peur
dans l’outre du corps
à l’intérieur
la mort

loin de la rumeur et des paroles dernières.

Corinne Haddad

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Stockholm syndrom

Catégorie: Incroyable feuilleton d'Arthur — mis en ligne par carlotta @ 8:13 am

Syndrome de stockholm : Fait d’apprécier ses ravisseurs
A ne pas confondre avec : Etre ravi par ceux qui vous captivent

Sur son transat, Jia Lin somnole.
Elle se demande pourquoi elle est là, sur la côte italienne, face à la Sicile, avec ceux qui ont pris en otage son fils avant de l’enlever. Elle se demande pourquoi elle n’est pas partie plus tôt. Pourquoi elle n’est pas rentrée. Lu Tan va être renvoyé de son école, et elle, de son travail. Elle n’arrive même pas à trouver ça grave. Elle trouve Fix gentil sous ses dehors de fou dangereux. Il s’inquiète toujours de tout, pour ses compagnons comme pour elle ou les enfants.
Elle aspire un peu de son jus de fruits, sur sa paille garnie de bandelettes à paillettes. Elle jette un oeil à Lu Tan qui, aidé de Fix et Julie, construit un immense château de sable. Elle jette un oeil derrière elle. Elle a peur pour eux. Elle ne parvient pas à l’expliquer. Elle a peur qu’ils ne se fassent remarquer. Qu’ils ne se fassent arrêter. Elle n’a pas osé leur dire qu’elle ne voulait pas venir sur la plage, de peur qu’ils ne soient jetés en prison. Leurs sourires sont tellement innocents qu’elle n’a pas voulu les contrarier. Elle étire son dos une petite seconde. Elle ne regrette pas. Il fait vraiment trop chaud pour rester enfermés. Les nuages sont encore loin et la mer transparente. Elle soupire. Elle aimerait vraiment comprendre pourquoi elle les a suivis.
” Madame Lin ! ”
Elle tourne la tête pour apercevoir Khalim qui s’approche. Elle baisse légèrement ses lunettes de soleil.
” Le ballon sivouplaît ! ” Il fait en le montrant du menton.
Elle donne un coup de la main dedans pour lui renvoyer.
” Merci ! ” Il dit avant de retourner jouer avec un grand noir tressé dont elle a oublié le nom.
Elle aspire une autre gorgée.
Comment arrivent-ils à rester aussi insouciants ? Des vrais gosses…
Elle enlève la petite tranche d’ananas du bord du verre et la suçote en prenant garde à ne pas se faire mal avec le cure-dent.
C’est rafraîchissant, elle n’arrive pas à s’empêcher de penser.
Elle se tourne vers le château en construction au cri de Lu Tan. Il est couvert de sable mouillé et peste parce qu’il en a dans la bouche. Le rire clair de Julie emplit l’air. Il ramasse un boule de boue. Julie part se cacher derrière Marie qui proteste et se dégage. Lu Tan part à la poursuite de Julie sur la plage, armé de sa boule de sable. Jia Lin voudrait les arrêter. Elle sent sur elle le regard chaud de Fix qui lui sourit. Elle en oublie de s’inquiéter.
Elle finit son verre dans un petit glougloutement.
Depuis combien de temps n’avait-elle pas été aussi calme ?
Marie s’est rapproché de Fix pour l’aider à construire le château, tout en surveillant Julie et Lu Tan. Ca n’échappe pas à Fix qui en profite pour la taquiner. Jia Lin sourit en la voyant rougir et crier après Fix qui se laisse terrasser en riant quand elle lui saute dessus.
” Madame Lin ? ”
Elle se tourne vers la voix.
” Des abricots. Vous en voulez ? ”
Laetitia, la petite corse, et son ami Mike, viennent de rentrer du marché.
” Volontiers. ”
Ils sont juteux. Sucrés. Rouges. Presque trop mûrs.
Marie voit le sac remplit de fruits et court vers Laetitia.
” Moi aussi j’en veux ! Moi aussi j’en veux ! ”
Et Lu Tan de venir réclamer sa part.
” C’te bande de morfales, lâche Mike avant d’aller s’asseoir rouler son joint. ”
Comment fait-il pour ne jamais être à court ? Pense Jia Lin avant de se reprendre et de se dire que c’est un très mauvais exemple pour Lu Tan.
Elle finit son abricot en se demandant quoi faire de son noyau.
Lu Tan et Marie suivent l’exemple de Khalim qui jette les siens le plus loin possible dans la mer.
” Lu Tan !
- Oh ! Laissez M’dame Lin, dit Khalim, ça risque rien.
- C’est vrai, dit Laetitia, je fais toujours ça chez moi, ça a jamais posé de problème.
- Mais…”
Elle s’arrête. On ne peut pas expliquer que lancer des noyaux dans la mer c’est mal à des terroristes et des fumeurs de joints.
” Oh ! J’abandonne, elle dit en se levant pour aller poser son verre au bar de la plage. ”
Elle revient s’asseoir en pensant au mauvais exemple donné à son fils. Elle se donne du mal, pourtant elle n’arrive pas à trouver ça grave. Ni à s’inquiéter. Il fait trop beau. Trop chaud. La mer est trop belle. Et tout le monde trop souriant pour qu’elle arrive à s’en faire.
Elle s’assoupit sous son immense chapeau en se disant, bien malgré elle, qu’elle est la maman de toute cette petite famille.

Arthur

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Papous d’enfer du 6.6.6 : Activités préalables

Catégorie: Jeux, Limtricks — mis en ligne par carlotta @ 7:27 am

Il s’agissait de passer le cap diabolique du 6 juin 2006 en laissant s’exprimer les diablotines pulsions créatrices qui nous habitent.

L’invitation à participer stipulait :

La contribution pour se faire admettre dans ce sein des seins est, au choix :
un lime(t)rick satanique qui peut s’inspirer
de Tristan Corbière, de Tristan Derème ou, à la
limite, du triste Baudelaire
et héberge un nom du diable au premier vers, une ville de Papouasie au dernier
un pamphlet anonyme contre les chaufourniers

Limetricks :

Dieu quand il débloque à Kondomirat
Invoque Rimbaud, dur ex : « Ah, bleu vaut vert,
Nom d’un schtroumpf lubrique ! Ce con d’homme ira-
Scible est revenu du Diable vauvert ! »
Et, prenant capote : « ce condom m’ira. »

Dieu fit ses études à Bourges, à la fac
De l’être et du néant ; il y devint
Bègue et y perdit toutes ses fac, fac…
« O Cher, dit-il, j’offrirai ton doux vin
Au pape… au pape… au pape où ? A Fakfak. »

Dieu le punk a les cheveux tout péro-
Xydés ; et fait lui aussi le dur quand
Satan dresse (en jeu de mots y a pire oh !)
J’en étais où ?… Ah oui, Dieu existe quand
Satan dresse la table et dit : « Yapéro ! »

Dieu, un gros mot ? Ah non, un méga-mot
D’imprécation drue, ordurier, carmin,
Genre injure alpha et oméga, mo-
Quant (je cite) « mes glaviots comme mes gamins »
Dieu, 6 rue des Mégalos, Megamo.

MS’T

Pamphlet :

Décidément le chaud fou niais n’a pas fini de faire parler de lui. Ces simplets exubérants qui accostent les femmes dans les rues de nos villes, et qui les assomment de propos décousus et de propositions déplacées sont une plaie en soi. Mais qui donc est allé s’imaginer qu’on pourrait y remédier ? Les voici, nos édiles, qui montent des commissions, qui font des appels à témoignages. Les deniers publics investis dans l’opération sont à faire rougir. Et tout ça pour en arriver, excusez du peu, à un reniement public des chauds fous niais. Les voici devenus chauds fous reniés. On se demande qui y gagne quoi. Nous aurions encore eu trop de chance si tout ce gaspillage n’avait simplement servi rien. Cette fuligineuse initiative, loin de régler le problème, a ouvert la brèche à une dérive dont nous n’avons pas fini de recenser les impacts : les accostées, flattées de l’appel à témoignage, affluent par centaines aux guichet de notre maréchaussée pour raconter leurs déboires. Ainsi, celle qui prétend qu’un certain Jean-Pierre Brisset, chaud bouillant, fou littéraire avéré et bêta comme pas deux a tenté durant de longues heures de lui démontrer que l’humanité ne descend pas de la côte d’Adam, mais du sein d’Eve. Manifestement convaincue, elle a tenu à retracer dans le détail les étapes du raisonnement insensé ; le fonctionnaire de faction est actuellement sous le choc, aux urgences, la main en sang d’avoir pris sous la dictée ces élucubrations démoniaques. Des mesures s’imposent ! Qu’on les prenne !

Triste salsa du démon au vin de Corbière :

Triste corps en bière

Mords – chien – et nul ne te mordra.
Pour ne payer des poux
Même il faut payer : dans le tas
En se traînant sur leurs genoux

Là ce tronc d’homme où croit l’ulcère
Froid, coulant, poisson rampant
Ce sera drôle : viens jouer à la misère
Moi j’étais jeune de vingt francs

De sang, de feu ! Dors sur ton sein
Mais mai j’échoue aux côtes de la gêne
A la botte vernie il faut robe à traîne
Chien c’est bon pour les humains.

Verena & Luc

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…QCM…

Catégorie: Jeux — mis en ligne par carlotta @ 7:21 am

A César ce qui est à César et au diable ce qui est au diable :
Restituez chaque extrait à son auteur et donnez le titre de l’œuvre.
A – Saint Jean ; B – Boulgakov ; C – Dante ; D – Barbey d’Aurevilly ; E – Baudelaire ; F –Mallarmé ; G – Toulet

La réponse d’Edou :

Or, l’auteur de ceci, qui croit au Diable et à ses influences dans le monde, n’en rit pas, et il ne les raconte aux âmes pures que pour les en épouvanter.
W – Elvis Presley (Ma raison d’aimer)

Ainsi, non par le feu, mais par un art divin, bouillait là-dessous une poix épaisse qui engluait la rive de tous côtés. Je la voyais, mais ne voyais en elle rien d’autre que les bulles bouillant à grand bouillon ; elle se gonflait toute, puis retombait à plat …
E – Bel de l’eau (Les grenouilles du bien)

Hélas ! de la nuit désireuse, / J’ai beau tirer le câble à sonner l’Idéal, / De froids péchés s’ébat un plumage féal, / Et la voix ne me vient que par bribes et creuse ! / Mais, un jour, fatigué d’avoir enfin tiré, / Ô Satan, j’ôterai la pierre et me pendrai.
 – Gay-Luron (Un dormeur sachant dormir)

Avant tout le nouveau venu ne boitait d’aucune jambe. Quant à sa taille, elle n’était ni petite ni énorme, mais simplement assez élevée. Ses dents portaient bien des couronnes, mais en platine à gauche et en or à droite.
C – Dante (3 petits chats)

Si tu n’as fait ta rhétorique / Chez Satan, le rusé doyen, / Jette ! tu n’y comprendrais rien, / Ou tu me croirais hystérique.
V – Nietsche (Une oeuvre)

Je sais où tu demeures, je sais que là est le trône de Satan. Tu retiens mon nom, et tu n’as pas renié ma foi, même aux jours d’Antipas, mon témoin fidèle, qui a été mis à mort chez vous, là où Satan a sa demeure.
K – Nitche (La même)

Filippa, Faïs, Esclarmonde, / Les plus rares, que l’on put voir, / Beautés du monde ; / / Mais toi si pâle encor d’avoir / Couru la lune l’autre soir / Aux quatre rues, / Écoute : au bruit noir des chansons / Satan flagelle tes soeurs nues ; / Viens, et dansons.
Z – Marc Lavoine (Viens, et dansons)

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…Seins de Toulet diables…

Catégorie: Jeux — mis en ligne par carlotta @ 7:20 am

A la manière de Paul-Jean Toulet, vous écrirez puis déclamez un poème à vous damner, à la gloire de seins de l’un(e) des participant(e)s.

Molle rive dont le dessin
Est d’un bras qui se plie,
Colline de brume embellie
Comme se voile un sein,

Filaos au chantant ramage -
Que je meure et, demain,
Vous ne serez plus, si ma main
N’a fixé votre image.

(Contrerime)

Couilles molles dont les pépins
Sont d’un goût qui se crie
Coquille de prunes enrichie
Comme se farcit le pain.
Edouaros au flairant plumage
Que tu pues et, demain,
Vous ne serez plus, si l’embrun
N’a fixé votre sillage.

Manou

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…Derniers mots…

Catégorie: Jeux — mis en ligne par carlotta @ 7:18 am

Vous citez les derniers mots de l’un de ces personnages célèbres :
- Napoléon
- Charlotte Corday
- Madame de Pompadour
- Lope de Vega
- Brillat-Savarin
- Jules Renard
Vous vérifiez la version qu’en donne Claude Gagnière (p. 471 et svtes). Si elle ne correspond pas à la vôtre, vous écrivez une lettre de protestation, que vous lisez.

Napo : « Tzz, ça me gratte un peu là-dessous. »

Charlotte Corday : « Bourreau, montre-moi tête-bêche au peuple, parce que je le vaux bien ! »

Madame de P. : « Grimper toujours grimper, toute ma vie j’ai rêvé d’avoir les fesses au ciel… enfin ! »

Lope de Vega : « Ouvrez-moi ce soleil, un peu »

B-S : « J’ai un peu la nausée là, je pense qu’il y a un truc qui ne passe pas. »

J. Renard : « Comment ça, je ferai moins le malin tout à l’heure ? »

Lettre de récrimination :

Cher, ou plutôt (cher) Claude,
Ca ne va pas du tout. Que tu t’amuses à dépouiller Napo de ses funèbres oripeaux, soit ; mais que tu égorges la Corday une deuxième fois, je dis non ! Mets Charlotte à la chaux, colle-la !

Yann Bernal & Lisa La Palette

Jules Renard : « Et je meurs en saluant tous ceux de mon village, n’oubliez pas ma statue ! »

Lettre de protestation :

Comment pouvez-vous affirmer que j’aie pu m’adresser à Marinette ! Célibataire endurci, jamais une femme n’aurait pu avoir mes dernières faveurs. Sauf à me laisser entraîner dans une dérive méprisable. Gloire aux hommes !

Co

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…Calendrier de l’an Fer…

Catégorie: Jeux — | — mis en ligne par carlotta @ 7:17 am

Vous prévoyez les réjouissances papoues d’enfer, pour les douze prochains mois à venir, aux jours seins parmi lesquels (liste non exhaustive et trafiquable) : Raille, Ule, Lentille, Masque, Laisser, Nandel…

On nous prie d’annoncer les noces de M. Gaston de fer avec la dame Deferre

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…Lime trique…

Catégorie: Jeux — mis en ligne par carlotta @ 7:15 am

Vous célébrez les vertus aphrodisiaques bien connues du 6tron dans un coquet limetrick de 5 vers, le premier évoquant le démon sous les auspices duquel vous placez ces réjouissances ; le dernier célébrant la culture des agrumes en Papouasie. Vous le faites lire à l’assemblée par la personne de votre choix.

Vous pouvez pour cela réemployer des matériaux provenant de cette Contrerime, de Paul-Jean Toulet :

Dans la rue-des-Deux-Décadis
Brillait en devanture
Un citron plus beau que nature
Ou même au Paradis ;

Et tel qu’en mûrissait la terre
Où mes premiers printemps
Ombrageaient leurs jours inconstants
Sous ton arbre, ô Cythère.

Dans la rue-des-Deux-Décadis
Passa dans sa voiture
Une dame aux yeux d’aventure
Le long des murs verdis.

Le diable et sa queue
Aimable pour le mieux
Pas de papou pas de papa
Pas de chichi pas de câlin
Le diable c’est pas bien

Edou

Démon de mes citrons
Prends-moi et envoie-moi ton jus
Dis-moi si ce goût amer…
Citron de me désirs inavoués

Démons de mes citrons
Hantent mes rêves aphrodisiaques
Parle-moi, susurre-moi à l’oreille
Si les poltrons s’en vont

Démons de mes citrons
En Papouasie les femmes les utilisent comme des seins
Du jus à n’en plus vouloir
Serrés comme des…

Kamal Hachkar

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…Diagnostic diabolique à l’aveugle…

Catégorie: Jeux — mis en ligne par carlotta @ 7:14 am

Rédigez une critique de cet extrait, pour la rubrique livres d’un mensuel littéraire et faites la corriger par votre voisin de gauche avant de la lire à l’assemblée :

« Nous savons d’autre part, du mauvais Démon, qu’il est considéré comme antagoniste de Dieu et pourtant comme participant de très près à la nature divine. Son histoire, toutefois, n’est pas aussi bien approfondie que celle de Dieu, toutes les religions n’ont pas adopté le mauvais Esprit, l’adversaire de Dieu , son prototype dans la vie individuelle reste d’abord dans l’ombre. Mais ce qui est certain, c’est que des dieux peuvent devenir de méchants démons lorsque de nouveaux dieux les refoulent. Quand un peuple est vaincu, il n’est pas rare que ses dieux tombés se muent en démons pour le peuple vainqueur. Le mauvais Démon de la foi chrétienne, le Diable au Moyen Age, était lui-même, selon la mythologie chrétienne, un ange déchu, de même essence que Dieu. Il n’est pas besoin de grande finesse analytique pour deviner que Dieu et Diable étaient identiques, au début, une personnalité unique, laquelle, plus tard, fut scindée en deux figures douées chacune de qualités opposées. Aux temps primitifs des religions, Dieu avait lui-même tous les traits effrayants qui, par la suite, furent réunis dans son pendant contraire. »

Toute l’emphase qui caractérise cet auteur imbu de lui-même ressort de ce pitoyable salmigondis de prétention qui se révèle symptomatique de la déchéance des Lettres françaises.
L’existence publique de ce texte prouve la non-existence de Dieu.

Aubert

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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