Diapason Chapitre 1
J’ai mal aux dents.
J’ai fait un rêve bizarre, des femmes se branlaient contre moi, partout sur mon corps, elles se frottaient en rythme.
J’ai joui dans mon caleçon en tentant de serrer ma bite, sans succès, elles souriaient toujours.
Ce matin je suis sorti, il le fallait, l’air était moins moite. Une douche, une claque de métal sur les joues, je suis dehors, je suis dans un bar. Un café, un whisky.
Un autre bar, d’autres whisky.
J’ai pris mon médicament pour penser à elle de la bonne façon, sans le cachet je pense à elle de manière coupable. Pas bonne. Au troisième bar je peux l’appeler Dirty sans façon, sans honte, je ne me souviens même plus comment je peux faire autrement, que là, maintenant, quand je peux l’appeler comme je veux, dans mes souhaits. « Dirty ».
Elle ne s’appelle pas comme ça, pourtant je le sais, trouve un autre bar, comme si c’en était un « nouveau », il est midi, Dirty me manque. Quelle qu’elle soit.
J’aurais voulu la croiser en Allemagne au pied d’un forêt humide et fraîche, mais non, c’est dans un bar de banlieue que je l’ai vue pour la première fois.
Je l’aie vue et souhaité être ensorcelé, tout de suite, le vœux se réalisa, je la suivais, aimable chien, chien aimant, encore plus pour lui même que pour elle : j’étais le seul chien au monde heureux d’être un chien plutôt qu’heureux d’exister tout simplement.
Nous sommes modernes, elle, moi, ma femme, le monde en couleurs.
Elle s’appelle Sam.
Début d’après midi, le mal de tête grignote le mal de dent, la course est suivie et souvent commentée.
Je vois déjà les cravaches, de cuivre, fouetter le zinc où je m’accroche, mais sans savoir si c’est pour me faire détaler ou tomber comme une merde. Je tente la chance ailleurs, voir si elle s’y trouve.
Rien de neuf, si ce n’est la nuit, déjà. Je m’écroule comme une merde, en riant très fort.