January 1, 2007

Papier peint n°35

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 3:17 am

Ouvrir le numéro 35

2007 arrive avec Papier peint : Bonne année ! Qu’elle tende vos murs de fantaisie et d’invention ; me donne de recevoir vos textes et d’avoir envie d’en coller, sur les miens, les motifs. Papier peint cherche un souffle ; traîne au passage ; tout va bien : l’arrivée du printemps passe par cet abandon hivernal à la rêverie, à l’attente, paresseuse et confiante ou frigorifiée selon les moments, du renouveau.

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La Défense selon Gatien

Catégorie: La Défense selon Gatien — mis en ligne par carlotta @ 3:15 am

Au feu la tour

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Paul Gilles

Catégorie: Poésie — | — mis en ligne par carlotta @ 3:11 am

Paul Gilles, né en 1937, a connu une enfance très artistique, avant d’être envoyé de l’autre côté de la Méditerranée afin d’y commettre des infamies contre son gré. Par la suite, il préféra s’exiler en Italie, où il fut successivement assistant réalisateur à Cinecittà, puis journaliste. Revenu en France, il a surtout agi comme militant anarchiste, avant d’être contraint de prendre une retraite anticipée et de mener une existence très retirée, surtout depuis la mort de son chat Gatto.

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Fouilleuse

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:11 am

Je suis en vie, mais je me soigne
Contre la pluie, les courants d’air,
Tous les vents venus de la mer
Qui frappent maisons et campagne.

Des chevaux de course s’ébattent
Entre le golf et les jardins,
Non loin du fleuve des chagrins
Où souvent les chalands s’écartent.

Des chats veillent près des murs gris
Et rouges les habitants de ces abris
Qui bordent la voie de Fouilleuse,

Hommes et femmes en retrait,
Aux tâches vaines, sans attrait,
D’une vie morne, poussiéreuse.

Paul Gilles

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Comme la chatte de Cowper

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:10 am

Il guette il veille sur moi
sur les bords du Nil
parmi les palais et les temples
au milieu des ruines près du Tibre
au somment de cette colline qui domine la Seine
sur les parcs et les jardins
en toutes saisons il guette

comme la compagne de Cowper
le faisait avec son poète à East Dereham
ce chat avec ses yeux verts
se moque lui aussi des révolutions humaines
en toutes saisons
blanc et tigré il se dresse
farouche guetteur de l’éternité
ou feint de dormir dans un coin
mais il veille sur moi

le chat ne meurt jamais
il franchit dans l’ombre la dernière porte
avec grâce
il fait régner la paix dans l’éternité
il guette il veille sur moi
jour et nuit

Paul Gilles

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Pour Charlotte

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:09 am

En passant rue des Chaufourniers,
Je pensais à Alain Fournier
Et à son dadais de grand Meaulnes,
A deux pas des Buttes Chaumont,
Hantées par tous les Jean Valmont
Et leur bonheur à cent sous l’aune.

Je pensais surtout à Charlotte
A son rire comme marotte,
Quand le vent de la poésie
Agite ses brins de folie

Paul Gilles

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Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:09 am

Tous ceux qui ne sont pas aimés ne se jettent pas forcément dans les rivières. N. Hikmet

Ni sous la rame du métro, quant à la complainte : elle s’est tue
et si certains écrivent avant de mourir l’adresse à celle qui a compté ;
d’autres s’étonnent que jamais le hasard…
comme tous ceux qui, on ne sait pourquoi s’établissent, glissent l’un avec l’autre à la dérive.
Un jour encore on tient la note sensible
un mouvement de la tête, un geste : on cherche sans le vouloir
au point que sans excuse ni remord
on se rend à la rivière…

Corinne Haddad

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Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:08 am

Il y a beaucoup de fange de par le monde. F Nietzsche, A. P. Zarathoustra

Mais le matin
ce vieux rêve fou
n’a pas fini de geindre
et ce commencement de derrière l’hiver
où le feu a brûlé
toute la forêt des songes
tous les corps des mourants.
mais ce matin encore
dans le coeur avide
d’un siècle pourrissant !

Corinne Haddad

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Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:07 am

Le vrai désir ne guette pas son extinction dans la satisfaction, il est effervescence et désordre. Abîmes, Pascal Quignard

Tout en images, mais lesquelles ?
Impitoyables et surnuméraires,
elles ne peuvent rivaliser avec les pêches nombreuses ;
dépeuplés de la puissance du jour
nous ne pouvons plus configurer et laisser aller les mirages de la nuit :
un air déjà entendu.

Corinne Haddad

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Filature amateur

Catégorie: Incroyable feuilleton d'Arthur — mis en ligne par carlotta @ 3:07 am

” Bordel, fais gaffe ! ”
Khalim tire Mike en arrière.
” Putain, t’es con, tu vas nous faire repérer.
- Mais vos gueules “, Xavier fait.
Du coin de l’immeuble, ils espionnent Fix et Julie qui discutent avec un inconnu.
” Je vous l’avais bien dit qu’ils nous cachaient un truc “, Mike dit.
Fix et Julie traversent la rue pour frapper à une porte.
” Bordel, mais qu’est-ce qu’ils branlent ?
- J’en sais rien, faudrait se rapprocher. ”
Ils se cherchent le courage de le faire. Quand Mike a demandé ce qu’ils foutaient là en se réveillant, ils ont réalisé qu’ils n’en savaient rien. Un trou béant dans la mémoire. Ils ont connu des réveils difficiles. Ca revient avec le temps. Pas cette fois. Au fil des jours, le trou reste. Un trou qu’ils n’ont jamais remarqué. Comme une pièce inconnue chez soi. On passe devant pendant des années. Et elle nous tombe dessus.
Khalim a voulu s’avancer avant que Xavier ne l’arrête.
” Attends, regarde. Tu vois rien de bizarre ? ”
Une rue. Fix. Julie. Un autre inconnu sur le pas de la porte. Une vieille qui promène son chien et son cabas. Deux voitures garées.
” Ben… Nan “, Khalim fait.
Une voiture passe dans la rue.
” Toujours rien ?
- Nan toujours rien. C’est une putain de rue déserte, qu’est-ce que tu veux que je trouve de bizarre ?
- C’est exactement ça. Y a rien. Tout est normal.
- Bon alors quoi ? Tu m’as fait chier dix minutes pour me dire que tout va bien ? Khalim dit avant de se demander si son plan d’approche est toujours bon.
- Nan. T’as pas compris. Tout est normal.
- Oui, bon, et quoi ?
- Ouais, et quoi ? Mike fait.
- Vous avez pas remarqué ? On les suit depuis un moment mine de rien. Et tout est normal… Regarde la vieille avec son chien. Elle a pas regardé une seule fois vers eux. Y’a personne aux fenêtres… Ils ont pas mal marché, mais personne les a remarqués. Personne les a mal regardés ou quoi… Pourtant, une nana comme Julie, ça passe pas inaperçu. Et Fix, sérieux, je le croise dans ma rue, je me demande ce qu’il fout là. Mais nan, rien, tout est putain de normal. ”
Khalim et Mike réalisent au fur et à mesure que Xavier parle que tout est affreusement anormal de banalité. Mike panique.
” C’est des fantômes. Ils vont nous bouffer nos âmes comme dans ce film, là…
- Bordel, Mike, ta gueule, Khalim dit, et arrête de regarder des films de merde quand t’es fonc’dé. ”
Ca le calme un peu.
” Y’a pas que ça, Xavier reprend, même nous, on fait tache dans le décor. T’as pas remarqué ? On nous a pas adressé un seul coup d’œil. Même pas méfiant ni rien. Nan. On est invisibles. ”
Mike reprend peur. Khalim lui colle une claque derrière le crâne.
” T’es chiant quand t’as pas fumé, tu sais ? Déstresse deux secondes. ”
Il reprend l’observation.
” C’est putain de chelou.
- Ca, tu l’as dit. On fait quoi ? ”
Fix et Julie finissent par entrer.
” On va là-dedans.
- Pour quoi faire ?
- J’en sais rien. Je veux savoir ce que c’est que ce bordel.
- Je veux pas. On va se faire gauler. Et…, Mike tremble, ils vont nous arracher notre âme !
- Mike, tu me gonfles, Khalim dit, tu fermes ta gueule et tu viens avec nous. ”

Arthur

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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