Il s’agissait de passer le cap diabolique du 6 juin 2006 en laissant s’exprimer les diablotines pulsions créatrices qui nous habitent.
L’invitation à participer stipulait :
La contribution pour se faire admettre dans ce sein des seins est, au choix :
un lime(t)rick satanique qui peut s’inspirer
de Tristan Corbière, de Tristan Derème ou, à la
limite, du triste Baudelaire
et héberge un nom du diable au premier vers, une ville de Papouasie au dernier
un pamphlet anonyme contre les chaufourniers
Limetricks :
Dieu quand il débloque à Kondomirat
Invoque Rimbaud, dur ex : « Ah, bleu vaut vert,
Nom d’un schtroumpf lubrique ! Ce con d’homme ira-
Scible est revenu du Diable vauvert ! »
Et, prenant capote : « ce condom m’ira. »
…
Dieu fit ses études à Bourges, à la fac
De l’être et du néant ; il y devint
Bègue et y perdit toutes ses fac, fac…
« O Cher, dit-il, j’offrirai ton doux vin
Au pape… au pape… au pape où ? A Fakfak. »
…
Dieu le punk a les cheveux tout péro-
Xydés ; et fait lui aussi le dur quand
Satan dresse (en jeu de mots y a pire oh !)
J’en étais où ?… Ah oui, Dieu existe quand
Satan dresse la table et dit : « Yapéro ! »
…
Dieu, un gros mot ? Ah non, un méga-mot
D’imprécation drue, ordurier, carmin,
Genre injure alpha et oméga, mo-
Quant (je cite) « mes glaviots comme mes gamins »
Dieu, 6 rue des Mégalos, Megamo.
MS’T
Pamphlet :
Décidément le chaud fou niais n’a pas fini de faire parler de lui. Ces simplets exubérants qui accostent les femmes dans les rues de nos villes, et qui les assomment de propos décousus et de propositions déplacées sont une plaie en soi. Mais qui donc est allé s’imaginer qu’on pourrait y remédier ? Les voici, nos édiles, qui montent des commissions, qui font des appels à témoignages. Les deniers publics investis dans l’opération sont à faire rougir. Et tout ça pour en arriver, excusez du peu, à un reniement public des chauds fous niais. Les voici devenus chauds fous reniés. On se demande qui y gagne quoi. Nous aurions encore eu trop de chance si tout ce gaspillage n’avait simplement servi rien. Cette fuligineuse initiative, loin de régler le problème, a ouvert la brèche à une dérive dont nous n’avons pas fini de recenser les impacts : les accostées, flattées de l’appel à témoignage, affluent par centaines aux guichet de notre maréchaussée pour raconter leurs déboires. Ainsi, celle qui prétend qu’un certain Jean-Pierre Brisset, chaud bouillant, fou littéraire avéré et bêta comme pas deux a tenté durant de longues heures de lui démontrer que l’humanité ne descend pas de la côte d’Adam, mais du sein d’Eve. Manifestement convaincue, elle a tenu à retracer dans le détail les étapes du raisonnement insensé ; le fonctionnaire de faction est actuellement sous le choc, aux urgences, la main en sang d’avoir pris sous la dictée ces élucubrations démoniaques. Des mesures s’imposent ! Qu’on les prenne !
Triste salsa du démon au vin de Corbière :
Triste corps en bière
Mords – chien – et nul ne te mordra.
Pour ne payer des poux
Même il faut payer : dans le tas
En se traînant sur leurs genoux
Là ce tronc d’homme où croit l’ulcère
Froid, coulant, poisson rampant
Ce sera drôle : viens jouer à la misère
Moi j’étais jeune de vingt francs
De sang, de feu ! Dors sur ton sein
Mais mai j’échoue aux côtes de la gêne
A la botte vernie il faut robe à traîne
Chien c’est bon pour les humains.
Verena & Luc