November 6, 2006

Papier peint n°33

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 10:49 am

Ouvrir le numéro 33

C’est plus fort que de jouer au bouchon. (Ah ! quel est ce jeu de bouchon, auquel je n’ai jamais joué ? Qu’on m’éclaire !) Le cours d’histoire moderne s’ouvre sur le règne de François Premier. Celui d’histoire contemporaine commence au règne de Louis XIV. C’est ce que m’explique un étudiant en histoire et sciences politiques de mes amis. Tout d’abord j’en reste sur le cul. Et puis je me souviens que ce que je vous propose comme du papier peint n’en est pas réellement (rien ne s’opposerait cependant à ce que l’on tapisse les murs de ses proses et vers ; mais je n’ai pas connaissance que cela se soit fait) ; et Tabacaria 19 n’est pas non plus un vrai bureau de tabac de quartier. Tant que vous vous y retrouvez, que mon ami étudiant aussi, pourquoi se prendre la teuté ? Mais je me demande bien quel est l’intitulé du cours d’histoire qui a pour programme l’époque que nous venons de traverser.

PP33

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Face à la mer

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 10:45 am

Ils sont deux et ils donnent des fruits
charade ou pas, elle panse le dernier des jours aussi tenu
que la récolte
à sa place depuis la saison jusqu’à ce qu’elle ne sait plus
nommer
l’attente ou bien une fois encore
les dattes à terre, elle songe à la moitié des lunes d’hiver,
et d’un coup d’un seul, en lacets sur la route, aussi indifférente
qu’eux ils passent et elle lasse, assise
efface chaque visage
en vrac sur les terrasses
descendus de l’autre côté où il n’y a plus
l’olivier ;
les bêtes et ceux qui montent.

Corinne Haddad

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Les citrons de Montale

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 10:45 am

le chant,
le chant des citrons dans les yeux
pressé
ce tremblement
de la lumière, jaune
étoile
à même ma peau…
je pars
dévaler, dévaler vers la mer

le chant des citrons dans les yeux.

Corinne Haddad

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Promenade

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 10:44 am

Le chien tire et Paris s’étire
Un vieux donne les cartes les tiennes
Passées et nostalgiques attirent
Le dix-neuvième au dix-septième

La lumière de l’éclaircie
Vient gracier les vieux encore un peu
Nouvelle donne de toute manière
Et ils sourient ailleurs il pleut

Le jeu commence et toi tu pars
Longeant le square des Batignolles
Etoile étiolée ton regard
Envie ces vieux qui batifolent

Y.B., 27 avril 1997

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Réveil-matin

Catégorie: Incroyable feuilleton d'Arthur — mis en ligne par carlotta @ 10:43 am

Mike est de mauvais poil. Plus rien à fumer. Les feuilles sont noyées dans une bouteille. Même pas une cigarette pour combler le manque. Laetitia s’est levée avec le soleil avant de sortir.
Elle est malade. Cinglée.
Il essaye désespérément de vider un peu de céréales dans un bol. Vide aussi.
Putain de soirée à la con.
Khalim bave sur le canapé. Xavier est toujours sur le fauteuil où il s’est laissé tombé après un verre de trop, la bouche grande ouverte. Fix est dépressif depuis que Julie est partie. Zack est parti faire des trucs dont il n’a même pas envie d’entendre parler. Marie est dans une chambre, bien gentiment, à attendre qu’on lui dise qu’elle ne dérangera pas en se levant. Il se frotte le visage.
Il y a trop de peur en elle.
Il se met un coup sur le front.
Sale Yoda ! Sort de ma tête! Y me faut un truc. Vite.
Il déplace des objets sur la table. Il sait qu’il n’y a rien. Il ne cherche pas. Il fait ça comme ça. Machinalement.
Le gosse est pas rentré. Trop bizarre ce gamin.
Il se souvient de la sale impression qu’il a eue la première fois qu’il l’a vu. Il en était pas à son premier joint de la journée mais ça explique pas tout. Sa mère était comme hypnotisée. Hallucinée. La gamine dormait à l’arrière de la voiture.
Elle aussi. Trop bizarre.
Quand elle a ouvert les yeux, il aurait juré qu’elle avait quelque chose de pas net. De profondément pas net. Il a vu un tas de toxicos plus ou moins avancés. Des allumés. Des amnésiques. Mais pas des comme ça. Nan, pas des comme ça.
Y’avait que le gosse qu’avait l’air normal. C’était bien ça le pire. Comme si ça le dérangeais pas.
Quand il a salué Fix, Mike s’est dit qu’ils se connaissaient. Que tout était normal.
Je suis trop con. Rien n’est normal avec lui.
Mike déteste arrêter de fumer. Il se met à réfléchir. Il n’aime pas ça. Il aime agir d’instinct. Maintenant que son sang s’épure, il se demande s’il n’a pas fait une connerie en décidant de les suivre. Il veut tout laisser tomber, rentrer à la maison.
Putain, si je dis ça à Khalim, il va me tuer.
Plus Mike y pense, plus il se rend compte qu’il ne sait pas d’où sort cet appartement. Ils se sont posés comme des fleurs. Il ne sait pas non plus d’où sortent les deux gosses. Ni où est passée la mère. Il est sûr que ça cache quelque chose.
Putain, je deviens parano. Y me faut un truc. Vite.
Il déplace des objets. Pour combler son envie de rouler. Ca occupe ses mains. Il prend un grande respiration. Trop d’oxygène là-dedans. Il sent ses poumons qui veulent de la fumée. Un truc toxique. Vite. Il massacre un bout de carton en le roulant sur lui-même pendant longtemps.
Si ça se trouve, l’autre chinoise est partie nous dénoncer aux flics.
Il bouge nerveusement d’avant en arrière sur son fauteuil.
C’est obligé. Un truc à fumer. Vite.
Il tourne en rond autour du canapé jusqu’à trouver un bang à moitié fini. A moitié commencé. Un briquet qui marche. Il s’assied. Il l’allume. Ca glougloute. Il se laisse tomber sur le dossier.
Naaaaan mec, Tu te fais trop de souci.
Le bang du matin, ça lui fait toujours ça. Il préfère commencer doucement d’habitude.
« Wah, les gars, C’te claque !! »
Khalim bave. Xavier ronfle.
« Bah répondez pas tous à la fois! »
Il essaye de se lever. Il retombe. Il rit.
Il pose sa tête contre un coussin.
Il s’endort lentement, bercé par la fumée.

Arthur

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Le yéti d’Albi - Samedi. 9H10.

Catégorie: Le Yéti d'Albi — mis en ligne par carlotta @ 10:36 am

Margueritte, au comble de l’excitation, carillonna sans discontinuer jusqu’à ce que Léonie vint lui ouvrir.
A la mine échevelée de son amie et à ses yeux brillants, elle comprit sur le champ que des informations capitales allaient lui être délivrées.
Elles traversèrent, en trottinant à toute allure, le long couloir qui desservait les différentes parties de l’aile ouest où résidait Léonie.
Parvenues à la cuisine, elles prirent place autour de la table ronde et commencèrent à deviser tout en se désaltérant à l’aide d’une citronnade maison. Durant les mois d’hiver, Léonie la servait chaude, agrémentée de miel, d’épices et d’une rasade de vieux rhum. Il va sans dire que la consommation d’un tel mélange n’était pas recommandée à une heure aussi matinale, mais Margueritte ne songea pas à en faire la remarque à son amie tant elle était impatiente de lui confier son rapport.
Tout y passa, dans le moindre détail. Sans rien omettre de la scène à laquelle elle avait assisté, Margueritte s’appliqua à délayer le peu d’informations tangibles qu’elle détenait en réalité. Léonie apprécia la foule de précisions dont sa complice enjolivait son récit.
Elle lui fit reprendre par le menu certains passages, en particulier, celui fort précis où Margueritte lui décrivit la mystérieuse compagne nocturne de Donatien. Léonie s’en délecta ouvertement.
Par contre, l’épisode concernant la présence d’un individu louche aux abords de sa demeure, à une heure indue et surveillant ostensiblement les allées et venues de son fils, vint effacer toute trace de sourire du visage de la vieille dame.
Désireuse de préserver la réputation et la sécurité de sa progéniture, elle décréta une révision complète de leurs plans de bataille et se souvenant fort à propos de son probable ancêtre, Jean François de Galaup, comte de La Pérouse, elle opta pour des décisions courageuses.
On ne se targue pas d’être une descendante du célèbre explorateur albigeois par hasard.

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Contraction - expansion

Catégorie: Collisions — mis en ligne par carlotta @ 10:35 am

Mon amie Veja et moi, le nez plongé dans La Promenade de Robert Walser, qui en version française et qui en version allemande, nous esclaffons :
Chaque fois qu’il le peut, le traducteur de la version française (publiée dans la collection blanche chez Gallimard) contracte le texte, réduit les répétitions et circonvolutions du poète. Mais là où ce dernier a été sobre, la traduction prend des libertés, amplifie le propos, le dédouble, le bégaie, faisant du Walser plus Walser que Walser. Comme si le traducteur, étouffé par la luxuriance du poète, élaguait, mais, contaminé, au plus petit appel d’air, réinventait le texte dans une pâte walsérienne. Le texte et sa traduction s’emboîtent en un curieux assemblage à tenon et mortaise.
Veja émet l’hypothèse que la traduction sur laquelle nous travaillons aurait pu avoir été faite sur une version postérieure au texte réédité en collection poche chez Suhrkamp. Alors, l’auteur aurait lui-même repétri tout son texte, contractant ses trouvailles précédentes, les bribes de phrase originellement plus synthétiques subissant une expansion remarquable.

Veja et Cha

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Dieu, mode d’emploi :

Catégorie: Chroniques intimes — mis en ligne par carlotta @ 10:34 am

Il faut étancher le diable.

Ce n’est pas manquer de confiance en soi que d’admettre qu’on dit majoritairement de grosses conneries, à tout bout de champ, à tous les sujets et en toute compagnie. Des conneries, beaucoup de conneries, rien que des conneries.
(Pour dire l’inverse de ce que j’écrirai plus tard :
Cette phrase est-elle à rapprocher de la « théorie anarchiste de la connaissance » chère à Feyerabend ? Cela veut-il dire qu’on comprend et admet n’évoluer - avancer et découvrir - qu’en dehors des cadres rigides des spécialisations acérées, qu’en dehors des palmes et des dessins trop nets de l’ambition professionnelle ?
Admettre cela, fossoyeurs épistémologiques, amers Erostrate, destructeurs de systèmes, constructeurs de situations, c’est dire oui, oui et encore oui : le n’importe quoi, le gratuit, le bête et le stupide, représentent plus d’énergies fondatrices et constructives que tous les plans et palais du savoir digéré - comme le disait Deleuze, « on enseigne bien ce que l’on cherche, non ce que l’on connaît ». La Règle est une pointe d’iceberg qui nous aide à les repérer sur l’océan du grand vide, et seulement ça. L’errance de Mavericks inconstants vaux mieux que les ventripotentes certitudes des académies.)
On ne trouve la lumière que dans le noir parfait. Et oui, triple oui, on ne dit rien que des conneries.
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Poème écrit bourré dans un bus :

Des traces de dents sur la lune.
J’ai des pantins plein la bouche
Et ils pèsent, ils pèsent,
Tout un argot de velours
Ils pèsent, ils pèsent.

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J’ai tenté tous les biais, je me suis plongé jusqu’au cou dans une gélose faite de papier et de sueur, je n’y ai trouvé que ma perte et de simples complexes.
J’ai piétiné la crasse des promesses, plongé mes mains couvertes de sperme dans les entrailles du jour et dans les lippus plis de la nuit.
Le mouvement de ma chute est sensiblement identique à celui de l’Apocalypse : il est quotidien, il avance, imperceptiblement, plus lentement qu’un nuage gonflé dans un ciel sans vent.
J’ai roulé sur moi-même sur le drap de l’air, sans bouger, excepté sous ma peau. J’ai la sensation d’être assis au milieu d’un bus dont le devant avance et l’arrière recule.
J’ai tenté de trouver une histoire, et des personnages qui iraient dedans, mais rien ne m’est venu que le commentaire, rien que cette sale maladie de fauteuil, qui commence par gentiment vous liquéfier les fesses avant de vous abandonner enchristé au milieu du salon seul face au monde télévisé.
Le « commentaire ». Ce n’est même pas un journal, ou une revue, mais c’est un relevé.
Et qu’en dire ? Que les nouvelles banlieues riches sucent les subventions des anciennes banlieues pauvres, qu’un maton coûte plus cher à entretenir qu’un enseignant mais qu’il rapporte électoralement plus ? Que le dub irlandais est de bonne facture bien qu’on ait empiété sur mes brisures toute la putain de soirée ? Que le libre arbitre n’existe pas ? Que la 1664 blanche est parfaitement dégueulasse ?
J’ai cherché à provoquer une « Felix Culpa », et n’ai obtenu qu’un ventre de bière gras, et la certitude que « l’erreur » est le seul crime qui ne paye pas.
J’apprends : « Pour décider de ce qu’est la Loi, il faut se considérer comme en dehors d’elle », du parlementaire au bandit. « J’apprends » - en fait non, on éclaire pour moi de mots et de sonorités justes, ce que je décrypte à grand peine, caché au grenier de mon cerveau.
« C’est un monde de progrès immobile, où le seul progrès effectif est celui de l’extorsion de tous par quelques uns ; un monde au fascisme sucré, non édulcoré, où l’on ne torture que les sentiments… » – pour continuer à me paraphraser sans fin.

Dire une fois encore : seuls des visages me sont apparus.
Là, une femme aux locks brunes baguées d’argent, elle porte trop de mascara, elle ressemble à une poupée, non, elle ressemble à un sextoy ; ici un comptable sous mescaline qui raconte un rêve qu’il n’a pas encore fait (… en fait d’exotisme, il ne s’était dégoté qu’une roumaine au nom de salade imprononçable, à l’œil torve et à la silhouette ovoïde… pourrais-je rajouter ).
Mais pas de lieux, ni de distance, rien de substantifique. Des flashs, mais pas de photos.

La question que je m’étais initialement posée était : « pourquoi j’écris ? », maintenant ce n’est même plus : « pourquoi écrire ? », je crains n’être plus capable que d’affronter le : « pourquoi ? », et c’est tout.
J’ai fait œuvre d’impuissance. Je croyais être une éponge, je suis une poubelle. J’ai cédé à la facile opiniâtreté du gratuit, du futile élevé au rang d’art, soumis à toutes les coquetteries du solipsisme.
C’est un défaut mal travaillé que d’écrire comme je le fais.
Mon erreur ? Tenter de lier la confusion par des artifices, croire à un dessin du monde.
Alors qu’on n’écrit pas sur des crayons - car il n’y que des crayons, rien que des crayons, un océan de crayons, cent, vingt, un million, ils sont innombrables comme les étoiles derrière le ciel, mais nulle part il n’y a de surfaces assez planes et concrètes pour que ces crayons soient réellement utiles. Certains bâtissent des palissades avec, d’autres des colliers de flûtes de pan. Les plus censés remarquent aisément qu’on ne peut rien tirer de bien solide du monde. Il n’a ni début, ni fin.
J’ai cru m’inspirer de ce chaos, et ne pas devoir mettre plus que de l’indéfini dans mes textes. J’ai cru que cela suffirait à refléter dans la tête de mes lecteurs.

En plus de masquer la véritable paresse dissimulée derrière le processus, cet échappatoire m’a fait oublier que seul un chaos sur-organisé et maniaque pouvait dans son systématisme représenter la confusion globale de l’univers. Proust, Balzac et Joyce, dans leurs fignolages alambiqués de détails serpentins, touchent au nerf du monde, à sa variété infinie, à son étendue impalpable, comparable à un champ de verdure ondulant sous le vent : chaque brin d’herbe est une possibilité. Tout le monde le comprend intimement sans jamais avoir besoin de se l’avouer, ou même le rendre intelligible. C’est naturel. On comprend tous l’étendue des chances et des possibilités quand on observe un pré et ses milliards d’aiguilles dressées, monde incalculable et gratuit.
Il en va de même pour Tolkien, et pour bien d’autres. Ils ont compris que la multiplicité des points de vues, et des systèmes de narration, touche au plus profond de notre façon d’appréhender le monde, l’air de rien.
Et moi qui croyais que l’écriture automatique était ce qui ressemblait le plus au chaos originel…
( En fait c’est une bouffonnerie satisfaite et servile. Je préfère l’horlogerie fantomatique des cercueils de John Dickson Carr à l’horlogerie poétique du singe d’Egard Poe.)

C’est un lieu commun que de dire que les grands classiques sont formidablement indémodables, constamment en avance sur leur temps, prémonitoires et à tout jamais d’avant garde, etc.
Mais c’est une grande vérité.
La complication sans but ( mais sans laquelle rien ne serait possible ) de notre espace vital, imprime en nous une faculté d’émerveillement intarissable face aux constructions humaines rivalisant de ramifications inutiles. C’est une overdose constante et bénigne. Chaque lettre d’un livre est un brin de cette herbe que nous contemplons si souvent, l’air de rien.
Mon herbe à moi était volontairement bancale, mais comme pour les secondes ( si on ne met pas les lignes dans le bon sens ), on ne fait pas une heure valable sans des minutes qui se suivent.
Plus je lis et moins j’écris bien, comme on dit : « plus on sait, moins on sait ».

Mon insatisfaction opère un mouvement de balancier entre l’histoire et le commentaire. Quand j’écris sur du vent, des images précises m’obsèdent, et quand je tente de décrire une situation et des personnages précis, le commentaire me prend comme une fièvre adultère. Mon insatisfaction oscille sans cesse entre ces deux potences, c’est un moteur souvent vain, bruyant et brouillon, rarement explosif.
Commençons par dire : rien n’est plus important que le sens de l’observation.
Voilà encore une grande vérité.
Il faut laisser filer… Les phrases sont des rubans dont on ferait une robe, taille après recoupe, recoupe après taille ; encore une « analogie facile », n’est ce pas ?
Se « mettre à niveau » n’est jamais qu’une « sous-estimation », et l’ellipse pour l’ellipse ne vaut jamais rien de bon, n’est ce pas ?
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Eloge :

A tous les démons pointilleux.
Du Barrett de « The Servant » de Joseph Losey ( jazz aux cent reflets sensuels, fascination galbée pour les mollets féminins, canines garnies de cuir jaillissant de mâchoires de tweed sombres et droites ) au Bartelby mono-sentence d’Herman Melville ( Fitz a détesté ).
Ils sont plus effrayants que toutes les bêtes cornues de la Création. Ils induisent un effroi tranquille, une lente et systématique destruction morale ; en lieu et place des « Malédictions » ponctuelles, qui ne sont que de vulgaires diversions ( ré-Création ) pour les enfants de 7 à 77ans.

Je ne veux pas passer pour un affreux conservateur ( et pourquoi pas ? ), mais « Mr Chance » c’est autre chose que « Forrest Gump » ; c’est un peu comme si on voulait comparer William Blake à Enki Bilal, ou prendre Nagui pour un mélomane… ( Aujourd’hui n’importe quel baderne peut revendiquer le rôle de polémiste. Quand il y a moins d’un siècle on s’écharpait sur de la prose ou du théâtre, de la politique ou de la philosophie, n’importe quel plumitif chroniqueur peut aujourd’hui bavarder à son aise sur la pertinence d’un 45 tour, ou le rôle sociologique d’une émission de télé-réalité, et passer pour un polémiste de premier plan…)
Et pourtant, le cinéma c’est quelque chose ! Peut-être un peu trop total, plein, radical, dans son viol de tous les arts, mais bon dieu, c’est quelque chose quand même !
Tous les arts ont été - sont - ou demeureront des industries, mais n’en est-il pas pareil de nos vies ? Avec nos « armes pour combattre la maladie », nos « assurances vie » ? Je veux rappeler ici que malgré toutes les entraves industrieuses de l’industrie - n’en déplaise à Marx, l’homme même brimé est encore capable d’une Chapelle Sixtine, d’un poème ou d’une 5ème Symphonie.
Je suis toujours rassuré. Même si le mal est plus déterminé que le bon, toutes les sangles du progrès n’empêcheront jamais ceux bénis par le Talent (cette courtoise version de la Puissance ) de créer, encore et encore, mille et une merveille, au nez et à la barbe des Idoles, qu’elles soient d’Eglise, Laïque ou de Marché. Rien ni personne ne peut les empêcher.
Donc le cinéma : L’Art complet pour les boulimiques que nous sommes ( voyez l’élégance outrancière d’un film de Johnny To par exemple ).
Aller contre reviendrait à pester contre la radio.
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On ne réussit rien sans tricher un peu.
Sans se moquer à un moment ou à un autre des convenances et des règles, sans se délier des sentiments grégaires de la morale et de la coutume, des réflexes de castes trop ordonnés, sans briser les règles admises, nos cages opulentes et les horizons obturés. Sans tout remettre en cause de nos cellules à nos plafonds d’ivoire. Sans tout perdre et ne rien espérer gagner.
La réussite est une oeuvre tragique et solitaire. Elle se passe de public et de commentaires, de salut et de critiques, elle se passe même de vous, de moi et de nous tous ; elle est telle un arbre dans une forêt infinie, un arbre que personne n’a vu et que personne ne verra jamais, noyé anonyme au milieu d’autres arbres, personne ne s’assiéra jamais entre ses racines duvetées de mousse pour conter fleurette, ici, précisément parce que c’est lui, lui et lui seul, personne ne le caressera avec respect et nostalgie lors de promenades dominicales, lui, et lui seul, personne ne le remarquera, et pourtant il existe, fier, droit et digne comme dans les gravures, semblable à ses voisins, mais pourtant unique, avec une vie unique, un feuillage unique et une chevelure unique, semblable à aucune autre chevelure sur aucun des autres continents du globe ; eh bien cet arbre peut représenter l’idée de la réussite : l’unique au cœur de ses semblable.
(Et encore, c’est imaginable, possible, comme tout est possible, mais rien n’est jamais probable, alors c’est une métaphore qui vaut à moitié le coup, bref, qui est à moitié réussie.)
Cet arbre est irremplaçable, bien qu’il puisse remplacer tous les autres.
En changeant d’échelle, admettons que ce raisonnement est valable pour tous les autres arbres de la planète : chacun est unique, aucun ne peut prendre la place de l’autre, mais tous peuvent prendre la place de tous. On peut tous faire ce qu’on veut dans la limite individuelle de chacun.
J’aurais pu être une femme, immigré guinéen ou musicien ouzbek, mais personne n’aurait pu être moi. Rien n’est déterminé.
La réussite se fiche d’être perçue. La réussite se moque du succès, c’est l’arbre que cache la forêt.
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Ce que j’ai envie d’écrire en ce moment :

- Une nouvelle érotique à vous démanger les orteils, et peut-être raconter comment je me branle chaque fois avant d’écrire.
- Une nouvelle fantastique, une nouvelle d’épouvante classique, une histoire de possession ou une histoire de maison hantée, et comment ses cariatides dodues ne vous quittent pas du regard une fois passé dans le jardin.
- Une histoire stricte et imparable qui se déroulerait pendant l’équinoxe de printemps, sous la ride oblique des nuages, quelque part au Nord.
- Un texte qui parlerait d’un monde imaginaire, où un Super Etat assurerait à 100% la propriété individuelle, et où lors d’un vol, seuls les propriétaires seraient suspectés, avant d’être totalement remboursés une fois innocentés.
- Il faudrait aussi que j’écrive au sujet de ces pétasses de province au chômage, à la débile ostentation numérique, maquillées comme des hôtesses au Salon de l’Automobile, et qui arborent au barbecue du dimanche un téléphone oreillette flambant neuf assez puissant pour envoyer une fusée sur la lune, mais impuissant à les faire se sentir un peu plus connectées avec le monde.
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L’ambition qui ne dévore pas est une étincelle perdue au fond d’un puit.
J’aimerais opter pour « l’athéisme social » de G. Palante, mais ne peux y souscrire entièrement ; le comprendre, l’envier, ça oui je peux, mais m’y astreindre, jamais entièrement. Tous les hommes sont des porcs, et toutes les femmes sont des putes, mon père et ma mère en premier, je me dis tout cela devant la « Cabiria » de Fellini, et pourtant, le pessimisme intégral me fuit. Le condottiere a besoin de passants pour faire rire son vin et friser sa moustache - ça me fait penser au mythe du géant Antée - le trip ermite ou la grande renonciation Taosiste ( « wu wei » : « ne fais rien ! »), c’est pas pour moi.

Cette nuit, dans mon sommeil, j’ai pleuré ma propre mort, une balle dans le ventre, le dernier endroit que j’aurais choisi…
Caléfaction. Musique de l’instinct. Mon cœur agite une poignée de dominos.

On comprend souvent ce que l’on écrit à rebours. « Il n’y a qu’une Vérité, c’est qu’il n’y a pas de Vérité», par exemple. Lorsque je lis un livre ou un article, j’ai la sensation mi-plaisante mi-gênée qu’on m’explique ce que j’ai écrit dans le passé.
Et comment j’écris ? Je commence souvent par de très longues phrases, presque des paragraphes, à chaque fois, puis je coupe, découpe et redécoupe, parfois rallonge, ponctue, et efface régulièrement le tout. Je préfère fumer de l’herbe pour écrire, l’alcool rend trop hargneux, virulent et répétitif (ne jamais boire plus d’un litre et demi de bière ou plus d’une bouteille de vin), alors que fumer installe une espèce de quiétude, et provoque une ébullition des mots vraiment plus enivrante. Mais en tout cas, l’écriture qui ne serait pas une transe serait un nid de paperasses, et rien de plus.
Dans ce trajet je me perds toujours un peu, heureusement, la dernière ligne est rarement la conclusion de la première. Pour être politique, et critiquer la science « moderne » (et sa diabolique doctrine : « ce qui est possible doit être fait »), je dirais que je préfère le chaos nourricier aux spécialisations utilitaristes.
Même si j’ai dit le contraire plus haut, lâcher la bride aux mots, les renverser comme une flaque, reste la seule façon que j’ai d’enchaîner les phrases et me faire plaisir.
Je viens de comprendre que si j’ai un plan trop précis en tête, une histoire complète et la majeure partie de son armature, je n’ai plus envie d’écrire cette histoire, ou plus le courage, ça revient au même. J’ai besoin de lire ce que j’écris, simultanément, pendant que je l’écris. J’ai besoin d’être surpris, perdu. Quand tout est dans ma tête, écrit et en ordre du début à la fin, à quoi bon le papier ? Le boulot a déjà été fait, l’œuvre existe déjà.
L’instinct de survie c’est de l’égoïsme politiquement correct, c’est ça ?
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Le progrès doit-il s’arrêter sur ce qu’il a raté ?
Doit-il avancer, toise inflexible, ou doit-il faire halte sur ceux qu’il aura laissé au bord de la route ?
Doit-on survoler pendant plusieurs dizaines de milliers d’heures la France, pour faire un joli site Internet pour l’IGN ? Doit-on se soucier avec force budget de la survie d’un ours perdu dans les Pyrénées ? Ou doit-on être digne, humble et décent, et ne parler que de s’occuper de la malnutrition mondiale ? D’ailleurs cela a-t-il vraiment quelque chose à voir ? Une fois les avions au tarmac, l’ours sur un pic, la faim dans le monde est-elle devenue un problème solvable ? Est-il inconvenant de légiférer sur le mariage homosexuel tandis que la planète se réchauffe ?
(Le progrès c’est cela : parer à tout, conscient que les parades sont elles mêmes le nid des problèmes futurs. Malgré le rapt effectué par la dictature économico-scientifique sur le sujet, le progrès c’est d’abord cela, le mouvement inflexible qui pousse les générations dans les pattes des précédentes. Un des constituants primordiaux de l’histoire, si on admet l’histoire comme une donnée physiologique et sociale, existant hier et demain. Le progrès est un arbre (encore !) sans tronc, ses branches équivalentes peuvent indifféremment être coupées ou bichonnées, mais rien ne peut entamer sa croissance.)
Oui, on peut et on doit s’occuper des futilités de notre vie, tout comme on devrait bien sûr s’occuper des problèmes plus majeurs et généraux, se démener même ; mais s’empêcher de satisfaire l’un pour ne pas fâcher l’autre, c’est céder aux manœuvres de jésuites diplomates et de rufians pragmatiques qui n’ont dans la tête que notre exploitable apathie, nos silences vaguement douloureux.
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Avec ma fille, je peux enfin aimer quelqu’un sans penser au sexe.
J’ai l’impression d’avoir été placé aux yeux du monde dans les starting-blocks de l’émotion le jour ou j’ai annoncé ma future paternité, à croire que toutes ces personnes se repaissent d’un bonheur frénétiquement attendu, comme les démons de David Lynch, cachés derrière leur rideau rouge, se nourrissent de peur et de désolation ; je vais être heureux, le monde l’est déjà pour moi. C’est une certitude lourde et tranchante.
Je vais pas y échapper, « ma vie va être changée », d’un sourire complice, d’un regard au ciel, tous, « ça va être formidable », d’une main posée sur l’avant bras, d’une épaule qui se colle à la vôtre, « tu vas voir », tous, absolument tous, ils n’arrêtent pas de vous motiver, de vous entraîner, avec une bienveillance de reptile, des mots affreux de médiocrité, une niaiserie élevée au rang de prière, tous, ils ne cessent de vous dire combien, et comment, vous allez en prendre plein la gueule de votre bonheur. Pas moyen d’en réchapper.
Il n’y a pas plus grand crime que de ne pas jouer à ce jeu là. On en a brûlé pour moins que ça.
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La fin est proche, demain c’est demain, arrivera ce qui arrivera, j’écrirai ce qui me prendra.
Je veux entendre la lyre chanter quand le gros caillot de l’empire tombera en poussière.
« On immunise l’imaginaire collectif par une petite inoculation de mal reconnu ; on le défend ainsi contre le risque d’une subversion généralisée. »
Roland Barthes, le concept de la « vaccine ».
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Poème écrit bourré dans le sud :

J’ai vu :
L’origami des toits de tuiles rondes, les filles aux jolies fesses blondes,
Les champs aux trente trois billes de blé,
la montagne y bande tout l’été.

Zo

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Internet a tuer ma fille - 14H12 :

Catégorie: Uncategorized — mis en ligne par carlotta @ 10:30 am

A 50 km de Valenciennes, vers le sud, on traverse la Cambraisie, puis plus au sud encore, une série de petites agglomérations similaires, rectilignes et plates, espacées de prés à vaches et de champs de colza.
Nous quittons un village tout en longueur, Maretz, bifurquons à droite à l’un de ses principaux carrefours, et descendons dans une rue plus étroite, bordée de pavillons sordides dont on dirait qu’ils ont tous une remise pour façade, et un garage pour terrasse, puis nous longeons des rangées de pavillons plus neufs issus du génie des maçons portugais ; plus bas quelques corons typiques subsistent encore, mais des mobil home terreux leurs poussent en travers tels des tumeurs de tôles crasses et vitrées. Après un kilomètre de ce paysage dépressif, on débouche sur un stade de foot, à gauche, puis sur une nouvelle côte.
La route devient franchement mauvaise, caillasse grise et gravillons noirs. Elle monte engoncée à travers champs, ponctuée de longues bandes d’herbe en son milieu. Après un autre kilomètre, on arrive en haut d’une espèce de butte molle, couvrant le bas de la ville derrière nous et sur l’autre face une forêt découpée en carreaux le long de champs d’orge barbue et de baraques de chasse. Les clochers au loin déglutissent leurs carillons.

Nous continuons tout droit. En moins de cinq minutes la route devient totalement impraticable, les ornières gorgées de pluie sont des sangsues aspirant les essieux du van, et elles nous immobilisent, enfoncés de travers, à l’ombre des bois. On voit aux traces brunes que la route continue sous les arbres, mais impossible d’aller plus loin en van.
Ma terreur enfantine des sous bois fait fonctionner mon cerveau à pleine vitesse ( je vois un homme musclé en chapeau, tee-shirt crasseux beige collé au corps, son visage est dans l’ombre ), et quelque chose m’apparaît tout de suite suspect dans l’organisation des lieux.
“ Ou est la voiture de Pavel ?
- Je sais pas, il a du venir avec l’autre…
- Où est sa voiture alors ?
- Je sais pas moi, il a un 4X4 !
- Et pour le matos, on le porte sur notre dos à travers la forêt ?
- Arrête de t’inquiéter, je vais appeler Pavel. ”

En fait de matériel, j’ai ma trouille et mon calepin, mais que Marion téléphone est de nature à me rassurer.
Dehors les premières gouttes de pluies meurent sur le pare brise, et sur les feuilles des arbres, dans un concert dévoué à la plus totale subjectivité. Un autre y verrait un appel à la nature, et dirait qu’il n’y a pas plus beaux bouquets que ces arbres découpés sur le ciel blanc. Moi j’y vois un baisser de rideau funeste.
“ Bon, évidemment ce putain de téléphone ne passe pas…
- Et le satellite ?
- Tu crois que j’allaid donner le satellite à ce barge de Pavel ? Allez viens, on y va à pieds, ce ne doit plus être très loin. ”
Voilà, c’était dit, les mots terribles : “ on y va. ”

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~ Les revues BD ~

Catégorie: Promenade bavarde — | — mis en ligne par carlotta @ 10:28 am

Une BD « française », entre roman graphique et science fiction (Etagère principale, 2ème étage en partant du haut, 69 livres)

• (A SUIVRE)
1. n°200 CASTERMAN
2. n°239 (FIN) CASTERMAN
• PILOTE Le journal qui s’amuse à revenir été 2003 DARGAUD
• Le monde dessiné par les plus grands (Loustal, Schuiten, de Crécy, Juillard, Dupuy & Berberian, Bouck, Blain, Mattotti, Moebius, Munoz) fin 2002 GEO hors série
• METAL HURLANT
1. n°134 Les humanoïdes associés
2. n°135 Les humanoïdes associés
3. n°136 Les humanoïdes associés

L’assemblage ci-dessus n’est qu’un très faible aperçu de mes lectures de revues :

YC20

Tout commença avec la lecture de « Pif Gadget » chez la tante de ma mère qui me gardait, pour se poursuivre en CM1/CM2 avec les « Strange » de mes camarades plus fortunés.

YC22

J’ai également souvenir d’une brochure annuelle de « Spirou » que l’on m’avait offerte lors d’un Noël.

YC21

Mes premiers « achats » au collège se tournèrent vers « Spécial Strange » qui débutait en trimestriel (meilleur pour mes finances maigrichonnes) et qui avait la chance de voir le retour des X-men avec John Byrne. Cet achat était combiné avec ceux de mes camarades de classe qui se dédiaient respectivement à « Strange », « Titans » et « Nova ». Ainsi, durant quatre années, je me suis abreuvé des aventures de Marvel, via Lug interposé. Mes parents ayant fait disparaître cette collection de « Spécial Strange », je n’ai plus aujourd’hui trace de ces merveilles qu’à travers l’achat récent de réédition que nous évoquerons dans d’autres étagères …

YC23

Ensuite après la vision du dessin animé, je me tournais vers « Métal Hurlant ». Mon premier numéro acheté avait « Le dragon du lac de feu » en couverture. Mais, il ne reste pas non plus trace de cette collection suite au nettoyage parental. Hélas, quelques années plus tard, ce magazine disparut.

YC24

Après l’armée, je me suis abonné à la revue (A Suivre …). Comme « Métal Hurlant », celle-ci disparut à son tour. J’ai donc décortiqué les numéros pour en extraire les épisodes d’aventures diverses qui n’attendent qu’une ultérieure reliure, programmée je ne sais quand.
Aujourd’hui, je me suis rabattu sur des revues de critiques de BD, en éliminant « BODOÏ » (qui me paraît trop tourné vers la prépublication) et « BANG » (trop dans une creuse mouvance intello-branchée récemment sur la BD et trop cher pour peu de critiques). Les gagnants actuels sont donc BDka et Calliope (si ce super fanzine resurgit un jour).

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Par conséquent, la liste des revues peut se résumer de la façon suivante :

 des restes de n° significatifs pour (A suivre …),
 un GEO hors série d’anciennes pointures d’(A Suivre …),
 une ressortie de PILOTE (que j’ai très peu lu du fait de mon âge) et
 une ressortie de Métal Hurlant par une lâche nostalgie (le résultat n’est, hélas, pas très probant),
 une collection vivante et complète de BDka.

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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