November 5, 2007

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 2:25 am

Ouvrir le numéro 45

François Rossi, auteur maison, bel enfant de mon coeur qui joue pour le moment au pâtre grec, voit sa « Variation Pennac » publiée sous un pseudonyme douteux (je dis ça pour faire ma casse-pieds) dans le dernier numéro de la revue Vert pastiche : ça mérite d’être souligné. Faites en l’acquisition par tous moyens, par exemple en écrivant à vertpastiche@free.fr, adresse électronique d’un jazzman en bonnet.

Je retrouve au fond d’un tiroir un vieux poème qui célèbre ma liaison intemporelle avec Miguel : En attendant, fébrile, qu’un ami bien placé chez Gala ne publie l’information, le voici, pour les happy few que vous êtes, en première mondiale, ou presque.

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La Défense selon Gatien

Catégorie: La Défense selon Gatien — mis en ligne par carlotta @ 2:23 am

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http://24552214552221147136.over-blog.com

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étrange liaison

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 2:22 am

Je reviens de vacances à Sanmigran®
J’y ai rencontré Migwell®
Le soir, jusqu’à la nausée, on dansait le Propofan®
La journée, dans les eaux amères, palmés,
on chassait les triptans.

Lotte Cha®

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Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 2:22 am

On chantait l’alouette, le temps de deviser le ciel à la recherche de l’ aile suspendue,
jusque dans la cour près de la fontaine /s’asseoir, car à force de limer les reliques, le ciel s’assombrit,
sous les paupières, la poussière du vent disparue, d’un coup choir dans le sommeil. Étrange le rêve d’une myriade de chambres
ouvertes, au numéro vingt un homme immobile, le pan de rideau écarté contemple son sourire à la croisée du germe et du ciel,
d’où partent les bateaux, quand la lumière se joint à l’humeur de la mer.

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La marée, je l’ai dans le coeur

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 2:21 am

Léo Ferré

Il y en a qui aiment les rues du mois d’août, où l’on peut sans se presser aller là où plus d’un ont inscrit sur les stores baissés la date du retour.

Il y en a qui aiment cet étirement du jour, la lassitude où l’ennui rampe avant de reprendre affairé sa place à côté des regrets du bonheur.

mais d’autres éprouvent mélancoliques l’impossible douleur de rester, surtout cette solitude qu’on voudrait comme ces bateaux la marée

dans le coeur.

Corinne Haddad

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Fatras délicieux

Catégorie: Aphorismes douteux — mis en ligne par carlotta @ 2:20 am

Recueil d’aphorismes douteux

Je peux toujours écrire que « ma névrose vous veut du bien » ( définition de Michel Bounan, La Folle histoire du monde page 81).
Je peux aussi dire qu’on n’est jamais de droite pour de bonnes raisons, qu’on est toujours de gauche pour de mauvaises ; et « qu’on a les inquiétudes de ses privilèges », encore et encore.
Marx a toujours écrit que le socialisme ne se développerait que sur des terres déjà capitalistes, richement industrialisées et prospères, et jamais sur la boue moribonde des régimes féodaux.
Je peux en sortir au kilomètre sur toutes les ramures du monde.
Tourner autour du 4 comme s’il était rond. Marcher contre le jour et suivre le concert des batailles aux tambours des buildings. Je peux aussi finir ma bière, passer à autre chose, ou à quelqu’un d’autre. Oui, ce serait une bonne idée, un livre à lire en chorale, chacun lisant une page, un paragraphe, puis le passant à son voisin, sans rien commenter, ni rien dire du tout, puis, quelques heures plus tard, lancer le chant, et demander à chacun de raconter l’histoire aux autres. Ou demander que chacun lise une phrase tout haut et passe le livre à son voisin, de sorte que le livre ait cent mille voix.
Ce serait beau, ce serait vivant, ce serait plus facile pour tout le monde.

Zo

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Permutation à l’Atelier

Catégorie: Chroniques bibliophiles — mis en ligne par carlotta @ 2:19 am

Une promenade à l’Atelier, librairie du XXème arrondissement de Paris, est source de plaisirs variés. Celui dont je viens vous faire part ici tient à un choix de rangement qui, poussé à l’extrême, correspond à l’idée que je me fais d’un fond bien tenu.
D’entrée, un riche rayon de littérature étrangère fait face au grand rayon de littérature française. Plus au fond, une étagère de récits de voyages. Sur cette dernière, Coup de semonce de William Golding, roman de littérature anglaise. Et, au rayon de littérature française, Terre d’ébène et Le Chemin de Buenos Aires, récits de voyage d’Albert Londres.
Que n’ai-je cherché à dénicher, en littérature étrangère, un Pierre Loti ou un Jules Vernes, ou alors en poésie, pour élargir la permutation, et qu’elle se poursuive en littérature étrangère par des poèmes de Louis Brauquier ou de Valéry Larbaud. Par exemple.

Cha

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Le yéti d’Albi - Mardi. 2h10.

Catégorie: Le Yéti d'Albi — mis en ligne par carlotta @ 2:17 am

Fidèle à son sens pratique, Josy avait opté pour des mocassins légers, délaissant pour une fois ses chaussures à talons hauts.
Ce détail inhabituel rendait sa démarche particulièrement rapide et sautillante.
Josy se dandinait presque mais n’en avait cure.
Elle était au bord de l’essoufflement lorsqu’elle parvint en vue du Café des Berges et un vieux réflexe l’amena à vérifier son aspect dans le reflet de la vitrine toute proche. Bien que les circonstances lui aient semblé graves, elle ne souhaitait pas apparaître dans le bar le teint cramoisi ou la chevelure en bataille. Malgré toute la hâte dont elle avait fait preuve pour répondre à l’appel de Féfé, Josy ne perdait ni ses repères, ni son sang froid. Pourtant, le ton sépulcral du patron ainsi que son laconisme l’avait inquiétée au plus haut point.
Pendant les quelques minutes qui lui étaient nécessaires pour rallier le café, elle avait évité de laisser vagabonder son imagination car elle refusait de s’attendre au pire.
Se jugeant suffisamment présentable, elle entra dans l’établissement désert.
Toutes les lumières étaient éteintes et la salle plongée dans l’obscurité l’intimida. Elle lança d’une voix mal assurée et presque chevrotante :
_ Féfé ? Tu es là ?
Il n’y eut pas de réponse.
Au bout d’une poignée de secondes, elle allait réitérer sa question en y mettant un peu plus de fermeté lorsqu’un bruit vint de la cave sous-salle.
Un léger rai de lumière filtrait par les bords disjoints de la trappe en bois.
Josy s’en approcha et tapa dessus de son talon plat. Elle regretta le claquement sonore que ses escarpins coutumiers auraient produit à la place de ses mocassins.
Contrainte de donner de la voix, elle renouvela son appel mais en criant carrément :
_ Féfé ? Où es-tu ?
Son timbre, poussé en amplitude, se perdit dans les aigus.
Enfin, Féfé lui répondit. Sa voix provenait de dessous la trappe et bientôt, cette dernière s’entrouvrit, laissant deviner le nez puis le visage entier du patron.
Il soufflait comme un bœuf et peinait à s’extraire de son sous-sol.
_ Aide-moi Josy, j’en peux plus … Qu’elle est lourde cette trappe !
Josy ne discuta pas et soulagea du mieux qu’elle le pût la pression exercée par le pesant panneau de chêne sur les épaules de son ami.
Quand il émergea enfin, elle ne put retenir un cri aigu en voyant son visage et ses mains maculées de sang.
_ Mais qu’est-ce que tu as fait ?
Elle reculait, l’air horrifié, prête à prendre la fuite tant la vue du sang la terrifiait.
La mine fatiguée, Féfé la calma :
_ Arrête-toi de crier, tu veux… C’est pas moi Landru ! Je vais t’expliquer, j’ai tué personne. Enfin, pas vraiment…
Le cafetier ne réalisa pas l’ambiguïté de sa phrase.
Josy changea alors de centre d’intérêt et en profita pour regarder au bas de l’escalier qui desservait la cave. La veilleuse était restée allumée, lui révélant, sous un angle dramatique, la présence de Gonzalve au pied des marches. Il semblait mort.
Josy ne put retenir un second cri perçant.
Exaspéré, Féfé lui intima l’ordre de se taire.
Elle obéit, mais pour son malheur, elle se tourna vers le comptoir dans l’intention d’y attraper un grand verre d’eau.
Ce qu’elle vit déclencha son troisième et dernier cri strident de la soirée.
Antonio, la tête également couverte de sang encore frais, reposait de tout son long sur le praticable.
La respiration coupée, Josy s’affaissa littéralement contre le zinc en suppliant Féfé de la soutenir. Il la fit s’asseoir et lui servit un verre de sa liqueur de verveine qu’elle engloutit cul sec.
Après une grande inspiration elle le questionna :
_ C’est toi qui as fait tout ça ?
Féfé leva les yeux au ciel. Ses avants bras musculeux s’élevèrent eux aussi dans un geste de désespoir.
_ Mais comment tu peux dire des choses pareilles ? Tu me connais, non ?
C’est cette andouille de Gonzalve qui a tout provoqué ; il s’est fait mal tout seul ce con.
_ Et Antonio ? Demanda Josy.
_ Oh ! Lui, heureusement qu’il a l’habitude des châtaignes, parce qu’avec le coup de carafe que l’autre ensuqué lui a mis sur le cap, j’en connais beaucoup qui respireraient plus.
_ Et il respire ? L’interrogea Josy.
_ Oui, d’ailleurs, tiens, il revient à lui.
Effectivement, dans une succession de borborygmes sourds, l’inaltérable rugbyman émergeait de son inconscience. Féfé parut soulagé et retourna s’occuper de son beau-frère passablement commotionné.
_ Et tu as prévenu qui d’autre que moi ? Demanda Josy d’une petite voix craintive.
Féfé lui répondit sans se retourner, trop absorbé par les soins qu’il tentait de prodiguer au blessé.
_ Ne t’inquiète pas, j’ai appelé ma sœur Juliette, elle ne va pas tarder à arriver.
Puis il lui raconta, sans se répandre en détails, l’enchaînement catastrophique des évènements qui avaient émaillé la soirée.
Dehors, la nuit était d’un noir d’encre. Le froid, qui devenait chaque jour un peu plus vif, les fit frissonner presque en même temps.
_ Et Gonzalve, il est mort ?
_ Mort, non ! Mais sacrément amoché, ça oui. Il ne s’est pas raté le pauvre. Il faut dire que ce soir, il avait vraiment mis le quiche. Ca lui a pas réussi …
Pendant ce temps, Josy réfléchissait.
«  Pas les flics », fut sa première pensée mais elle ne la formula pas. Elle aurait eu l’impression d’achever son ami en évoquant la force publique.
_ Où est Antonio ?
La voix sonore de Juliette les fit sursauter. Ils ne l’avaient pas entendu arriver et durent prendre toutes les précautions imaginables pour que Juliette ne défaille pas au vu de l’état de son mari.
Antonio, aidé par Féfé, revenait à lui par paliers, processus qui fut grandement accéléré par la présence de sa femme.
Après l’avoir réconforté dans ses bras affectueux, Juliette se ressaisit et se dirigea sans un mot vers la réserve dont elle revint munie d’une trousse de secours.
Elle commença par nettoyer le pourtour de la plaie à grande eau, redonnant ainsi au visage de son homme un aspect rassurant.
Une fois le pansement terminé, elle se tourna vers son frère et lui demanda ce qu’il comptait faire de Gonzalve.
Ce dernier gisait toujours immobile en bas des marches, laissant juste échapper de temps à autre, un gémissement plaintif.
_ On peut pas le laisser comme çà ! trancha Josy. Je vais rester là avec toi. Juliette n’a qu’à rentrer avec Antonio le plus discrètement possible.
En attendant, je vais prévenir le docteur Perret, ça vaut mieux que les urgences. Enfin, pour l’instant …
Un silence accueillit sa proposition. Ils pesaient tous les conséquences probables d’une intervention extérieure. La solution du docteur Perret leur apparut finalement comme un moindre mal, car ils approuvèrent unanimement Josy.
Aidée de son frère, Juliette embarqua un Antonio vacillant dans son fourgon et démarra sans perdre un instant.

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La Maison du Papier peint

Catégorie: Collisions — mis en ligne par carlotta @ 2:16 am

Inutile d’épiloguer ici sur le talent maison pour la non-existence : le rappeler simplement pour mettre en lumière que la non-maison d’édition « La Maison du Papier peint » compte à son non-catalogue un titre dont l’auteur reste ignorant du non usage par elle ainsi non acquis : Le Grand Graphe d’Hubert Lucot, oeuvre à tapisser de 12 m2.

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Sauce verte et vanité

Catégorie: Chroniques intimes — mis en ligne par carlotta @ 2:12 am

Merci à Paul Gilles qui me confie cette traduction de sa main.

Un fabricant de pourpoints nommé Bartolino, en voyant que sa femme est très noire de peau, la taquine de belles façons bien qu’elle ne paraisse pas comprendre.

Bartolino, faiseur de pourpoints, prit pour épouse une veuve qui était très noire de peau. Le soir, au moment d’aller dormir, assise toute nue sur le lit, elle se signait et faisait sa prière. Bartolino était déjà couché et, comme elle ne venait pas auprès de lui, il la regardait et il lui semblait qu’elle était en jupon de bonne soeur, parce que sa peau était de cette couleur. Il lui dit : « Déshabille-toi et viens au lit ! » Elle répond « Je suis déjà déshabillée… ». Alors, Bartolino la touche et elle se met à pousser des petits cris : « Oh, tu dis vrai ? Viens sous les draps ! ». Et elle se coucha.
J’ai déjà dit qu’elle était très noire de peau, au point qu’un autre jour, alors qu’il était en train de manger du mouton au déjeuner, il dit qu’elle faisait très bien la sauce et qu’il en voulait encore. Elle lui apporta une petite écuelle de sauce et il dit : « Qu’est-ce que ça veut dire ? Pourquoi y a-t-il aussi peu de sauce ? ». Sa femme répondit : « C’est parce que je n’ai pas trouvé assez de fines herbes… ». Bartolino rétorqua : « J’ai bien l’impression qu’on peut en trouver. Tu en as mangé et c’est ce que montre ton visage qui est tout vert ! ». Elle dit alors : « Ce n’est pas ce que tu crois. Sais-tu pourquoi ? C’est parce que je veux ôter cette peau rêche qui s’est abîmée à force d’être exposée à l’air de la campagne ! »
Bartolino lui dit : « Tu t’es donné bien du mal et, comme tu es ma femme, tu as fait plusieurs fois ce changement de peau ! Tu crois que je ne m’en suis pas aperçu ? Mais, plus tu creuses et plus tu trouves du noir ! Si tu m’aimes, ma chère femme, ne creuse plus, parce que, si tu vas trop en profondeur, tu pourrais aboutir en enfer ! ». Alors, elle répondit : « De grâce ! J’espère bien que non ! Mais je veux être comme les autres, je ne veux pas avoir l’air d’une vagabonde ! ». Bartolino dit : « Eh bien, fais comme il te plaît ! A mon avis, il vaut mieux que tu couvres ce qui est moche, au lieu de le montrer ! ». Et elle répliqua : « Je ne sais pas ce qui est moche. Mais, si je suis laide, ce sera à mes dépens !.. ». Et, comme elle avait fait ce ravalement, elle en fit quatre autres par la suite, au point qu’elle devint comme un hareng tout noir et, suivant son idée, comme elle avait l’impression d’être très belle, elle continua à aller au marché. Et Bartolino resta satisfait, aussi bien de cette moutarde que de la sauce.
La femme se trompe beaucoup à cause du vice de la vanité. Et, plus elle se voit laide dans son miroir, moins elle se connaît. Mais, grâce à de nouveaux artifices, elle s’ingénie tout de même à paraître comme Dieu l’a créée, en n’oubliant ni son visage, ni aucun de ses membres. Et elle ne pense pas que la plus belle qui soit, s’appauvrit en peu de temps comme une fleur, sèche dans son ultime vieillesse et devient enfin un squelette.

Franco Sacchetti

[Franco Sacchetti (1335-1400 ?), bourgeois de Florence, a écrit pour son plaisir et celui de ses amis quelques trois cents nouvelles, consacrées pour la plupart à la critique des moeurs de son époque. On l’a souvent défini comme un précurseur de Boccace, mais en plus moralisateur. Cette nouvelle est la 99ème des 223 qui nous été transmises. Son titre est dû au traducteur.]

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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