September 4, 2006

Papier peint n°31

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 2:05 pm

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Enfant, j’ai vu ma mère trimer et j’ai appris à trimer. J’ai le respect du travail fait, je sais ce qu’il a coûté d’efforts et d’application. Travailler c’est inventer (trouver comment faire), c’est répéter jusqu’à l’excellence, améliorer jusqu’à la simplicité, c’est réutiliser en transformant, c’est conjuguer de la beauté et de l’efficacité. Quelle joie. J’ai l’amour du travail bien fait, château de la Loire ou omelette salade, c’est pareil, si c’est bien fait. J’ai fait la part des choses. Mon activité salariée, c’est mon gagne-pain. Mon travail, c’est raccorder les lés du Papier peint. Au programme ce mois-ci, pour renter joyeusement, un grand jeu sans obligation d’achat : reconnaître d’illustres signatures !

PP31

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Adieu à Pluton

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 2:03 pm

- Que se passe-t-il ?
- Pluton n’est plus planète du système, paraît-il. Pluton ne fait pas le poids.
- Plaît-il ??
Il pleut des pourquoi.
Patraque est ma perception de l’espace où je suis pion pensant qui apprend, perplexe, que Pluton perd sa place.

Lotte Char

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Sur les murs

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 2:00 pm

Sur les murs un peu plus nus
j’écris
celui qui vient
ignorant
porté par
les courants
j’écris
sur les murs
sans savoir
calligraphier
j’écris aucun
plus aucun ne sait
ni
sourate
ni verset
ils tiennent encore
muets
sur les murs un peu plus nus
sur les murs nus
sans murs
sans mémoire
IL VIENT.

Corinne Haddad

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KLEZ MERE CRI

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 1:59 pm

souffle
coquelicots faméliques

en haut du vent

les branches arrachées

Corinne Haddad

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Au fil d’Arthur : Clope sur clope

Catégorie: Incroyable feuilleton d'Arthur — mis en ligne par carlotta @ 1:44 pm

Ca pue l’embrouille…
Onze heures du matin. Déjà debout depuis cinq heures.
Mal rasé. Sixième café. Deuxième paquet de clopes.
Ca pue l’embrouille…
Il n’a pas avalé le croissant qui traîne sur une serviette rouge marquée « Le café du port ». Il le prend toutes les dix minutes, fait tomber des miettes sur son pantalon. Il fait mine d’en croquer une bouchée avant de décider que, définitivement, il n’a pas faim et d’allumer une cigarette.
Ca pue l’embrouille…
Un type est venu lui en taper une. C’est vraiment pas le jour. Il l’a envoyé se faire foutre. Depuis sept heures la veille, il gamberge. Il gamberge fort. A s’en faire mal au crâne. Nan, c’est vraiment pas le jour.
Quand son chef l’a appelé, il ne s’est douté de rien. Avec deux heures de sommeil derrière soi et quelques grammes en cours de purge, on ne se méfie pas assez. On accepte n’importe quoi pour peu qu’on espère obtenir un peu de silence. Il se jure de ne plus jamais faire la fête pour la cent quatre-vingt septième fois.
Convoqué dans le bureau du chef avec une gueule de bois, il n’a pu qu’accepter de reprendre une enquête qui aurait dû passer au contre-terrorisme.

Poursuivre des types qui ont blessé un collègue…Jusqu’ici tout va bien. Après tout, c’était son coéquipier.
Reprendre une affaire que la C.I.A vous a pratiquement prise de force… Passe encore, la bureaucratie internationale, c’est pas son problème.
Qu’il doive se rendre en Corse, à la limite, pourquoi pas… C’est joli, la Corse.
Qu’un cadavre soit retrouvé sur la plage une balle dans la tête… Bon… Ca arrive…
Que le bonhomme en question soit vaguement soupçonné d’être un ponte d’une mafia de la côte. Bon… Pourquoi pas, ces gens là, faut bien qu’ils meurent de quelque chose.
Qu’il se soit échoué sur les récifs avant de prendre son p’tit-dèj’ avec ses bourreaux…Le tout acheté à l’épicerie du village voisin… Pourquoi pas… On prend ses repas avec qui on veut.
Que la police corse ait prévenu la métropole en moins d’une semaine. Bon, un excès de zèle ça arrive. Faut dire que les traces mystiques gravées dans les rochers, ça donne pas envie de s’occuper de tout ça soi-même.
Mais l’enveloppe posée sur son lit pendant son sommeil. Cachetée à la cire. Trace de rouge à lèvres et parfum savamment déposés sur le pli. Ca non. Faut pas abuser.

En cinq heures, six cafés et vingt-trois cigarettes, il ne s’est toujours pas décidé à l’ouvrir.
Il veut s’en débarrasser. La curiosité le pousse à continuer à se demander ce qu’elle cache. On est flic ou on l’est pas. Il veut le fin mot de l’histoire. Il sent les emmerdes comme s’il allait en pleuvoir. Il veut pas toutes ces emmerdes. Il veut juste en savoir plus.
Il écrase un mégot.
Chier…
Il est vraiment pas d’humeur. Toutes ses alarmes sont allumées niveau « Achtung, grosseu kaka ». Si il s’embarque là-dedans, il sait que ça va le mener loin. Et quelqu’un veut l’embarquer là-dedans… Quelqu’un qui lui veut peut-être du bien. Ou pas. Ou quelqu’un qui a besoin d’un pigeon de service. Il peste. Il n’aime pas être le dindon de la farce. Vraiment pas. C’est un coup à se faire fourrer. Et profond avec ça. Du parfum de femme… Ils me prennent vraiment pour un con…
Il a beau tout faire pour ne pas en avoir envie. Il continue à être intrigué. Il peste. Je peux l’ouvrir juste pour voir…Non, non… C’est pas raisonnable. Le patron du café commence à se demander qui est cet agité qui squatte sa terrasse depuis ce matin. Juste pour voir… Ca engage à rien…Mais oui… Ca engage rien. Voilà. Je vais l’ouvrir et regarder ce qu’il y a dedans. Et c’est tout. Voilà.
Il finit son café d’un trait. Décidé. Juste pour voir. Il pose un billet sur la table avant de partir. Juste pour voir. Et c’est tout.

Arthur

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Pamphlets

Catégorie: Jeux — | — mis en ligne par carlotta @ 1:43 pm

Tentez de restituer chacun de ces textes, écrits à la frite trempée dans le saindoux, à son auteur parmi :

Yann, Nicolas Luc, Charlotte, Bérengère, Benoît.

Envoyez vos réponses à l’adresse du journal ! Chaque contributeur recevra en remerciement, avec l’info gagné ou perdu, un poème d’André Frédéric ou de Pierre Morhange.

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Thérèse

Catégorie: Jeux — | — mis en ligne par carlotta @ 1:41 pm

Malemort-sur-Corrèze, le 10 août

Mon père,

On me dit que Dieu est mort, est-ce bien vrai ?
Si tel est le cas, j’aimerais savoir ce que vous faites de tout l’argent qu’on vous donne à la messe chaque dimanche. Peut-être – il est vrai – n’est-il pas mort depuis longtemps, et que vous serez le premier surpris de la nouvelle… Mais enfin – vous l’avouerais-je – ça ne m’étonnerait qu’à moitié. Autrement, comment expliquer que Thérèse, votre bonne, puisse si légèrement trousser ses jupons à chaque coin de rue de notre paroisse sans jamais être exposée aux foudres que vous promettez pourtant à nos pécheresses depuis de si nombreuses années ? Non, certainement, c’est que Dieu est mort, ou tout au moins bien affaibli, qu’il ne puisse ainsi rattraper une donzelle, certes leste de ses cuisses et ses mollets, mais enfin pas si maligne qu’elle puisse échapper à la vigilance d’un Dieu valide. Donc, permettez-moi d’y revenir : que faites-vous de l’argent de la quête ?
Oh ! n’imaginez pas que je vous accuse de dilapider l’argent des paroissiens en tissus délicats et parfums pour Thérèse – bien que je me demande tout de même où elle trouve les éléments de sa toilette du samedi soir, car je ne connais aucun bouseux de cette ville qui soit assez riche ou assez sot pour acheter ainsi une vertu si facile à corrompre sans cela… Donc, non, je ne vous accuse pas. Mais je m’interroge… Car à raison de cinq à dix francs par tête de fidèles paroissiennes, nous ne vous confions pas moins de deux cent cinquante à cinq cents francs par semaine, mes amies et moi. Et je ne parle pas des jours de fêtes, où la population de notre église atteint des deux cents ou trois cents personnes rendues libérales par la perspective d’un salut acheté à bon compte en ces jours exceptionnels où ils sortent de leur impiété commune. Ces semaines-là, vous ne mettez pas moins de trois mille francs dans votre tronc. Gling gling, comme dirait l’autre. Et Thérèse n’en est que plus resplendissante au bal suivant…
Mais je vous le redis, je ne vous accuse de rien. Seulement, il me semble de mon devoir de bonne croyante de vous avertir qu’il y a anguille sous roche. Si Dieu est bel et bien mort, il faut se méfier. J’imagine bien que vous ne lui confiez pas directement notre saint argent. Probablement y a-t-il entre vous et notre Seigneur un intermédiaire. Je ne pense pas à l’évêque Joseph, qui est comme vous au-dessus de tous mes soupçons (il n’a, en quarante ans, jamais jeté un seul regard sur moi en dépit de ma grande beauté et de ma grande richesse, et on se demande bien ce qu’il irait faire d’une Thérèse avec ses 76 ans), ni même au bedeau (qui ne peut pas être intéressé par les charmes de Thérèse, hmmm, si vous voyez ce que je veux dire…). Non, je soupçonne une malhonnêteté plus troublante entre votre bonne personne et les finances de notre Seigneur… Je pense à un saint ! Je pense qu’un saint de notre église chaparde l’argent de la messe et vous empêche d’entretenir notre beau bâtiment du culte. Notre paroisse est pauvre comme Job, vous faites tout votre possible pour cacher la misère de notre église, vous pensez que Dieu lui-même a besoin de notre argent ailleurs, et Thérèse se pavane comme une dinde à toutes nos fêtes civiles ! Il y a quelque chose qui ne va pas, mon père ! Même si Dieu avait besoin d’argent pour ses pauvres en Afrique, il ne laisserait pas la bonne du curé se promener impunément, du taffetas sur les fesses, quand ses bons sujets se pèlent les leurs sur les bancs de l’église ! Non, je vous le redis, Dieu est mort et un saint se paie notre tête… Je les ai bien tous regardés dimanche dernier, sur leur socle en plâtre. L’un d’eux a l’œil torve. L’un d’eux a suivi du regard Thérèse allant communier. Ne comptez pas sur moi pour vous dire son nom : saint Doux, saint Crétin, saints Mou et Leu, saint Frusquin, saint Paulia (celui-là aussi…) ou saint Pliste, c’est à vous à trouver lequel d’entre eux déshonore notre communauté en volant l’argent pour le donner à Thérèse. J’ai mon idée sur la question, mais j’ai foi en votre jugement. Et puis si, par inespéré, notre Seigneur n’était pas mort mais simplement endormi ou dans un coma, il n’aimerait pas que ce soit une simple paroissienne qui ait découvert le pot aux roses. Vous devez faire honneur à votre ministère et si ma stratégie devait se révéler payante, nous nous arrangerions plus tard ensemble, mon père, bien entendu… Mais en attendant, je vous prie d’ouvrir l’œil.

Votre dévouée,

Gisèle Blanchard

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Catégorie: Jeux — | — mis en ligne par carlotta @ 1:40 pm

Dockés sur le sudoku
« Des petits cubes, un gros cube, c’est l’heure de l’attrape-gros culs ! »

Si vous n’y jouez pas, vous êtes grillé : si vous dédaignez de remplir les cases, il doit vous en manquer une ; si compter sur vos doigts vous enquiquine, vous êtes un enchifrené de la cervelle, un taré, un profond réac et un empaffé sans nombre.

Plus fort et plus pervers que l’horoscope, les sondages ou le Roi Sarkozy, il squatte la pâte à papier servie généreusement pas les marchands de soupe dans les kiosques et autres maisons de la fesse : des plus austères organes aux aspirateurs à néant que sont les magazines cul-culinaires et cosmimétiques, il fait jouir un public décérébré par sa nullité bandante et sa contondante facilité. Le refuge de l’esprit ludique dans ce champ de barbelés aux frontières trop délimitées signe assez la misère de l’otium et la défaite de la civilisation.

Parodie de logique, déchéance des mathématiques, le sudoku consacre la victoire du nombre sur le mot, les délices du verbe se vidant au profit de suites, d’abstractions, d’additions, de combinaisons, de superstitions… Faire du chiffre : telle est la loi ultime. Le soleil qui ne se couche jamais sur l’empire de la passivité moderne.

Loisir favori des « têtes de neuf », ce jeu pour les mous-du-bulbe et les sue-du-cul préfigure une société où chacun ne sera plus qu’un chiffre : tous alignés, à la queue leu leu, sodomisés par la norme et la monotonie d’un acronyme Princeps Imperator. Faites vos jeux… rien ne va plus.

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Pour une exégèse économico-religieuse du consensus mammaire.

Catégorie: Jeux — | — mis en ligne par carlotta @ 1:36 pm

Le nom de saint sera dans
L’avenir la pire des injures.
Frédéric Nietzsche

Que des femmes, en ces jours puants qui nous servent d’époque, trouvent encore le moyen d’arborer avec fierté dans leurs corsages bariolés ce qu’il faut bien convenir d’appeler des excroissances de chairs graisseuses, voilà qui ne manque pas de nous étonner. Faut-il que l’aliénation soit aujourd’hui poussée à son apogée pour que la véritable dimension du sein, bien loin de se limiter à leurs dimensions somme toute variables, soit occultée ? En effet qui niera que toute la machinerie capitaliste, ses relents nauséabonds et son caractère infectieux, s’alimentent à la mamelle blanche d’une belle hétaïre ??? Plutôt que de nous parler de la société post-industrielle ou de son avatar du spectacle, que ne parle t-on de la société du mamelon ou de l’industrie du nichon !!! Enfin le caractère hautement réactionnaire de la masse de chair en question transparaît bien dans l’hypocrite utilisation religieuse du mot « saint » ; sous couvert de détourner l’humanité des joies du corps et, donc, des seins incriminés, l’église, pour des raisons qui doivent tenir du complot, n’a eu de cesse de donner à ses héros en débilité le nom de ces sacs de graisses… Saint ceci, saint cela… ça seinffit !!!

Devant des faits si ignominieux et qui doivent pour de longues années encore, tels une mamelle blanche pleine de poison, peser sur l’avenir de l’humanité, un seul remède nous semble envisageable : la mise en avant conjointe des bonnes vieilles traditions babyloniennes d’une part : la femme adultère est amputée de ses deux seins, et, accessoirement, de son nez ; d’autre part, que ne fait-on l’éloge de ces cyclopes du sein que furent les bonnes vieilles amazones !!! Mais nos concitoyens auront-ils la présence d’esprit de passer par le feu toutes « ces vieilles mamelles flasques » dont parlait déjà le vieil Erasme ? Rien de moins sûr…

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Chute du huit

Catégorie: Jeux — | — mis en ligne par carlotta @ 1:35 pm

Vous êtes-vous déjà frottés au 8, de près ? Ne vous fiez pas à ses courbes aguicheuses ; le galbe devient bulbe et la rondeur la pire des perditions… Car ce fourbe huit, vulgaire zéro torsadé, demeure rétif à toute compréhension. Un deux trois quatre cinq six sept huit neuf dix : que signifie ce soupçon de suie dans la suite, ce bruit de fond dans la dizaine ? Un dérapage, un simple glissement à écarteler la mâchoire ? Non, plus qu’une fausse note à la mélopée des numéros, c’est, docte diphtongue, un abcès diphtérique à la langue. A se pencher sur lui, on note vite que le huit grave ou aigu signifie maladie du U : ce chiffre mol en vient à pervertir, outre l’esprit, la lettre !
Huit, haï par Jacques Roubaud car ta verticalité se dresse contre l’infini ! Couche-toi là et il te dissèquera d’un œil neuf. Ce huit après tout ne vient qu’après le sept, c’est dire s’il est surnuméraire, et n’est jamais que l’ombre de ton nombre, cher neuf, pour qui avons-nous voté.

Huit huit, cri de groin !
Huit huit, pauvre bulle d’huile mort-née !
Huit huit, drôle de bidule sans coin !
Huit huit, rampant venin hoquetant !
Huit huit, dévissage du genou !
Hui huit, acquiescement mosellan !
Huit huit, bâtard de truie et de truite !
Huit huit, nœud pap’ surfait !
Huit huit, sablier du néant !
Huit huit, grand seul en son manège !
Huit huit, fuite de l’effort et l’effet !
Huit huit, arrondi seulment bessbège !
Huit huit huit huit, quatre fois vain !
Hache – u – i – té : on amuït le I et le huit a chuté, pfuit.

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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