January 5, 2009

Papier peint n°51

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 3:48 am

Ouvrir le numéro 51

Ce vieux paradoxe. Être et se voir être. Se voir sans yeux, au moyen de médiations toujours discutables. Agir et questionner l’action. Publier des textes périodiquement., une manière de rythmer la vie, plus, une façon d’être en vie ( et le rythme serait l’expression de la vie même ? La vie serait un phénomène ondulatoire en même temps que corpusculaire ? ). Mais quels textes ? J’ai creusé des mois durant dans la caillasse à la recherche du filon et les mots m’arrivent de l’extérieur. Les textes qui me sont intimes. Ce qualificatif roule et rebondit et ramène le mot pieuvre, un clin d’oeil à Georges Henein faisant un clin d’oeil à Henri Michaux, qu’on retrouvera en se reportant à l’éditiorial du numéro 2 de la revue, daté du 5 avril 2004. Je crois que si cet animal remonte des abysses à ma surface, c’est à cause des méduses, qu’on a pu croiser en parcourant les colonnes du dernier numéro. Ainsi les textes feutrent et forment avec mes jours un textile protecteur. Nouvelle rubrique cette année : un résumé bimestriel de Plus belle la vie.

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Hautes-Alpes

Catégorie: Chroniques urbaines — mis en ligne par carlotta @ 3:34 am

Les cimes des tours du XIIIème arrondissement sont prises dans le brouillard. Le ciel est blanc et il ne reste d’elles, dans ce blanc, qu’une trace. L’air saturé d’humidité apporte un parfum d’automne, terre, cendres, qui étreint le cœur. Pour peu de feuilles vertes qu’il reste aux branches des arbres de l’avenue de Choisy, elles ont cette teinte forte que seul le gris sait donner au vert. Le cuivre et l’or se marient dans le plomb. L’asphalte luit. Les semelles de mes chaussures savent le froid du sol, je sens mes orteils, je laisse entrer en moi la saison.

Cha

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Sybille

Catégorie: Collisions — mis en ligne par carlotta @ 3:24 am

J’interroge un correspondant sur le caractère sibyllin d’une remarque de son mél du 29 décembre 2008. Et puis je retrouve une de ses missives, datant du 29 décembre 2007, où il trouvait sibyllin un mél de moi auquel il n’avait rien compris, disait-il. Ajoutons à cela que l’intrigue de décembre du feuilleton Plus belle la vie tournait autour de Sybille, mystérieusement en contact avec un demi-frère, par le truchement des rêves.

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Martyrisée par son Tancarville

Catégorie: Priere d'inserer — mis en ligne par carlotta @ 3:23 am

« Vingt ans que ça dure. Depuis vingt ans il se déglingue chaque fois qu’elle étend le linge. Fallait pas prendre un bas de gamme chez un soldeur. L’homme avait rapporté ça sans s’être trop foulé. Il est parti, le Tancarville est toujours là, bricolé au fil électrique bleu électrique – tant qu’à faire. Et elle sent, à chaque lessive, le lent sabotage de sa psyché calaminée. Et elle redresse la structure gauchie, elle ramasse les chaussettes tombées, elle redéploie les pantalons effondrés, pendant que s’affaissent un à un les différents aspects de ce qui fut sa personnalité. Lessivée. »

C’est ainsi que le site Kesstulis.com présente Martyrisée par son Tancarville, roman un peu oublié de Cha Beldeleau, réédité cette année aux éditions Automne, qui donnent une seconde chance à des textes passés de saison.

Je l’ai lu et j’ai failli rien comprendre, parce que j’ai une machine à laver avec un sèche-linge. Heureusement, il y a de petites illustrations qui permettent de bien saisir comment se déplie un Tancarville. Mais ce qui me plaît c’est le pop-up qui s’ouvre au centre exact du livre : tout l’étendage de linge se déploie. On peut même ajouter de petites chaussettes prédécoupées, qu’on trouve sur une planche en dernière page.

http://prunelle.over-blog.com/article-24465643.hml

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Plus belle la vie, résumé bimestriel

Catégorie: Feuilletons — mis en ligne par carlotta @ 3:21 am

Deux trucs marquants, dans les deux mois écoulés :

La captivité de Quentin, séquestré dix ans par sa tante pendant que ses parents sombraient, retrouvé grâce au lien psychique que Sybille établit avec lui et à la confiance que Louna, maîtresse passagère du père en reconstruction, fait à cette dernière : de fait Sybile et Quentin sont frère et soeur par leur mère qui avait fait à celle de Quentin un don d’ovule - anonyme mais révélé grâce à un test ADN autorisé par le juge.

L’abandon de ce dernier par Thomas qui, bouleversé par le retour du Royaume des Morts de Nicolas, ancien amant, sort avec Bruno, patron de Mélanie – elle avait besoin d’argent du fait de son appartenance à une secte dont il la débarrasse – et candidat à l’épouser à cause d’un amour sexuellement peu assumé et de la pression de son oncle vieillissant. Ce même Bruno bénéficie de contrats juteux grâce aux exactions de deux mafiosi qui persécutent Roland afin de lui voler son bar.

Cha

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Septième ciel

Catégorie: Chroniques intimes — mis en ligne par carlotta @ 3:17 am

Il y avait au grenier des caisses de jouets cassés, des boites de photos jaunies, des étagères chargées de dossiers et de livres usés. Les tommettes du sol se déchaussaient. Par la lucarne aux carreaux fêlés, des rais de lumière venaient faire danser la poussière, on éternuait. Les murs mansardés étaient tapissés de Petits Parisiens d’un siècle passé.
L’enfant y venait pour se délecter des crimes d’antan et des actions musclées de vieux gouvernements. Elle escaladait des tabourets, lisait, le cou tendu, les yeux rivés haut, les articles en colonnes, suivait les feuilletons comme elle pouvait, tâchant de repérer des dates pour mettre les épisodes dans le bon ordre. Alors le long ennui disparaissait. Alors la vie palpitait.
Au grenier.

Mais qu’est-ce qu’elle faisait ?
Elle lisait le P’tit parisien
Elle s’intéressait à la politique
Elle lisait le P’tit Parisien
L’plus fort tirage des journaux du matin.

Carlotta

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Adieu Moby Dick

Catégorie: Chroniques intimes — mis en ligne par carlotta @ 3:17 am

Au loin sur la banquise étale étincelante, trois monticules alignés, l’on devine une crevasse, le passage d’un navire brise-glace ? d’un avion ? quoi d’autre abîmerait le manteau pommelé ? Ou alors…
à mesure que l’on se rapproche de la ouateuse peau d’orange, le relief éphémère monte sur la ligne d’horizon. Qui l’avale.
Adieu Moby Dick.
Plongée dans la prison de brumes.

Carlotta

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November 3, 2008

Papier peint n°50

Catégorie: Journaux et leur éditorial — mis en ligne par carlotta @ 9:43 am

Ouvrir le numéro 50

L’idée de régularité porte celle de perturbation. Autrement dit, perturbation est fille de régularité. Cette trouvaille de baignoire m’enchante. Je la tourne et la retourne entre mes mains précautionneuses, pour vérifier son existence hors de moi, comprendre ses étais. La trouvaille de baignoire est en soi une perturbation, belle comme une beauté de barrière, découverte swiftienne dans ma pataugeoire Sérendipe d’où émerge, peu après et qui me vient de Roberto Juarroz, « l’idée de partir aide à supporter de rester », rythme proche, ma régularité. On va essayer de s’en tenir à sortir tous des deux mois.

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Passé simple

Catégorie: Poésie — mis en ligne par carlotta @ 9:29 am

Avoir un passé c’est avoir un futur

Vous prîtes le départ en mon sein
et vous posâtes votre petite main sur mon sein
et vous mîtes votre menotte en ma main
et nous fîmes ensemble un bout de chemin
et vous lâchâtes du bout des doigts le bout des miens
et du bout de mes doigts libérés je vous envoie
des baisers.

Lotte Char

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Vie sauvage

Catégorie: Chroniques urbaines — mis en ligne par carlotta @ 9:21 am

On n’en parle pas, et pourtant. La vie en a été transformée et il a suffi pour ça d’une décennie, les années 1990. Au début, on ne les aimait pas, il faut dire que leur aménagement a été un laboratoire de mauvais goût. On leur préférait, et de loin, la route prioritaire, priorité aux collisions les soirs de cuite, violence rituelle, sacrifice de la jeunesse aux mânes de l’absurde et du métal. Et puis, on s’y est fait. Lieux désertés et entretenus, les carrefours restent des territoires à explorer. On y voit la ville sous un angle inédit. On peut y faire, sans tapage, de tranquilles révolutions. On y gouverne le flux des véhicules qui, sans exception, se détournent et nous contournent. Puissance remarquable. J’aime à m’y installer, avec un ami ou un livre, et, dans le ronron des moteurs, m’abandonner à la rêverie.

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"La mort de la littérature : plutôt crever, oui." Pit Bernal

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