April 2, 2007

Papier peint n°38

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 9:46 am

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Les pratiques sexuelles suggérées par les illustratrices (selon cette nouvelle règle grammaticale qui veut que l’on accorde le genre avec le bénéfice du nombre) du Nouvel Attila 5 à 7 susciteraient plus d’une vocation chez des Lévi-Strauss en puissance si leur attention n’était irrémédiablement détournée par le joli format carré du rose supplément érotique, lequel risque bien de faire d’eux des forcenés de l’origami. Enfin, que toute cette effervescence printanière ne vous empêche pas de lire les articles, au fond. Vous en aurez pour vos cinq euros, prix promotionnel de ce numéro trip et tripant.

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La Défense selon Gatien

Catégorie: La Défense selon Gatien — mis en ligne par carlotta @ 9:43 am

La

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Solo mineur

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 9:42 am

Je vous imagine rieuse,
Eva, quand le soleil inonde
Votre bureau du bout du monde,
Là-bas, dans la banlieue odieuse.

Je vous rêve un peu chantonnant,
Eva, dans les micros, les ondes,
Des refrains, quand tourne la ronde
Des chiffres, des millions sonnants.

Dans l’écran, vous voyez peut-être
D’autres pays, près du ciel
Où nage l’avion éternel
D’une autre vie bien lente à naître.

Vous soupirez sans doute, Eva,
Au long de ces heures perdues,
A votre enfance disparue,
Quand de mon cœur l’été s’en va.

Paul Gilles

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Raillant le rail qui me relie

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 9:41 am

Pour Gatien

Heuristique du RER
Je résous les problèmes à l’envers
Tandis que la rame file vers
Mon principe alimentaire

Objurgation des transports
D’un coup de rêve je vire de bord
Et ce qu’il rajoute au décor
Change ma grisaille en or.

Lotte Char

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Fatras délicieux

Catégorie: Aphorismes douteux — mis en ligne par carlotta @ 9:40 am

Recueil d’aphorismes douteux

Je suis un de ces voyageurs que broute l’horizon, toujours prêt à déclamer, gigoter et frémir, j’écris sur de nombreuses choses identiques, dont je crois sonder les strates à force de répétition : « l’actualité » c’est une blague qu’on se répète tous les jours… par exemple.

Zo

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Rester calme

Catégorie: Incroyable feuilleton d'Arthur — mis en ligne par carlotta @ 9:38 am

Le lieutenant Thabord devient fou. Après avoir fumé une cartouche, après plusieurs litres de café et autant de repas sautés en trois jour, il doit bien admettre que non. Pas fou. A peine perdu la raison. Sans qu’aucune explication rationnelle lui ait été fournie, le texte d’un manuscrit qu’il a lu des dizaines de fois a changé. En trois jours, il n’a pas osé vérifier. Constater que le sceau brisé est le même suffit a lui donner la chair de poule. La seule solution qu’il puisse envisager est que le texte a effectivement changé. En y réfléchissant suffisamment, il finit par se dire que c’est un nouveau procédé révolutionnaire venu des Etats-Unis. Après tout, maintenant que la C.I.A s’en est mêlée, ça ne l’étonnerait pas beaucoup. Il a tort. Il ne veut pas le savoir. Tout ceci a une explication et c’est pas un procédé graphique qui va le faire douter. Une lettre écrite à la plume, parfumée, donnée sans explication qui finit par se transformer, ça peut venir de n’importe quoi. Pas vrai ? se dit-il. Donc, c’est normal. Ca rentre dans le champ de ce qu’il imagine être possible. Tout va bien. Sauf ses poumons et son taux de caféine. Et quelques carences annexes.

Une fois qu’il s’est suffisamment détruit la santé, le lieutenant peut d’habitude se remettre à penser. A penser très fort. Mais efficacement. S’il parle de ça à qui que ce soit, il a une chance de finir en section psy. Ou de se faire tuer pour avoir divulgué les secrets de fabrications des services spéciaux américains. Ou même pire. Il est seul. Bon. Jusqu’ici, ça va. Il a l’habitude, au fond. Il ne sait vraiment pas après quoi il court et là ça commence à coincer. Il ne peut pas faire demi-tour et doit fuir vers l’avant. Ca lui va. Il n’aime pas regarder en arrière. Il n’aime pas non plus faire du sur-place. Piétiner. Le hic, c’est qu’il a beau chercher, il ne sait plus où est l’avant. C’est un problème. La seule chose qu’il est sûr de vouloir retrouver c’est trois fous qui n’ont probablement pas fini leur crise d’adolescence. Les esprits obscurs qui hantent la montagne, très peu pour lui. Les enquiquineuses qui aguichent le mâle solitaire en parfumant des lettres piégées, non, merci, il a donné. En définitive, il n’est pas certain de vouloir savoir le fin mot de l’histoire. Après tout, l’Italie est loin d’être sous sa juridiction. Et sa réserve de semaines de congés finira par se tarir. Saloperie d’administration. Pour un peu, il ferait grève tiens.
Mais quand même… C’est trop bizarre pour être honnête. Et on ne laisse pas la malhonnêteté impunie. Foi de lui.

Est-ce qu’il avait vraiment besoin de venir à Venise ? Tout ça pour rester cloîtré dans un hôtel. Sans même envoyer une carte postale à sa maman. Non, vraiment, une mauvaise idée. Pourquoi faut-il qu’il se sente obligé de suivre une piste quand il la voit ? La curiosité le perdra. Il le savait depuis qu’il avait voulu savoir ce qu’il se passait dans le bureau du directeur qui restait allumé la nuit. Chaque lundi. De dix heures à minuit. Après avoir été abandonné. Il savait qu’il n’aurait pas dû y aller. Mais il aimait trop jouer à l’inspecteur-aventurier. Quarante heures de colle. Tu parles d’un souvenir. Peut-être qu’après il n’aurait pas détesté l’école et n’aurait pas été obligé de passer le concours de la police. Quand on rêve d’être Indiana Jones, ça la fout mal. Il écrase un énième mégot. Cette fois, il est décidé. Il ne laissera pas passer cette histoire. Quarante heures de colle… Ca valait bien ce qu’il avait découvert. Pourquoi ça changerait ? Il va rouvrir la lettre et découvrir la suite des instructions. Et l’inspecteur de la C.I.A va l’entendre. Ah ça oui! ‘bécile de ricain.

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Le yéti d’Albi - Dimanche. 11h40.

Catégorie: Le Yéti d'Albi — mis en ligne par carlotta @ 9:37 am

Le manteau de vison laissa Féfé pantois.
Il pivota sur place et s’observa dans les reflets de la devanture du Café des Berges. Il avait pourtant fière allure dans son costume gris clair de chez Zégobian, mais à côté de la luxueuse fourrure de Josy, il se sentit un peu en reste.
S’efforçant de garder une allure décontractée, il ouvrit poliment la portière avant droite de son coupé Fiat et attendit que Josy eût déposé son manteau bien à plat sur la minuscule banquette arrière pour démarrer.
La route qui serpentait dans les collines boisées dominant la ville leur offrait une promenade panoramique dont ils profitèrent à petite vitesse.
Féfé conduisait les véhicules comme il dirigeait son bar : d’une main ferme, mais toujours avec calme.
Une fois parvenus à destination, Josy poussa un « Ouah ! La classe ! » qui sonna aux oreilles de Féfé comme un compliment.
Il l’avait invitée à dîner en camarade chez son ami Michel, le maître coq et propriétaire du fameux Relais des Voultes, un restaurant gastronomique réputé dans toute la région.
Féfé lui avait vanté maintes fois les mérites de Michel Laurens, un de ses copains de jeunesse qui avait servi comme chef de cuisine pendant vingt ans à bord d’un grand paquebot de croisière, le Stella Messenger.
Une fois débarqué, il était revenu s’installer sur ses terres natales et investissant toutes ses économies, il avait racheté et rénové un vieux relais de poste du XVIème, se hissant en quelques années parmi le Gotha culinaire de la région.
Vieux garçon par contrainte et s’en trouvant fort attristé, Michel Laurens s’était jeté à corps perdu dans les méandres de sa science, oubliant par là sa frustration de bonheur conjugal. Etait-ce l’absence d’exaltation amoureuse ou bien son talent naturel qui l’amenait à se surpasser ?
Toujours est-il que ses chefs d’œuvre gustatifs inspiraient à Féfé un respect quasi religieux. Il n’allait pas à messe mais montrait une sincère dévotion pour les créations gastronomiques de son camarade.
Le Relais était l’une de ces bâtisses de construction médiévale dont les bases et origines dataient de temps bien plus anciens. Elle était nichée sur un replat, abritée des vents dominants du Nord et de l’Ouest par les crêtes voisines. Tout autour s’étendaient de grands bois touffus traversés par quelques pistes forestières et une poignée de sentiers dont Féfé lui assura qu’il les connaissait comme sa réserve. Amateur de champignons et fin gourmet, le cafetier avait pour coutume d’arpenter les parages en compagnie de son ami Michel, en quête des meilleurs spécimens de cèpes, girolles et autres trompettes de la mort.
Aussi fidèle à ses amis qu’à l’exercice de son art, le maître des lieux se faisait un devoir de partager la primeur de ses nouvelles recettes avec les plus proches d’entre eux.
Ayant jugé que Josy était digne d’apprécier le raffinement et la richesse des plats de Michel, Féfé lui ouvrit son jardin secret en l’invitant à partager leurs agapes.
Mais avant d’atteindre l’extase gustative, il fallait mettre la main à la pâte. C’était une tradition admise de tous et le cafetier n’y dérogeait pas.
Une fois les présentations et autres politesses expédiées, Féfé s’empressa de revêtir un grand tablier blanc identique à celui du chef.
Josy prit place à l’une des meilleures tables, embrassant d’un seul regard le paysage qui s’offrait à elle. L’endroit était charmant.
Il y avait peu de clients ce midi et Pernilla, la responsable du service, en profita pour s’asseoir quelques minutes, pour partager avec elle un petit apéritif. Elle proposa ensuite de lui faire les honneurs de la maison.
Elle la guida tout au long d’un labyrinthe de couloirs et de demi niveaux qui firent perdre à Josy tout sens de l’orientation.
Au détour d’un pallier, elles se retrouvèrent face à la cuisine où les deux copains œuvraient de concert. Pernilla l’abandonna pour retourner à son travail.
Féfé, le visage rouge comme un coquelicot, suivait à la lettre les indications du chef. Il jetait vers ce dernier des coups d’œil inquiets. Touillant avec précaution le contenu d’une marmite, il guettait un signe d’approbation à chaque étape de la recette.
Michel lui annonça l’imminence de la conclusion en agitant la fiole de vieil Armagnac dont il se servait pour flamber ses plats de crustacées.
Féfé prit une grande inspiration, ferma les yeux deux secondes puis se saisissant du flacon, il interrogea une dernière fois son mentor du regard. Michel, d’un simple geste de l’index, lui signifia que le moment était venu. Après avoir arrosé l’intérieur de la gamelle, Féfé se munit d’une longue allumette, l’enflamma et accéléra le mouvement de rotation de sa main droite tout en observant attentivement l’évolution de sa préparation.
Michel changea alors de physionomie et éclata de rire :
_ Heureusement que tu fais dans la Limonade, mon grand, sinon j’aurais bientôt du souci à me faire. Tu seras bientôt un concurrent très honorable … C’est parfait ! A table macarel !
Connaissant les habitudes de son patron, Pernilla prévoyait toujours un couvert supplémentaire afin que le chef puisse goûter à ses plats en compagnie des invités.
Les deux femmes s’observaient, polies, souriantes mais réservées.
L’une était fille de vikings, fruit d’un mélange de races septentrionales, l’autre était plutôt petite et enveloppée, digne descendante des peuples latins. Une française typique.
Pernilla mit un point d’honneur à s’occuper exclusivement de leur table. Elle les servit tout au long du repas et orchestra le reste des activités des garçons de salle par petites touches discrètes, révélant une grande maîtrise de sa profession.
Féfé lui prêtait une attention camouflée. Du moins le croyait-il.
Car Josy n’était pas dupe. Elle ne s’en formalisa pas pour autant et entretînt la conversation d’un ton enjoué.
Elle félicita les deux artistes pour leur œuvre, complimenta Féfé pour son tour de main et Michel pour sa recette, mais déclina résolument un troisième service. Le Homard Flambé à l’Américaine n’était pas un plat anodin dont on pouvait s’empiffrer impunément. Il fallait raison garder et Pernilla approuva cette attitude judicieuse.
Les hommes firent preuve de moins de retenue. Le fond de la marmite y passa, arrosé d’une dernière rasade de Pouilly Fuissé. Béat, Féfé se renversa sur son siège et rendit grâce à la vie pour de tels instants.
Les perdreaux rôtis à la broche qui suivirent en devinrent presque anecdotiques.
Lorsqu’ils en furent au dessert, Michel et Pernilla se joignirent à eux, laissant la fin du service aux bons soins du personnel.
Un champagne grand cru de 1989 accompagna agréablement un léger soufflet de fruits que la chef de rang préparait elle-même, la pâtisserie restant sa passion première.
D’un commun accord, ils évitèrent les traditionnels pousse-café et autres Havanes, craignant de gâter par là une note finale aussi raffinée. De plus, une promenade digestive dans les sous-bois était bien plus propice à la conversation …
Michel présenta son bras à Josy tout en mimant une révérence digne d’un gentilhomme de cour. Elle rit franchement, s’accrocha à son coude, se laissa guider et charmer par les commentaires dont Michel l’abreuva à tout propos.
Il savait les noms des plantes, les comestibles et les vénéneuses, des arbres ainsi que des baies. Chaque variété d’oiseaux vivant dans ces forêts était connue de lui. Ses mots peignaient à petites touches un monde bucolique dans lequel Josy se sentait en sécurité.
Au bout d’une demi-heure de ce train de promenade, elle avait l’impression d’avoir vécu en ces lieux. Elle se souvint aussi de la présence de Féfé, qui ayant suivi le mouvement, avait galamment offert son bras à Pernilla avec laquelle il était depuis en grande conversation. Des bribes de recettes sucrées et gourmandes parvenaient avec de moins en moins de précision aux oreilles de Josy. Le retard croissant que les deux amateurs de desserts laissaient s’accumuler entre eux en était la cause.
Les dernières paroles qu’elle put saisir n’avaient plus rien à voir avec les charmes des entremets.
Féfé semblait déplorer sa ressemblance avec les tourterelles, espèce chez laquelle un conjoint survivant peut se laisser mourir de chagrin. Le reste, Josy ne l’entendit pas mais le devina aisément. La constitution robuste et les rondeurs laiteuses de Pernilla avaient dû réveiller chez Féfé des souvenirs plutôt tentants. La blondeur de la chef de rang ajoutait à la ressemblance globale avec Odile, sa défunte épouse.
Josy s’en désintéressa pour mieux se consacrer à la cour empreinte de poésie que lui faisait Michel.
Après une longue boucle, ils arrivèrent en vue des vieux murs de pierre du Relais des Voultes.
Tout en prenant une dernière boisson, un thé pour les dames et un café pour les hommes, on promit de se revoir et Pernilla, en maîtresse femme, se chargea de prendre date avec Josy.
La redescente vers Albi fut silencieuse.
Au moment de partir, Féfé s’était discrètement détourné pour lancer un dernier regard en direction de Pernilla et il garda, comme figé sur son visage, un sourire légèrement niais. Josy le lui fit perfidement remarquer après quelques centaines de mètres. Féfé grommela, s’enfonça un peu plus dans son siège et rentra le cou dans ses épaules.
Ils se séparèrent devant le Café des Berges avec la petite phrase rituelle: « A demain Féfé ». « A demain Josy ». Mais cette dernière se retourna et prit un ton moqueur pour ajouter :
_ Ca sent le bonheur mon Féfé ! Et c’est une odeur suffisamment rare pour qu’on sache garder le nez propre et bien ouvert ! Faudrait pas passer à côté sans rien sentir … Allez, bonne soirée Féfé ! Et fais de beaux rêves …
Elle gloussait encore en traversant la rue suivante.
Féfé, lui, se contenta de sourire mais ses yeux se perdirent dans les rougeoiements du crépuscule, bien au-delà de Josy et de la ville qui les entourait.

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Les merlans du dimanche

Catégorie: Collisions — mis en ligne par carlotta @ 9:36 am

L’avenue Simon Bolivar, en ce dimanche matin de fin d’hiver, grouillait d’une nuée d’hommes encordés dans les ramures des platanes, qui leur sciaient les branches à grands gestes et à grand bruit. Une génération spontanée de barons perchés. Des comparses triaient les branches tombées. Quelques heures plus tard, les hommes étaient descendus, leur casque anti-bruit autour de leur cou., les branches soigneusement entassées dans la benne d’un camion de la ville, la rue couverte de sciure.
Le lendemain, à la Plaine St Denis, je m’avisai que les arbrisseaux de la place située devant la gare RER B étaient coiffés à l’as de pique, de frais et au sens propre : les branches et les rameaux dénudés se déployant vers le ciel en forme de piques noirs (comme il se doit) bien nets.

Cha

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J’ai vu Jésus courir vers moi

Catégorie: Chroniques intimes — mis en ligne par carlotta @ 9:35 am

C’était beau : Jésus nu courait vers nous en nous tendant les bras, changeant de rythme au fil de son désir de nous atteindre et de sa douleur de n’y parvenir jamais. Le mouvement de ses tresses sombres, le déplacement de son torse superbe, le dessin de ses abdos impeccables nous faisaient repartir pour un tour, alors qu’il disparaissait dans le virage de la patinoire. Très vite il revenait sur son tapis à roulettes, ignorant superbement les autres gymnastes du dimanche, n’ayant dieu que pour nous.

Cha

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Un islamiste au plafond - 03h37 :

Catégorie: Uncategorized — mis en ligne par carlotta @ 9:31 am

On tape à ma porte. Départ précipité, “ Scoop ! ”, pas de douche. Je monte devant dans le Picasso azur, je branche le GPS. “ On fonce à Suresnes, un pote de la BAC vient de m’appeler. ”
Ko-zu démarre, prend les quais, passe Boulogne, Saint-Cloud, débarque à Suresnes, bifurque à gauche après le pont, remonte les petites rues mal foutues du bas de la ville, grimpe vers l’hôpital, prend à droite après un nouveau pont, direction le collège. “ C’est là que ça se passe ! ”
Marion sort de la voiture, la chinoise fonce prendre la caméra dans le coffre, je chope le casque. “ Suivez moi ! ” On suit Marion le long d’un long mur de briques rouges rendues noires comme le vin par la nuit banlieusarde et son éclairage orangé.

Devant l’entrée s’agitent déjà les giros républicains. Ils projètent tour à tour de rassurantes et suspicieuses lueurs rouges et bleues sur les murs blancs des micro cités aux alentours. Pas un bruit, hormis le bip bip irrégulier des talkis que les flics branlent contre leur hanche. Trois voitures, rue barrée, ils nous regardent à peine.

On arrive.
Juste le droit de photographier les quatre sacs à viande, et quelques témoins en larmes.
Tuyau crevé oui ! Massacre de mon cul !
On rentre pas tard, juste assez tôt pour dormir deux heures de plus.
D’abord je rêve d’hypermarché. Je sais ce que ça veux dire, je sais pas où ça mène, mais je sais ce que ça veux dire. Ca veux parler des sacs plastiques, ça veux parler des cadavres dedans.
Ensuite je rêve de cette conne de chinoise au nez trop rond, avec sa bouche au scalpel, sans lèvres, et des joues rondes aux hanches ; je lui voue une haine assez indifférente, en somme.
A la fin de mon rêve, comme d’habitude, je lui explose le crâne à coup de pierre sur une plage normande. Et je me réveille, enfin plutôt… mon réveil matin sonne.

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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