January 5, 2009

Papier peint n°51

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 3:48 am

Ouvrir le numéro 51

Ce vieux paradoxe. Être et se voir être. Se voir sans yeux, au moyen de médiations toujours discutables. Agir et questionner l’action. Publier des textes périodiquement., une manière de rythmer la vie, plus, une façon d’être en vie ( et le rythme serait l’expression de la vie même ? La vie serait un phénomène ondulatoire en même temps que corpusculaire ? ). Mais quels textes ? J’ai creusé des mois durant dans la caillasse à la recherche du filon et les mots m’arrivent de l’extérieur. Les textes qui me sont intimes. Ce qualificatif roule et rebondit et ramène le mot pieuvre, un clin d’oeil à Georges Henein faisant un clin d’oeil à Henri Michaux, qu’on retrouvera en se reportant à l’éditiorial du numéro 2 de la revue, daté du 5 avril 2004. Je crois que si cet animal remonte des abysses à ma surface, c’est à cause des méduses, qu’on a pu croiser en parcourant les colonnes du dernier numéro. Ainsi les textes feutrent et forment avec mes jours un textile protecteur. Nouvelle rubrique cette année : un résumé bimestriel de Plus belle la vie.

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La Défense selon Gatien

Catégorie: La Défense selon Gatien — mis en ligne par carlotta @ 3:45 am

Chiffres

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Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:45 am

Quoi, du sol ou de la guerre ?
Après tout, la rumeur ne porte que sur le vent
et le respir,
l’avancée des milliers de frelons dans les racines et sur les joncs.
La terre se tient debout, loin des traces anciennes,
dans les régions irriguées, le bruit de la pierre
cet Eden où croît à l’abri des déserts
la soif dans les yeux des éveillés.

Corinne Haddad

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La clef

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:44 am

On dit la vie est courte, elle est longue de regrets,
de bouts, de rien,
la clef laissée au clou, on voudrait descendre,
interrompre le bruit du temps.
Il aurait fallu un grand coup de vent d’amour,
mais qui peut, dans la nuit, chérir ce qui va poindre ?
Et la question insiste, rouillée.

Corinne Haddad

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Un air de feu

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:42 am

Dans le lac de mes os
ça fredonne un air de feu
qui se propage dans l’onde
jusqu’à ma langue

et ma langue tâtonne
dans l’obscurité de ta bouche

et ma langue illumine
ton salon grenat

et ma langue frôle
ton attente à l’angle
d’une frêle angoisse

Dans le lac de mes os
ça fredonne un air de feu
qui se propage dans l’onde
jusqu’à ma langue

et ma langue frotte ta lampe
dans l’obscurité de ta bouche

et ma langue enlumine
ton sibyllin grimoire

et ma lange frôle des frelons
sur ton grand miroir
qui me fait, moi, rire

Dans le lac de mes os
ça fredonne un air de feu
qui se propage dans l’onde
et ma langue tâtonne et se perd
à l’infini, et rit, et pleure

Camille Berberian

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Acide universel

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:40 am

Je suis à la recherche de la vérité
et la vérité est un acide universel
m’est intime l’odeur des corps fumants
m’est intime l’annulation des simulacres
les collisions, les répulsions, les fusions
les ecchymoses, les brûlures, le zéro absolu
l’abolition des distances de sécurité,
m’est intime la plainte des pare-chocs
des flaques balafrées
des fossés entaillés
l’appréhension directe du vide
et griller le feu nu, rougeoyant tout autour

Je suis à la recherche de la vérité
et la vérité est un acide universel
m’est intime le cri des lignes de fuite
des oiseaux paratonnerres
des escaliers de foudre jusqu’à l’ozone
m’est intime l’apparition subite d’un lointain
lorsque les nuages sont de grandes montagnes sacrées
pourpres posées dans le soir
qu’on pourrait presque grimper

Je suis à la recherche de la vérité
et la vérité est un acide universel
m’est intime l’anéantissement pur
ma propre dissolution
de crustacé
dans la marée noire du vivant
m’est intime la refonte des masques écumeux
qui vampirisent mon souffle et mes rêves de lagon
approfondissent ma nausée de leur mépris de mouette
et boivent la poussière sur le cuticule de mon âme

Je suis à la recherche de la vérité
l’acide universel m’a rattrapé

Camille Berberian

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Vérités

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:37 am

Il faut surtout savoir se taire,
Ne rien dire, ne pas affronter
Les autres et bien se courber
Sous les regards autoritaires.

Il faut être discipliné
Sous les ordres des imbéciles
Et prendre son rang dans la file
De ceux qui sont bien ou mal nés.

La vie n’est qu’une parenthèse
Où l’on a mal dans tous ses joints.
Devant soi sont tracés des points
Qui n’offrent que bien peu de thèses.

Il faut subir les habitudes
Qui emprisonnent le désir.
Et, si l’on rêve de partir,
Le rêve passe devant l’étude.

Paul Gilles

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Mina

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 3:36 am

Ma négresse a les yeux dorés.
Toute noire, je l’ai adorée
Au premier jour. Je la caresse,
Si elle veut bien, la tigresse.

Perchée tout en haut des livres
Ou bien couchée sur le tapis,
Elle me surveille, tapie,
Et son regard fixe m’enivre.

Elle guette aussi les oiseaux
Qui volètent près de mes vitres
Et, dans l’au-delà, font les pitres,
Déchirant l’air de leurs ciseaux.

Mina rend l’âge supportable
Au soir où je finis ma vie,
Griffonnant ces mots sur ma table.
Malgré ses griffes, je l’envie.

( Suresnes, le 12 décembre 2008 )

Paul Gilles

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Fatras délicieux

Catégorie: Aphorismes douteux — mis en ligne par carlotta @ 3:35 am

Recueil d’aphorismes douteux

Je pourrais écrire la vie de chacune des pompes que je fais, avant et après ma douche. Décrire la dureté de la cinquième, la libération de la dixième, le second souffle de la quinzième, chacune parle et raconte son propre et incomparable effort de vie ; de même, je pourrais passer ma vie à marcher sur un unique trottoir, aller du même épicier au même appartement, toujours par le même chemin, cela ne m’empêcherait pas d’écrire des centaines d’histoires différentes, car chacun de mes pas est d’une infinitésimale différence, une différence implacable et créatrice. Un éventail infini des possibles quantifiés se découvre, pour peu qu’on y prête le regard et l’attention ; rien ne peut mieux en moi produire l’étrange sudation de mes glandes artistiques, et lancer mes doigts mal dégrossis à l’assaut du clavier impassible. L’instant qui produit l’histoire n’est pas quantifiable en montre.
Du micro au macro, les dimensions restent finalement les même, car la barrière ultime reste l’infini.

Zo

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Hautes-Alpes

Catégorie: Chroniques urbaines — mis en ligne par carlotta @ 3:34 am

Les cimes des tours du XIIIème arrondissement sont prises dans le brouillard. Le ciel est blanc et il ne reste d’elles, dans ce blanc, qu’une trace. L’air saturé d’humidité apporte un parfum d’automne, terre, cendres, qui étreint le cœur. Pour peu de feuilles vertes qu’il reste aux branches des arbres de l’avenue de Choisy, elles ont cette teinte forte que seul le gris sait donner au vert. Le cuivre et l’or se marient dans le plomb. L’asphalte luit. Les semelles de mes chaussures savent le froid du sol, je sens mes orteils, je laisse entrer en moi la saison.

Cha

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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