December 3, 2007

Papier peint n°46

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 1:54 am

Ouvrir le numéro 46

Ascension, roman du suisse allemand Ludwig Hohl, vient de sortir aux éditions Attila. Si j’en parle ici, c’est que j’aime cet auteur et ce roman, et que cette jeune maison d’édition, qui nous fait la grâce d’offrir au texte une présentation remarquable, a toute ma sympathie.

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La Défense selon Gatien

Catégorie: La Défense selon Gatien — mis en ligne par carlotta @ 1:03 am

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Migrateurs

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:59 am

Amoureux au dessus de la ville – Marc Chagall

Et  il est parti l’oiseau.
Coincés au point où le coeur  s’émeut,
un jour  vous croisez
les yeux baissés,
l’oiseau au dessus de la ville.

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Animal

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:58 am

Et quoi, l’animal rugueux et sans parole,
le jour, la nuit les poussières haletant.
Il attend. Il suffit parfois de prononcer un mot pour le voir s’introduire dans nos songeries nocturnes,
flux sifflant nos déraisons, à toucher du bout du monde, ce qui dans la pénombre parfois nous retient près de lui.
Alors quoi l’animal rugueux et sans parole ?

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Dernier repos

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:57 am

J’irai dormir à Béthanie,
Auprès des fougères dorées.
La vie ne vaut rien, c’est réglé.
Moi, je refuse les entrées,
Les au-revoir et les adieux.

Allons, le monde n’est que mensonge !
Et je ne le crierai autant
Que pour m’en retourner au songe
Du jour où j’ai pleuré, enfant.

Maman, vous étiez toute nue,
Près de la mort. L’éternité
Nous brise. Je m’évertue
A savoir ce qui a été.

Jamais je ne serai très digne.
Mais nous, les sans-rien, sommes tout.
Et alors ? Rendez-vous à la vigne

Paul Gilles

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Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 12:55 am

Des mots vire
des mots voltants
Se tapir
derrière des mots révoltants
Virevoltant
l’âme se cache et ne se montre point
Derrière la vitre, volant, un oiseau,
qu’est-il ?

Pierre Masci

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Fatras délicieux

Catégorie: Aphorismes douteux — mis en ligne par carlotta @ 12:54 am

Recueil d’aphorismes douteux

On confond « nature humaine » et nerf du commerce : la duperie, le mensonge, la tricherie.
La réalité du commerce phagocyte la réalité sociale jusqu’à la remplacer, et cette usurpation participe de l’appauvrissement idéologique de l’idée de l’espèce humaine ; on sait ce que préfigure ce type de pratique, sa négation pure et simple. Comme on a osé une fois dire « le travail rend libre », on glisse le même mensogne-némésis en mention microscopique au bas d’un contrat censé nous libérer d’un joug imaginaire, et de fait mis en place pour remplir l’office inverse : nous lier corps et âme à un enchaînement non délibéré de transformation de richesses, richesses dont nous serons paradoxalement écartés. Tant que le jeu continuera, la totale vision de l’arnaque sera inatteignable, comme disjointe de la réalité du labeur, comme une idole.

Zo

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Le jeu des 7 différences

Catégorie: Chroniques urbaines — mis en ligne par carlotta @ 12:53 am

C’est l’hiver, c’est la grève. La file n’en finit pas de zigzaguer dans le bureau de poste.

Quelques rangs devant moi, deux sexagénaires encore verts avancent du même pas. Coiffés d’une chéchia blanche, vêtus d’un pardessus bleu sombre, ils me présentent sous le même angle leurs deux profils en anamorphose, l’arc de l’un plus bandé que l’autre. Sont-ils frères ? Aucun geste de l’un vers l’autre.

Embarrassée de mon paquet, je joue au jeu des sept différences, histoire de tromper l’attente : l’homme au profil accentué, le moins grand (mais de peu), a la peau sur les os. Sous le front qui monte en pente douce vers des boucles serrées, les yeux sont bordés de cils sombres, courts mais courbes. Les ailes du nez busqué sont fines, les lèvres, dessinées, surmontées du fin liseré d’une moustache blanche. Le menton rejoint vite le cou. Son voisin a les traits à la fois plus fermes et plus en chair, une chair qui s’est tenue mais qui commence à se plisser. Ses sourcils sont broussailleux, son nez plus épais. La moustache, poivre et sel, couvre tout l’espace du bas du nez à la ligne de la bouche, décidée, ponctuée d’une fossette qui veut dire : dents serrées. La mâchoire, bien horizontale, accuse de l’autorité. Ressemblants, par les proportions de leurs profils. Très différents. Les voici candidats au prochain guichet qui se libère. Ensemble, ils s’y dirigent. Bingo.

Cha

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Le Yéti d’Albi - Mardi. 3h00.

Catégorie: Le Yéti d'Albi — mis en ligne par carlotta @ 12:52 am

Restés seuls avec le problème Gonzalve, Féfé et Josy convinrent d’une version des évènements qui pût paraître plausible au médecin lorsqu’il poserait des questions.
Josy releva qu’avec un peu de chance, la réputation d’ivrogne de Gonzalve et l’absence de témoin direct de « l’accident »   contribueraient à accréditer leur version.
L’offre implicite de faux témoignage et la détermination affichée par son amie touchèrent Féfé et lui redonnèrent le courage indispensable pour affronter la suite de la nuit.
Ils attendirent l’arrivée du docteur Perret aux côtés du blessé, tentant de le réconforter de leur mieux. Mais l’évanouissement prolongé de Gonzalve ainsi que la position angulaire de ses jambes par rapport à son bassin ne les rassurèrent pas sur son état, bien au contraire.
Ils échangèrent un regard dénué d’optimisme et se resservirent une tournée de liqueur verte afin de rendre l’attente plus supportable.
Le docteur, comme à son habitude, déboula sans préambule et mit moins de deux minutes pour leur annoncer son diagnostic : Paralysie partielle probable des membres inférieurs, accompagnée d’éventuelles lésions cérébrales nécessitant un transfert immédiat à l’hôpital.
Tout en composant le numéro de téléphone d’un ambulancier de garde, le docteur Perret ne quittait pas Féfé du regard.
En guise de réponse, Féfé offrit un verre de liqueur maison au médecin qui s’empressa de l’accepter. Il vida le verre à petits traits et alors seulement, après s’être soigneusement essuyé les commissures des lèvres à l’aide de son mouchoir brodé, le docteur Perret s’intéressa aux circonstances de l’accident.
De petite taille, l’œil vif et les membres secs, le médecin n’avait pas pour habitude de perdre son temps. Il allait à l’essentiel, pesait, jaugeait, puis édictait un jugement en économisant ses mots.
_ Je suppose que cet assoiffé a voulu descendre s’abreuver directement à la source … Ce n’est pas bien prudent de votre part, Monsieur Cavagnac. S’agissant d’un énergumène comme Gonzalve, il est même surprenant que vous le laissiez se servir lui-même. Enfin, ce que j’en dis … Cela ne me regarde pas mais je crains que vous n’ayez à vous justifier, si par hasard, la famille venait à porter plainte. Bref, je ne veux pas vous embêter mais il me semble que vous devriez vous y préparer.
Il n’attendait visiblement aucune réponse et ne fut donc pas déçu par le mutisme de Féfé.
Josy préféra rester aux abords de la trappe, d’où elle surveillait l’évolution de l’état du blessé. Ce dernier geignait toujours par intermittence sans qu’aucun mouvement ne vînt indiquer une reprise de conscience.
Les toutes premières lueurs de l’aube pointaient déjà dans l’horizon lorsqu’un véhicule d’urgence des pompiers s’immobilisa devant le Café des Berges.
Féfé interrogea le médecin du regard. N’avait-il pas contacté un ambulancier ?
Josy marmonna entre ses dents :
_ Pour ce qui est de la publicité, là, on va être servi.
Alors que le médecin capitaine entrait dans le bar, suivi de deux de ses hommes encombrés par le matelas coquille, le téléphone portable antique du docteur Perret se mit à couiner bruyamment.
Il s’écarta de quelques mètres, tout en désignant la direction de la cave aux pompiers.
Pendant que les secouristes se mettaient à l’ouvrage, le docteur rangea son matériel dans sa grosse sacoche de cuir noir héritée de son père, le respecté vétérinaire Gustave Perret.
Il venait de couper la communication et un masque soucieux s’était posé sur son visage ordinairement avenant.
_ Décidément, c’est ma nuit ! Je file, on m’attend pour une autre urgence. A bientôt monsieur Cavagnac, madame …
Il salua Josy d’une brève inclination du chef, puis se dirigea aussitôt vers la trappe où les pompiers, lancés dans une manœuvre délicate, s’efforçaient d’évacuer le blessé sans trop le secouer. La tâche était difficile et le capitaine ne releva pas la tête lorsque le docteur lui annonça son départ immédiat pour raison professionnelle.
Josy et Féfé, secoués par toutes ces émotions accumulées, se resservirent machinalement un verre de liqueur, puis, vu l’heure matinale, le patron lança une tournée de cafés. Il en proposa aux pompiers, d’abord un peu décontenancés par cette décontraction apparente ; mais ils acceptèrent finalement tous.

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Pfalz Wein

Catégorie: Collisions — mis en ligne par carlotta @ 12:51 am

Quelle surprise, la première gorgée. Elle a une saveur… une saveur… Quelque chose de connu, depuis toujours. Je l’ai sur le bout de la langue, mais, pas moyen que ça sorte.
J’ai dégotté au Monop’ ce vin de Pfalz. Les blancs secs et fruités sont mes préférés. Sur quels indices m’a-t-il paru avoir ces qualités ? Ou bien ai-je été une nouvelle fois victime du bleu ? Comme le Vinho Verde, il est présenté dans une bouteille à peine bleutée, qui donne à l’or du vin une beauté aquatique, une idée d’insondable, à laquelle je ne résiste pas.
Puis la sensation se dilue. Aller au fond du verre ne m’aide pas. Le lendemain, je m’y remets. Miracle, de nouveau. Mais perte immédiate, aussi. Patiente, j’y reviens de loin en loin, à mesure que la soirée avance. Un peu saoule, j’entends mes lèvres articuler « fraise des bois ». Mais j’ai conscience d’être saoule, et doute. Le lendemain, c’est clair et net : fraise des bois.
J’ai grandi au souvenir-des-deux-guerres. Aussi me vient une pensée absurde : « Comment avons-nous pu nous battre contre un peuple capable de produire un vin au goût de fraise des bois ? ».

Charlotte aux fraises

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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