October 1, 2007

Papier peint n°44

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 10:07 am

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Les manches tirées sur mes poings fermés, j’ai frotté et poli de leur laine les galets de la plage d’Antibes. Ils luisent doucement sous la lumière de la lampe. Leur éclat gonfle mon coeur – c’est une sensation curieuse, double – de bonheur léger, d’un sentiment de perte. Dans cette disposition d’esprit je peaufine le Papier peint, ce que je n’avais fait, l’aviez-vous remarqué, depuis le joli mois de mai. Puisse-t-il, feuille de l’automne, bruire un peu.

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La Défense selon Gatien

Catégorie: La Défense selon Gatien — mis en ligne par carlotta @ 10:06 am

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Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 10:04 am

une vie comme la seule feuille accrochée à l’unique branche
on aimerait mieux pas, mais
on plie on oublie
l’arrière saison,
on titube à quatre heures
arrosés, les bougies pleins les yeux
on s’aime désespérés.

Corinne Haddad

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Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 10:04 am

L’été est une saison triste,
une saison où la mort vaque sous les galets
et l’on voit souvent les enfants tirer par la main
le fil lancé tandis que la mer gronde

Corinne Haddad

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Samedi soir

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 10:02 am

Petit amour de rien du tout
allons donc ce n’est pas la peine
de te raccrocher à mon cou

pour une passe par semaine
je ne te donne pas un sou
je m’en vais coupe-toi les veines

si tu veux voilà mon couteau
je n’aime pas lorsque ça traîne
et toi tu en fais toujours trop

avec ton histoire à vau-l’eau
tu pleures mais c’est ta rengaine
tous les soirs auprès du piano

on jette ce que l’on achète
garçons ou filles c’est trop bête
ton maquillage est un peu gros

peu de plaisir et trop de gêne
courant d’air affaire de goût
petit amour de rien du tout

Paul Gilles

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La Bretagne en noir

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 10:01 am

La Bretagne en noir,
je viens d’y arriver.
L’ombre dans la vallée
fait grelotter mon espoir.

La vie est un arc-en ciel,
mélange de soleil et de pluie.
Mais quand dans mon coeur, il gèle,
je ne crois plus qu’a la nuit.

Tu dis que l’amour est une magie,
mais je ne sais pas manier la baguette !
Le chaos résonne dans ma tête,
tu dis que c’est fini.

Tant pis.

Romain Fernandez

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Austerlitz - Montparnasse

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 10:01 am

Entre deux gares, le coeur en transit,
je mange un fruit et lève les yeux au ciel,
puis fais don a Paris
d’un prunier potentiel.

Romain Fernandez

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Fatras délicieux

Catégorie: Aphorismes douteux — mis en ligne par carlotta @ 10:00 am

Recueil d’aphorismes douteux

On ne peut effectivement pas dire qui est le coupable légal des marées noires à répétition, à cause des strates incompatibles des législations internationales, mais on peut sans difficulté dire qui est le coupable moral : Total, BP, etc. La coterie qui vit au crochet de Total dira que c’est le consommateur d’essence, véritable despote de la pompe, tyran écologiste, génocidaire en puissance qui a eu tout le temps d’entendre Karl Zéro et de lire le Nouvel Obs au cas où sa responsabilité mortelle ne lui serait pas encore jetée assez violemment au visage, c’est lui donc le véritable coupable, car c’est lui la cause, le pourquoi et la finalité de tous ces tracas mondiaux. Bien sûr, aller faire ses courses en voiture est contractuel, chacun sait qu’en allant faire ses courses il cause l’envasement irrémédiable du Bengladesh, mais si, ils le savent tous, bien sûr ! (Pas de mauvais esprit en insinuant que ce sont les pétroliers et les fabricants de voitures qui brident les transports en communs et les modes de déplacement non polluants).
Alors beaucoup s’en voudront, et fermeront encore un peu plus leurs coeurs, et tous seront encore un peu plus grégaires, timides et pleutres, planqués sans responsabilités dans leur oppidum de banlieue, d’où ils ne pourront même pas fuir les complices réels du pouvoir, complices qui ne manqueront pas une occasion d’aiguillonner la médiocre culpabilité du consommateur, à coup de remontrances, d’éditos, lui rappelant à quel point il est sacrément irresponsable. Putain de consommateur !
CQFD !

On peut dire que c’est la faute aux deltas, ou aux chiffres, mais écrire cela ne fera jamais de moi un écrivain aussi cool que Lester Bangs…

Zo

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Hybrides

Catégorie: Incroyable feuilleton d'Arthur — mis en ligne par carlotta @ 9:58 am

” Vous pensiez vraiment ce que vous disiez ? il me dit sur la terrasse.
- Bah ouais… Vous pensez quand même pas que je défends un genre de loi ? ”
Il rit en pensant à ce qu’il sait de moi.
” Non. Non. Vraiment pas, non. Mais je me demandais quand même…
- Hmmm ?
- Ben, je sais pas moi… les Droits de l’Homme, vous allez quand même pas me dire que vous pissez dessus, si ?
- He ben… Non, disons que non, ça partait d’une bonne intention après tout. Mais comme ça définit nulle part ce qui est homme et ce qui l’est pas, ça me paraît incomplet.
- Hein ? Comment ça ?
- Bah… Des tas de philosophes se sont pété le cerveau pour savoir ce qui était humain ou non à un tas de niveaux. Mais nous, on sait qu’on peut se poser la question même génétiquement.
- Quoi ?
- Des OGM, je parle d’OGM. De mutants. Ont-ils droits à l’appellation humain ? Ou c’est juste des animaux, des cobayes, ou un truc pire que ça ? Ca me paraît pas très honnête de considérer qu’il faut avoir des parents humains pour être humain. Vous croyez pas ? ”
La science finit toujours par rattraper la magie.
” Remarquez, vous pouvez adhérer à la thèse de la suprématie humaine. Notez-bien qu’on sera en guerre dans ce cas, et croyez-moi, le rapport de force sera pas en votre faveur. Mais vous pouvez aussi vous demander où porter les limites de l’humanité. Et j’espère que ça vous fera comprendre qu’on ne peut pas sérieusement apporter de réponse à cette question. ”
Je m’arrête pour vérifier qu’il suit.
” Et de là vous vous souviendrez probabement que manger est un meurtre. Et que faire avaler l’infériorité des animaux à un homme-poisson est un peu raide. Notez qu’un homme-arbre enverra chier pareil les végétariens.
- Mais on n’en est pas là!
- Ben… Je connais personnellement quelques mutants qui sont vraiment persuadés d’exister. Cela dit, vous pouvez toujours leur expliquer qu’ils ont tort si vous vous sentez. Mais venez pas me dire que je vous avais pas prévenu s’ils se plaignent d’être rejetés hors de la réalité.
- Mais…
- Ouais, je sais. Au début, c’est un peu dur à admettre. Que vous le vouliez ou non, c’est comme ça. Ils existaient avant vous et ils vous survivront. Le sang pur de la race humaine continuera de se métisser pendant un moment, vous pouvez me faire confiance. ”
Il prend le temps d’encaisser sans plus chercher à se débattre.
” C’est une bonne chose, je dis, mais faudrait pas oublier de penser aux conséquences. ”
Il fouille machinalement la poche de sa veste à la recherche de son paquet qu’il sait pertinemment avoir fini.
” Du genre qu’on a pas de raison de croire à l’infériorité animale vu qu’on ne peut pas établir de frontière. Et du coup qu’on va avoir des problèmes à établir l’universalisme de l’Etat de droit quand on nourrit des cochons avec du blé ou qu’on tue des vaches pour faire des steaks. Les hybrides, ça pose un tas de problème…
- Mais, votre truc-là, c’est la jungle! Il fait, en colère de ne pas avoir sa nicotine.
- Bof… Vous savez, nous, on est rejetés où qu’on soit. On est obligés de se cacher, de mentir et de fuir. On a abandonné l’idée d’être intégré. On est des étrangers, des autres, et trop souvent des monstres. Tout ce que je vous demande c’est d’arrêter de me dire des conneries. Je vous aime bien. Je sais pas pourquoi, mais je vous aime bien. Alors pour éviter que je me retrouve à devoir vous bouffer le cerveau un de ces jours, ça serait gentil d’arrêter de dire des conneries. Vraiment. ”
Il essaye de se remettre de sa claque.
” Je déconnais pour le cerveau, je dis en me levant. ”
Je me dérouille les muscles.
” On va bientôt devoir partir d’ici. Votre crétin de collègue va rameuter un tas de sales types.
- C’est pas -
- Ouais, je sais. Et vous allez devoir disparaître aussi, sauf si vous avez envie de répondre à leurs questions.
- De la CIA ? ?
- Ah, non. Lui, il est juste manipulé jusqu’à l’os. Faut avouer qu’il est con aussi…
Il soupire.
” Je dois vraiment venir avec vous ?
- Comme vous voulez, vous pouvez faire ça tout seul si vous préférez. “

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Le yéti d’Albi - Mardi. 1h20.

Catégorie: Le Yéti d'Albi — mis en ligne par carlotta @ 9:57 am

La sonnerie du téléphone l’interrompit dans ses essayages et la contraignit à sautiller dans tous les sens pour se débarrasser d’une jupe décidément trop moulante avant d’atteindre le combiné.
La voix de Féfé résonna de façon lugubre dans le pavillon du répondeur :
_ Josy, c’est moi Féfé. Il faut qu’on se voie. Viens vite, c’est grave !
Le déclic qui coupa la communication ne lui laissa pas le loisir de répondre. Ne sachant plus que faire, elle lança la jupe maudite sur le fauteuil voisin et se sentit presque irritée par cette douche froide téléphonique.
Fidèle à son caractère, elle se ressaisit promptement et commença par ranger les vêtements qui jonchaient la moquette de sa chambre.
Pendant ce temps, elle pourrait retrouver son calme, mettre de l’ordre dans ses idées et éventuellement, retrouver un peu de sa bonne humeur initiale.
Féfé ne serait que mieux soutenu pour faire face à un problème « grave » dont elle ignorait présentement tout.

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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